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Remercîmens offerts aux autorités administratives de la ville de Lyon , par J.-B.-Augustin Hapdé,... l'un des auteurs du "Berceau de Henri IV à Lyon"...

De
35 pages
impr. de J.-B. Kindelem (Lyon). 1816. 35 p. ; in-4.
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KEMERGïMENS
OFFERTS
S^}Ç-.|yTGRITÉS.: ADMINISTRATIVES
;DE; M:YÎ^E.;flË:LYON', .'-'?? :
Par J. B. Augustin Hnpdé, de Paris, l'un des auteurs du
; BERCE-AI? ; DM,. -HÈ^RÏ.'IJ^ A, LTQN ^ pu LA NYMPHE DE
pAJ}{FiiÊNOPE ,; pièce allégorique, ^composée et repré^
sentée à l'occasion, du, passage de §,.. A> R- Madame la
Duchesse de, Berry. r ; ;
| iA double approbation donnée à un ouvrage dont j'ai conçu le plan
et les détails pour coopérer à célébrer en cette cité une époque des
plus mémorables ; cet ouvrage destiné dans une aussi grande circons-
tance' à être l'un dés hommages présentés par la ville à un illustre
rejeton de la branche des lis ; le soin que l'on m'a confié de mettre
cette pièce au théâtre de concert avec le directeur ; la faveur insigne
d'avoir été présenté à S. A. R. lorsqu'elle s'éloignait de cette enceinte
où retentissent encore les:cris d'alégresse causés par son auguste pré-
sence : tels sont les motifs puissans qui avant mon départ pour la
capitale me déterminent à offrir aux autorités administratives de
Lyon , et l'expression de mes remercîmens , et. ceux de ma gratitude.
Plus la confiance qu'elles ont bien voulu m'accorder me parut
étendue, plus il fut de mon devoir de m'efforcer de la mériter : mon
zèle et mon activité durent d'ailleurs être en proportion du noble
objet de mes travaux, si toutefois on peut qualifier ainsi dés mo-.
ïnens consacrés â la tâche la plus douce et la plus digne d'envie.
Avec quel empressement je la saisis, cette circonstance heureuse
de contribuer à recevoir, à fêter sur les rives florissantes du Rhône et
de la Saône , cette princesse adorée, issue d'un illustre sang, d'un
sang pour lequel à l'époque de la restauration, j'ai l'un des premiers,
par un écrit connu , placé avec hardiesse ma tète sous le glaive des
événernens ; pour lequel, au pied du trône, dans des jours d'alarmes
et de périls, j'ai offert d'arroser du mien le sacrifice de ma fortune;
pour lequel enfin , au mois de malheur, je fus forcé de fuir et d'aban-
donner à la destinée tout, jusqu'à mon existence (i).
C'est au sortir des angoisses delà proscription qu'on ressentie véritable
prix du triomphe de la cause qu'on a défendue en exposant ses jours.
Alors se rallument tous les feux d'une ardeur comprimée; alors écla-
tent tous les sentimens d'amour et de fidélité ; alors l'élan des coeurs ne
peut plus être retenu. Ah! combien durent être vifs les transports
d'ivresse de celui qui, réunissant tous ses efforts pour offrir dignement,
sous le voile de l'allégorie, à l'objet de tant de souhaits , et les sermens
et les voeux d'une grande population , celui-là put se dire à soi-même :
et moi aussi j'ai contribué par mon dévouemen t à redresser ces an tiques
rameaux courbés par la tempête, ces antiques rameaux à l'ombre
desquels nos pères sommeillèrent heureux : et moi aussi j'ai contribué
à arracher le bandeau de l'erreur, à découvrir la profondeur de
î'abime,à dévoiler d'horribles attentats commis envers l'humanité :
et moi aussi j'ai donc coopéré à faire descendre parmi nous Yange
de la paix ; cet ange qui, sous les traits d'une noble fille de nos
Rois, apparaît aujourd'hui dans le palais des Bourbons, et par un
Dieu de clémence nous est envoyé, l'olivier et le myrte à la main,
pour réparer des maux cruels, pour effacer d'affreux souvenirs, pour
répandre dans nos âmes le plus précieux des bienfaits de la divinité-,
la céleste espérance. C'est l'aurore qui , perçant les voiles épais
d'une nuit orageuse, vient ouvrir au plus beau jour une barrière
émaillée de fleurs.
Plein de ces idées, et rendant grâce au destin qui me désignait
pour devancer ceux qui, par des talens supérieurs , s'apprêtaient dans
la capitale à saisir l'illusion de la scène, afin de présenter toutefois
de réels" et sincères hommages , je m'empressai de suivre les ins-
tructions que me donna l'autorité; et je mis en usage tout ce qui
(1) Les Sépulcres de la grande armée, ou Tableau historique des hôpitaux
militaires : brochure que je publiai peu après celle de M. de Ghâteaubriant, inti-
tulée : De Buonaparte et des Bourbons.. Trois éditions sont épuisées.
