//img.uscri.be/pth/bcd61a4345ba285b9313d6115abe58165232a8c9
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Réflexions sur l'état des connaissances relatives au cours du Dhioliba, vulgairement appelé Niger ; suivies d'un extrait du second voyage de Clapperton en Afrique, avec des remarques sur ce voyage, ainsi que sur la mort du major Laing... par M. Jomard

De
28 pages
impr. de Éverat (Paris). 1829. 28 p. : carte ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

REFLEXIONS
SUii
L'ÉTAT DES CONNAISSANCES RELATIVES
AU
COÏJIÎS BU' DEDHHJDBÂ
■VULGAIREMENT APPELE KIGEU ;
SUIVIES D'UN EXTRAIT
BU
SECOND VOYAGE 1ÎE CLAPPEUTON EN AFRIQUE,
Avec rlos Reimumirs sur c^ Voyage, ainsi <JUIÎ sur la mort, du nuijor liAïNG;
LUES A.Î.'ACAllKf.ïTK ROYALE DES INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES,
ET A LA SOCIÉTÉ Ï>E CÉOGKAPHIE , LE 6 VÉVHIEU 1829 ,
PAR M. JOMAB.D.
PARIS,
A lAT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE,
f RUE DU CADRAN, K° 16.
8_
1829.
REFLEXIONS
sua
L'ÉTAT DES CONNAISSANCES
RELATIVES AU
VULGAIREMENT APPELÉ NIGER.
IÎVKRAT , Imprimeur, nie du Cnilran, N° 16.
REFLE**O^S^
L'ÉTAT DES CONNAISSANCES RELATIVES
AU
COUliS BU DHIOLIBA
VULGAIREMENT APPELÉ NIGER;
SUIVIES D'UN EXTRAIT
l)U
SECOND VOYAGE DE CLAPPERTON EN AFRIQUE,
Avec (h s ReniurrjiK'S sur ce Voyage , ainsi que sur la mort <îu major LA1NG;
LUES A L'ACADÉMIE HOYALF. «ES 1NSCIUPTIONS ET BELLES LETTRES,
F.T A LA SOCIÉTÉ J)E GÉOGUAPHIE , LE 6 EÉVB1ER 1829,
PAR M. JOMARD.
PARIS,
ÉVERAT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
RUE DU CADRAN, N° 16.
1829.
RÉFLEXIONS
SUR
L'ÉTAT DES CONNAISSANCES RELATIVES
AU
COURS DU DHIOLIBA
VULGAIREMENT APPELÉ NIGER ;
SUIVIES
D'UN EXTRAIT SU SECOND VOYAGE SE CLAPPE&TOM
EN AFRIQUE ,
Avec des Remarques sur ce Voyage, ainsi que sur la mort du Major LAING \
LUES A L'ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES,
ET A LA SOCIÉTÉ Dr GÉOGRAPHIE ,
Jr* 6 ctéevî*» <8aa.
Tous les renseignemens qu'on possède jusqu'ici sur le cours du
Dhiolibâ, examinés et discutés avec cette attention rigoureuse que
demande l'état actuel de la science géographique, sont loin d'être
assez complets, assez.bien liés pour donner la solution du pro-
blème relatif à l'issue de ce grand fleuve. Non-seulement,, on ne
peut prononcer, selon moi, sur aucune des hypothèses que les géo-
graphes ont adoptées et rejetées successivement ; mais encore il
est constant qu'il y a discontinuité entre les renseignemens ou les
informations, et par conséquent, inconsistance entre les déduc-
tions qu'on en a tirées. Les principales suppositions, plus ou moins
probables, qui peuvent être soutenues sur ce que devient le Dhiolibâ,
après avoir atteint les environs de la ville de Temboctou, se ré-
duisent à trois, ce sont les suivantes : i° il revient au Sud, au Sud-
Est et au Sud-Sud-Est, et se jette ensuite dans le golfe de Bénin ;
2° après avoir pris les deux premières directions , il va droit à l'Est,
et se mêle au Shary ; 3° il se porte presque directement à l'E.-S.-E.
