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Projet de constitution extérieure pour le département des colonies françoises au-delà du cap de Bonne-Espérance, ou Réponse aux Mémoires... de M. L. Monneron,... présenté à l'Assemblée nationale le 21 décembre 1790, par le colonel P. R. de Beurnonville,...

De
114 pages
de l'impr. du "Patriote français" (A Paris). 1791. In-4° , 113 p..
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PROJET
DE
CONSTITUTION EXTÉRIEURE
POUR
LE DÉPARTEMENT DES COLONIES FRANÇOISES
AU-DELA DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE;
OU
RÉPONSE aux Mémoires des 15 octobre et 18 novembre 1790,
de M. L. MONNERON, Député de Pondichéry ;
Présenté à l'Assemblée Nationale le 21 décembre 1790 ,
Par le Colonel P. R. DE BEURNONVILLE, Habitant de l'isle de Bourbon.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DU PATRIOTE FRANÇOIS,
Place du. Théâtre Italien.
1797.
ÉTAT
DES dépenses fixes et indispensables pour la con-
servation de tous les établissemens françois situés
au-delà du cap de Bonne-Espérance, divisés en
deux gouvernement généraux, formant un même
département.
RÉFUTATION des Mémoires des 15 octobre et 18 no-
vembre, de M. L. MONNERON, Député de Pondichéry.
Présenté à l'Assemblée Nationale, le 21 décembre 1790.
Par le Colonel P. R. DE BEURNONVILLE,
Habitant de l'isle de Bourbon.
MESSIEURS,
AUJOURD'HUI que l'expérience a évidemment démontré combien
il est important, pour les puissances qui ont des colonies, de
garantir et de favoriser ces établissemens précieux, si elles ne
veulent pas dépendre des puissances voisines , et voir passer
chez elles , sans retour, une grande partie de leur numéraire;
A
aujourd'hui que des connoissances certaines sur tous les rap-
ports commerciaux de l'univers ont succédés au desir de la
nouveauté , et que ce qui n'étoit dans le principe qu'une espèce
de délire, est devenu un théorème politique ; aujourd'hui enfin ,
qu'avec des lumières plus étendues, nous avons plus de besoins
à satisfaire ; que l'excédent des productions de la France , comme
le résultat de son industrie, sont destinés à lui procurer ce que
la nature a refusé à son climat ; que l'état des choses, en France,
est tellement disposé, par rapport au commerce , que toutes
dispositions contraires entraineroient la perte du commerce, et
de la France même ; il est certain qu'elle doit prendre des me-
sures plus efficaces, si elle veut, sinon reprendre la prépondé-
rance que sa position et la nature lui prescrivent, du moins
conserver l'équilibre et une balance plus favorable avec les
puissances voisines , et donner, pour cet effet, une attention
beaucoup plus particulière à l'administration et à la dépense
de ses colonies.
La supériorité possible de la France , en commerce, est dé-
montrée, je le répète , par sa position et par sa nature ; et ce-
pendant son infériorité relative est incalculable. Ce n'est ni à
ses cultivateurs , ni à ses fabricans, ni à ses commerçans dans
les deux mondes , qu'il faut s'en prendre ; leur action, toujours
déterminée par ce qui meut tous les hommes de tous les pays
et de tous les états , s'arrête où les obtacles ne peuvent être
vaincus par la force individuelle. L'administration a seule eu le
pouvoir de donner à cette action tout l'essort dont elle étoit
susceptible ; mais , pour ne produire que des effets d'une utilité
générale, cette administration auroit dû être dirigée par des
principes d'une économie raisonnée, éclairée par un système
commercial, et elle a toujours voulu marcher seule et sans
guide , abuser et tolérer les abus.
Les colonies et le commerce ont toujours été confiés, dune
manière plus ou moins immédiate , à trois départemens , dont ils
n'ont été considérés que comme des objets purement secondaires.
(3)
Les ministres , la plupart des officiers même de la marine protec-
trice, ont toujours cru que les colonies et le commerce n'avoient
été créés que pour leur fortune, leur avancement et leur gloire (1).
Les colonies ne donnant et ne recevant l'impulsion, n'ont pu
être dirigées que par des idées absolument incohérentes.
C'est donc à cet ordre de choses , messieurs , que l'on doit
attribuer les erreurs de l'administration sur le commerce et les
colonies , ses vacillations comme ses impérities ; c'est à cet ordre
de choses que l'on doit attribuer l'évacuation impolitique de la
ville de Pondichéry , et la rupture du pacte social et sacré entre
ses habitans et la métropole ; c'est à cet ordre de chose que
l'on doit attribuer la perte de nos avantages dans l'Inde ; celle
de la Louisianne , et les horreurs qui s'en sont ensuivies ; celle
du Canada , et le peu de progrès de nos colonies en général,
comme le peu de succès de toutes nos opérations militaires. Cet
ordre de choses est encore la cause de la division trop affli-
geante qui existe entre le commerce et les colonies ; des fac-
tions qui divisent les colons entr'eux , de l'événement cruel qui
a ruiné Tabago, et de ceux qui affligent dans ce moment nos plus
brillantes colonies de l'Amérique, Saint-Domingue et la Marti-
nique. La non-représentation de nos plus intéressantes colonies
au-delà du cap de Bonne-Espérance , des isles de France et de
Bourbon , est encore dû à cet ordre de choses , comme les dé-
penses énormes , ou plutôt les vols affreux qui font regretter à
la nation la protection qu'elle leur a accordée , sans fruit, ainsi
qu'à toutes les colonies françoises. C'est encore à cet ordre de
choses que l'on doit imputer l'impossibilité où se trouvent MM. les
trésoriers de la marine et des colonies, de présenter la preuve
d'un compte de plus de 1,800 millions ; c'est enfin à cet ordre
(1) La sagesse de M. Fleurieu , ministre de la marine , et dont l'expérience
est démontrée, prouve par son refus à accepter le département des colonies, com-
bien il seroit intéressant qu'il y eût an département particulier pour elles et le
commerce.
A 2
4
de chose que l'on doit attribuer la ruine des colonies, celle du com-
merce et de l'état ; en un mot, le résultat des maux qui l'af-
fligent aujourd'hui.
Je craindrois , messieurs , de fatiguer votre attention en pour-
suivant cet effrayant tableau ; je craindrois sur-tout d'alarmer
votre sensibilité , et de déchirer vos coeurs en vous présentant
celui des vexations particulières, et des abus du pouvoir sans
bornes , confié aux agens de cette administration dans les colonies.
Victime moi-même d'un de ces agens despotes et déprédateurs ,
et que je poursuis pardevant les tribunaux, je ne puis me rap-
peler sans horreur et sans effroi, tout ce que j'ai souffert , et
tout ce que j'ai eu à craindre et à vaincre. Je tire le rideau sur
des images aussi impures , pour m'occuper du soin de vous pré-
senter le tableau de la dépense fixe de toutes les colonies fran-
çoises au-delà du cap de Bonne-Espérance. Des patriotes plus
instruits que moi sur nos colonies de l'Amérique, vous présen-
teront, sans doute, celui qui sera nécessaire au résultat de vos
opérations. Celui de la marine et des consulats vous est déjà connu.
Lorsque vous aurez au juste ces trois tableaux , vous connoitrez
la dépense entière du département de la marine et des colonies ;
vous saurez alors apprécier les abus qui ont eu lieu , en y re-
médiant.
Quant aux loix qui doivent assurer le bonheur et la tranquillité
des colonies françoises , c'est à elles à vous faire connoître leurs
voeux. Vous vous êtes réservés d'asseoir sur des bases inébranlables
l'édifice de leur félicité. Déjà vos décrets des 8 et 23 mars der-
nier en ont posé les premiers fondemens, en leur accordant la
liberté de travailler elles-mêmes à celles sous l'empire desquelles
elles veulent vivre. Je me plais à croire que faisant partie de
l'empire françois, elles s'empresseront à en partager les charges ,
et qu'elles n'oublieront jamais ce qu'elles doivent à la métro-
pole , pour sa protection nationale.
La dépense future des colonies françoises, au-delà du cap. de
Bonne-Espérance, dépend absolument du régime sous lequel elles
5
seront placées. Je suppose à la nation le desir de les faire pros-
pérer , et de les conserver ; je suppose également aux colonies
le desir de partager, suivant leurs moyens, les charges de la
nation. Je présenterai donc , d'après les connoissances locales
que j'ai de leurs rapports, le tableau de la dépense nationale ,
et celui des dépenses coloniales.
Pour présenter ce travail d'une manière plus méthodique , et
ne pas confondre les dépenses de l'Inde avec celles des isles de
France, de Bourbon et autres isles adjacentes ; pour simplifier
enfin ce travail, et tirer la ligne de démarcation nécessaire entre
les gouverneurs , je distinguerai, ou plutôt je diviserai les colo-
nies françoises, au-delà du cap de Bonne-Espérance, en deux
gouvernemens généraux , qui ne formeront qu'un département ;
savoir, le premier, ou le gouvernement général de l'isle de France,
duquel dépendront les commandans particuliers des isles de Bour-
bon , de Rodrigue , Seychelles, Madagascar, Diégo-Garcia, et
les consuls ou agens de Canton en Chine.
Le second, ou le gouvernement général de Pondichéry, duquel
dépendront les commandans particuliers de Karikal, de Mahé ,
de Chandernagor, et les agens de Masulipatan, d'Yanaon , de
Calicut , de Moka et de Suratte.
Chaque gouvernement général sera un point de centre, où
seront adressés les ordres du Roi des François, au nom de la
nation , et le point de réunion des troupes et escadres qui seront
envoyées pour leur conservation. Ces deux gouvernemens généraux
formeront le département de toutes les colonies françoises , au-
delà du cap de Bonne-Espérance.