(i) Le 7 mars. 1815,. je lis auprès de mou Roi preuve d'un dévouement parti-
culier : je possède un précieux gage de la satisfaction de S. M. J'ai pensé que je
devais citer ces deux faits devant des autorités dont je suis jaloux de briguer
l'estime, et desquelles ma conduite politique est encore peu egiiuue»
(3)
pouvait faciliter et accélérer l'exécution de ses volontés et de ses
désirs.
Si mes nombreux efforts n'ont point été couronnés tous d'un succès
complet, c'est-à-dire, si l'ensemble de l'ouvrage a offert des lacunes;
si diverses de ses parties ont manqué de liaisons ; si l'on n'a que péni-
znent compris plusieurs des détails essentiels, du moins j'ai la satisfac-
tion de pouvoir produire ici quelques preuves et de mon zèle et de
mes précautions : il est de mon devoir, en adressant aux autorités un
témoignage de ma reconnaissance, de leur rendre un compte fidèle
de mes opérations.
Tout ce qui est antérieur au 20 mai ne me paraissant point de
nature à être relaté dans ce simple exposé, je n'en parlerai que très-
brièvement, et pour un fait qu'il me sera nécessaire de rappeler. Je
ne me permettrai du reste dans tout ce que je vais rapporter aucune
espèce de réflexion ; ce n'est ni un mémoire, ni unfactum , mais un
rapport exact que je présente ici.
Journal de mes opérations, et quelques pièces à l'appui.
Le 20 mai, je reçus de l'une des autorités une lettre dont la sui-
vante, écrite au directeur, fera connaître en substance le contenu.
Lyon, 2a mai 1816.
M.
M. le maire a bien voulu m'informer officiellement de la décision de M. le
préfet relative au Berceau de Henri IV ou la Nymphe de Parthénope.
Je suis également prévenu par cette lettre , que nous devons nous concerter,
monsieur, pour tout ce qui peut hâter et accélérer l'exécution de cette allégorie ,
à l'une des répétitions de laquelle M. le maire me fait savoir qu'il se propose d'as-
sister incessamment. Chargé de lui fournir diverses indications concernant certaines
dépenses extraordinaires que la ville prend pour son compte , parmi elles, le devis
des lis , guirlandes et couronnes dont j'ai remis l'état à MM. Benaset et lievelle, il
y a plusieurs jours , me devient nécessaire, et je vous prie de me le faire parvenir
demain au matin, sans que cela puisse néanmoins suspendre les travaux que vous
aurez sans doute ordonnés pour la prompte confection desdîtes fleurs , aussitôt que
Jes ordres de l'autorité supérieure vous auront été transmis.
J'ai l'honneur d'être, avec la plus parfaite considération, votre dévoué serviteur.
Signé A. HAPDÉ.
Le 24 , on commença à répéter au théâtre avec les choeurs et les
personnages parlans seulement.
Le 25 , on convoqua la troupe entière. Je fis la distribution de
tous les rôles , ou plutôt de tous les personnages selon le physique
des artistes ; je débrouillai quelques scènes.
Le 26 , seconde répétition au théâtre. Elle dura deux heures. Le
corps de ballet se plaignit à différentes reprises qu'il était extrême-
ment fatigué par des répétitions précédentes.
Le 27 , cette répétition fut presque nulle, tant à cause du service du,
U)
four que par les nouvelles objections du corps du ballet ayant travaillé
sans relâche depuis huit heures du matin. A une heure précise je
rendis le théâtre à M. Blache fils, pour faire répéter le ballet d'Aline,
et j'invitai le régisseur en même temps à distribuer à l'avenir ses répé-
titions de telle sorte que , les personnes dont j'avais essentiellement
besoin pour tous les mouvemens et tableaux ne fussent point
hors d'état de m'ètre utiles quand on les mettrait à ma disposition.
Je n'occupai ce jour-là le théâtre que cinquante minutes. J'écrivis
la lettre ci-dessous au directeur.
Lyon, 27 mai 181S.
M.
Je n'ai qu'à me louer sans doute du zèle de vos artistes. Ce zèle ne doit pas
m'étonner pour une semblable circonstance. Mais il en est parmi eux auxquels le
travail de trois ou quatre heures ôtent les moyens physiques de me seconder : je
veux parler du corps de ballet. J'ai témoigné à votre régisseur, ce matin , le désir
de prendre le théâtre pendant trois jours, avant que toute autre répétition ait eu lieu
pour la danse 5 après ce délai chacun saura ce qu'il devra faire ; il ne s'agira plus
que de polir , ce à quoi je parviendrai facilement, en repassant ce qui aura été
réglé. Une heure environ alors suffira pour cela , à moins qu'on ne juge à propos
de suspendre.
La répétition aujourd'hui a été entièrement nulle. Je n'ai pu faire un pas de plus
qu'hier, par deux raisons : la première est la grande fatigue du corps de ballet; la
seconde, une répétition indispensable du divertissement d'Aline r j'ai dû ne point
entraver le service du-jour.
J'ai l'honneur de vous prévenir que je disposerai ainsi mon travail à l'avenir
pour arriver à un prompt résultat.
' Demain répétition partielle pour lès personnes dont j'ai donne les noms à
M. Revelle.
De,plus, j'ai besoin pour cette répétition de la gloire du milieu et des deux
nuages parallèles , du char et des .chariots.
