Madame Grégoire
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Français

Madame Grégoire

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Description

Découvrez le poème "Madame Grégoire" écrit par Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) en 1843. "Madame Grégoire" de de Béranger est un poème classique faisant partie du recueil Toutes les chansons de Béranger. Profitez de ce poème en le découvrant sur cette page. Et n’oubliez pas que vous pouvez télécharger gratuitement en format PDF le poème Madame Grégoire et l’imprimer depuis chez vous !
Avec le poème de de Béranger, vous pourrez faire une analyse détaillée ou bien tout simplement profiter de très beau vers de "Madame Grégoire".

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Publié le 01 janvier 1843
Nombre de lectures 17
Langue Français

Madame Grégoire.

C'était de mon temps
Que brillait Madame Grégoire.
J'allais, à vingt ans,
Dans son cabaret rire et boire ;
Elle attirait les gens
Par des airs engageants.
Plus d'un brun à large poitrine
Avait là crédit sur la mine.
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !

D'un certain époux,
Bien qu'elle pleurât la mémoire.
Personne de nous
N'avait connu défunt Grégoire ;
Mais à le remplacer,
Qui n'eût voulu y penser !
Heureux l'écot où la commère
Apportait sa pinte et son verre !
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !

Je crois voir encore
Son gros rire aller jusqu'aux larmes,
Et sous sa croix d'or,
L'ampleur de ses pudiques charmes.
Sur tous ses agréments
Consultez ses amants :
Au comptoir la sensible brune
Leur rendait deux pièces pour une.
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !

Des Buveurs grivois
Les femmes lui cherchaient querelle.
Que j'ai vu de fois
Des galants se battre pour elle !
La garde et les amours
Se chamaillant toujours,
Elle, en femme des plus capables,
Dans son lit cachait les coupables.
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !

Quand ce fut mon tour
D'être en tout le maître chez elle,
C'était chaque jour
Pour mes amis fête nouvelle.
Je ne suis point jaloux ;
Nous nous arrangions tous.
L'hôtesse poussant à la vente,
Nous livrait jusqu'à la servante.
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !

Tout est bien changé.
N'ayant plus rien à mettre en perce,
Elle a pris congé
Et des plaisirs et du commerce.
Que je regrette, hélas !
Sa cave et ses appas !
Longtemps encore chaque pratique
S'écrira devant sa boutique :
Ah ! comme on entrait
Boire à son cabaret !



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