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Publications de la Renommée. Vol. 3

14 pages
aux bureaux de "la Renommée" (Paris). 1854. 3 fasc. ; in-8.
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Quatorzième année
PUBLICATIONS
DE
LA RENOMMEE
Académie impériale de Musique.
Début «le Mademoiselle Sophie Cruvelli.
Les Théàlres de Paris
et les principaux Artistes.
AUX BUREAUX DE LA RENOMMÉE
RUK UU l'OUT-.M.VUON , 12, PnfcS LA HUE LOUIS- LK-GIIAND
1854
A NOS LECTEURS.
'> A pa^fe"1^ jour, la Renommée adopte pour mission
spéciale.uçmptutre et publier, dès le lendemain de chaque
première'feprésentation, l'analyse et le compte-rendu de
tous les ouvrages nouveaux, ainsi que les débuts de tels
ou tels artistes.
11 est indispensable que le public, qui paie et donne son
argent pour aller aux spectacles, puisse connaître, avant
d'entrer dans un théâtre, les oeuvres nouvelles destinées
à ses récréations, à ses plaisirs enfin.
On travaille beaucoup pour le public, mais souvent
aussi on travaille sans choix et sans but. Notre mission
est et sera toujours de lui indiquer les ouvrages d'un mé-
rite réel, ainsi que les artistes dignes et susceptibles de
captiver son attention et de distraire agréablement ses
loisirs.
Parmi tous les genres de littérature qui agissent ac-
tuellement sur l'esprit public ou qui autrefois l'ont dirigé,
la Renommée a pris le plus immédiat, le plus actif, nous
dirons le plus vivant.
Au théâtre, journellement l'auteur et le public sont face
à face, la lutte est flagrante : le drame parle et le public
répond. Si la raison, le génie ou la morale sont du côté
du drame, la pensée s'impose à l'auditoire soumis, qui
écoute, qui applaudit, qui admire.
Au théâtre encore la pensée, couchée dans les pages
— 2 —
d'un livre, se dresse et se montre ; froide sur la feuille
de papier, où elle gît comme un cadavre sur la table d'un
amphithéâtre, avec la nécessité du scalpel et de la réflexion
pour la comprendre, elle se produit ardente et agissante
sur le théâtre; elle parle, elle crie, elle rit, elle pleure;
incarnée et vivante dans l'acteur, eue prend l'auditeur au
collet, le fait habiter aux lieux qu'elle habite, subir les
moeurs qu'elle représente, les lois qu'elle adopte; elle
le domine de sa parole non interrompue, elle le frappe- de
son geste, elle l'intéresse et le mêle à la réalité de son ac-
tion, l'étreint de ses douleurs,, l'épanouit de sa joie et
l'attendrit de ses larmes.
Lire, c'est écouter un récit ; aller au théâtre, c'est vivre
dans la pensée d'un autre !
Nous ne craignons pas de le répéter, le théâtre est une
action morale, le théâtre est une action commerciale. La
première de ces actions n'a plus ni rapporteur, ni guide.
Un compte-rendu partial, malveillant, étriqué et inexact
des pièces; une approbation ou un blâme formulés en
quelques lignes : voilà ce qui arrive fréquemment. Quant
à l'art scénique, on le met souvent de côté ; l'acteur,
eomme l'ouvrage, est sublimifîé ou conspué en bloc ; au-
cune étude, aucune remarque sur la tenue, la diction,
la voix, le geste, la prononciation, la physionomie du
comédien ; nul conseil sur ce qu'il avait à faire, nulle
discussion sur ce qu'il a fait, rien d'approfondi sur l'es-
prit général d'un rôle, rien d'aperçu sur les détails, tout
jugé à la grosse et à tour de bras : voilà où en est la
critique dramatique! Elle n'a pas été et ne sera jamais la
nôtre.
Le théâtre est une action commerciale, et ceci est tout
nouveau pour le public. La vieille plaisanterie de la man-
sarde poétique est si vivement inféodée dans le crâne de
nos Lycurgues, que tout ce qui s'appelle auteur drama-
tique, comédien, directeur de spectacle, artiste enfin,
leur semble volontiers une bande de bohémiens qui sur-
prennent par-ci par-là à la société quelques écus qu'on
leur laisse par tolérance.
Il est temps de les détromper. Et d'abord, en ce qui
concerne la partie morale du théâtre, notre critique con-
tinuera d'avoir pour premier principe, point de départ,
un récit fidèle, un récit bienveillant, de l'action d'une oeu-
vre quelconque. Nous ne ferons pas semblant d'avoir mal
écouté pour avoir le droit de donner un nom grotesque à
qui en a un tout simple. Nous ne croirons pas avoir rendu
compte d'un ouvrage parceque nous aurons caricaturé
toutes ses intentions. Nous ne penserons pas l'avoir jugé
parceque nous aurons dit : — Jetez cela au panier.
Nous dirons, avec notre impartialité habituelle, ainsi
que nous le faisons depuis quatorze années, ce que
l'auteur a fait, dans quelle intention ; nous tiendrons les
personnages devant le public dans le caractère qu'il leur
a donné, les événements dans l'ordre où il les présente,
et nous essaierons de montrer ensuite comment il est ar-
rivé ou comment il a failli à son but.
L'art scénique, le jeu du comédien, continueront de
trouver en nous des critiques exacts et impartiaux.
Pour ce qui concerne l'action commerciale du théâtre,
nous dirons au public par quels moyens cet art si frivole
est une source immense de travaux de toute espèce, et
nous l'étonnerons peut-être beaucoup en lui apprenant le
chiffre des millions d'affaires qu'engendre l'art dramati-
_ 4 —
que, en lui disant une foule de choses inconnues jusqu'à
ce jour.
Auteurs , directeurs de spectacles, artistes, etc., à cha-
cun selon son mérite et ses oeuvres. Telle sera toujours
notre devise.
FRÉDÉRIC S.
18 Janvier 1854.
UMUilJ!]^ UUft&TOAll.
ACADÉMIE IMPÉRIALE DE MUSIQUE . — Les Huguenots, opéra
de Meyerbeer. Début de Mademoiselle Sophie Cruvelli,
autrefois artiste du Théâtre Italien.
Depuis long-temps l'affiche du Grand-Opéra annonçait
le début de Mlle Sophie Cruvelli, dans le rôle de Valen-
tine des Huguenots. Enfin, après de fréquents ajourne-
ments et au grand désappointement du public, ce début,
si vivement désiré et si impatiemment attendu, a eu lieu
aujourd'hui en présence de Leurs Majestés l'Empereur et
l'Impératrice des Français, qui ont daigné assister à cette