Après demain 29, première répétition d'ensemble pour toute la troupe.
TLe 3o, première représentation générale avec un quatuor seulement.
Je crois devoir également vous informer, monsieur, que la grande gloire du
lointain descendra et remontera neuf personnes , celle du milieu en descendra trois
seulement; vous voudrez bien vous faire rendre compte par votre machiniste, des
mesures qu'il aura prises pour éviter fout accident ; comme aussi de faire étayer lés
trapes et trapillons de votre théâtre, à cause de l!ébranlément que pourrait occa-
sioner une marche nombreuse de militaires , mais toutefois proportionnée au cadre.
Il est fort important aussi que vous donniez des ordres pour que l'on s'occupe de
'garriir et de placer le berceau sur soii brancard.
J'aurais besoin de revoir l'état des objets-contenus dans les devis, présentés à
M.r , je vous prie, monsieur, de m'en faire adresser une copie.
Veuillez atissi me faire savoir à quelle époque les fleurs seront prêtes.
J'ai l'honneur d'être , etc.
Signé H.
Le 28 , répétition partielle pour les mouvemens généraux et les
fihoears. Cette répétition dura deux heures moins un quart.
..( 5)
Le 29 , la première répétition d'ensemble ne put avoir lieu : la
lettre suivante au directeur en déduit les motifs.
M.
Lyon, sg mai I8IS.
Vous m'avez dit hier qu'on vous avait rapporté que je changeais sans cesse, que
ïien ne marchait, etc.
J'ai mis l'ouvrage au théâtre le 25 courant; c'est demain le 3o , et je fais la pre-
mière répétition d'ensemble.
Ona prétendu que c'était Armide à monter;qu'il fallait tout suspendre, tout arrêter
et quinze jours d'un travail assidu : je n'ai rien suspendu , rien arrêté, et l'ouvrage sera
en état d'être répété, dimanche 2 juin, devant les autorités , si tout le décor et les
accessoires sont prêts samedi matin.
A l'égard des changemens si nombreux que l'on me reproche , ils consistent dans
une scène transposée, ainsi que quelques vers (avec l'agrément de l'autorité), et
dans deux entrées d'acteurs faites à gauche ou à droite.
Si je ne savais vers quel but tendent d'aussi misérables prétextes, je voudrais bien
croire qu'en province , accoutumé à ne monter ordinairement que des pièces éprou-
vées , on est fort peu familier avec les changemens, coupures, etc. : on suit littéra-
lement un manuscrit et une partition; mais on oublie en province , ou l'on ne veut
pas savoir, tout ce qu'un ouvrage a coûté de peines , de suppressions, d'additions,
avant d'être représenté à Paris pour obtenir un grand succès. L'ouvrage que je
monte ici est neuf; à peine ai-je eu le temps de l'esquisser, et mes deux collabora-
teurs d'y semer quelques ornemens : il n'en exige que plus mes soins et mon atten-
tion. Je veux y déployer pour ma part tout ce que plusieurs années ont pu me faire
acquérir d'expérience et de connaissance de la scène ; je veux répondre au choix
qu'ont bien voulu faire M. le préfet et M. le maire ; je veux que la pièce soit
digne du sujet et d'un hommage fait par une grande ville à un auguste personnage.
Je ne connais que. les barbouilleurs d'enseignes qui ne changent rien à ce qu'ils
font, par la raison que, s'ils placent une S pour un T, ils ne s'en aperçoivent pas.
Çn définitif, monsieur, je vous autorise à faire valoir cette lettre devant qui.bon
vous semblera , et vous déclare que tout ce qui est action est réglé ; qu'en remplace-
ment de deux couplets transportés à la scène 5.e, deux autres faits par M. Montper-
lier ont été remis aujourd'hui à M. Revelle par M. Albertin, aiusi que quelques
vers substitués à de la prose pour Jupiter.
On répétera, après demain 3i mai , les deux premières scènes qui servent d'in-
troduction , et alors l'ouvrage sera complet.
Je vous informe, monsieur, qu'ayant cru pouvoir ne point empêcher la répéti-
tion de deux tragédies, j'ai remis à demain la première répétition d'ensemble ; je
vous prie d'y assister.
Je me plais à donner de nouveaux éloges à votre troupe ; son ardeur et sa bonne
volonté ne laissent rien à désirer, et ne sauraient être paralysés ;,je n'ai cru entendre
se plaindre encore parmi elle que ceux que je n'ai pu employer jusqu'ici ; mais les
désirs de tous seront remplis.
J'ei l'honneur d'être, etc.
Signé H.
Le 29 au soir , pour parer à divers inconvéniens, régulariser
mon travail et le hâter , j'eus recours à un moyen usité pour la mise
des ouvrages compliqués. D'après sur-tout l'autorisation qui m'était
transmise de monter sans délai cette pièce de concert avec le direc-
teur , je rédigeai une feuille indicative pour les répétitions et autres
objets nécessaires. Je la fis parvenir avec une lettre. Le directeur était
libre d'accepter, de changer ou de refuser : nos pouvoirs étaient
égaux à l'égard des soins que nécessite la pièce. Toutefois j'informai
l'autorité de ce mode d'accélération , en lui adressant chaque jour
copie de ladite feuille ; et pour lui rendre un compte préliminaire de
mes actions, je plaçai également sous ses yeux le double de toutes
mes lettres précédemment envoyées au directeur.