ISLE DE FRANCE,
Dépenses du gouvernement général de l'isle de France.
ÉTAT MILITAIRE.
UN gouverneur - général 50,000 liv.
Deux aides-de-camp , à 2,400, 4,800
54,800 liv.
Régiment de l'sle de France , et détail de sa dépense.
ÉTAT-MAJOR.
Un colonel, . 10,000 liv.
Deux lieutenans-colonels, 11,800
Un quartier-maitre-trésorier, 1800
Deux porte-drapeaux , 2620
Deux adjudans .... 1620
Un tambour-major , 312
Un armurier , . . 99
27,151
GRENADIERS.
Un capitaine-commandant , 2800 liv.
Un capitaine en second, . 2100
Un lieutenant en premier , 1600
Un lieutenant en second, 1500
Deux sous-lieutenans, 2800
10,800
7
Ci-contre , . . . 10,800 liv.
Un sergent-major , 348
Un fourrier, 303
Quatre sergens, à 303, liv. . . 1213
Huit caporaux, à 198 liv 1584
Un premier appointé , 144
Sept, idem. , à 135 liv 945
Soixante-douze grenadiers, 126 liv. . . . 9072
Deux tambours, à 126 liv . 252
24,660
CHASSEURS.
Six officiers , comme ci-dessus , ....... 10,800 liv.
Un sergent-major, .... 312
Un fourrier , 258
Quatre sergens, à 258 liv , . . . 1032
Huit caporaux, à 171 liv. 1368
Un premier appointé, 117
Sept autres appointés , à 108 liv 756
Soixante-douze chasseurs , à 99 liv 7128
Deux tambours, 99 liv . . 198
FUSILIERS.
Six officiers, comme de l'autre part, . . . . . 10,800 liv.
Un sergent-major , . . . 312
Un fourrier ....... 258
Cinq sergens, à 258 liv . . 1290
Dix caporaux, à 171 liv. .... . . . . 1710
Un appointé 117
Neuf autres appointés, à 103 liv. . . . . 972
16,459
8
De l'autre-part, . . . .... . .' 16,459 liv.
Quatre-vingt-dix fusiliers , à 99 liv. .... 8910
Deux tambours , à 99 liv 198
TOTAL pour une compagnie, ..... 24,567
Pour huit compagnies , . . . . 196,536
Supplément aux deux premiers capitaines-comman-
dans, à chacun 500 liv., ci 1,000
Idem, aux deux premiers capitaines en second, à
300 liv. chaque, ci 6000
198,136
Masse générale pour onze cents quarante-huit
hommes, à raison de 30 liv. chaque, . . . . 34,440
Quatre cents dix-neuf mille vingt rations , à
14 sous, ci. . 293,314
Quarante-trois mille deux cents journées d'hôpitaux,
à 40 sous , à raison d'un dixième, ci . . . . 86,400
Bois à brûler, luminaire et casernes , . 20,000
Envois d'effets, marchandises, ustensiles, . 12,000
Levée de cent quatre-vingt-onze hommes de recru-
tement , à raison d'un sixième , pour remplacer
les morts et les congédiés, à 85 liv. par homme ,
ci , .... 16,235
Leur entretien au dépôt pendant trois mois , à rai-
son de 50 liv. par homme , 9,550
Menues fournitures à leur arrivée au dépôt, et lors
de l'embarquement , à 30 liv. chaque., .... . 5,730
Transport à l'isle de France, y compris la subsis-
tance pendant la traversée , à 315 liv. par homme, 60,165
537,834
TOTAL de la dépense du régiment de l'isle de France,
suivant le détail au vrai, ci-dessus,.... 810,750
Deux
9
Deux régimens sont nécessaires à la défense de l'isle de France,
comme le point central du commerce de l'Inde et de la Chine,
le seul port que la France ait au-delà du cap de Bonne-Espérance ,
et le seul rempart des colonies françoises dans cette partie du
monde.
La suppression du brave régiment de l'isle de Bourbon, qui
a si bien fait la dernière guerre de l'Inde, qui s'est signalé par-
tout ; son incorporation dans ceux de l'isle de France et de
Pondichéry , doivent être regardées comme l'opération la plus
faiWre et la plus impolitique. Je pense que ce régiment doit
être rétabli sur le même pied que celui de l'isle de France, et
concourir avec lui à la défense du gouvernement général de l'isle
de France. La suppression d'un état-major , en portant le régiment
de l'isle de France à quatre bataillons , ne formeront qu'une
économie de 28,151 livres ; et ces régimens étant faits pour
marcher à chaque instant par détachemens et bataillons , il con-
vient , il est même essentiel qu'ils aient chacun leur état-major
particulier ; je dirai plus, qu'il convient qu'ils soient numérotés
dans toutes les colonies , qu'ils prennent rang parmi tous les
régimens de France, suivant la date de leur création. Cette justice,
que l'on rendra aux régimens affectés à la conservation des
colonies, qui sont sans cesse exposés à tous les élémens , et
qui n'ont jamais cessé de faire partie de l'année , en augmentant
leur zèle et leur plus noble émulation, fera cesser des pré-
tentions toujours nuisibles au bien général , que les régimens de
France ont toujours apportés et fait scandaleusement valoir dans
les colonies et outre mer.
Je porterai le régiment de Bourbon, dont la
dépense est égale à celui de l'isle de France , ci, 810,750 liv.
Une brigade complète d'artillerie , y compris
une demi brigade d'ouvriers en solde, ration,
recrutement, journées d'hôpitaux , etc. , suivant
810,750
B
10
De l'autre part, . . . ..... 810,750 liv.
le détail donné pour le régiment de l'isle de
France , ci 341,482
Travaux d'artillerie , entretiens des bâtimens ,
du moulin à poudre , fabrication de poudre ,
transports de canons , frais de bureaux , atte-
liers , etc., ci ........... . 140,000
Un ingénieur en chef, 5,000
Un ingénieur ordinaire géographe, . . . 4,000
Un secrétaire dessinateur, 24,00
Entretien des bâtimens civils et militaires, for-
tifications, matériaux compris , ci 100,000
TOTAL de la partie militaire, ci. . . 2,269,182
ADMINISTATION.
Un commissaire-général ordonnateur , frais de bu-
reaux compris, 40,000
Deux commissaires ordinaires , 12,000
Un contrôleur , . . 8,000
Quatre écrivains principaux, 12,000
Quatre écrivains ordinaires , 9,600
Un trésosier, 3,000
Deux commis caissiers , 4,000
Un garde-magasin général, 3,000
Quatre garde-magasins particuliers, 9,600
Vingt-quatre employés, 48,000
Frais de bureaux , ......... . 24,000
173,200
OFFICIERS DE SANTÉ.
Un médecin , 4,000
Un chirurgien-major, . . . . . . . . 3,000
7,000
II
Ci-contre, ......... 7,000 liv.
Quatre aides-major, .......... 9,600
Huit sous-aides-major,........ 14,400
Un apothicaire major, . . 2,400
Un aide , . . . . 1,800
Huit soeurs hospitalières ......... 8,000
Vingt-huit infirmiers , 28,000
Frais d'entretien en linge, couvertures , bois de
lit, ustencils, etc . . . 30,000
101,200
LE PORT.
Un capitaine de port, . . 4,000
Un lieutenant de port, 3,000
Deux aides de port, . 48,00
Un ingénieur constructeur, 3,000
Uu aide de port affecté au curage, 2,400
Un maître de port ............ 2,000
Un contre-maître, 1,500
Quatre pilotes, . . 6,000
Huit aides pilotes chargés des petites ambarquations,
ci 8,000
Un pilote au grand port, 1,500
Gratifications à cent douze invalides affectés aux mon-
tagnes d'observations , aux batteries , et au gar-
diennage des postes du port, magasins, pontons, etc.
non-compris leurs appointemens, ci . ... . . 11,200
47,400
Nota. La dépense relative aux invalides gardiens des batte-
ries , doit faire partie de la dépense militaire.
Au moyen des cent douze invalides employés sur les batteries ,
montagnes d'observations, etc. la maison des invalides sera suppri-
12
mée et rendue. Ce nombre , employé et réparti, est à-peu-près
celui qui existe aux isles de France et de Bourbon, ôù partie
est également employée.
MARINE.
Une flute de six cents tonneaux, de soixante dix
hommes d'équipage; ci 30,000 liv.
Deux corvètes de cinquante hommes d'équipage à
24,000 liv. chacune, . . . . 48,000
Deux briks de deux cents tonneaux , et trente hom-
mes d'équipage, . 26,000
Deux goëletes de cinquante tonneaux , et trente
hommes d'équipage, ci , . .18,000
Entretien de ces bâtimens, ci. . . . . . . . 50,000
Solde de trente ouvriers blancs , chefs d'atteliers, ci. 45,000
L'entretien des chalans, chaloupes , canots, etc. . 50,000
Le curement du port, et l'entretien des bâtimens né-
cessaires à cette opération, et à la confection du
port Fanfaron, matériaux, divers ustenciles , etc. 200,00
447,000
NOIRS DU ROI.
Mille trois cents noirs seront choisis sur les trois mille exis-
tans , et dont l'excédent inutile , peut être vendu au profit du
trésor national. Ils seront répartis ainsi qu'il suit : savoir;
Cinq cents de choix affectés à la marine , port et curement,
et au déchargement des vaisseaux du roi ; dans les divers bu-
reaux et magasins, deux cents ; au service des hôpitaux,
deux cents ; au service du génie et de l'artillerie, trois cents;
au jardin du roi, trente; aux huit montagnes d'observations , seize;
sur les diverses batteries , pour le service des invalides gardiens,
cinquante-quatre.
