Papiers et correspondance de la famille impériale. Numéro 15

Papiers et correspondance de la famille impériale. Numéro 15

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Français
8 pages

Description

Saillant (Paris). 1870. France -- 1852-1870 (Second Empire). 1 vol. (136 p.) ; gr. in-8.
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Publié le 01 janvier 1870
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Langue Français
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5 CENTIMES LE NUMERO
N° 18
LE NUMERO, CENTIMES,
PAPIERS
ET
CORRESPONDANCE
DE LA FAMILLE IMPÉRIALE
PUBLIÉS
D'APRES L'EDITION DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
AVEC NOTES EXPLICATIVES
AVIS. Les dernières livraisons du 1er volume paraîtront ensemble. Elles contiendront les tables
et la couverture. Le volume broché se vendra 1 franc.
XC. — AFFAIRES DE ROME, ETC. (Suite.)
Nous subissons, en ce moment, une influence
épidémique assez fâcheuse. A la suite de pluies
torrentielles sont venues subitement de fortes
chaleurs, qui nous ont donné des fièvres typhoïdes
et des dyssenteries cholériformes. Je prends tou-
tes les dispositions possibles pour arrêter le mal.
Je n'ai jamais cru au bruit que certains jour-
naux ont répandu d'un voyagé du prince impé-
rial à Rome. Vous, qui connaissez le pays comme
moi, savez bien que ça ne serait pas le bon mo-
ment.
Je vous renouvelle, mon cher Frossard, l'as-
surance de mes sentiments bien dévoués.
Général DUMONT. ■
Extrait du journal.
« Dans la salle ornée de festons, dans le
» milieu du jardin, il y avait abondance de ra-
» fraichissements. Quand tous les invités s'y
» trouvèrent réunis, S. Exc. le général Dumont
» porta en ces termes un toast au Souverain
» Pontife : « A Pie IX, à ce vénérable Pontife
» que l'empereur et la France n'abandonneront
» jamais! Vive Pie IX! » A quoi S. Em. R.
» Monsignor Scapitta, délégué apostolique, ré-
» pondit : « Messieurs, je vous propose de boire
» à la santé et à la prospérité de S. M. l'empe-
» reur Napoléon III ; au puissant souverain de
» la noble et" généreuse nation française, qui,
» en protégeant le trône pontifical par le pres-
» tige de sa puissance et la valeur de ses braves
» troupes, a rendu et rend incessamment le
» plus grand service, non-seulement à la cause
» de la religion, mais encore à celle de l'ordre,
» du bien-être et du vrai progrès de la société
» tout entière. Vive l'empereur ! »
XCI. — LETTRE DE M. PEPOLI A NAPOLÉON.
Elle montre de quelle façon était composé le
Livre Jaune.
Sire,
On m'écrit de Paris que le Livre Jaune con-
tiendra deux dépêches qui me concernent.
J'espère, Sire, que cette nouvelle ne se con-
firmera pas : je regretterais de voir se rouvrir
une polémique qui ne peut profiter qu'aux en-
nemis de la France et de l'Italie.
Vous savez. Sire, qu'au moment de prononcer
mon discours à la Chambre des députés, je me
suis résigné à passer sous silence l'historique
des négociations, sur une invitation venue de
votre ministre, et je pense que Votre Majesté
n'aura pas oublié que cet historique avait été
approuvé par M. Drouyn de Lhuys ; au moins il
en avait reconnu l'exactitude.
Je ne peux pas cacher à Votre Majesté que la
publication des notes qui me concernent me
placerait vis-à-vis de mon pays dans une posi-
tion difficile et douloureuse, qu'un honnête
homme ne saurait accepter.
D'autant plus que, lorsque j'ai été à Paris,
rien né m'a pu faire concevoir le doute de l'exis-
tence de la note relative au banquet de Milan,
dont, même à l'heure qu'il est, je ne connais
point les ternies.
Les derniers événements de Home, j'espère,
Sire, qu'ils vous auront prouvé de quel coté
sont vos ennemis, et je ne peux pas croire que
vous choisirez ce moment pour blesser un coeur
dévoué et ami, qui vous a toujours témoigné sa
reconnaissance et son affection pour Votre Ma-
jesté et pour les destinées glorieuses de sa dy-
nastie.
De Votre Majesté impériale le dévoué servi-
teur. PEPOLI.
Le 28 janvier 1866.
XCII. — LETTRE DE NAPOLÉON A M. CONNEAU.
Sans date, mais d'une époque antérieure à
l'empire, peut-être venue de Ham.
Mon cher Conneau,
Je vous remercie des nouvelles que vous me