Lyon, 29 mai 1816.
M.
J'ai l'avantage de vous faire passer une feuille de répétition pour demain, avec
les différens objets qui me seront nécessaires : s'il y avait quelques obstacles à ce
que cela fût ainsi, vous voudriez bien m'en instruire.
J'ai l'honneur d'être , etc.
Au Directeur, ect. Signé H.
LE BERCEAU DE HENRI IV A LYON.
Répétition du 00 mai 1816.
Nola. M. Blache a un final à régler sur le choeur qui termine l'ouvrage,
PREMIÈRE RÉPÉTITION D'ENSEMBLE.
Cette répétition commencera après le changement de décor.
J'ai besoin du théâtre pendant trois heures : peut-être l'occuperai-je moins long-
temps.
Pour cette répétition , me sont nécessaires les objets ci-après; savoir :
i.° Un rideau quelconque, représentant celui qui sera au quatrième plan; derrière
seront placés la grotte, les conques, etc. : le rideau s'enlèvera ; on ira de suite ;
2. 0 Le berceau ainsi que je l'ai demandé ce matin par ma lettre;
3.° Le chariot roulant pour le Destin ;
4. 0 Les Amours d'Armide transportés aux deuxième et troisième plans ( ainsi
que je l'ai déjà indiqné ) : ils descendront et remonteront à vue;
5.° Les vapeurs avec sucre et benjoin sous le théâtre (*) ;
6.° La gloire du milieu, les parallèles;
7. 0 La gloire du lointain ;
8.° Les bandes d'eau devant et derrière la grotte.
Tous les accessoires représentatifs, suivant le programme que j'ai remis hier à
M. Revelle.
(*) Moyen qui m'avait été indiqué comme pouvant suppléer à un petit dévelop-
pement de nuages pour entourer le berceau : je désirais en voir l'effet sur la place
même avant de le risquer.
( 7 >
Deux douzaines de baguettes au moins pour figurer les tiges de lis.
Le reste à l'ordinaire.
Un quatuor une heure après celle indiquée pour commencer, parce qu'on répé-
tera une lois tous les mouvemens , marches, tableaux avec le répétiteur.
Toute la troupe.
J'ai invité M. Laine à assister à la seconde répétition.
Signé H.
Par l'autorisation supérieure, etc.
Nota. Le double de cette feuille est adressé à M. le maire.
Le 3o , première répétition d'ensemble. Le directeur y assista.
Le soir , deuxième feuille indicative et lettre suivantes :
Lyon, 3o mai 1S16.
M.
J'ai l'avantage de vous faire passer une feuille de répétition pour demain , avec les
différens objets qui me sont nécessaires : s'il y avait quelques obstacles à ce que cela
fût, vous voudriez bien m'en instruire par écrit.
J'ai l'honneur d'être, etc.
LE BERCEAU DE HENRI IV A LYON.
Répétition du 31 mai 1816.
DEUXIÈME RÉPÉTITION D'ENSEMBLE.
Point de répétition pour le corps de ballet avant la mienne : ( pour le corps de
ballet, je m'explique).
A dix heures précises, deuxième répétition d'ensemble pour toutes les personnes
demandées aujourd'hui ; celles qui ne s'y seront point trouvées seront invitées parti-
culièrement à s'y rendre.
Aucune autre répétition , au foyer on ailleurs, jusqu'à midi et demi.
C'est pour et par ordre de la ville qu'on monte cet ouvrage ; il faut en prévenir
toute la troupe par un avis particulier. (On fera part auparavant de celte observa-
tion à M. Laine. )
Cette seconde répétition d'ensemble exige le même décor d'hier , et semblables
accessoires représentatifs.
Je redemande les objets ci-après désignés, qui n'ont point été fournis à la der-
nière répétition; savoir :
i.° Le berceau recouvert, fixé sur un brancard, de manière à laisser voir la
coquille de tortue;
2. 0 Le berceau devra s'ouvrir et se fermer à vue ;
3.° Les Amours d'Armide aux deux plans indiqués ;
4-° Les vapeurs avec sucre et benjoin , et le trapilloii pour faire monter la petite
devanture de nuages;
5.° La gloire du lointain j elle enlèvera neuf personnes.
Un quatuor.
' (O
Samedi, première répétition générale.
De deux heures à quatre heures , répétition pour moi et tes militaires.
Après le spectacle, deuxième répétition générale avec les militaires.
Nota. Le peintre attend qu'on le prévienne pour régler la pose des médaillons; je serai
à huit heures précises sur le théâtre demain pour cette opération : on voudra bien avertir
M. Perlet.
M. Martin sera invité à vouloir bien composer la deuxième partie de l'air Charmante
Gabrielle pour M. Tailly. Le régisseur fera copier pour les choeurs les quatre derniers vers de
ce couplet.