TOTAL 1,300
15
Les treize cents esclaves coûteront, pour leur entre-
tien, journées d'hôpitaux, tout compris, à 13 sous
par jour, ci. 308,425 liv.
JARDIN DU ROI.
Au directeur, 3,000 liv.
A un concierge, 1,500
Réparations annuelles , . . . . ... 6,000
Outils et ustenciles, 4,000
14,500
Pour dépenses imprévues; divers matériaux pour le
service de terre et de mer, par approximation , ci . 91,363
Récapitulation de la dépense générale de l'isle de France.
Etat militaire , .... ... . . . . 2,269,182
administration, .. . . . . . . . 173,200
Officiers de santé, . . . . . . . . . . 101,200
Le port , . . ... . . ... 47,400
La marine, . . . ..... ... . . 447,000
Noirs du roi, . .... . . . . . . 368,425
Jardin du roi, . . . 14,500 .
Dépenses imprévues 91,363
TOTAL 3,452,270
Il est à observer que le port, bien dirigé, pourra diminuer
de 5 à 600 mille livres , au moins , la dépense de l'isle de France,
par le produit du loyer des puits à eau, chalants et autres embar-
quations, enfin, par celui de tous les noirs calfats et autres ouvriers,
lorsque le service n'exigera point leur travail, et qu'ils pourront
être loués et employés au service de la marine marchande et du
commerce. Ces divers objets ont produit annuellement plus d'un
14
million , que les Administrateurs et Ieurs agens se sont appro-
priés , et dont ils n'ont jamais rendu compte. Il sera donc essentiel,
dans la nouvelle forme d'administration, que le contrôleur soit
exactement instruit de la mouvance des travaux, de celle des
ouvriers, de leur emploi et de celui des matériaux. On sera alors
assuré, pour le moins , de la somme que j'annonce.
On ne peut trop veiller à la conservation du jardin du roi ,
confié à la direction de M. Céré, dont les recherches , comme les
soins vigilans , méritent les plus grands éloges. Ce jardin , aussi
utile que curieux, renferme la collection la plus complète de»
arbres et plans des deux mondes ; il est encore la pépinière des
arbres à épiceries. C'est à lui et à son directeur zélé , que la
France doit leur culture , qui prospère si bien à Cayenne et à
l'isle de Bourbon.
Mais je péserai beaucoup sur la nécessité de vendre tous les
noirs et les bâtimens inutiles , boeufs de charrois, outils et usten-
ciles, la source des abus. Cette vente procurera une somme
considérable dans le trésor public , et une dépense en vivres et
réparations infiniment moindre, dont je vais donner l'apperçu.
La vente de 1700 noirs inutiles, occupés au service et aux
intérêts des administrateurs en chef et en sous-ordre , procurera
une somme de 2,250,000 liv., et une dépense moindre en vivres,
de 493,325 livres.
La vente des établissemens inutiles produira celle de 932,000 liv.
et une dépense moindre, en réparations annuelles, de 180,000 liv. ;
celle de 126 boeufs de charrois, procurera celle de 54,000liv.,
et une dépense moindre pour leur nourriture et pansement,
de 7,390 livres ; celle des voitures, outils et ustenciles, donnera
50,000 livres , et 10,000 livres de moins, en dépense pour leur
entretien. Cette vente diminuera enfin le nombre des picqueurs,
gardiens et autres ouvriers à la solde; et conséquemment, elle
opérera une dépense moindre encore, de 100,000 livres.
Ce tableau, par apperçu , présenté une recette de 3,586,000 liv.,
et une dépense moindre en réparations , soldes , vivres , etc.
de 703,801 livres.
Dans la vente des bâtimens civils , j'en excepterai l'établisse-
ment appelle le Réduit, et servant de maison de plaisance au
gouverneur-général. Je ne dirai rien des inconvéniens qui ré-
sultent du séjour du gouverneur dans cette maison, distante de
près de trois lieues du port, et où sont obligés de se rendre les
officiers qui viennent de la mer, les passagers et habitans; je ne
dirai rien non plus des dépenses énormes que cette maison a
coûtée , et de celles de son entretien ; ces dépenses et ces incon-
véniens, sont trop connus ; je me bornerai à en demander la con-
cession , en faveur de toutes les colonies françoises , au-delà du
cap de Bonne-Espérance.
Le roi avoit promis des concessions aux braves créoles des isles
de France et de Bourbon , qui se sont signalés dans toutes les
guerres , et particulièrement dans la dernière ; et ces terreins ,
réservés à une si juste récompense , ont été donnés, par les admi-
nistrateurs, à leur protégés et protégées. Je peux donc demander,
à juste titre , ce Réduit en indemnité pour le bien général.
Je le destine à l'établissement d'un collége public, où seront
élevés tous les jeunes créols de toutes nos colonies, situées au-delà
du cap de Bonne-Espérance. Sa distance de la ville empêchera
les professeurs de s'occuper du commerce , et les mettra dans
la nécessité de s'appliquer à l'éducation de leurs élèves. Les bâ-
timens sont immenses , et peuvent contenir tous ceux que nos
colonies seront dans le cas d'y envoyer ; la situation en est heu-
reuse , l'air y est pur, les cultivateurs habitans auront presque
sous leurs yeux leurs enfans, aux besoins et à l'entretien desquels
ils pourront pourvoir sans difficulté; leur sollicitude cessera les
ayant à leur proximité. Ce collége , surveillé par une direction
municipale , sera susceptible de former ses élèves propres au
commerce , à la marine et aux sciences ; il sera la pépinière de
sujets intéressans, et dont la nation aura à se glorifier par les
services importans qu'ils seront dans le cas de rendre. Ces élèves
16
trouveront dans la marine, dans le militaire, dans le commerce
et dans la culture, les moyens de faire goûter à la mère patrie
toute la satisfaction qu'elle doit s'en promettre.
J'ajouterai à ces avantages les difficultés de faire passer lès
enfans en France, de se procurer des lettrès-de-change pour leurs
pensions , de pourvoir à leurs besoins pendant la guerre , de
trouver des personnes à qui on puisse les confier , et les vives
inquiétudes que les parens éprouvent pendant le cours de dix
années qui s'écoulent, temps consacré à l'éducation de leurs enfans,
qui, privés de leur présence, doivent être moins susceptibles
d'attachement envers eux et leur mère patrie.
J'ai présenté le tableau de la dépense nationale pour li'sle de
France, et dans ce tableau, je n'ai pas compris la dépense des
ministres du culte , de la justice et de la police ; je dois penser
que la colonie appréciant la faveur de faire partie de l'empire
françois, que voulant en par tager les charges, elle en fera les frais.
Si, comme je le pense, elle supprime sa jurisdiction , et se borne
à un conseil et à des juges de paix, ses revenus pourront suffire.
La colonie, en s'emparant des biens du clergé, pourra pourvoir,
d'une manière suffisante , au besoin du culte. Leur régie ou lenr
vente, et i'intérêt de cette vente, doivent procurer une somme très-
Considérable.
La taxe peu onéreuse de quarante sous par tête de noir , celle
des cafés, billards, auberges , cantines, boutiques et terreins
d'emplacemens, dont la colonie n'a jamais eu un compte exact,
doivent produire une somme très-forte. Si toutes ces sommes
réunies ne sont pas suffisantes , la colonie pourra encore imposer
10 livres par balle de café , pesant 100 livres net, et de 30 livres
par balle de coton, pesant 300 livres. Toutes ces sommes doivent
subvenir, d'une manière très-ample, à la dépense de ces divers
objets, même à tous les frais de réparations et d'établissemens
utiles dans la colonie.
A l'égard du collège public , là colonie de l'isle de France
pourra s'entendre avec toutes celles qui concourrent avec elles
à
17
à la formation du département, pour l'entretien et celui des
divers professeurs nécessaires. Cet objet ne peut pas être très-
conséquent: les pensionnaires y pourvoiront en grande partie.
DÉPENSE DE L'ISLE DE BOURBON.
ÉTAT MILITAIRE.
Un commandant particulier 24,000 liv
A deux aides-de-camp , 4 5800
Un ingénieur ordinaire géographe , 3,000
Un secrétaire dessinateur, . . . . . . . . 2,000
Travaux du génie, de l'artillerie , fortifications ,
entretien des bâtimens , etc 100,000
133,800
ADMINISTRATION.
Un commissaire-ordonnateur, frais de bureaux com-
pris , 18,000
Un contrôleur, ............ 4,000
Un écrivain principal, . . . 3,000
Un écrivain ordinaire , 2,400
Un trésorier , 3,000
Deux commis-caissiers, 4,000
Un garde-magasin général, . 5,000
Six, idem, particuliers , 12,000
Douze employés , 24,000
Frais de bureaux, 18,000
91,400
OFFICIERS DE SANTÉ.
Un médecin à Saint-Denis , 4,000
Deux chirurgiens-majors , dont l'un à Saint-Denis , et
l'autre à Saint-Paul, 6,000
10,000
C
18
De l'autre part, 10,000 liv.
Deux aides-majors, idem, 4,800
Deux spus-aides-majors , idem 5,000
Un apothicaire major, à Saint-Denis , 2,400
Un aide, 1,500
Dix soeurs hospitalières , pour les deux hôpitaux, . 10,000
Huit infirmiers , 8,000
Entretien de linge, couvertures , ustensiles , etc. 24,000
63,700
MARINE.