donnez. Ici elles ne sont pas aussi bonnes ; vous
pouvez donc rester tant que cela sera nécessaire.
Ma santé est bonne, mais je suis bien froissé par
— 114 —
la lâcheté de quelques hommes. Enfin il faut
croire à la fatalité.
Croyez à ma sincère amitié. L. N.
Nous jouirons encore longtemps du calme le
plus parfait.
XCIII.
Les dépêches qu'on va lire ont été trouvées en
majeure partie aux Tuileries. Presque toutes
étaient en chiffres, et l'on n'a pas toujours pu
les traduire intégralement. Elles commencent à
la déclaration faite par M. de Gramont devant
le Corps législatif, le 6 juillet, et ne s'arrêtent
qu'au 4 septembre. Pour éviter la confusion,
nous avons dû renoncer à employer l'ordre
chronologique. Le classement par ordre de ma-
tières nous a paru préférable, et nous espérons
que le public en jugera de même malgré l'im-
perfection des divisions adoptées par nous. Au
surplus, en donnant place clans notre recueil à
cas dépèches qui auraient évidemment besoin
d'être annotées et commentées, nous nous som-
mes beaucoup moins préoccupés de satisfaire à
la curiosité immédiate du public, que de fournir
d'utiles matériaux aux futurs historiens de la
guerre de 1870.
1. — GUERRE DE PRUSSE, 1870. — DÉPÊCHES
DE LA COUR.
1.
A Sa Majesté l'empereur. — Saint-Cloud.
Paris, Corps législatif, 6 juillet 1870,
3 heures 10 miaules,' soir.
La déclaration du ministre des affaires étran-
gères, très-habile, très-nette et très-ferme, a
excité le plus vif enthousiasme au Corps légis-
latif. CONTI.
A l'Empereur. — Saint-Cloud.
Paris, le 6 juillet 1870, 9 h. 30 m. soir.
Recevez mes félicitations les plus ardentes; la
France entière vous suivra; l'enthousiasme est
unanime. PERSIGNY.
Général Frossard, commandant en chef. — Camp
de Chôlons.
Paris, Tuileries, le 14 juillet 1870,
1 heure 27 min. soir.
S'il y a la guerre, je voudrais que vous eus-
siez le commandement en chef du génie. Cepen-
dant, si vous tenez à conserver le commande-
ment de votre corps d'armée, répondez-moi.
NAPOLÉON.
4.
Général Frossard à l'empereur. — Saint-Cloud.
Camp de Châlons, 11 juillet, 4 h. soir.
Sire, Votre Majesté disposera de moi comme
elle l'entendra. Je lui suis tout dévoué et prêt à
faire ce qu'elle jugera le plus utile a son ser-
vice , quelles que puissent être mes préfé-
rences.
5.
Guerre à général commandant la 5e division. —
Metz. .
Paris, le 16 juillet 1870, 2 h. 7 m. soir.
Tout ce qui concerne le départ des troupes
stationnées à Metz et la continuation des tra-
vaux de fortification doit être réglé par le géné-
ral de Failly, en attendant l'arrivée du maréchal
Bazaine.
6.
A l'impératrice. — Saint-Cloud. (Recommandée.)
Metz, le 30 juillet, 7 h. 33 m. matin.
Louis va très-bien. Il a dormi seize heures de
suite. Je viens de recevoir ta lettre du 29 et la
copie de l'autre. L'intention est bonne, mais je
voudrais des actes.
Nous t'embrassons tendrement.
NAPOLÉON.
7.
A l'impératrice. — Saint-Cloud.
Metz, le 30 juillet 1870, à 4 h. 12 m. soir.
Envoie-moi un bracelet pour la préfète. Je
voudrais que quelqu'un me fit tous les deux
jours l'analyse de l'analyse.
Je vais très-bien , mais fatigué par la cha-
leur.
Nous t'embrassons tendrement.
NAPOLÉON.
8.
Au prince impérial. — Metz.
Saint-Cloud, le 31 juillet 1370,
à 7 h. 31 m. soir.
La petite Malukoff a encore, trouvé deux trè-
fles à quatre feuilles. Je te les enverrai. Nous
t'embrassons tous. EUGÉNIE.
».
Au ministre de la guerre. — Paris.
Metz, 1er août 1870, 8 h. 45 m. soir.
L'impératrice n'avait pas le droit de nommer
un général à l'armée. La nomination du général
Grandchamp doit être annulée. NAPOLÉON.
10.
Au ministre de la guerre par intérim. — Paris.
Metz, le 4 août 1870, 4 h. 35 m. soir.
ll est de toute nécessité que le maréchal Can-
robert vienne à Nancy avec ses trois divisions ;
mais que faire de la garde nationale mobile ?
NAPOLÉON.
11.
Au maréchal Caarobert. — Camp de Châlons.
Metz, le 5 août 1870. 8 h. 35 m. matin.
Faites venir l'infanterie de vos trois divisions-
par le chemin de fer directement à Nancy.
L'artillerie et la cavalerie suivront par éta-
pes. NAPOLÉON.
12.
Sa Majesté l'impératrice. — Saint-Cloud.
Metz, le 6 août 1870, à 3 h. soir.
Je n'ai pas de nouvelles de Mac-Mahon. Ce