Le double de cette feuille journalière est adressé à M, le ma,ire.
Signé H.
Le 3i , deuxième répétition d'ensemble à midi. A 2. heures et demie
)e terminai tout ce qui restait à régler avec les artistes comme action
pantomime.
Le soir troisième feuille indicative et lettre suivantes :
Lyon, 3i mai 1816.
M.
Devant m'entendre avec vous pour ce qui concerne la mise en scène du Berceau
d'Henri IV à Lyon , je vous fais, part, que j'ai déterminé ainsi qu'il suit, la répé-
tition de demain.
S'il y avait quelque empêchement que je ne puis prévoir , vous voudriez bien
m'en informer par écrit , ainsi que je vous y ai invite dans mes précédentes.
La répétition de ce jour a été satisfaisante, sauf quelques bruits blâmables : il
est du devoir de votre régisseur de faire régner le silence autour de moi lorsque
je travaille.
Un auteur qui monte son ouvrage, et qui par-tout en a le droit lorsqu'il en est
capable et est connu pour tel, n'est nullement chargé de maintenir le bon ordre dans
un théâtre où tout ce qui l'entoure lui est étranger.
C'est d'ailleurs pour et par ordre de la ville que je mets au théâtre cet ouvrage ;
je le dis encore , j'ai besoin de calme lorsqu'il faut que je fasse agir 60 ou 80 per-
sonnes sur différens points.
J'ignore si l'on a prévenu la troupe que c'était un hommage que la ville de Lyon
préparait à S. A. R. madame la duchesse de Berri , ainsi que je l'avais marqué hier
sur ma feuille de répétition , en recommandant toutefois qu'on fît porter votre atten-
tion sur cette observation importante.
Les personnes qui par indisposition ne se sont point trouvées hier à la répétition,
s'y sont rendues aujourd'hui : j'ai pu terminer la pose de tous mes groupes.
J'ai l'honneur d'être , etc.
Signé H.
LE
LE BERCEAU DE HENRI IV A LYON.
Répétition du i.er juin 1816.
R É P É,T I T I 0 N PAR T I EL LE.'
Le décor n'étant point encore' terminé , la répétition générale Git -remise.
On répétera seulement les mouvemens' de gloire , et tout ce qui fe£t relatiï au.
machiniste et aux accessoires.
Pour cette répétition je redemande:
i.° Le berceau recouvert et fixé sur le brancard, il n"a point paru aujourd'hui.
Il faut de plus les enfans avec les chapeaux à la Henri IV ;
2. 0 Les vapeurs, etc.
Tout le corps de ballet et les premiers sujets;
Le char nouvellement doré.
On répétera les deux premières scènes d'introduction. Uliéare en sera fixée
d'après les répétitions du répertoire. ? ';
De deux heures à quatre , répétition pour moi et les militaires. Si k service du
jour exige que le théâtre soit occupé plus tard que deux heures, il faudra m'en
prévenir demain avant huit.
Signe H.
Nota. Le double adressé à M. le maire. -. ? y
Le i.er juin au matin je remis au régisseur cette lettre adressée au
directeur ; en voici quelques paragraphes ; les autres n'àppai-fennent
point à cet exposé.
Lyon, i.er juin 181G.
M. '' v:,/.:;:;;: :,_..
. » . - . . ? ? » ? » . . 1» .» -*-'?? . .. " ? » . .'-.- » - 6 -: 4- " . » a
La mise en scène du Berceau de Henri,IV, bpérée-par moi, paraît aypir. aussi
singulièrement aigri quelques personnes. '..,.<?
A Paris, monsieur, quatre auteurs dont je Fais partie montent eux-mêmes leurs
ouvrages; ils doivent à cette espèce de talent particulier souvent plus d'un
succès, et plus d'une chute en province-à leur absence. Je plains infiniment
l'auteur de pièces à grand spectacle qui ne sait pas les monter lui-même; il est
obligé de se livrer au hasard ou à l'ineptie. - >
Si l'ouvrage que je fais répéter ici était^un opéra , une comédie , etc. j'en lais-
serais le soin à autrui, et j'assisterais sénlëment -auxrépétitions ; mais uti tjùvrage
qui n'est composé que de mouvemens, de marches , de 'tableaux ; un ouvrage allé-
gorique sur-tout qui présente à l'imagination beaucoup de développemensisur le
théâtre même , et des effets auxquels on n'a point songé en l'esquissant ;, et que les
localités par fois peuvent faire naître , est un ouvrage qui ne peut sortir des mains
de l'auteur : car il l'augmente , il l'achève , il le perfectionne au fur et à mesure qu'il
prend figure sous ses yeux.
Une action pantomime, bien qu'elle soit mêlée de chants , de dialogues , de
couplets , est, pour un homme qui connaît la scèiie^et quelques-unes de ses res-
sources , un bloc de marbre dans l'atelier du statuaire ; chaque répétition le dégrossit
et lui fait prendre la forme qu'on veut lui donner.