Un capitaine de port, à Saint-Denis . . . 2,400
Un maître de port, idem, 1.500
Un pilote, idem, 1,500
Six maîtres de ports employés à Saint-Paul, au Repos
de Laleu , à la rivière d'Abord , à Sainte-Suzanne ,
à Saint-Benoit, et au quoi la Rose, .. .. . .. . 7,200
Pour solde des équipages de trois goëlettes et quatre
chaloupes pontées, .. .. .. ., ....... . . 20,000
Pour entretien, frais de pirogues , etc 20,000
Gratification à quarante-huit invalides, chargés des
montagnes d'observations , etc. 4,800
Dépenses imprévues, 26,600
84,000
NOIRS DU ROI.
Sur les mille noirs restants au roi, on pourra en conserver
600 de choix pour les besoins du service , qui seront ainsi
distribués ; savoir : 400 seront destinés au. service de la marine,
et divisés dans les sept rades; 260 à S.-Denis, et 20 à cha-
cune des autres. On aura égard, dans cette distribution, aux
magazins qui feront une plus forte ou moindre recette : 15 seront
19
attachés au jardin du roi, 50 pour les deux hôpitaux , 35 pour
les montagnes d'observations et batteries , et 100 pour le service
du génie et de l'artillerie.
Sur les 400 de marine , il en sera prélevé un par bureau, pour
les besoins du service.
Six cents noirs donneront une dépense annuelle, à raison
de 13 sous par jour et par tète, prix d'approximation, 142,350 liv.
TOTAL de la dépense de l'isle de Bourbon , . 515,250
La vente de quatre cents noirs inutiles , produira au' moins une
somme de 400,000 liv ; celle des bâtimens inutiles, 177,000 liv.
Somme à entrer au trésor public , ci. . . 677,000
Les noirs de marine , leurs loyers, celui des chaloupes, pirogues
et autres embarquations , pour le chargement et le déchargement
des vaisseaux du commerce , quand ils ne seront pas employés
pour le service , donneront au moins une somme de 100,000 liv.
Ce revenu , qui a toujours été au-delà, a fait partie du profit des
administrateurs , qui n'en ont jamais rendu de compte. Ajoutez
à cela le montant de le vente des noirs inutiles qui s'élève à
400,000 livres , et enfin, celui résultant de celles des bâtimens
superflus , qui seront aussi vendus, et que je porte à grand compte,
à 177,000 livres, ces trois objets formeront un total de 677,000 liv,
et une diminution dans la dépense annuelle de 244.900 livres.
Je n'ai point dû présenter la dépense de la justice, du clergé et
de la police de l'isle de Bourbon ; je pense que cette colonie
s'empressera à diminuer la dépense nationale, en s'imposant
conformément au plan de constitution que j'ai fait imprimer le
premier octobre dernier , c'est-à-dire, de 2 livres par tète de noirs,
de 10 livres par balle de café , et de 50 livres par balle de coton.
Cet impôt, et celui des cafés, cantines et auberges , produisant
une somme de 800,000 liv., suffira et au delà, pour ces diverses
dépenses, qui n'excéderont pas celle de 354,632 livres , y compris
C 2
20
la solde des gardes nationales soldées, et la colonie aura encore
à sa disposition le produit de la vente des biens du clergé, dont
le résultat sera employé aux travaux si nécessaires , si importans,
et si imparfaits dans cette isle.
Dépense de l'isle de Rodrigue.
Un résident, 1,500 liv.
Un chirurgien , 1,200
Un gardien pour le parc aux tortues , . . . 1,000
3,700
Dépense de Madagascar.
Un régisseur des traites , 2,400
Quatre commis aux traites , 6,000
Un chirurgien, 1,800
10,200
Dépense des isles Seychelles.
Les régimens des isles de France et de Bourbon , y fourniront
une garnison de vingt-cinq hommes, commandés par un lieutenant,
qui commandera également la colonie ; il lui sera alloué en grati-
fication , ci 2,400 liv.
Un écrivain ordinaire, 2,400
Un commis aux écritures, 1,800
Un chirurgien, 1,800
Un gardien pour le parc aux tortues , ..... 1,200
9,600
Dépense de Diego-Garcia.
Cette isle, située par 7 degrés 15 minutes de latitude ,
et 69 degrés 36 minutes de longitude orientale, occupe un point
central, d'où les flottes et escadres peuvent se transporter très-
promptement à Ceylan et à la côte de Coromandel, dans les dé-
troits , et enfin à l'isle de France , dont le trajet, de 360 lieues, peut
se faire aisément en huit jours, les vents étant généralement
traversiers, et souvent meilleurs. Cette isle est peu productive;
mais elle est intéressante par sa situation et par la grandeur de son
port, qui peut contenir une flotte ou une escadre nombreuse.
Le port est susceptible des plus grandes améliorations : étant
situé hors du parage des ouragans , les flottes y sont en sûreté.
La France ne doit rien négliger pour sa conservation. Cette po-
sition seroit très-avantageuse aux Anglois , qui en ont tenté
l'usurpation en 1786, et qui a été rendue sur les réclamations du
cabinet de Versailles , qui en a senti l'importance et l'utilité.
Le sieur Deschiens, capitaine de marine marchande, qui s'est
signalé dans la dernière guerre par diverses prises et arméniens
en course , qui, en 1784, à levé le plan et sondé le fond des
bayes, ainsi que de tout l'Archipel , dans lequel cette isle se
trouve située, a présenté un projet à l' assemblée nationale,
dont le contenu tend à en obtenir la jouissance pendant vingt
ans , sous les conditions d'y faire les établissemens et les plan-
tations nécessaires au soulagement des vaisseaux qui pourront
y passer. Je pense que cette jouissance peut lui être accordée
jusqu'à ce qu'il plaise à la nation d'y former un établissement
convenable. M. Deschiens en mérite, à tous égards , la pré-
férence. Il lui seroit, à cet effet, expédié un ordre en comman-
dement ; je né passerai donc' aucune dépense pour cette isle, que
Pour mémoire.
Dépense de Canton.
Un agent, 4,000
Un interprète, .... 2,000
Dépenses diverses, 4,000
10,000
22
Récapitulation de la dépense du gouvernement général
de l'isle de France.
Isle de France , 5,453,270 liv.
Isle de Bourbon, 515,250
Rodrigue , 3,700
Madagascar, 10,200
Isles Seychelles, 9,600
Diego-Garcia. Pour mémoire, . .
Canton, . . . . 10,000
TOTAL , 4,001,020
GOUVERNEMENT GÉNÉRAL
DE PONDICH ÉRY.
PONDICHÉRY.
ÉTAT MILITAIRE.
Un gouverneur-général, . .. 50,000 liv,
Deux aides-de-camp, . . . ..... 4,800
Pour le régiment de Pondichéry , porté à quatre
bataillons; dépense de solde, rations, recrute-
ment, transport, réparation d'armes, casernes
et luminaire compris, ci. .......... 1,593,544
Il est à observer qu'un régiment coûte autant à
Pondichéry qu'à l'isle de France; le transport
plus coûteux balance la valeur moindre des ra-
tions.
1,548, 144
23
Ci-contre, ....... . . . . . . 1,648,194 liv.
Pour une brigade d'artillerie et une demie com-
pagnie d'ouvriers, tout compris , ..... 341,482
Pour deux bataillons de sipahis, . ......... 320,000
Un ingénieur en chef, 4,000
Un secrétaire dessinateur , 1,800
Travaux du génie, fortifications , artillerie , bâ-
timens civils, transports d'armes et munitions, etc.
ci , 100,000
Un garde-magasins d'artillerie, 1,800
Un maitre armurier chargé de l'arsenal, 1,800
2,419,026
ADMINISTRATION.
Un commissaire général ordonnateur, frais de bu-
reaux compris , 50,000 liv.
Un commissaire ordinaire, . . ... . . . 6,000
Un contrôleur, 6,000
Deux écrivains principaux , . . . . . . ... 6,000
Deux idem ordinaires, . . . ... . . 4,800
Un garde-magasin général , . 2,400
Un Trésorier , 3,000
Deux commis caissiers, 3,600
Dix employés, .... . . . 18,000
79, 800
OFFICIERS DE SANTE
Un médecin , 4,000
Un chirurgien-major , 3,000
Deux aides-majors , 4,800
Deux sous-aides-majors, . . ... ... . . . 5,000
14,800
14
De l'autre part, 14,800 liv.
Un apothicaire-major, 2,400
Un aide, 1,500
Direction, commis , infirmiers , linge, lits , usten-
siles, etc. .. 56,000
54,700
PORT ET MARINE.
Un capitaine de port, 3,000
Un aide, . . . 2,000
Deux pilotes , 5,600
Pour loyers de chelingues et autres frais imprévus, 18,000
26,600
JUSTICE ET POLICE.
Un seul conseil supérieur rendra la justice. Nulle distinction de
tribunaux pour les Européens et les Indiens. Ce conseil jugera
au souverain toutes contestations portées devant lui, dans son
arrondissement, comptoirs et agences dépendantes du gouver-
nement général de Pondichéry, sauf appel au tribunal de cassa-
tion , en France.
Un président, 6,000 liv.
Huit conseillers, ............ . . . 24,000
Un greffier, 2,400
Un commis-greffier 1,500
Un juge de paix, 2,400
Quatre archers de police , 4,800
Un concierge geolier ........... 1,200
42,300
Les notaires, contrôleur des actes , et les huissiers , seront sans
appointemens.
CLERGE.
CLERGÉ.
Un curé, 3,000 liv.
Un vicaire, . . . . ... . . 2,000
5,000
VOYERIE.
