Réflexions d

Réflexions d'un ancien négociant ([Reprod.])

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50 pages

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[s.n.]. 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Ajouté le 01 janvier 1789
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IIS 5
RÉFLEXIONS
D'UN
ANCIEN NÉGOCIANT-
i7*9-
Â
VxÉlFLÉXlONS
D'UN
'^ÏJCÎEN NEGOCIANT.
C^HACUN s'oceupe dans ce moment
de faire sconnoître les abus qui fe font
plans, tandis que vous meflîeuty les né-
gocians vous reliez dans l'ina&ion. I1
Semble que vous n'ayez rien à demander,
quoique vous foyez en partie, les plus
.accablés, & que vos fortunes foient aï-
térées par les frais de juftice* Si vous avez'
le malheur de vous trouver dans des fail*
lires, je fuis sûr qu'il n'y en a pas un de
vous que les retours de la juftice n'aient
iéfé, N'avez-vous pas fous les yeux la ma-
nière dont les faillans s'enchaînent) .C'jeft
une féparation de biens qui vous arrache,
malgré vous, la dette du faillant; cien un
arrêt de furféance qui autorité votre de-
biteur à vous voler impunément. Un autre
( *̃̃)
obtint un fauve^conduit après, avoir de'
toutou rois AU. rteoafc~de-:piété l'élïte de
fes marcbandifes. Le plus couvent on lève
un arrêt de défend le délai que cet arréc
accorde aux, dé$iteqrs eft à coup, sûr
km J>erte èâ vôtre ruine. En voici la raifori!
c'eft que, pour l'entretenir, il faut verfer
Vor, à pleines mai ns chez lés fecrétaires;
^our l'avoir cet or il faut faire des fa-
¿cilices qui n'empêchent point que l'on
ne parvienne le lever alors les huifflers,
âccprhpagnés de leurs praticiens, viennent,
comme des afiamés mettre le feu par-toot.
La moitié des marchandises a été vendue,
pour aflbuvir la foif du fecrétaire & ce
qui reftè ii'eit^point fuffifant pour fub-
.venir à ces vautours d'huiflïers il s'en
trouve porteurs de pièces qui, enragés de
voir qu'ils ne peuvent pas tromper leurs
diens courent vite leur confeiller d'ap-
pofer lés (celles ou d'emprifonner fon dé.-
biteur} double moyen pour vous plonger
dans l'abîme de la chicane. Cela finit par
vous faire perdre tout & même^ quel-
quefois vous êtes obligés de tirer vos bouffes
t-ï)
Ai,
pour fubvehir aux frais qu'on fait; ces
fâlîgfués qui font ëncoré alfez iftipudeni
pour vous vanter l'inteHigêricè & Fàcli-
vité qu'ils ont mifes pour voüs faire payer,
parce qu'its font' parvenus, à foccé dé
faire la vente, ceVrnlriîèsoffiaers
ne tardent pas à fe faire mettre des oppo-
fitions pour avoic lé terns dé' manger le
refle du produit qui en éft refaite* ou s'ils
ne peuvent pas; vous attendez des années
farts en toucher la plus légère valeur. Il y en
a qui ont vendu leurs cliéritellés, fans avoir
fendu de compte), cherche après. Vous
voyez que c'eft leurs propres intérêts qu'ils
ont cpnfuttes, puifque, pour toute fatif-
fadion, vous avez la douleur d'avoir vji
aux coin's' dés rûe's' ces affiches dësnôn6->
rantes pour vous de' vente pai autorité
de jufticè qui altèrent votre crédit, "tiè
vous plaignez donc pas du peu dé confiance
dont jouit le
D'après toutes ces rufés de chicané,
Combien fe trouve- t-il d'honnêtes citoyens
réduits à gémir dans des greniers d'avoir
été les vi&jmes de cette prétendue 'ju'fHce r
(4)
Quel regret n'ont-ils, pas de ce qu'on leur
ôté la plus légère facilité pour fe relever
Il ne leur retle que des yeux pour pleurer
la perte de leurs biens, & des remords
cuifans d'avoir caufé la perte de piufieurs;
de leurs confrères.
Meffieur* le$ ne devez-
vous pas frémir en voyant de vos coq-
frères dans la misère qui fait fi vous ne
touchez pas vous-mêmes au moment où
la juflice va s'emparer du fruit de vos
travaux^Devez-vous donc laUfer échapper
l'inftant où le meilleur des rois vous appelle
auprès de lui âdreâTez-lui vos repréfen-
tations. C'eft au pied du trône que vous
trouverez du Soutien. Il vous écoutera avec
la, bonté d'un père qui aime fes enfans,
qui ne s'occupe que des moyens de les
foulager. Ce bon roi fait que vous avez
droit à fes bienfaits; il vous placera au rang
des cultivateurs puifque c'eft de ces deux
états qu'il tire de quoi foutenirfa puiflànce.