Que serait-il arrivé si j'eusse confié cet ouvrage à un étranger ? C'est que cet
étranger, ne pouvant deviner ce que j'avais dans la tète, à chaque pas eût été*
arrêté; j'aurais défait ce'qu'il aurait établi; il eût fallu se chamailler éternellement
ou laisser l'ouvrage plein de défauts : et certes, la circonstance pour laquelle cette
allégorie est faite , ne peut permettre qu'on y mette de l'indifférence et qu'on
l'abandonne au hasard.
J'ai toutefois ménagé autant qu'il m'a été possible l'amour-propre des personnes
chargées à votre théâtre de mettre en scène les pièces ; j'ai indiqué et fait exécuter
par M. Blache fils particulièrement, une partie de ce qui pouvait s'identifier avec
la chorégraphie ; et pourtant, monsieur , on sait fort bien , et j'ai prouvé plusieurs
fois à Paris, que je n'avais besoin de personne pour ces sortes de choses ; j'ignore
si l'on a pris ma déférence pour de l'incapacité ; au total j'ai été fort activement
secondé par M. Blache fils.
Toute morgue est déplacée dans cette occasion; il faut tendre tous vers le même
but. Que devons-nous désirer l de satisfaire l'attente des autorités et plaire un mo-
ment à un illustre personnage.
Quant aux répétitions dont je vous fais la demande, c'est une règle établie à
Paris ; demandez-le à M. Solomé votre nouveau régisseur , demandez-le à M. Pixé-
ricourt s'il est arrivé : ils vous diront que c'est l'auteur, montant son ouvrage , qui
fixe et règle les heures, la durée et la nature des répétitions , sauf l'avis de l'admi-
nistration.
J'espère , monsieur, que cette nouvelle explication ramènera les esprits, etc.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Signé H.
Dans la même journée du i.er juin, je fis reconnaître que sila répé-
tition générale n'avait pas lieu, ce n'était ni par mon fait ni par celui
du peintre et.du machiniste.
Le soir je demandai à l'autorité qu'une répétition générale de tout
ce que j'avais réglé, de tout ce qui était su , eût lieu le lendemain
devant plusieurs personnes invitées à cet effet et attachées aux auto-
rités administratives.
. Le 2 cette répétition se fit :. on fut témoin, et il est reconnu qu'elle
a été régulière , conforme à la mise en scène faite par moi et terminée
le.3i mai, et qu'à l'exception du décor, des accessoires, d'une marche
et d'un grand tableau à régler avec les militaires, l'ouvrage ëlaitmonté.
Le soir je reçus de l'autorité une lettre dont extrait sera plus bas
cité;
Le 3 et le 4 les répétitions continuèrent. Je ne crus pas devoir m'y
rendit. Elles furent employées à mutiler l'ouvrage.
; Le,5 , jour fixé pour répéter généralement devant les autorités,
je fi$:connaître par une voie légale mes intentions relativement aux
mutilations opérées. Il me paraît indispensable de donner d'abord
communication d'un paragraphe delà lettre la plus flatteuse. Le voici:
?.?.?.:..?.: '?'? ... Lyon ,1e i." juin 181S.
? . Monsieur,
Je sais apprécier tout le soin , le zèle et l'activité que vous avez apportés à la
mise, en scène de l'ouvrage intitulé le Berceau de Henri IV, dont vous ête* l'au-
C-iV).
leur, et qui est destiné à être joué devant S. A. R. madame la duchesse de Berry.
Je vous prie d'en recevoir mes remercîmens. Aujourd'hui que l'ouvrage a été
monté et mis en scène par vous , qu'il a été répété plusieurs fois sous votre surveil-
lance par les acteurs, qu'il n'a plus besoin conséquemment que de l'ensemble
nécessaire aux diverses parties qui le composent; je laisse ce surplus à la disposi-
tion du directeur, qui devient et qui doit être entièrement responsable de l'exécu-
tjon de votre ouvrage , apquel.il ne sera rien changé. ..... >
Sans rien préjuger ni conclure en ce moment des, moyens qui auraient pu
être mis en usage auprès de l'autorité pour solliciter et obtenir d'elle l'acte énoncé
dans le second paragraphe de la lettre écrite au requérant, à la date du i.er cou-
rant , par M.r....... ;
Attendu que ledit requérant est informé que , sans son autorisation et sa participa-
tion , ila été fait, depuis le i.er de ce mois, plusieurs changemens ^ la mise en scène
établie par lui pour le Berceau de Henri IV à Lyon; que des tableaux, des,
détails et des scènes se trouvent supprimés; qu'en conséquence l'ouvrage n'est plus
tel qu'il l'a monté; ; ::-. : " .:.?;.??????