Un grand-voyer, . . . . . 3,000
Ouvriers malabars employés à la voyerie , . . . 6,000
Frais et travaux, . 24,000
33,000
DORBAR.
Dépense de Dorbar, . . 50,000
Direction de la monnoie, 6,000
Transports des garnisons , loyers de maisons, et dé-
penses imprévues ........... 70,000
Récapitulation de la dépense de Pondichéry,
Etat militaire , ........... 2,419,026 liv.
Administration, .... . 79,800
Officiers de santé , . . . .......... . . . 54,700
Port et marine 26,600
Justice et police, 42,300
Clergé, 5,000
Voyerie , . . ... 33,000
Dorbar, 50,000
Direction de la monnoie . 6,000
Dépenses diverses et imprévues 70,000
TOTAL de la dépense de Pondichéry, . 2,786,426
D
KARIKAL.
Le. régiment de Pondichéry fournira à Karikal une compagnie
d'infanterie, commandée par un capitaine, qui commandera égale-
ment la place, et auquel il sera donné, par forme de gatifica-
tion, .... . 2,400 .liv.
Un écrivain principal , faisant fonction d'ordon-
nateur, 3,000
Un garde-magasin, . . 2,000
Un officier de port, 1,800
Un pilote ou maitre de port, 1,500
Un curé, 2,400
Un chirurgien 1,800
Un juge de paix, 2,400
Un notaire-greffier , 1,800
Loyer de chelingues , et dépenses imprévues, 15,000
54,100
MAHÉ.
Le régiment de Pondichéry fournira à Mahé une compagnie
d'infanterie, commandée, par un capitaine qui commandera éga-
lement la place , et auquel il sera donné par forme de gratifi-
cation .... 2,400 liv.
Un écrivain principal, faisant fonction d'ordonna-
teur, . 3,000
Un garde magasin 2,000
Un officier de port, . 1,800.
Un pilote , ou maître de port, 1,500
Un curé, 2,400
Un chirurgien,. 1,800.
Un juge de paix, 2,400
17,300
27
Ci-contre , . 17,300 liv.
Notaire-greffier, 1,800
Loyer de chelingues , et dépenses imprévues, . . 15,000
34,100
YANAON.
Agent, . . 4,000 liv.
Dépenses diverses, 6,000
10,000
MASULIPATAN.
Agent, .... 4,000.
Dépenses diverses, 3,000
7,000
CALICUT.
Agent 4,000
Dépenses diverses , ........... 3,000
7,000
MOKA.
Agent, 4,000
Dépenses diverses, 6,000
10, 000 liv.
SURATE.
Agent, 4,000
Dépenses diverses, 6,000
10,000
D 2
CHANDERNAGOR.
Le régiment de Pondichéry y enverra deux compagnies d'in-
fanterie, commandées par un lieutenant-colonel, qui comman-
dera également la colonie, auquel il sera alloué , par forme de
gratification ............. 6,000 liv.
Un bataillon de sipahis, 160,000
Un écrivain principal , faisant fonction d'ordon-
nateur . 4,000
In garde-magasin principal , 2,400
Quatre employés, 6,000
Un officier de port , . . 2,400
Deux pilotes, dont le premier sera maître de port, 3,000
Un curé, . . 2,400
Un vicaire., 1,600
Un chirurgien , 2,400
Un aide 1,500
Un juge de paix , 2,400
Un notaire-greffier,. 2,000
Dépenses imprévues, 50,000
226,100
Récapitulation de la dépense du gouvernement général de
Pondichéry.
Pondichéry, 2,786,426 liv.
Karihal, . . . 34,100
Mahé, 34,100
Yanaon, 10,000
Masulipatan . .. 7,000
Callicut , 7,000
Moka, 10,000
3,888,626
29
Ci-contre, 2,888,626 liv.
Surate , 10,000
Chardernagor , 226,100
TOTAL général, ........ 3,124,726
La brigade d'artillerie nécessaire à la défense de Pondichéry ,
fournira des artilleurs où il en sera besoin, et où le gouverneur
le jugera convenable ; il augmentera ou diminuera également
les différentes garnisons, suivant le besoin et les circonstances.
J'ai supprimé l'agence de Canton en Chine , que M. Monneron
met dans la dépendance de Pondichéry, et qui n'a aucune rela-
tion directe avec cette ville ; elle doit naturellement dépendre
de l'isle de France , dont le gouverneur général est plus à
même d'y faire passer des ordres. Les vaisseaux qui vont et
reviennent de la Chine, passent pour la plupart à l'isle de
France, et ne vont jamais chercher Pondichéry.
Il faudra défalquer de la dépense de Pondichéry , la somme
de 800,000 livres , provenante des droits seigneuriaux , de la
régie des fermes de la France dans les divers établissemens ,
et de la vente de l'opium ; ainsi, la dépense de Pondichéry se
trouvera réduite à celle de 2,226,726 livres.
On suppose que ce revenu mieux régi, pourroit donner 1, 200,000
livres, et l'on pense que ses administrateurs ne négligeront rien
pour y parvenir.
M. Mallet, ancien administrateur, qui a long-temps habité Pon-
dichéry, et inspecté ces domaines , pense qu'il faudroit en con-
fier la régie à une administration particulière, régler les droits
de pagode , supprimer les présens des laboureurs et tisse-
rands envers les seigneurs qui passent, et le gouverneur dont
le traitement est suffisant ; de concéder ensuite à chaque labou-
reur, par un acte dans la forme usitée parmi nous, à la charge
d'une rente en argent ou en nature , mais réglée sur le terrein
limité, et sur une proportion de bonne, médiocre et mauvaise terre ;
30
de concéder également les terreins incultes au moyen d'une rede-
vance , mais francs jusqu'à ce qu'ils soient en rapport avantageux ;
de fixer la capitation des tisserands , peintres et blanchisseurs :
ce parti assurreroit les propriétaires de n'être jamais évincés ;
les administrateurs ne pourroient plus les vexer , ni s'approprier
la plus grande partie de leurs revenus : il en résulteroit encore un
grand avantage ; l'administration seroit assurée, par ce moyen ,
des vivres , et de la quantité qu'elle jugeroit convenable d'en
magasiner, et de ne jamais manquer. Les cultivateurs, assurés
de leurs propriétés , d'une juste répartition d'eau, exempts de
monopole , travailleroient avec plus d'ardeur. Il en résulteroit
encore, comme je l'ai annoncé , un revenu de plus de 1,200,000 1.
en faveur de la nation ; ce qui diminueroit d'autant la dépense
nationale.
Récapitulation des dépenses fixes de tous les établissemens
françois au-delà du cap de Bonne-Espérance , divisés en
deux gouvernemens généraux, formant un même dépar-
tement.
Gouvernement général de l'isle de France, ci . 4,001,020 liv.
Gouvernement général de Pondichéry , . . . 3,124,726
TOTAL général de la dépense du département des
colonies situées au-delà du cap de Bonne-
Espérance , 7,125,746
On doit estimer comme certaine la recette de 800,000 livres
de revenus et droits territoriaux du gouvernement général de
Pondichéry, et de pareille somme ceux du loyer des noirs calfats,
et autres ouvriers de tous genres , celui des puits à eau , des
chalans , chaloupes , canots, pirogues et autres embarquations
dans les ports et rades dépendants du gouvernement général de
l'isle de France. On pourra donc défalquer 800,000 livres de la
31
dépense de chaque gouvernement général, et 1,600,000 livres ,
de la dépense totale du département des établissemens françois,
siués au-delà du cap de Bonne-Espérance ; ce qui la réduiroit
à la somme de 6,525,746 livres , sans avoir égard à la bonification
possible des revenus et droits territoriaux du gouvernement général
de Pondichéry , susceptibles d'une augmentation de 400,000 liv.
A l'égard de la diminution de la dépense nationale, on pense
que les colonies pourront y coopérer, par la suite, d'une manière
plus efficace , lorsque la culture et leur commerce encouragés
seront élevés au succès probable : ce qu'on doit en attendre.
J'ai cru devoir désigner tout ce qu'elles peuvent faire dans ce
moment.
En suivant ce plan économique , mais suffisant, il résulte
encore cet avantage en faveur du trésor public ; la vente de 1700
noirs inutiles à l'isle de France, procurera une somme de 2,250,000
livres', et une dépense moindre en vivres de 403,325 livres par an ;
celle des bâtimens civils , onéreux et superflus , produira celle
de 932,000 liv. au moins, et une dépense moindre en réparations
annuelles de 180,000 livres; celle des boeufs de charrois, 54,000
livres , et une dépense moindre de 7,690 liv., affectés à leurs vivres
et pansemens ; celle des voitures , outils et ustensiles, 50,000 liv.,
et une dépense moindre de 10,000 livres en réparations annuelles.
La vente de tous ces objets produira encore une diminution de
dépense en solde d'ouvriers, gardiens, piqueurs , etc. de 100,000
livres au moins. Celle de 400 noirs à l'isle de Bourbon , procu-
rera 480,000 livres, et une dépense moindre en rations , de 94,900
livres ; celle des bâtimens civils produira celle de 177,000 livres ,
et une dépense moindre en réparations , de 50,000 livres; enfin ,
la vente des objets inutiles produira au (trésor public une somme
de 3,943,000 livres, et une diminution dans la dépense annuelle
de 845,625 livres.
Les forces militaires, telles que je les suppose devoir exister
à l'isle de France , sont suffisantes pour sa défense et la conser-
32
vation de toutes ses dépendances; réunies à celle des braves culti-
vateurs , soldats eux-mêmes , elles formeront une masse impos-
sible à renverser.
