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Péroraison qui devait être prononcée par l'un des défenseurs du maréchal Ney,... en décembre 1815, publiée par la veuve du général Jubé. [Signé : Augte Jubé, Bon de La Perrelle.]

De
13 pages
Mme de Bréville (Paris). 1830. In-8° , 12 p..
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PERORAISON
QUI DEVAIT ÊTRE PRONONCÉE PAR L'UN DES DEFENSEURS
PRINCE DE LA MOSCOWA , ETC., ETC., ETC.,
PAB LA VEUVE DU GÉNÉRAL JUBÉ.
LE DEPOT EST
CHEZ Mme DE BREYILLE, CABINET DE LECTURE,
RUE DE L'ODEON.
Paris,
CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DU PALAIS-ROYAL ;
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS. i
1850.
IMPREMERIE D'HIPPOLITE TILLIAND, RUE DE LA MARFE , n* 88.
PÉRORAISON
QUI DEVAIT ÊTRE PRONONCÉE PAR L'UN DES DÉFENSEURS
DE DU £µMOSKOWA, ETC., ETC., ETC. ,
la Meuve du général Puhé.
Nom. Cette péroraison avait été approuvée par M. le
maréchal Ney, et remise à sa famille la surveille de sa mort.
Dés extraits informes et inexacts en ayant été publiés dans
des journaux étrangers, avec lesquels l'auteur n'avait au-
cune relation , on la consigne ici tout entière , telle qu'elle
était entre les mains de l'un de MM. les défenseurs. La
clôture des débats, à cinq heures du soir, le 6 décembre,
a rendu cette péroraison inutile.
M. Du Châlelet, ancien avocat-général et conseiller d'é-
tat, fut mis en prison pour s'être fait récuser par le maré-
chal de Marillac, contre lequel il avait fait une satire, et
dont le cardinal de Richelieu l'avait nommé un des juges.
Cet homme généreux , accompagné de M. de Sainl-
Preuil, capitaine aux gardes, sollicitait ayee chaleur du
roi Louis XIII, la grâce du maréchal duc de Montmorency :
le roi lui dit : « Je parie que vous voudriez avoir perdu un
bras pour sauver le maréchal.—Je voudrais, répondit
Du Châlelet, les avoir perdu tous deux , car ils sont inu-
tiles à votre service, et en avoir sauvé un qui a gagné tant
de batailles, et qui pourrait vous en gagner tant d'autres
encore. »
Du Châlelet ne s'en tint pas là. Il fit un Mémoire élo-
quent et hardi en faveur du coupable. Le cardinal lui
avant reproché de condamner ainsi la justice du roi :
« Pardonnez-moi , répondit ce loyal seigneur, c'est pour
justifier sa miséricorde, s'il a la bonté d'en user envers un
des plus vaillants hommes de son royaume. »
Nous voici, Messieurs, parvenus au terme de
la carrière que la confiance de M. le maréchal
avait ouverte devant nous, et que votre indul-
gence nous a permis de parcourir. Si nous en
atteignons le but, nous le devrons bien moins aux
efforts d'une voix qu'ont dû intimider et la ma-
jesté du lieu, et l'immense dignité de ce tribunal,
qu'à la générosité française qui nous a laissé pé-
nétrer dans son sanctuaire , et à cet amour de la
patrie redevenu enfin inséparable de l'amour du sou-
verain ; amour sacré dont le feu épure les ames de
ces levains de discorde, de cet esprit investiga-
teur et réactionnaire, de ces agilations sourdes,
trop semblables aux longs mugissemens qui, cir-
culant dans les entrailles de la terre ébranlée,
annoncent encore d'autres secousses , et menacent
les hommes de nouvelles calamités. Cet amour
nous crie à tous, d'une voix attendrie, qu'après
un aussi déplorable épuisement, la France attend
bien plus de secours du sang que nous aurons la
prudence de ménager, que de celui qu'on aurait
encore la triste jouissance de répandre.
Peu attentifs à ces piqûres redoublées qui dé-
chirent le flanc de la victime long-temps avant
qu'elle ne soit marquée par le sacrificateur, nous
nous sommes élevé à de plus hautes considéra-
lions. Nous avons gémi sur les guerres civiles ;
mais nous avons appelé l'indulgence sur l'erreur
d'un moment, erreur qui ne tendait qu'à prévenir
des troubles intérieurs, erreur digne de cet intérêt
général qu'elle inspire aujourd'hui.
3
Nous avons donc la douce conviction, qu'ar-
dens émules de vos nobles ancêtres, qui, dans
toutes leurs actions avaient en vue l'histoire et la
postérité , vous n'agirez tous, Messieurs , que
pour la gloire du prince dont vous formez la cour,
et de la nation dont on se plaît à voir en vous,
l'élite. Sans doute il est horrible d'avoir vu la
France prête à se déchirer de ses propres mains ;
mais en jetant les yeux sur le passé , quelle fa-
mille illustre peut se vanter d'être toujours restée
intacte à cet égard? (I)
Si donc, tous les Guyses, parens de nos sou-
verains , si les Bouillon, les Montmorency, les
Rohan, les Soubise, les Brissac, les Briqueville,
les Biron , les La Rochefoucault (2) ; si les Duras,
les Laforce, et les Latrémouille, malgré leur noble
devise (3); si les Montigny , les Chateaubriand,
les Laval et les Lescure si les ducs &Aumale et
de Luxembourg ; les Villars, les Brézé, les d'Har-
court, les d' Armagnac y les Coligny, les de Rhosne,
(1) La célèbre Christine, reine de Suède, recueillie dans
les palais de nos rois , l'avait remarqué, il y a plus de cent
soixante ans. (Mém. de Montp., t. 3, p. 165, et de ma-
dame de Molteville, t. 4 , p. 429 et suiv. )
(2) On ne s'attache ici qu'aux noms des ancêtres et des
parens des pairs actuels. Il n'y a pas, eu France, un seul
gentilhomme qui ne soit dans le même cas, et que le
moindre retour sur sa généalogie ne doive porter à l'in-
dulgence envers les autres.
(3) Une roue, avec ces mots : Sans sortir de Cornière,