Attendu que la répétition, qui.doit être faite ce soir ou démain, aura lieu, devant
l'autorité; que c'est l'ouvrage" du requérant seul ( ici sous le rapport de là mise en
scène) , et non pas celui d'un autre individu, qui doit être mis sous les yeux de ladite
autorité ; qu'elle seule a le droit d'approuver ou d'irriprouver, de demander ou
d'indiquer les changemens, puisque cet ouvrage, est représenté par son ordre;
Attendu que tous les changemens qui auraient pu lui être proposés , s'ils sont-
autres que dans la prose , vers ou coliplets, ne pourraient être considérés que comirté
tendant à mutiler et à disloquer l'ouvrage , vu que des effets purement scéniques ne
peuvent être bien sentis ...et bien jugés qu'au théâtre même , et par léuréxé--
cution ;
Attendu que nul n'a le droit, sans l'assentiment de l'auteur ou des auteurs ( tous y
consentant ) , de faire aucune coupure , suppression , addition, etc. ;
Attendu que la mise en scène de cet ouvrage fait particulièrement et essentielle-,
ïnent partie de sa composition, qu'elle l'a étendu et, amélioré,, et'qu'y apporter des'
changemens ce serait le morceler, le mutiler et le dénaturer; -.'."
Attendu enfin que l'autorité, en chargeant le directeur, à compter du .i.e-r.: juin 1
courant, des répétitions nécessaires à l'ensemble de la pièce, et en lé' rendant
responsable de l'exécution, déclare vouloir qu'il n'y soit rien changé, reconnais-
sant précédemment qu'il est et a été monté par le requérant; que ce serait contre-
v.enir aux ordres de l'autorité, et lui ôter la possibilité de juger l'ouvrage dans son
entier , que d'en distraire ou décomposer diverses,parties ;
Que , dans ce cas , ce serait porter évidemment préjudice et à dessein au requérant;
qu'un semblable fait pourrait être considéré comme mis. éii usage'pour lui nuire,
et qu'aux termes du code, quiconque porte dommage à autrui doit le réparer ;
lue requérant proteste contre tout changement quelconque apporté dans la misa
«tn scène de l'ouvrage dit le Berceau de Henri JVt ou la Nymphe de Parthénope ,
depuis le 5i mai dernier inclusivement; ,:
Déclare n'approuver d'autre et unique changement que celui relatif au couronne-
ment , qui sera fait au milieu du théâtre au lieu de l'être sur le trône ;
Déclare tous autres changemens faits sans sa participation , et avant la répé-
tition qui aura lieu devant l'autorité, préjudiciables à l'ouvrage et au requérant per-
sonnellement; déclare qu'il ne reconnaîtra que ceux qu'indiquera l'autorité après
ladite répétition générale; à laquelle autorité sera remis un 'programme conforma
à la mise en scène du requérant, et conforrpe aussi à celui;qui vient par lui d'être
déposé; etcf
{Suit l'exploit enregistré le 5 juin x§\.Q.) .
( I 2)
Là répétition générale qui eut lieu le soir n'offrit aux assistans que'
désordre et confusion : plus de tableaux ; des scènes supprimées. Au
ïîeu d'un groupe allégorique dans le berceau, ainsi qu'il est indiqué
par les manuscrits, on présenta une irhage toute opposée à l'idée de
l'auteur du plan.et à celle de ses collaborateurs, etc. etc. etc. On
reconnut et il est reconnu que cette répétition différait évidemment
par les détails, de celle du 2. juin.
Le 6au matin j'écrivis à l'autorité pour l'informer que je protestais
contre les mutilations faites à l'ouvrage.
Le 8 je fis remettre légalement au directeur un manuscrit. J'y fis
joindre des observations qui y sont annexées, ainsi qu'on le verra
plus loin..
Le 9 , jour de la première représentation, on vendit publiquement
l!ouvrage imprimé avec, de nombreuses incorrections et mutilations.
Le 10 je fis saisir les exemplaires imprimés au compte du directeur:
voici là plainte motivée» que je rendis à cet égard.
^ > ~ ? ? "-? ' .
. Monsieur le commissaire de police,
J'ai l'honneur dé vous remettre un écrit intitulé le Berceau, etc., imprimé chez
le siéur Pelzin,quaî de Saône^ n.° 56.
Cet imprimé s'est vendu publiquement ./S' centimes au grand théâtre, le dimanche
g juin 1816, jour où S- A. R. a honoré le spectacle de sa présence ; il se vend
encore aujourd'hui ch'éz'M. Ch'ambet, libraire, rua Lafont.
Monsieur le commissaire, je suis l'un des trois auteurs de cet ouvrage ; j'ai pour
collaborateurs MM. Monperlier et Albertin.
Bien que cet ouvrage ait été approuvé précédemment par M. le préfet, ainsi que
le constate une lettre de M; le maire, en date du 20 mai 1816, et de laquelle j'offre
de"'"justifier -, on m'assure''que l'autorité'a ordonné quelques suppressions avant la
première représentation.' '
'[Sï ce fait existe j!'iï n'appartenait ni au directeur , ni à mes collaborateurs de faire
ces suppressions sans m'en donner connaissance. Lorsqu'à Paris S. Exe. le ministre
de la. police'exige quelques changerrtens dans une pièce, le directeur en informe
l'auteur on les auteurs; l'un ou les autres font leurs efforts pour que les changemens
demandés rie nuisent point ou nuisent peu à l'ouvrage. Si l'on m'eût communiqué les
intentions de l'autorité, peut-être jmôï qui ai conçu le plan et les détails de cette allé-
gorie, "aur^s-je'jïun'ou^ de satisfaire à la fois l'autorité et le public ; et
peut-être alors' i'ôtîvr.agé n'aurait pas offert à la première représentation un certain
décousu qui a, çorisidérkbtèrneni îiùi à son'effet et à l'intelligence dés principales
scènes. 'Mais, 01V m'a"laissé 'tout'ignorer ; on a détruit quelques ornemens sans les
remplacer par d'autres' ; Kf ai lieu de croire même qu'on a outre-passé les vues et les
indications de l'autorité : je connaîtrai la vérité; elle ne peut, dans aucun cas,
m aliéner ni affaiblir mes droits.