Celles que je suppose également devoir exister à Pondichéry,
le seront pareillement, étant susceptibles d'être secondées par
celles de l'isle de France et celles de Typoo, notre allié. Le ministre
sera d'ailleurs toujours à même de les augmenter , s'il le juge
convenable , et si nos ennemis le mettent dans ce cas. Il seroit
Cependant fort à désirer, pour la force de Pondichéry, que'
l'on pût en diminuer la ligne de circonvaliation trop étendue ;
elle deubleroit avec les mêmes moyens. Cette opération n'est
pas susceptible de grandes difficultés.
Je crois avoir présenté sans réplique le tableau de la dépense
fixe de tous les établissemens françois au-delà du cap de Bonne-
Espérance , à moindre frais, et sur le pied où ils n'ont jamais
été. Eh bien ! Messieurs, ce tableau seul, aussi vrai, aussi exact
que suffisant , aidé des moyens qui l'autorisent, fera l'objet
principalde mes réponses aux deux mémoires du 15 octobre et 18
novembre , de M. Monneron , député de Pondichéry, et auxquels
je vais répondre séparément.
RÉFUTATION du mémoire du 15 octobre dernier,
de M. L. Monneron, député de Pondichéry.
La conservation de tous les établissemens françois situés au-delà
du cap de Bonne-Espérance , a cessé d'être problématique ; vous
avez, messieurs , consacré cette vérité intéressante dans vos deux
décrets des 8 et 23 mars , concernant les. colonies , et particulière-
ment dans celui du 3 avril,, qui s'upprime l'odieux privilège exclu-
sif de la compagnie des Indes , et rend libre le commerce dans
cette partie immence du globe, à tous sujets françois. C'est
dans cette hypothèse , qui n'est plus douteuse , que j'ai cru devoir
vous présenter l'état de leur dépense annuelle , fixe et indispen-
sable ,
33
sable , pour les conserver avec les avantages que vous devez en
espérer. J'ai simplifié cette dépense autant que j'ai pu le faire, et
sans retranchemens nuisibles à leur sûreté et prospérité. Ma ré-
ponse à M. Monneron achevera de vous satisfaire sur tous les
abus qui ont eu lieu, comme sur ceux qui pourroient s'introduire.
En décrétant la liberté du commerce des Indes orientales, vous
avez certainement approfondi tous les avantages que la nation doit
retirer de cette liberté, modifiée par les seuls résultats des imposi-
tions nécessaires; vous aurez sans doute également approfondi
tous ceux qui doivent résulter et qui résultent en effet des rapports
politiques et commerciaux, des établissemens qu'elle possède dans
cette partie du monde. Il seroit superflu de vous en présenter
une nouvelle énumération. Je me bornerai donc à démontrer seu-
lement, avec M. Monneron , que la dépense dont je viens d'offrir
le tableau , comparée à tous ces résultats, n'est qu'une mise de-
hors très-modique , et bien placée , en raison des bénéfices que
la France doit retirer de ce commerce complettement et bienfait.
Le commerce de l'Inde, messieurs , ne peut être considéré dans
ce moment que comme dans son enfance ; contrarié dès sa nais-
sance par des privilèges qui l'ont restraint, il n'a pu prendre le
degré d'élévation dont il étoit susceptible , et auquel la liberté et
l'industrie auroient pu seule le conduire.
Mais si, dans cet état de contrariété , il vous présente un résul-
tat de 60 millions , auquel MM. les négocians françois l'estiment,
à combien ne s'élèvera-t-il pas , lorsque la liberté lui aura donné
toute l'action dont elle est capable? On doit juger de sa progres-
sion nécessaire , par celles des isles de France et de Bourbon,
dans le peu de temps qui s'est écoulé entre les deux privilèges exclu-
sifs. Elles ont triplé de moyens.
Je suppose donc que le commerce de l'Inde ne présente qu'une
masse de retour de 60 millions. Il est certain que le produit des
impositions présentera un résultât de 4 millions , au inoins , à ver-
ser dans le trésor public. Il est prouvé que lès revenus locaux de
Pondichéry, de Karikal, et autres dépendances, affermées de là
34
manière que j'ai indiquée , présenteront encore une somme de
1200 mille livres. J'estime que le revenu du port de l'isle de France,
et des rades de Bourbon , présenteront celle de 800 mille livres.
Voilà donc un résultat, en recette , de 6 millions , et la dépense
que j'ai indiquée ne s'élève qu'à 7,125,746 livres ; et en défalquant
la recette de la dépense, il résulte que la nation ne dépensera vé-
ritablement que la somme de 1,125,746 livres pour tous les éta-
blissemens au-delà du cap de Bonne-Espérance.
J'observerai que dans l'estimation du commerce de l'Inde, faite
par MM. les négocians de France , ils n'ont pas compris diffé-
rentes branches négligées par les privilèges exclusifs , telles que
celles du gingembre , du piment , du curcuma , des médi amens ,
des noix' de galle , de l'encens, de la myrrhe et de lalvès , que
les Hollandois tirent des côtes de la mer Rouge , et qu'ils nous
vendent au plus haut prix ; telles que celles de l'indigo de Mas-
catte , du salpêtre , de la nacre de perle, de l'orpiment, de poils
de chameaux et de chèvres du golfe Persique, telles , enfin,
que celles du coton en laine de Suratte , des rotins et bois rouge
de la côte de l'Est, des joncs, vernis , huile et morphil de la
côte orientale d'Afrique ; objets qui n'échapperont pas à la vigi-
lance ni à l'activité du commerce , dirigés par la liberté protégée.
A tous ces avantages , messieurs , je dois ajouter ceux qui doi-
vent nécessairement résulter encore de cette liberté bienfaisante du
commmerce , de cette précieuse restitution du patrimoine de
l'industrie , et dans lequel les négocians et capitalistes françois
verseront avec confiance leurs capitaux et leur crédit ; sûrs de
la protection du gouvernement françois , nos armateurs fonde-
ront, sans doute , des relations conséquentes dans l'Inde sur de
grands intérêts; et las d'appeler l'étranger à leur secours, ils se
mettront sous la sauve garde du pavillon national ; nos chantiers
et nos atteliers déserts reprendront leur activité, nos matelots ,
qui, faute d'emploi, se sont expatriés, rentreront dans le sein de
leur mère patrie, dont ils augmenteront la richesse et la puis-
sance; nos commerçans tenteront de nouvelles sources de con-
35
sommations ; nos manufactures auront, à des prix raisonnables,
les matières premières qui les alimentent, sans être contrariées
par le commerce de l'Inde. L'Angleterre me fournit là preuve
de cette dernière vérité ; son commerce de l'Inde lui rend plus
de 80 millions de retour ; ses manufactures sont plus parfaites
et plus florissantes que les nôtres. Si les immenses retours de
l'Inde ne les réduits pas à l'inaction, pourquoi les nôtres y seroient-
elles réduites ? J'étayerai cette assertion , qui pourroit paroître
étrange , d'une preuve prise dans les avantages de la localité ,'et
dont la nature a fait une sage distribution : c'est que l'Indien
doit à son climat, à ses matières premières , à sa frugalité , à sa
constance dans l'état de ses pères, à une main-d'oeure de trois
et quatre sols par jour, la perfection de ses filatures, les belles
productions de ses métiers, et l'avantage de les vendre à très-
bas prix; c'est que le François doit à son activité , à son indus-
trie , à son intelligence , à son goût pour les arts, aux models
qu'ils lui offrent, et aux dispositions d'une nation toujours prête
à les encourager, ces talens utiles et agréables , que l'on veut
imiter partout, et que l'on n'acquiert point ailleur.
La position heureuse de la France exige un grand développe-
ment , un grand commerce extérieur : c'est une vérité reconnue;
Si celui de l'intérieur ne peut employer tous les bras oisifs,
l'extérieur y suppléra ; si l'intérieur y suffit, le commerce exté-
rieur appelera les bras étrangers , qui en augmenteront la po-
pulation et la puissance, et par la force de ces deux leviers ,
l'empire françois, revêtu de toute celle qu'il est capable de rece-
voir, s'élevera au plus haut degré de richesse, de population
et de commerce. Tel sera encore le résultat de ces avantages
qui secondent évidemment mes premières preuves.
Mais je crois avoir suffisamment démontré que la dépense dont
j'ai présenté l'état pour tous les établissemens françois au delà
du cap de Bonne-Espérance, comparée aux bénéfices qui en ré-
sultent , n'est qu'une mise déhors très-modique et bien placée.
J'Ai du cette démonstration en faveur de la preuve de cet état
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de dépense que je sollicite pour ces établissemens précieux. D'ac-
cord sur ce premier point, sans doute avec M. Monneron , je vais
passer à la discussion des autres faits. Je ne pense pas qu'il soit
nécessaire de les rapporter ici ; les divers mémoires de M. Mon -
neron sont imprimés et sous vos yeux : ce seroit fatiguer votre
attention et multiplier une impression inutile. Je me bornerai
donc à répondre à chaque paragraphe, en suivant l'ordre des mé-
moires ; je commencerai par celui du 17 octobre , et par son titre.
M. Monneron paroit seul dans ce mémoire comme dans les
autres, et il s'y est qualifié de député des Indes orientales. Par
Indes orientales , on entend communément tous les établisse-
mens situés au delà du cap de Bonne-Espérance, dont tous les
rapports sont identifiés. Il résulteroit de cette qualification, que
M. Monneron , qui a parlé seul, qui a signé seul le mémoire sur
tous ces établissemens, en seroit le seul député. Il me semble
donc que ce titre de député des Indes orientales est trop géné-
rique ; je pense bien que M. Monneron n'a jamais prétendu se
qualifier de député des isles de France et de Bourbon; mais au
moins de tous les établissemens aux Indes qui dépendent du gou-
vernement-général de Pondichéry ; et dans cette dernière hypo-
tèse, il me semble encore que la qualité de l'un des députés de
Pondichéry, étoit la seule convenable, à moins qu'il n'ait les
pouvoirs des villes de Mahé, dé Karikal et de Chandernagor ,
dont les intérêts , quoique liés , sont tous différens , du moins
ceux de Mahé et de Chandernagor , qui méritent d'être consultés
sur leur voeu particulier.