Vous en devez tout efpérer: Monfïeur
Necker n'eft-il pas en place? qui mieux
que lui ne vous fera pas de promets
( 's )
vaines. Cent fois l'on a parlé de foutenfr
le commerce parole en l'air, car c'étoft
ftnftane où on l'accàbloit le plus,
qu'on le regardoit d'un œil de méprît
Monfiéiir Neckçr eft -déclaré le protecteur
de l'agriculture il deviendra, le vôtre
fes comipiflances font fuffîfantes pour ravoir»
qu'il en: néceflaire de faire fleurir Je com-
merce pour le foutien de l'état.
Commencez donr dèsce moment à vous;
confulter; dans vos aflèmblê'es ,recevez les
honnêtes malheureux ;c'eft d'eux quavous
aurez des lumières > & vous ferez glorieux».
Que chacun s*emprefïè le produire (es rè^-
Vexions contre les abus. Faites voir que
fi l'on chôifit les juges'du commerce parmi
vous, il eft efiTentielqu'irn'y ait que vous qufe
connoiflîez & régliez les affaires de com-.
merce, que toutnégociant qiii s'enéloi^pe
eft sûr de fè perdre &de-\ous ruiner, It eu.
étonnant que l'on ait 'fondé plufiçurs degrés
de jurifdiàioh en matière civile crimi-
nelle, dans un certain ordre de juges
& qu'en matière commerçvblé, l'on en
ait fonde que des premières;, fes appels^
(O
en définitif, à une jurifdiâion fouveraine;
font feuls le motif du mal.
Ceci doit fiifitre, Meilleurs, pour vous
engager à fortir de la crainte qui vous a
toujours retenus ne vue
des juges quine doivent paître les vôtres»
Oubliez-vbus que pour avoir obéi au
meilleur des rois, ils vous ont fort mal'
reçu Que feroit devenu le peu qui refis
MOYENS
'pe parvtnir à détruire les faillites, & faire
les marchands des hommes éclaires dans
leur dtat.
Quoique nous ayons la manie de croire
que nos pères n'étoierit point éclairés il
eft cependant bon de revenir 'aux anciens
usages, car ils ne les avoient peint établis
fans être sûrs que les appreathTages étoient
d'une grande utilité pour le foutien du
A4
commerce; Ton a beau dire que cela eft
inutile, j'affùre que c'eft ,ce qui eft eu
partie caufe d'un nombre incroyable àf
faillites de ce que le.sfix corps éprou-
vent; une dégradation en recevant leçrç?
mier verra.. Mais ftfêflîeurs fi
çéfléchilfez vous verrez qu'il eft très-uj4W
pour les fi* cqrps, d^. -|ajre
dp que l'o»
voue
tenez
raifon pour laquelle il eft poug fou-
.tenir
fes corps qu'ils ne foient çompofés que de
membres éclairés & reconnus doués de.
bonnes mœurs & non pas d'hommes
qui ont eu aflez d'argent pour payer leurs.
1 & point d'expérience. Pour cet
efièt que Ton parvenir à
.être marchand q«'au pféilable t'cw âkfaît
«a apprémiffkgé Q trois aftri^es ,que l'on.
imt tenu de dén^éûrer përlâlWf ittfii attirées
che.z marchands. T L'oa ~m. àlth
qàe êx arîi forcer» tfh èfpacc
•trop-long j'en -conviens Suivant les pritt*
çtyes a&uels j mais je foutiens que ce neft
pas encore fuffifantpour qu'un jeunehomme
puifle connoître parfaitement un état qui
'demande toute l'application d'un Homme
fait. Il faut donc qu'il travaille- encore
avant de pouvoir espérer de s'établir; fi
cependant, il le defiroit malgré ce que je,'
viens de dire -il fàudroit qu'il fe préfentit
au bureau dans lequel il fe dïfpôfe d'en-
trer, pui(qu*ily a fait apprentiflage muni
de Ton brevet', ainfi que des cettifcats de
vie & de moeurs fignés des marchands
chez qui il aura demeuré > & fi on le«juge
en état d'être admis, comme afpirantà la
rnaîtrife on l'enregiftrerâ il fera employé
dans le bureau.
La première année que l'on fera attache
au bureau pour être admis, £ la maîttife,
l'on fera t? na d'aCtfter aux conférences que
fe feront deux fois la fémaine -.ce, qui conv
mencera à donner les premières lumières
for If coda.; en aidera, pour la.
