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Stances

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Découvrez le poème "Stances" écrit par Alfred de MUSSET (1810-1857) en 1888. "Stances" de de MUSSET est un poème classique extrait de Poésies posthumes. Vous avez besoin de ce poème pour vos cours ou alors pour votre propre plaisir ? Alors découvrez-le sur cette page. Le téléchargement de ce poème est gratuit et vous pourrez aussi l’imprimer.
Grâce à ce document PDF sur le poème de de MUSSET, vous pourrez faire une fiche ou bien tout simplement profiter de très beau vers de "Stances".

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Publié le 01 janvier 1888
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Langue Français

Stances

Ne vous offensez point, belle ame de mon ame,
De voir qu'en vous aymant j'ose plus qu'il ne faut :
C'est bien trop haut voller, mais estant tout de flame
Ce n'est rien de nouveau si je m'éleve en haut.

Comme l'on voit qu'au ciel le feu tend et s'élance,
Au ciel de vos beautez je tens pareillement :
Mais luy c'est par nature, et moy par cognoissance ;
Luy par nécessité, moy volontairement.

Aussi suis-je content que le sort adversaire
Darde sur mon amour quelque trait orageux,
Pourveu que l'accusant ainsi que temeraire,
Quelqu'un aussi le louë ainsi que courageux.

Car il me reste assez gravé dans la memoire,
Que voulant m'approcher d'un celeste flambeau,
La mort en ceste audace est conjointe à la gloire,
Et que sous ce trophée est basty mon tombeau.

Mais puis qu'en mon amour il faut que je m'égare,
Du vol de mes desirs dereglant la hauteur,
De quel plus beau Soleil pourroy-je estre l'Icare,
Moy qui veux consoler ma mort par son autheur ?

L'homme est bien malheureux, de qui l'ame indiscrette
Peut ailleurs qu'en vos mains sa franchise enfermer :
C'est ou n'avoir point d'yeux pour vous voir si parfaite,
Ou n'avoir point de coeur pour vous oser aimer.

Quant à moy, je plaindrais et ma peine et mes larmes,
Si je les dépendais pour de moindres beautez,
Car je hay qu'un autre oeil m'enchante de ses charmes,
Que celuy qui rendroit les dieux mesme enchantez.

Non, sçachant que ma flamme est celeste et divine,
Je ne puis rien aymer s'il n'est egal aux dieux :
Je veux qu'un bel oser honore ma ruine;
Et puis quil faut tomber, je veux tomber des cieux.