Mais si M. Monneron a un collègue dans la personne de
M. Bellier, dont les lumières et l'expérience ne doivent pas être
d'un moindre poids, il me semble que cet officier, d'un mérite
également reconnu , auroit dû signer ces divers mémoires, par-
ticulière ment celui du 15 octobre, qui caractérise les demandes
formelles de la députation de Pondichéry ; et son silence dans
ce cas , sur-tout sur les différentes dissertations étrangères à leur
mission commune, peut être considérée comme une improba-
37
tion tacite, ou du moins comme une réticence bien sage. J'ob.
serverai à cet égard, que M. Bellier s'est borné à signer la partie
militaire qu'il doit et paroît connoitre parfaitement. Ce qui m'au-
torise à penser et à dire que M. Monneron auroit dû se borner
également à ne présenter et à ne signer que la partie des rap-
ports politiques et commerciaux, qu'il a traité avec un égal suc-
cès , et enfin , à ne prendre que la simple et belle qualité de
député de Pondichéry, qu'il mérite par ses talens, son patrio-
tisme et son expérience.
M. Monneron n'a rien dit de trop sur l'expédition de la Co-
chinchine, confiée aux soins du général Convay, qui a eu celui
de la faire manquer, comme celle de Trinquemaley. L'esprit
altier et anti-patriotique de cet officier, s'est démontré dans plus
d'une circonstance. Les mémoires de la ville de Pondichéry, la
conduite récente, sage et ferme de la colonie de l'isle de France,
en fournissent des preuves authentiques. Il est certain que l'on
devoit se promettre un traité avantageux de cette expédition,
qui eût pu se faire avec succès et sans dangers, comme l'expé-
rience l'a justifié.
M. Monneron n'a estimé les retours de l'Inde qu'à trente
millions , parce qu'il n'a pas calculé sur ce qui s'introduit en
fraude de ce commerce dans le royaume ; il n'a par conséquent
point porté au juste le résultat des impositions ; mais je dois partir
du témoignage de MM. les négocians françois réunis , qui l'élève
à 60 millions, les effets introduits en fraude compris. Je dois
assurer qui s'élevera au delà lorsque l'industrie, mue par la liberté
encouragée et protégée, aura saisi toutes les branches de com-
merce, négligées par les privilèges exclusifs, qui n'ont jamais en-
visagés que les grands bénéfices. Ce que je dis ne sera point con-
tredit par M. Monneron, puisqu'il est fondé sur le témoignage
de tout le commerce françois , et qui'il vient au secour de ses
plus justes pétitions.
Il est très-vrai que les établissemens anglois aux Indes sont
aussi multipliés que distins., et que la masse des troupes que
38
l'Angleterre y entretient pour leur conservation , est tellement
dispersée , que sa réunion est presque impossible pour nous por-
ter des grands coups , sur-tout lorsqu'on considère l'étendue de
leurs intérêts politiques, si multipliés dans cette partie du monde.
Aussi ai-je estimé que 4000 hommes de troupes, suivant le tableau
que j'en ai présenté en l'état de dépense du gouvernement géné-
ral dé Pondichéry , étoient suffisants pour sa conservation , et la
rendre imprenable , sur-tout si l'on restreint sa ligue de circon-
vallation.
La réunion de quatre grandes puissances contre les Anglois ,
dont parle M. Monneron , auroit lieu contre toutes les puissance
européennes, si elle pouvoit être dictée en faveur de la liberté
ou de leurs intérêts respectifs ; mais ces puissances , également
distantes, également divisées par leurs intérêts , seront constam-
ment dans le besoin des puissances européennes , pour com-
battre elles-mêmes cet esprit de liberté , si jamais il pouvoit entrer
dans l'esprit de ces peuples éphemères , habitués au joug du
despotisme. Ce besoin sera constant sous les rapports de richesses
et d'intérêts , parce que leurs revenus consistent en impôts sur
la vente des marchandises et des productions de leuts climats,
et que ces i ventes ne peuvent avoir lieu qu'avec les puissances
européennes.
J'ajouterai à cet obstacle, à la réunion du Mogol, des Marattes ,
dû soubal du Décan, et de Tipoo-sultan , contre les Anglois , et
toutes les autres puissances de l'Europe qui ont des établisse-
mens dans leurs états , que ces quatre puissances ont des intérêts
directs de commerce et de protection nécessaires avec les puis-
sances d'Europe , avec lesquelles elles ont des traités ; qu'elles
sont divisées par des rivalités , de conquêtes et de politique , que
cette réunion est conséquemment illusoire.
Je ne puis que louer les vues d'alliance que propose M. Mon-
neron avec Tipoo-Sultan, ratifiée par l'ambassade que ce prince
a envoyée au roi de France , et l'accueil qu'il a fait à M. de Mac-
nemara, qui a reconduit les ambassadeurs. C'est un allié puissant,
39
qui nous rendra le change de notre protection ; mais nous né pou-
vons considérer son amour pour nous , que comme un amour
d'intérêt et de politique. Ce souverain est susceptible de pro-
cédé, sans doute , mais il sait que la nation françoise n'est jamais
en reste de procédés et de générosité.
Les Anglois , les plus grands propriétaires des Indes, sont ses
ennemis ; les François sont leurs rivaux , et les seuls qui puissent
balancer leur autorité. L'amour de Tipoo-sultan, je le répète,
ne peut être considéré que comme le résultat de sa haine pour
les Anglois , et de l'intérêt que doivent avoir les François à dimi-
nuer leur puissance, augmenter la leur ; et à soutenir la sienne.
Lorsqu'une mère patrie devient le tyran de ses colonies disper-
sées , elle doit s'attendre à des scissions ; et l'Angleterre en à un
exemple trop funeste dans les colonies d'Amérique , pour ne
pas mettre tous ses soins à conserver ses possessions aux Indes,
qui sont aujourd'hui sa seule ressource.
L'évacuation de Pondichéry est sans' doute l'opération la plus
impolitique: les avantages qui résultent du commerce de l'Inde,
en présentent la preuve. La France s'est créée des besoins qu'il
faut satisfaire ; il convient que la France y satisfasse elle-même;
il en résultera nécessairement une diminution de puissauce et de
richesse pour les Anglois , qui doit nécessairement influer d'une
manière sensible, sur la tranquillité de la France, en Europe.
Je ne connois pas le mémoire justificatif de l'évacution de Pon-
dichéry? Mais s'il en existe un, je dis qu'il ne peut faire l'éloge
ni du patriotisme , ni des connoissances de l'auteur.
Je n'ai lu qu'un livre, intitulé : de l'Inde, qui contient des re-
cherches aussi précieuses qu'exactes, sur les situations géographi-
ques des différentes puissances de l'Inde, sur leur politique, et sur
les principaux événemens arrivés dans toutes les guerres que la
France y a soutenu. Cet ouvrage traité encore, avec autant de
vérité que de sagesse , de la situation et de l'importance des isles
de France et de Bourbon, par rapport à nos établissemens aux
Indes ; et je ne puis que louer l'exactitude et la franchise de l'au-
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teur. Je dois supposer qu'il n'a jamais eu l'intention de dire qu'il fal-
loit positivement et nécessairement évacuer Pondichéry, mais
seulement avoir des comptoirs où nous avons des établissemens
et des forts , si la France n'est pas dans les moyens d'y entretenir
de fortes garnisons. En effet, il faut une forte garnison à Pondi-
chéry, ou il n'en faut point.
On ne peut pas juger de la situation actuelle des fortifications
de Pondichéry, par la résistance qu'a fait cette ville en 1778,
avec sept cents hommes de troupes , contre l'armée commandée
par le major-général Munro. Ce siège, qui a duré quarante et
quelque jours, fait l'éloge du général Belle-Combe , du brave régi-
ment de Pondichéry , et des habitans de cette ville ; mais il ne
prouve que le désir qu'a eu, et réalisé sans doute , le major-
général Munro , de faire tous les bénéfices possibles sur les frais
de ce siège. On sait qu'avec l'armée qu'il commandoit, il pouvoit
prendre Pondichéry d'assaut. Pour rendre justice à l'opinion de
M. Monneron , je préférerai avoir recours aux témoignages de
MM. de la Lustière et d'Herville, dont les talens et le patriotisme
sont connus. Je ne fait pas un moindre cas de celui de M. Bellier,
qui a signé la partie des fortifications insérées dans ce mémoire.
Je ne pense pas que feu M. le Bailly de Suffren ait jamais été
d'avis que l'on évacuât Pondichéry ; et si l'on cite son autorité à
cet égard , je regarderai, avec certitude , cette citation comme
fausse ou tronquée. Ce héros de l'Inde, ce grand homme de mer,
étoit incapable de donner un conseil aussi impolitique. A l'égard
des graces que lui ont fait obtenir ses succès , je ne crois pas
qu'elles aient été cumulées ; il n'en est aucunes qu'il n'ait mé-
ritées , et dont il ne fût vraiment digne.