en quittant Temboctou , puis il se confond avec l'Yeou, pour finir
dans le grand lac de Tchad ou mer centrale de l'Afrique ( soit que
ce lac ait ou n'ait pas d'écoulement, question tout - à - fait dis-
tincte) (i). Il est à peine nécessaire de mentionner l'ancienne
supposition de la chute du Dhiolibâ dans le Congo, aujourd'hui
abandonnée, ou même celle de son issue dans le rio Volta qu'a
préférée ; asqu'à la fin le major Laing, contre l'avis de Clapperton et
contre toutes les autres opinions. Mais, comme je l'ai dit, loin qu'on
puisse démontrer l'une ou l'autre de ces hypothèses, on n'est pas
en état d'avoir une opinion certaine sur le cours du Dhiolibâ, à
10 lieues au-dessous de Temboctou. Je vais faire la recherche des
seuls faits positifs dont les géographes soient en possession jusqu'à
présent : ces faits ne tarderont pas sans doute à s'étendre ; mais le
temps est encore éloigné où ils seront assez multipliés, et les lieux
d'observations assez rapprochés, pour établir une liaison entre
toutes les découvertes, et pour être en état de tracer une ligne con-
tinue et suivie, de la source à l'embouchure du grand fleuve de
l'Afrique centrale.
En 1822, le major Laing préludait à son grand voyage de l'inté-
rieur, par la découverte des pays de Kouranko et de Soulimana. C'est
sans doute parce qu'il eut la gloire d'assigner le premier la source
duDhiolibâ que son courage le porta, plus tard, à tenter une entre-
prise plus hardie, à rejoindre le fleuve à Temboctou par la route du
Nord, et «aie suivre aussi loin que possible. Ainsi le même homme
aurait été en possession de presque tout l'honneur de la découverte,
(1) Voy. Mém. sur la communication du. Nil des Noirs ou Niger avec
If. Nil d'Egypte, Paris, iSaS.
7
qu'il n'aurait partagé qu'avec Mungo-Park. A la vérité, entre la
source et le point de Bammakou, le premier dont celui-ci avait eu
connaissance, il restait un assez long intervalle : mais cette lacune,
de 3° '/a environ, était lamoins importante ; etd'ailleurs, dans le même
temps, une découverte entièrement inattendue se préparait; un
jeune voyageur français, M. R. Caillé, non moins intrépide et
plus heureux, se disposait à combler la lacune, en suivant une route
différente et tout-à-fait neuve.
Parvenu à la source de la Rokelle, dans les sommités du pays de
Soulimana, le major Laing observa la hauteur du soleil, et dé-
termina la position du lieu. De ce point, il aperçut à peu de dis-
sance, la montagne de Loma où le Dhiolibâ prend sa source.
Il ne lui fut pas difficile de déterminer aussi, par rapport au point
où il se trouvait, la situation de cette montagne, alors inaccessible
pour lui. Le calcul lui donna pour la latitude Nord de la source
9° i5'; pour la longitude à l'Occident de Paris, n° 56'; pour la
hauteur absolue au-dessus de la mer, 485 mètres environ (i,6oo
pieds anglais).
Nous voyons par la route de M. René Caillé qu'il a traversé le
Dhiolibâ en allant à Timé. Sa route était E.-S.-E. de Timbo : le
point de la traversée ne paraît pas éloigné du io° i5' N. latitude, du
II° 45' longitude O. Le niveau élevé du lieu, le sol tout montagneux,
des points si rapprochés entre eux, le nom commun du fleuve, la
grande largeur et l'importance du courant, ne laissent pas de place
à l'incertitude sur l'identité du fleuve qu'il a franchi, avec le Dhioli-
bâ. Voilà donc deux points dont la position est assurée. 11 en est de
même de Bammakou, Yamina, Ségo, Sansanding, Jenné, le lac
Debbo , Kabra ; non pas que l'on connaisse aussi bien la longitude
de ces divers endroits, mais il n'y a pas de doute qu'ils soient pla-
cés sur le même fleuve, et qu'ils appartiennent à un même courant.
