L’Histoire d’Antony Broox

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Français
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Description

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Justification des licences:
La classe a travaillé sur Corto Maltèse d'Hugo Pratt. Nous avons évoqué la possibilité de "décalquer" Corto pour illustrer le livre numérique. La professeure ne leur a pas permis, en leur expliquant quels droits ils pouvaient enfreindre et quel était le sens de ces droits. Les élèves ont voulu faire comme les ayants droits d'Hugo Pratt, c'est-à-dire de se voir reconnaître le maximum de droits sur leur oeuvre.
L’Histoire d’Antony Broox Une nouvelle du collectif Blaise Cendrars du Collège Stéphane Mallarmé (XVIIème arrondissement de Paris), réalisé dans le cadre du concours Book'in avec nous, organisé par Hadopi 1259 mots (auteurs : Selena Armijos, Djibril Sene, Fleur Bailleux, Elise Gouin, Simon Lamballe et Colette Letourny) Creative Commons : BY-NC-ND

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Publié le 31 janvier 2016
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Langue Français
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L’Histoire d’Antony Broox
Une nouvelle du collectif Blaise Cendrars du Collège Stéphane Mallarmé (XVIIème arrondissement de Paris), réalisé dans le cadre du concours Book'in avec nous, organisé par Hadopi
1259 mots
(auteurs : Selena Armijos, Djibril Sene, Fleur Bailleux, Elise Gouin, Simon Lamballe et Colette Letourny)
Creative Commons : BY-NC-ND
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L’Histoire d’Antony Broox
Chers amis, voici l’histoire que me raconta l’homme que je sauvai de justesse des eaux. A deux pas d’ici, se trouve unqu’on appelle lieu « L’Ours libéré », la glace y est moins épaisse. Un après-midi paisible, la température baissa brutalement lorsque les nuages bas vinrent s’installaient au dessus de notre territoire de chasse. Jevous laisse écouter ce qu’Antony Broox a voulu faire de sa liberté.
« Je m'appelle Antony Broox. Mon histoire est diîcile à raconter tant les événements arrivés depuis mon départ restent étranges. J'étais au Pôle Nord pour une mission scientiïque, et j'étais parti d'Angleterre, mon pays natal, pour trouver un trésor caché dans une vielle cabane en bois. Mais il y avait davantage qu'un trésor : on y trouvait aussi de grandes quantités de carnets d'un explorateur, parti au Pôle Nord pour faire des recherches sur cette calotte glacière.
Donc moi, j'essayais de retrouver ces carnets à l’endroit qu’on m’avait indiqué car cela me rapporterait beaucoup d'argent et la notoriété de scientiïque.
Cela faisait cinq jours que j'étais dans un petit village nommé « Pétrandrars », et je n'avais toujours rien trouvé: rien n'avançait. Je n'avais aucune piste si ce n'est une information tirée d'une vielle dame ridée au tempérament bourru. Elle aîrmait que la cabane se trouvait dans le Nord-Est et moi, j'étais dans l'Est.
Il faisait nuit et les étoiles apparaissaient dans le ciel. Je dormais tranquillement quand une image obsédante jaillit de ma tête : la cabane. Il fallait absolument que je la trouve.
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Le sixième jour, je partis à la recherche de cette fameusecabane dans la direction indiquée par ce témoin d'un autre âge, mais cette fois-ci, un habitant du village voulut bien me venir en aide car il était déjà allé dans cette cabane. Cependant il ne se souvenait pas de son emplacement exact. Nous partions donc à sa recherche: il fallait que nous montions dans le Nord-Est.
Nous avancions vite mais je trouvais le comportement du villageois bizarre car depuis ce matin, il ne m'avait toujours pas adressé la parole, il me semblait tout aussi particulier que le paysage fantastique que nous traversions seuls: les arbres balayés par le vent glacial du Grand Nord agitaient leurs frêles branches recouvertes d'une ïne couche de givre. La clarté du matin d'hiver faisait scintiller les arbres de la souche à la cme. La neige poudreuse et bleutée, dorée aux endroits où les rayons du soleil d'hiver passaient entre les feuilles givrées des arbres, était parsemée des ombres de la végétation.