(9)
vérification dès regiflresi & lèrfqu'il y
aura des faillites il fera nommé avec un
aneien, pour faire l'inventaire ou levéV
rifler; il affiftera auffi aux confuls les af
pirans à la maîtrife qui plaideront pour les
particuliers qui feront dans le cas d'être
appellés à l'audience.
La féconde année, il fera
nommé' pour plaider aux confuls. 11 feroit
eflçntiel, pour les çréançiers & débiteurs
de détruire les aggrégés aux confuls > ils
font fpuvent
en ce qu'à l'appétit de recevoir plufieurs
fois vingt-quatre fois i,js ne répondent pas>
,11 arrive 'Couvent qu'ils font chargés pour
& contre dans ce cas les frais font mul-
tipliés. S'ils appellent, ils font surs que l'on
ne répondra pas. Il en réfultô des fuites^
dangereufes pour -le débiteur en ce que
Cela donne de l'humeur aux créanciers qui
ne fedoutent pas que c'eft l'avidité -du gain
de leur procureur, qui caufe ce retard. Il
arrive que ces MsÛieurs ce daignent
(10)
pas dire une parole, & le débiteur qui
n'eft pas inftruiï perd fouvent faute d'être
défendu: ce qui n'arrivera pas en chargeant
les afpirans à la maâtrife de la défenfe des
alaires, va qu'ils ne le feront pis par in*
térét. Chacun aura la liberté de plaider fa.
caufe lui-même) la plupart des marchands
n'auront pas befoin du fecours des afpîrans,
puifqu'iU auront porté la parole, Se qu'ils
feront ioftruits ceux qui ne le feront pas.
trouveront dans les afpirans 4 la maîtrife
des fix corps des défenfeurs dé'finté'refle's.;
Cela ne fuffit-il pas pout donner de la con-
fiance de la vénération pour les fix
corps!
Comme l'on ne connoîtra. pas la de.
.« meure de ces défenfeurs un débiteur ou
créancier ne fauraà qui s'adreflèr, il fera
établi dansl'enceinte des confuls", un bureau
qui fera tenu par quatre anciens afpirans
à la maîtrife, qui recevront les exploits
6V les délivreront à leurs confrère.. Ils
auront foin de voir le fujet de la demande
( II )
afin de ne pas charger d'une caufe ^puicufe
les nouveaux arrivés f M, çaufe efl fuf-
ceptible d'être envoyée à 1& chambre du
confeil, l'afpirant qui en fera chargé aura,
la liberté de recevoir fon client au bureau
ou chez lui s'il eft fils de marchand ou
s'il y demeure comme attaché à la maifon
d'un marchand.
(Ueur. fera défendu de recevoir
ni preTent s'ils s'en trouvoient qui enflent.
cette baflefle d'ame, ils feront renvoyés
tenus de rendre ce qu'ils auront reçu
ou leur réception reculée pour plufieurs
a.nnées fuivant le cas, & obligés d'être tou.
jours aux confuls comme s'ils n'avoient
rien fait. Je crois qu'il en réfulrefâ en antre
bien c'eft qu'ils connoîtront
tendus négocians & chevaliers d'ifîdwftrie
qui s'adreflent toujours chez les jeunesgens;
fâchant qu'ils ne font pas difficiles à fé-
du ire pour la vente ben outre, cela mettra
une intimité entre eux qui ne peut être
qu'avantageufe pour l'aç^jrddu commerce^
A; ( ii )
& ils fe feront un plaifir de s'inftrufréîeî
uns les autres.- quoiqu'ils foiem attachas
auxconfuls, cela ne les difpenfera pas de.
fe rendre à leur bureau pour les conférences
ainfi que de s'occuper des autres exercices
dont leur bureau fera chargé
Meneurs, je penfe que, pour engager-
les jeunes gens à fe donner de la peine, i1,
eft bon de leur accorder querqu'avantage
les dédomniage & les encourage. Voici
ce que je penïè Lorsqu'un afpirant fe fera
diftiogué foit dans les emplois qu'il aura
occupés, toit s'il eft parvenu à pouvoir
tenir les conférences, afin de foulager l'ad-
joint chargé de les faire ou aux consuls
qu'il lui foit fait une remife du quart on
moitié' du prix de ta maitrife cet avan-
tage fera adjugé lors de l'aÉfèmblée géné^
rale pour l'éleâion des juges, & à la.
pluralité des voix?
