Règlement de la Société des Amis de la constitution établie à Beauvais. (6 août 1790.)

Règlement de la Société des Amis de la constitution établie à Beauvais. (6 août 1790.)

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21 pages

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Impr. de la société (Beauvais). 1790. Paris (France) (1789-1799, Révolution). Beauvais (France). In-8 °. Pièce.
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Ajouté le 01 janvier 1790
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Langue Français
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RÈGLEMENT
D E
LA SOCIÉTÉ
DES
^mïs'de LA constitution,
ÉTABLIE A BEAU VAIS.
A BEAUVAIS,
De l'Imprimerie de la SOCIÉTÉDES AMIS DE
LA Co N STIT U riON.
M. D C C X C.
A

AUX
CITOYENS PATRIOTES
DE LA VILLE
DE BEAUVAIS.
Toute puissance est foible , à moins que d'être unie.
Lafont. 1. 4. fabl. 8.
LE S FRAN Ç OIS gémifîbient dans la
servitude; grace à leur courage, ils font
devenus libres. L'amour de la patrie s'est
réveillé dans le cœur de tous les vrais Fran-
çois; tous se disent aujourd'hui Patriotes. -
Mais leur esprit est-il imbu des véritables
principes de la nouvelle Constitution? en
même temps qu'ils soupirent ardemment
après le succès de la révolution , font-ils à
l'épreuve des sophismes de ses ennemis? en
se disant Patriotes, cèdent-ils à l'impul-
2.
flon générale, ou à l'invincible amour pour
la liberté, à la force de la vérité retenue
trop long-temps captive dans leur cœur?
C'est ce qu'il est permis au moins de met-
tre en doute.
L A soumission aux Décrets de l'Assem-
blée Nationale doit être raisonnée; il est
temps que tous les François marchent enfin
à la lueur des principes.
Plusieurs Citoyens dégagés des anciens
préjugés, se font élevés tout-à-coup â la
sublimité de ces principes ; principes igrio-
rés, méprisés, ou obscurcis par nos îriftitu-
tions ; principes émanés diredement dulein
de l'Auteur même de la Nature. L'identité
de leurs opinions, le même zèle pour se
rendre utiles à leurs concitoyens, les ont
portés à se réunir eh société fous le nom dé
LA SOCIÉTÉ DES AMIS DE LA CONSTI-
TUTION. On y discutera les principes de
3
A ij
la nouvelle Constitution. Tous les Mem-
bres travailleront à saisir & faire connoître
le véritable esprit des Décrets de l'Assem-
blée Nationale. Leurs opérations tendront
sans cesse à vivifier le Commerce, à faire
fleurir les arts, à favoriser l'A griculture,
à encourager l'Éducation.
IL existe de ces Sociétés dans les princi-
pales villes du Royaume. On n'infifiera pas
à démontrer ici combien elles ont été utiles
à la révolution. De toutes parts elles ont
dénoncé des abus, des traîtres. Le Club des
Jacobins à Paris, vient de prendre un arrêté
par lequel tous les Membres de ce Club font
tenus de ne porter des étoffes que des manu.
factures Nationales. Quel exemple !
LES FRANÇ OIS font appellés par la
constitution du Royaume, à administrer
eux-mêmes !a choie publique, à nommer
des Législateurs à l'AlTemblée Nationale,
4
des Administrateurs aux Départemens,
aux Dillriéts, aux Municipalités; il est
donc nécessaire de connoître les hommes
les plus capables de remplir ces postes im-
portans. Le mérité réel, le vrai mérite, n'est
pas, on le fait, le plus empressé à se pro-
duire. Or quel moyen plus favorable &
plus facile de le connoître, que cette réu-
nion fraternelle de citoyens de toutes les
classès? Tel qui cultive les sciences depuis
long-temps dans le secret du cabinet pour
sa fatisfa&ion personnelle, les produira au
grand jour pour le bien de ses Concitoyens,
ÉGALITÉ de droit, unité de sentimens,
voilà le but de l'Aiïemblée Nationale. Le
caraétère distinctif des Membres de cette
Société, & le titre d'admission eff le patrio-
tisme. Par un commerce d'opinions & de
sentimens avec la Société des Amis de la
Conflitution Céante à Paris, & les autres
Sociétés du même genre, formées dans les
)
différentes Municipalités, & qui lui fe-
rorênt affiliées, elle entretiendra cette unité
de foi civile, nécessaire & désirable pour
le maintien de la révolution.
CONSTITUTION, Législation, Tribu-
naux, Finance, Agriculture, Commerce,
Artsy Education, forment Cucceffivement
l'objet des opérations de l'Assemblée Na--
tionale. Un seul homme isolé, n'eût-il pas
d'autres occupations, ne peut, avec l'appli-
cation la plus confiante, suivre l'auguste
Diete d'un pas égal dans cette carrière im-
mense. Or, la Société des Amis de la Cons-
titution, composée des Citoyens de toutes
les classes, adonnés à toutes fortes d'étu-
des, doués de divers talens, chacun des
• Membres de ladite Société est invité à
suivre plus particulièrement l'Assemblée
Nationale dans la partie qui lui est propre,
& à mettre les autres Membres à portée
, d'en apprécier les travaux & d'en profiter.
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Le Ministre de la Religion, l'Homme de
Loi, le Militaire, le Commerçant, l'Arti-
san, déposeront en commun leurs lumieres,
leurs talens, & chacun recueillera à la
masse générale une portion de connois-
sances plus grande que la mise particulière.
TOUS les jours les Départemens, les
Diftridts, les Municipalités, auront inté-
rêt de propager en peu de temps une opi-
nion. Quelle facilité, à l'aide d'une pareille
Société! Elle devient un centre; de ce
centre, parvient tout-à-coup aux différens
rayons de sa circonférence, l'opinion qu'on
veut faire adopter, & cette opinion, ré-
agissant ensuite vers le foyer, vient y acqué-
rir une nouvelle force.
Si les Assemblées de Districts en acti-
vité dans la Capitale pendant tout l'hiver,
ont fauvé Paris & peut-être la France en-
tière , par cette heureuse fermentation, OCT
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cafionnée par la discussion journalière &
publique-des grands intérêts de l'Empire;
feroit-ce présumer trop favdrablement de
ces établiflemens, que de croire qu'ils peu-
vent contribuer beaucoup à maintenir la
R¿'vo!ution l Enfant du siècle le plus éclai-
ré , elle a besoin de lumières pour se soute-
nir.
Quelle époque pour réaliser cette Socié-
té., pour oublier toutes les erreurs passées,
pour faire à l'intérêt général le sacrifice de
ses préventions particulières, que celle où
des Citoyens de toutes les parties de ce vaste
Empire, viennent de se réunir fous les yeux
des Représentans de la Nation & du meil-
leur des Rois, pour se jurer amitié & fra-
ternité è
C'EÇT au nom du patriotisme, de ce sen-
timent qui a fait depuis un an tant de pro-
diges en France ypfooiin^a^e les Citoyens
iy