Mais si les géographes peuvent regarder cette continuité de
cours comme hors de toute contestation, on ne sait rien sur les
affluens ou sur les einbranchemens du fleuve dans le même espace.
8
Ainsi, dans le cas où un bras oriental sortirait de son lit, soit entre
Kankan et Bammakou, soit entre Bammakou et Sansanding, on
n'en aurait pu avoir jusqu'à présent aucune connaissance; et cette
circonstance géographique serait pourtant de quelque importance
pour expliquer l'existence du courant qui s'écoule à Boussa et Funda,
vers le 4e deg. longit. E., faitqui résulte des dernières découvertes de
Clapperlon (ce courant, est celui que les naturels appellent Quorra ( i).
Par exemple, si celle branche orientale se séparait de la princi-
pale branche du fleuve, vers Bammakou, l'invraisemblance dimi-
nuerait considérablement; je reviendrai bientôt sur celte question,
que je regarde comme capitale.
Si au-delà du méridien de Kabra on porte ses regards vers l'Est,
on reconnaît que tout est ignoré, et que l'on ne sait rien si ce n'est
ce que le guide Amadi-Patouma, qui ne fut pas même témoin de
la mort de Park, a rapporté ; mais son récit, qui jusqu'à présent a
été le seul fanal des géographes, au milieu des ténèbres où ils
sont encore plongés, n'est qu'une lumière incerlaine , quant à
l'époque de l'événement et au lieu qui en fut le théâtre. Ce n'est
peut-être pas que ce guide ait trompé sciemment le gouverneur de
Sierra-Leone, mais son récit était obscur, et l'on n'a pas sans
doute compris ses dépositions (2).
Boussa est le point où, dit-il, le voyageur anglais a péri avec
son compatriote Marlyn et les Africains embarqués avec eux. Ce
lieu est voisin de Temboctou, d'après les termes de la relation. Si
l'on connaissait l'exacte position de ce lieu de Boussa, et si le voya-
(1) Mais ce mot est générique aussi, et il veut dire encore grande eau.
J'insiste sur cette multitude de termes synonymes qui mettent en défaut les
critiques et les voyageurs (voir ci-dessous, et le mémoire cité plus haut.)
Ainsi la confusion amenée par les mots Nyl et Bahr, se reproduit de nouveau
dans le mot Quorra.
(2) Voy. Account ofthe live ofMungo Park, p. Lxxxiii etLXXXVl,/'» ihe
journal of a mission lo the inicrior of Ajrica in theyear i8o5.
9
geur y est parvenu sur la même barque que celle qui l'a amené depuis
Sansanding, l'on posséderait évidemment un point de plus du cours
duDhiolibâ; mais aucune distance n'est donnéepar Amadi-Falouma.
Le rédacteur de la carte du second voyage de Park a placé à l'Est de
Kabra six positions seulement, les seules en effet nommées par le
guide dans sa relation. B oussa qui est la sixième et dernière , se trouve
ainsi placée à i° ",'4 seulement à l'E. de Temboctou. C'est là, selon
eux, que Mungo-Park aurait succombé aux poursuites d'une mul-
titude fanatique, irritée de son opiniâtreté et de son langage im-
prudent. Peut-être a-t-on rapproché trop les positions dont il
s'agit ; mais quand on en doublerait la distance, on n'arriverait dans
l'Est qu'à 2° '/» du méridien de Kabra. Quelle distance encore à
parcourir pour arriver aux pays de Koubbi, d'Youri, de Nyffé et
de Funda ?
