Relation de ce qui s

Relation de ce qui s'est passé à Gembloux, depuis le 3 février 1793 jusqu'au 27 mars de la même année

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Impr. de P. Corbeels (Louvain). 1793. France (1792-1795). In-4 °. Pièce.
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Ajouté le 01 janvier 1793
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Langue Français
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'A Louvain, de ITcïpnmene de P. CORBEELS, rue de Tirlemont.
t.
RE L AT I O N
1
DE CE QUI S'EST PASSÉ
A
GEMBLOUX,
DEPUIS LE ; FEVRIER 1793, JUSQU'AU 17 MARS
DE LA MEME ANNE'E.
M 3 M
RELATION
l
DE CE QUI S'EST PASSE A
GEMBLOUX,
Depuis le 3 Févr| ier 1793, jusquau 17 Mars de la même Année..
DAns l'après midi du 3. Février 1793. est arrivé à Gembloux le foi-disant commissaire du
pouvoir exécutif Belge & François , M. Cobus, avec une espèce de Sécrétaire, un déta-
chement de Volontaires François de 150. hommes environ, commandé par un François nom-
mé Everard, se-disans Lieutenant Colonel, & quelques Dragons François : s'étant fait tous
loger en Ville par le Magistrat du Lieu, le foir du même jour, lesdits Cobus & Everard,
ont fait annoncer par le son de la Cloche, & verbalement, de porte en porte, aux Habitans,
par un des Sergeans de la Ville, que le Peuple devoit saflembler le lendemain, à neuf heu-
res du matin, sur la Place.
Vers l'heure indiquée les Habitans de la Ville & les autres en dépendant ont commencé
eY trouver & s'assembler, avec une quantité d'étrangers des environs ; mais ce n'a été qu'en-
tre les 10. à 11. heures que la troupe, qui s'étoit mise fous les armes dans la grande Cour
de l'Abbaye, est defceodue vers la Place, conduite par lesdits Cobus & Everard & autres
Officiers, lorsqu'elle y fut arrivée & mise en bataille, Everard harangua le Peuple, lui an-
nonçant , qu'il étoit venu avec sa troupe pour lui procurer la vraie Liberté, & le faire en-
trer dans ses Droits par l'Egalité ; les exhorter fortement à profiter du précieux Don que la
Nation Françoise vouloit lui procurer si gracieusement, appuyant son discours sur la juftice&
l'équité de cette Nation, dont il voulait dans le moment donner un exemple à l'occasion d'uq
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, pretendu vol dune poule fait par un de ses gens, felon le rapport quon venoit de lui faire..
disant que ce fait feroit puni, comme celui de la valeur de dix mille Livres. Mais personne
na été dupe de cette grimace, tous Ja prennant pour un trait de Charlatannerie. Et cela s'est
vérifié, parce que ne voulant qu'amuser le Peuple, & le tromper sur l'endroit de l'assemblée
générale, Cobus pendant cet intervalle s'étoit rétiré vers l'Eglise, & Everard tâchant de le
suivre, les principaux de l'endroit s'en appercêvantont fait de même, en avertiflant le Peuple,
qui sest rendu en foule vers l'Eglise. Y étant arrivés Côbus @ & Everard & deux autres OBi-
- ciers se font emparés du Chœur :sur quoi étant survenue une contestation, l'Eglise & sur-
tout le Sanétuaire n'étant pas l'endroit de ces assemblées, on tâcha de la calmer ; & defuite
Cobus se portant au Balustre, y annonça sa mission, lut les Déçrêts de la Convention Natio-
nale de France, déclama contre l'ancienne Conilitution du Pays, de la façon la plus indigne
& extravagante, menaçant tous ceux qui oferoient se déclarer pour tout sistême, contraire à ce-
lui de la France, de les faire arrêter, & conduire à Bruxelles pieds & poings liés pour y re-
çévoir la peine de mort, décrétée contre les Rébelles à la Liberté & l'Egalité Françoise. Ils'an-
nimoit tellement que par sa voix dure & raugue, y joints ses gefles d'emportement, il avoit
plutôt l'air d'un démon que d'un homme sur sa phifionomie maigre & blême.
, Le Peuple pendant ce temps s'entre-regardant, dans le plus grand silence, ne tèmoignoit que
la plus haute indignation.
Laffé de pérorer & fatigué par le temps qu'il y avoit déjà mis, Cobus crut voir le moment
que le Peuple alloit adopter son sistême, & que l'ayant intimidé, une partie du moins le fe-
roit , il dit après une petite panse : levez tous les doigts : je vais prononcer le Serment de Li-
berté & Egalité. Mais tous comme pétrifiés, sans faire même le moindre figné, resterent
immobiles.
Très surpris de cette circonstance il réprit haleine, & dit : „ pauvre Peuple , on vous trompe,
„ on vous séduit : ce font les Grands, les Riches & les Prêtres qui le font, surtout lesNo-
,, bles & le haut Clergé ; je fais qu'il y en à entre vous autres qui cabalent, je les connois
& ils feront punis. Il déclama extraordinairement contre la maison d'Autriche, la traitant d'une
façon si indigne qu'on rougit d'en répéter les termes : il fit de nouvelles exhortations & dé-
fuite la même grimace, pour la prestation générale du Serment : mais tous restant également
immobiles ne, faisant ni figne ni mine, Everard dit : il faut expliquér de nouveau le Serment,
& lire les Déciêts de la Convention; ce que Cobus ayant fait, il récommenca la cérémonie
du Serment pour la troisième fois; mais ne gagna pas plus qu'aux deux premieres : furquoi
Everard réprenant la parole, dit : Citoyens s'il y à quelqu'un d'entre vous, qui ait quelque
chose à dire, ou à proposèr, qu'il parle librement; nous fotnmes ici pour l'entendre & lui faire
raison : à quoi une voix d'entre le Peuple enjoignant au Greffier de la Ville de parler, celui-ci
s'y conformant, - prit la parole; discuta brièvement toutes le propositions de Cobus, en fit voir
l'absurdité, exqliqua les Droits du Peuple Brabançonimprouva le Serment général demandé ;
fit voir que ce n'étoit qItanx Réprésentans du Peuple Brabançon, quand il copviendroit d'en
avoir, de prêter un Serment,, feulement celui de maintenir fidèlement la constitution; que la
Liberté & l'Egalité Française qu'on venoit insinuer si astucieusement étoit le piège le plusdan-
gereux, inventé par les hommes les plus fourbe & méchans, qui ayent.encore existé; & finit
par demander pu Peuple, quel étoit son vœu, tflns les circonstances présentes : si tous enten-
dojent de vivre & mourir dans la RcHgion Catholique. Apcftolique & Romaine, de mainte-