Je serai d'un avis bien contraire à celui de M. Monneron, sur
l'hommage qu'on doit rendre à l'autorité de cet illustre général ;
ses soins, sans doute, ont été de chercher l'ennemi, et de le
combattre ; aussi l'a-t-il cherché et combattu; on peut encore
ajouter qu'il l'eût vaincu, si il eût été mieux secondé. Mais ses
recherches, ses combats, ne l'ont pas empêché de mieux voir et
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de mieux observer que M. de Souillac, qui a été passer quelques
jours à Pondichéry , à la paix , pour s'y faire rendre un salut de
lieutenant-général , qui ne lui étoit pas dû ; pour y donner des
bals aux dames , et y recevoir un nazer de Tipoo , qu'il a envoyé
vendre dernièrement en Angleterre.
Je ne peux que rendre justice aux vertus et aux connoissances de
M. Lavde l'Auriston, mais je ne puis m'empêcher de contrarier infi-
niment la comparaison de M. Monneron , entre feu M. le Bailly
de Suffren et M. de Souillac. Je ne connois qu'une différence
entre ces deux généraux : c'est que le premier étoit un héros , et
que le second est bien éloigné des vertus qui donnent ce titre.
Je ne pense pas que je sois obligé de faire l'apologie de M. le
Bailly de Suffren pour prouver ce que j'avance de lui; ses exploits
sont au-dessus de mes éloges , l'univers les sait et ses ennemis
les admirent.
A l'égard de l'autorité de M. de Souillac , que M. Monneron pré-
conise , et qu'il met infiniment au-dessus de celle de feu M. le Bailly
de Suffren, je n'ai qu'un mot à en dire : c'est le cas qu'en a fait le
ministre, et dont se plaint M. Monneron. Cet officier-général
n'a point passé vingt-cinq ans aux Indes, comme M. Monneron
l'avance. Il était lieutenant de vaisseau en 1775 ; il est passé à
cette époque commandant particulier de l'isle de Bourbon ; il a
été fait capitaine de vaisseau en 1777 ; en 1779, M. de la Brillanne,
gouverneur-général de l'isle de France, est mort; il l'a remplacé
par intérim ; il a été confirmé ; il a fait un voyage de curiosité
à Pondichéry, où il a passé un mois dans les fêtes et les plaisirs ,
voyage aussi inutile que dispendieux ; il est repassé chef d'es-
cadre , en 1788, d'où il résulte qu'il n'a resté que treize ans aux
isles, dont un mois en fête à Pondichéry. Quant à la distinction
rare avec laquelle il a commandé pendant treize ans aux isles
de France et de Bourbon, j'aurai occasion d'en parler à la fin de
cet ouvrage. Ce sera le sujet d'une digresssion particulière, qui
sera nécessaire.
Si le ministre n'a pas consulté M. de Souillac lors de l'arrivée des
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ambassadeurs de Tipoo , sur les arrangemens à prendre avec eux;
c'est que le ministre a su l'apprécier aussi bien que Tipoo, qui lui a
fait un présent, et n'a point voulu le voir aux Indes; c'est qu'il savoit
combien M. de Souillac étoit peu capable de lui donner des ren-
seignemens utiles ; c'est qu'il savoit de quel prix, de qu'elle durée
et de quel mérite avoit été le voyage de ce chef d'escadre à Pon-
dichéry ; c'est qu'il avoit connoissance de l'accueil indécent que
ce gouverneur-général a fait aux ambassadeurs de Tipoo à leur
arrivée à l'isle de France, en leur refusant une garde du régiment,
en se refusant aussi à leur faire une visite. Les Colons , en général,
les François qui ont habités les Indes à cette éqoque , qui, moins
indulgens que M. Monneron , ont une connoissance parfaite de
la vie civile, militaire et privée de M. de Souillac, ne seront pas
étonnés du peu d'influence qu'il a dû avoir dans les différentes
déterminations qui ont été prises par la cour. On doit pardonner
à l'amitié , à la reconnoissance de M. Monneron, un éloge qui
n'est vraiment pas à sa place , qui ne fait point partie de ses ins-
tructions , et qui n'a rien de commun avec la pétition de ses
mandataires.
Si Pondichéry a été pris faute de vivres en 1766, c'est une
preuve que cette ville n'est pas dans le cas d'en fournira l'isle de
France ; mais si elle avoit eu des magasins mieux approvisionnés
en riz , qui se conserve des temps infinis , ce que ses administra-
auroient pu faire dans un temps où elle possédoit de grands ter-
ritoires, cet accident ne lui seroit pas arrivé.
Pondichéry à succombé sous M. de Pelle-Combe, faute de
forces : une ville aussi étendue ne pouvoit jamais résister avec
sept cents hommes, contre une armée. Ce qui me fait dire de
nouveau qu'il faut dans Pondichéry une garnison proportionnée
à son étendue et aux forces de nos adversaires ; et qu'avec de
tels moyens , des vivres et des munitions , elle répondra à tout ce
qu'on doit en attendre.
Tout le monde convient que si feu M. le Bailly de Suffren eût
été secondé par tous les officiers de son escadre, qu'il auroit réduit
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les Anglois aux Indes. A l'égard des fortifications de Pondichéry ,
M. Beylié n'en exagère ni la dépense, ni la nécessité. Je serai
néanmoins toujours d'avis d'en restreindre l'enceinte.
Je suis bien éloigné de faire l'éloge du mémoire qui allègue que
Pondichéry sera toujours enlevé avant que l'on soit instruit des
premières hostilités en Europe. Au moyen des forces que je sup-
pose nécessaires , je crois cette place susceptible de la plus grande
résistance ; et la France a autant de moyens que l'Angleterre
pour se maintenir et se conserver par-tout, quand elle voudra
s'en servir et en faire une prompte application.
Nous sommes d'accord, M. Monneron et moi, sur l'importance
de l'isle de France ; quant aux succès qu'on doit en attendre en
cas de guerre, sans un point d'appui aux Indes, ils sont justifiés
par deux faits : par la prise de Trinquemaley , par la reprise de
Pondichéry ; et ces deux faits sont le fait de l'isle de France.
Si M. de Trojolly, blessé dans son combat par l'amiral anglois,
eût été mieux secondé par MM. la Landelle et Souville, pendant
qu'on pensoit sa blessure, il est certain qu'il eût été maître du
Rippon et de la mer, que Pondichéry n'eût pas été pris , qu'il
n'eût pas été rappelé en France , que , fort des vaisseaux dont le
commandement fut donné à M. d'Orves, il ne les eût pas laissé
croupir dans le port de l'isle de France ; qu'à l'appui de ces pre-
miers succès, feu M. le Bailly de Suffren auroit anéanti la puis-
sance angloise aux Indes , et assuré pour jamais une prépondé-
rance à la nation françoise dans cette partie du monde.
M. d'Orves n'a point quitté l'Inde faute de vivres : sa lettre au
ministre ne peut annuller un fait démontré, elle ne peut être
considérée que comme une justification insignifiante de la part de
cet officier.
M. d'Orves appareilla de l'isle de France le 4 octobre 1780 , avec
l'escadre la mieux armée et la mieux approvisionnée ; mais cet
officier-général ne parut aux Indes que pour refuser à Aider-Alikan
huit cents hommes pour achever la défaite du général Coote, blo-
qué dans Gondelour, n'ayant que pour quatre à cinq jours de
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vivres; pour lui refuser enfin de bloquer cette place, par mer ,
opération qui nous eût livré l'armée angloise de quinze cents
Européens , avec tous les généraux , et peut-être Madras même',
puisqu'à la même époque l'amiral Hugues étoit occupé de la prise
de Bassem, près de Bombey, à la côte Malabar.
Mais il existe un fait qui démontre bien plus victorieusement
le retour peu nécessité de M. Dorves à l'isle de France, et com-
bien ce retour a nuit au succès de nos armes , et à la confiance
qu'avoit témoigné jusque là le Nabal aux François : c'est la der-
nière expédition de feu M. le Bailly de Suffren. Ce général, après
s'être distingué à l'Amérique , vient avec six vaisseaux au secour
de nos possessions au delà du cap de Bonne-Espérance ; il attaque
et maltraite l'escadre angloise dans la baye de la Praya, à l'isle de
S. Yago ; il ne l'a défait pas, parce qu'il n'est pas secondé ; il
sauve le cap de Bonne-Espérance ; il arrive à l'isle de France ; il
y trouve M. d'Orves de retour d'une expédition sans fruit et affa-
mant l'isle de France ; il se répare, il s'approvisionne ; uni à
M. d'Orves, ils partent pour l'Inde; M. d'Orves meurt avant d'ar-
river : le général Suffren prend le commandement de l'escadre,
composée de 11 vaisseaux de ligne , 3 frégates, 3 corvettes, deux
flûtes, un brulot et six vaisseaux de transport, portant ensemble
3,000 hommes de troupes , 60 bouches à feu, des munitions, 300
caffres pour leur service, non compris la garnison des vaisseaux ;
il rencontre l'escadre angloise ; il l'a combat : rien de décidé dans
cette première affaire. Il débarque à Porte-Nove les troupes aux
ordres de M. du Chemin, il est sans un point d'appui aux Indes;
il enlève Trinquemaley aux Anglois, il favorise la reprise de
Pondichéry, la prise de Gondelour ; il n'a point d'argent ; il fait
des prises , il en fournit , et des vivres à son escadre, à l'armée
de terre ; il envoie à l'isle de France les superflus des vivres ,
il en fait jetter à la mer dans l'abondance , et faute de magasin
pour les conserver , il eût anéanti la puissance angloise , s'il eût
été mieux soutenu. Je demande maintenant à M. Monneron , si
M. d'Orves est revenu faute de vivres; si l'isle de France ne peut