Nous nous étions arrêtés à midi pour faire une pause et pour nous nourrir. Mon guide ne m'avait toujours pas parlé et j'écrivais dans mon carnet de découverte pour dire que je n'avais toujours rien trouvé mais que je gardais espoir ; mon compagnon silencieux me faisait peur et le paysage, qui nous laissait isolés de tout, n'arrangeait rien. A présent, il y avait dans le ciel de gros nuages noirs menaçant qui présageait un refroidissement soudain. Tout à coup, le villageois me cria qu'il voyait la cabane : nous courions à perdre haleine jusqu'à la cabane. Quelle découverte ! La cabane était juste devant nous. Oui, c'était sûrement là ; ça devait être là. Depuis le temps que nous l'attendions !
Nous entrâmes dans la cabane, mais ... Nous fûmes retenus par une découverte saisissante ! Ce n'était pas possible ! Il n'y avait rien dans cette ruine dont la toiture était quasiment tombée et les murs détériorés. Sous ces restes, nous aperçûmes un seul vieux carnet poussiéreux posé sur une table presque renversée. Apparemment, j'étais le premier à l'ouvrir. Voici ce qu'il y avait écrit en première page : « Un homme libre est celui qui, pour ces choses que selon sa force et son intelligence il est capable de faire , il n'est pas empêché de faire ce qu'il à la volonté de faire. », Thomas Hobbes,Léviathan, 1651, traduction de G. Mairet. » En
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deuxième page, on pouvait lire : « Ce journal appartient à l' Explorateur Pavy - décembre 1856 - mars 1857 ».
Je tournais la page, mais elle était blanche, je tournais une autre page. A nouveau, elle était dépourvue d'écriture. J'inspectais alors minutieusement toutes les pages de ce carnet dans l'espoir de trouver un indice, un document, une trace écrite autre que cette citation et ce nom, mais le carnet était vide de toute inscription. A la vue de ce carnet désespérément vide, je sentis une profonde déception : ce voyage était le voyage de ma vie. Elle avait pris un nouveau tournant lorsque j’avais décidé d'entreprendre cette expédition ; j'ai laissé toute mon ancienne vie derrière moi et je ne comptais pas revenir sur mes pas. Je ne pouvais pas retourner vivre mon ancienne existence comme si rien ne s'était passé. Je m'accroupis, la tête entre les mains, en essayant de mettre de l'ordre dans mes pensées. Alors que je broyais du noir, ma grande déception se transforma en immense désespoir : c'était simple, je ne pouvais pas retrouver mon ancienne vie ; j'avais fait mes adieux à ma famille, mes amis, mes collègues, mes voisins, tous ceux que je connaissais, je les avais laissés en Angleterre. J'avais fait une rupture avec mon ancienne vie en pensant qu'avec la découverte de ce soi-disant trésor, je me construirais une nouvelle vie ; que ceux que j'avais laissés en Angleterre, je ne les avais mis de côté que pour un certain temps ; que je reviendrais les chercher et que nous pourrions vivre ensemble une existence luxeuse ...Mais je n'avais découvert qu'un carnet vierge et sans valeur. Oui, c'étaitun ancien carnet d'un ancien explorateur, qui était peut être connu, mais ce carnet était vide et dépourvu de toutes informations utiles ; pour moi, qui l'avait cherché pendant longtemps, qui ai tout abandonnépour ce stupide carnet, je venais de tout perdre. Je n'avais plus d'argent, plus de famille, plus de moyens de transport, je ne savais même plus où était le villageois. Je songeais alors que ma place n'était pas ici, ni en Angleterre, ni à aucun endroit dans ce monde. Fou de désespoir, je m'apprêtais à faire la plus grosse bêtise de toute ma vie, mais qu'importe puisque jen'avais plus de vie digne de ce nom .... »
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C’est à cette seconde précise que le destin d’Antony Broox et le mien se croisèrent. Je vis l'homme se lever, sortir en titubant de la cabane, marcher jusqu’aux bords gelés de la mer. Chancelant, il brisa la glace dure à coup de poing, de pieds et de tête en hurlant de douleur. Il n'était pas blessé, c'était une douleur intérieure. Il continuait de taper du poing sur la glace, il ne se rendait pas compte que ses mains et son front saignaient. Une fois la glace brisée, il se plaça devant le trou qu'il venait de former. Il regarda une dernière fois le paysage avec un regard embué de larmes, respira l'air pur et glacial du Grand Nord. Il remercia sa famille, ses amis et toutes les personnes qu'il avait eu la chance de rencontrer dans sa vie. L'homme sauta dans l'eau glaciale, voulant briser d'un coup le maigre ïl qui le retenait à la vie.
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