Cependant l'opinion qui semble- prendre faveur est que le cou-
rant dont Clapperlon, dans son premier voyage, avait entendu
parler à Sakkatou, est le Quorra; et que le Quorra qu'il a vu, en
1826 à son second voyage, au-dessous de la ville de Wawa, est
encore le même fleuve, et par conséquent, identique avec le Dhio-
libâ. Clapperlon paraît bien être arrivé sur le lieu même où Park
a péri : du moins tout ce qu'il rapporte sur le Boussa qu'il a vu,
(quoique placé à 7 ou 8 degrés , tant vers le Sud que vers l'Est de
Temboctou) semble en prouver l'identité avec l'endroit dont parlait
Amadi : on y retrouve le nom du lieu, l'île, les rochers dans le fleuve,
le courant rapide, etc. Cependant Clappcrton se tail sur le rocher
ouvert en forme de porte, et servant de passage à l'eau, suivant
Amadi (si toutefois le fait existe). Mais est-il autant démontré que
Park n'a pas changé d'embarcation (1)? Les omissions étonnantes
de son guide sur tous les lieux qu'ils traversèrent depuis Temboctou
(1) Les barques vues par Clappcrton sur le Quorra, ne ressemblent point
à celles du Dhiolibâ que décrit M. Caillé. A la vérité 1, les gens de Boussa
parlent du bâtiment chaviré de manière à reconnaître le double canot que
montait Mungo-Park.
font concevoir et expliquent l'omission de cette circonstance, sur-
tout dans un récit dépourvu de détails, et même de toute espèce de
dates ou de comptes de journées. Ajoutons que dans ce même récit,
Boussa est placé dans le royaume de Houssa, près des frontières,
tandis que le lieu visité par Clapperton est près d'Youri.
Que le Quorra continue, après Eyeo ou Katonga, de se diriger
vers le Sud, c'est ce qui paraît vraisemblable par la dernière ex-
cursion de Clapperton ; mais jusqu'où? on l'ignore. Si les rapports
des habitans le prolongent au Sud jusqu'à Funda, vers le 8e degré
latit. Nord, rien ne prouve le fait jusqu'à présent, et encore moins
qu'après Funda, il va rejoindre la rivière de Bénin.
Apparemment convaincu de la réalité de cette dernière supposi-
tion, le rédacteur de la carte du dernier voyage de Clapperton et
de Lander, a prolongé extrêmement loin dans le Nord nos con-
naissances sur la rivière de Bénin ou de Formose; et il a, par une
singulière préoccupalion , placé la ville de Bénin vers y0 '/a de lati-
tude, en se fondant sur l'opinion de Dapper, et afin de rappro-
cher les limites des connaissances. Cependant Bénin n'a pas une
latitude plus élevée que 6° 12' environ. 11 faudrait être bien persuadé
de la nécessité de faire écouler le Quorra dans le golfe de Bénin
pour joindre par une seule ligne de courant d'eau deux points aussi
éloignés que Bénin et la province d'Youri.
Je ne prétends pas par ces réflexions nier qu'il en soit ainsi : seu-
lement j'observe qu'il y a entre ces deux provinces une épaisse chaîne
de montagnes primitives, sans doute à plusieurs étages. Là où l'on en
a mesuré la hauteur, elle a 2,5oop',s. anglais; et peut-êlre est-elle plus
élevée ailleurs. Sa largeur est de plus de 28 lieues ; or nous avons vu
que le Dhiolibâ prend sa source à 1600 pds. seulement de hauteur.
Arrivé si loin de son origine et si près de la mer, il faudrait que la
montagne fût entièrement ouverte jusqu'à sa base, et qu'il s'écoulât
dans un vallon, profond de 2,000 à 2,5oo pieds.
La carte du nouveau voyage nous fait connaître une rivière de
Moussa, traversée par Clapperton à Namah et Bori, vue encore