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Paroles d'un voyant / par Léo Coecus

De
9 pages
impr. de P. Dupont (Paris). 1869. 1 vol. (8 p.) ; in-8.
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PAROLES
D'UN VOYANT
PAR
LÉO COECUS
Mais combien ici-bas — ayant des yeux pour voir —
Qui sont aveugles de naissance,
Et, partis le matin, voyagent jusqu'au soir,
N'ayant des yeux que l'apparence !
OLD. GRÉGOR.
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PARIS.
IMPRIMERIE ADMINISTRATIVE DE PAUL DUPONT
41, RUE J.-J.-ROUSSEAU (HÔTEL DES FERMES)
1869
PAROLES
D'UN VOYANT
Par LÉO COECUS
I
En ce temps-là parut un édit impérial qui convo-
quait les électeurs dans leurs comices pour les 23
et 24 mai de l'an de grâce 1869.
Or, c'était précisément à cette époque que s'étaient
donné rendez-vous les hommes que les révolutions
successives ont jetés dans la société française au-
tour de laquelle ils rôdent sans cesse... quaerens
quem devoret.
Et voici qu'on les entendit crier aux quatre vents
du ciel : « Peuple, viens à nous ; nous sommes les
tribuns de 1848, les tribuns des cinq années de
république pendant lesquelles il se fit tant et de si
belles choses. »
Et le peuple ébahi se groupait autour de ceux
qui lui disaient : Nous sommes tes seuls amis, tes'
uniques sauveurs.
— 2 —
Or, ab uno disce omnes, car le fond est tou-
jours le même, la phraséologie est invariable. C'est
toujours la révolution, toujours la mise en bas de
ce qui est en haut et la mise en haut de ce qui est
en bas, procédés uniformes qui ont coûté tant de
sang et porté tant de coups à la liberté.
« En vérité, en vérité, je vous le dis, frères,
s'écriait l'un d'eux, si le gouvernement impérial
a amélioré le sort du peuple, c'est pour mieux l'as-
servir. S'il a prêté les mains à tous les progrès
matériels et à l'exhaussement du niveau de l'intel-
ligence, c'est pour vous mieux tenir sous sa domi-
nation. »
Et le peuple écoutait, ne comprenant guère ce
que le tribun voulait dire, quand celui-ci ajouta :
« Voici l'heure des délibérations électorales ; le
moment est venu de renverser l'ordre de choses
que tu as établi, toi, peuple souverain, à trois re-
prises différentes, par cinq millions cinq cent mille,
— sept millions cinq cent mille, — et sept millions
huit cent mille de suffrages.
« Pour donner un démenti à ces vingt millions
huit cent mille voix, tu dois me confier ton mandat
au Corps législatif, car, écoute, voici ta loi et tes
prophètes :
« Il est écrit qu'un peuple intelligent ne peut
rester longtemps fidèle à ses convictions et qu'il
Il est tenu à aucune reconnaissance envers ceux qui,
après l'avoir sauvé, ont mis tous leurs soins à per-