.Aujourd'hui, nouvelle infraction: mais celle-ci étant prévue par les lois, et con-
traire à elles, je suis forcé- de les invoquer.par le secours dé votre ministère. On a
imprimé et'.TàfipeW l'ouvrage sur lequel, j'ai mon tïérs de propriété, sans mon
autorisationj'on a. même offert à S. A. R. et à plusieurs personnes de sa suite cet
iinprimé rempli d'incorrections et de mutilations. Les noms des auteurs n'y sont que
par lettres initiales;- l'anonyme Ou la publicité est un nouveau droit violé : il
appartient à tout auteur de se, faire connaître ou non ; agir autrement, c'est porter
atteinte à sa réputation} et je fais toutes réserves sur ce fait particulier.
( 13 )
. Je ne puis et ne dois croire que mes deux collaborateurs aient fait imprimer l'ou-
vrage sans, m'en faire part; ils ne peuvent ignorer que M. Chambet, libraire , est
venu me demander, plusieurs jours avant la première représentation , le manuscrit,
et que je lui ai répondu que je ne le donnerais que d'accord avec eux et lorsqu'ils y
consentiraient par écrit; et quand même mes deux collaborateurs auraient donné leur
adhésion, elle serait nulle à mon égard. Notre propriété est indivise; ils n'ont pas,
le pouvoir d'agir pour moi; ils n'auraient d'ailleurs pas le droit et ils n'ont pas
eu l'intention assurément de me déshonorer ni eux parla publiciié d'un ouvrage qui,
tel qu'il est imprimé , doit provoquer la censure la plus sévère et la satire la plus
humiliante. Bien certainement, ils n'ont pas eu connaissance du manuscrit que
l'on a imprimé.
Si mes collaborateurs eussent eu l'intention de faire imprimer l'ouvrage , ils
m'eussent averti; sur mon refus, ils auraient été autorisés à en connaître les motifs ,
et à passer outre s'ils eussent paru non valables .. mais certes je n'avais et ne pouvais
avoir d'autre désir que celui de faire imprimer cette pièce, pourvu qu'elle le fut
régulièrement, et avec tous les détails nécessaires à l'intelligence du lecteur et à
celle des scènes allégoriques.
La page 20 porte au bas ces mots : vu et approuvé par nous, etc. : cette appro-
bation ne peut être relative qu'à la représentation; il n'est pas dit : permis d'im-
primer; et quand cela serait, un permis ne serait pas un ordre. Je suppose
même pour un moment que l'ordre ait été donné ou qu'on vînt à en représenter un :
mais si l'ouvrage eût été imprimé par ordre , non-seulement il en serait fait men-
tion , nou-seulement il serait revêtu des armes ou du gouvernement, ou de la ville;
mais , dans ces deux hypothèses , on n'aurait pas vendu un ouvrage imprimé par
ordre au profit du directeur (1).
D'après ces faits constans , monsieur le commissaire , il est évident que l'impres-
sion et la vente ont été frauduleuses. En conséquence , je rends plainte devant vous ,
et suis forcé de vous requérir , aux termes du code, pour saisir chez l'imprimeur et
les débitans tous les exemplaires semblables à celui que je dépose entre vos mains ,
et ayant pour titre le Berceau, etc. ; me réservant, après la saisie, de poursuivre
conformément aux lois.
J'ai l'honneur d'être, etc.
Lyon,. 10 juin 1816. Signé H.
Aujourd'hui la direction me conteste , dit-on , même une faible por-
tion de propriété dans cet ouvrage. Je n'examinerai point ici les motifs
qui peuvent donner lieuàcetteétrangeassertion. La direction, me fut-il
assuré, crut devoir conséquemment me faire interdire l'entrée de ses
deux théâtres , et moi je me crus autorisé à faire constater ce fait
Ainsi que je l'ai déclaré , je ne me permettrai, dans ce simple exposé
de quelques principaux faits, aucune réflexion ; mais, devant compte
aux autorités du résultat dès travaux que je jugeai nécessaires pour
que cet ouvrage répondit à sa destination , je vais leur offrir , comme
pièce justificative , l'ouvrage tel que je me proposais de le faire répéter
en leur présence ; tel que mes deux collaborateurs pouvaient espérer
qu'il sortirait de mes mains, après l'avoir embelli de leurs vers et de
(1) Le lendemain 10, jour de la saisie, il a été déclaré que le directeur faisaiî
vendre la pièce imprimée au profit de M. Monperlier seul. D'après l'aveu de
l'imprimeur, cinq cents exemplaires ont été provisoirement remis au directeur,
qui avait donné ordre d'en tirer mille.