v tu
Lotfqu'un aspirant aura, patfe fes woi*
années on le recevra marchand, fuivant
l'ancien ufage ils feront nommés con-
quiers aux confuls ( ils feront, en cas de
befoin, en état de donner leurs voix,
puifqu'ils auront de l'expérience); mais
ils ne pourront pas s'établir pendant Je
t.ems qu'ils feront confeillers parce qu'un
jeune homme qui s'établit a befoin d'être
affidu chez lui & que s'il l'eft il ne vient
que forcément, puîfqu'il fent le befôin
qu'il a d'être à fes affaires & qu'il veut
éviter l'amende. Vous avez l'expérience de
voir que la manière a&uelle a été fouvent
caufe de la perte des jeunes établis par le
dérangement que cela leur caufoit. Ce
n'eft pas, de fixfemaines, une, qu'un con*
teiller peut s'inftruire il ne voit que com-
mencer les affaires fans les voir finir: faites
mieux, qu'il fuive les audiences auflî-tôt
fa réception. Je vous laifle à décider le
teins que vous jugerez à propos, cela ne
le retardera pas de beaucoup pour fon éta-
J'entends déjà crier que ce plan ne vaut
rien, qu'il eft difpendieux. Pourquoi? c'eft
que chacun itëUt faire le commerce, $g
fe fair. gloire d'être membre des nx corpy,
fans examiner qu'ils ne joûiflent plus de la
confidératiôn qu'il étoit efTehtiel de con-
ferver, que l'on y reçoit le premier vend
que les trois quarts des laquais fonde com-
merce, le* fils des marchands en fortent
la raifon eft fimple c'ett que l'on a pour
principe à&uel démettre an jeune homme
fix mois eh pennon, & qu'au bouc
de ce tems, on veut qu'il ait la table
jnfenfibkm"ent ari bout d'un an on je-croie
en état de gagner de l'argent: abus que
cela. Il n'eft qu'un ignorant qui lorfqu'il
fè faie recevoir ne fe douté pas du com-
merce: la. raifdfl c'eft que le marchand
m fê dprtfle pas la peine de l'inftruire,
paifqxï'rl f«if qn'il ne reaera pas chez, lui.
PèUt*il prefc&è intérêt a Ce qui regarde fon
élève non. Ëien ne le met dans ce cas-la.
Vous, pères voulez faire un
ntâfcfeahd iôiii héfrtez à dlpênfer pour
faire, de votre en^int un homme inftruit
dàrts le, plus beau des états vous aimez
rftfeux h voir fàUlir &. couvert d'igno*
( 1J>
tftinie le fruit de vos travaux absorbe;
tandis que vous n'épargnez rien fi vous
voulez mettre votre fils dans le bareau (i)
ou dans l'état eccléfiaftique & dans
d'autres états qui demandent beaucoup
d'études & de dépenfes dans lèfquels on
végète fi l'on n'en. point un efprit fupé-
rieur aux autres; dans le commerce, àufll-
tôt qu'il eU: établi il court vers la fortune;
ne fera- t-il pas auflî glorieux pour vous
de le voir dans un corps refpecl&ble du-
quelon tire des juges & des échevtn*ï L'On.
ne verra plus le premier venu être dans le*
ÏIx corps les faillites feront moins fré-
quentes & les marchands ne feront point
avilis comme on les voit aujourd'hui ils
reprendront plus de fplendeur que jamais
le fils du marchand ne cherchera plus à
(t) Si vous avez deux enfans, l'un dans le bafêâti
l'autre dans le commerce; celui du bareai» qui et$.-
habitué à gagner impunément confàUe à f«-iv frèfe
beau-frère ou parent de faillir il fe charge d'arrâiv*
ger fon affaire ce qui ne fe pourra plus, fi l'on
exécute ponQuellement ce que t'indiquera par la fuite,
Ce que J'avance', n'eft pas fans exemple.
en fortir nouveau bien qui eti réfukerU >
car un homme né dans un état eft toujours
plus inftruit qu'un autre.
VIII.
Chaque bureau des fix corps feracom-
pofé d'ûn grand garde quatre gardes &
quatre adjoints. Ils ne feront pas trbp de
neuf pour veiller aux affaires. La grand
garde & les quatre autres gardes feront
occupés des affaires du bureau. Les quatre
adjoints auront auffivoix délibérative aux
affaires du bureau, & ,feront'chargés ds
faire les conférences tour-à-tour.
IX.
Un des quatre adjoints, qui aura rait
une femaine les conférences paflera Il
femaine d'après au bureau des afpirans.
pour les conduire & les maintenir dans
ce qu'il y aura à faire; la troifieme Semaine,
il fera caiflîer des faillites, pour payer les
'créanciers de' ceux qui auront verte des
fonds à la cailfe, aux ternies de leurs en.
gagemenY. Le caiûîer des faillites aura
( ï7 )
B
i
aux afin
de donner fa voix.
Outre la du en
*une autre que les
terme accordé leurs
de'
recours
(on faillant
&
du
qui