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Réponse à l'Ami de la charte , du 19 juin 1830

11 pages
[impr. de C. Merson] (Nantes). 1830. France -- 1824-1830 (Charles X). 10 p. ; in-12.
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A L'AMI DE LA CHARTE,
du 19 juin 1830.
1830.
RÉPONSE
à l'Ami de la Charte,
JUIN 1830.
Le journal l'AMI DE LA CHARTE contrent dans
sa feuille du 19 de ce mois, marticle assez
long, sur les élections.
Son objet paraît être de signaler parmi les
candidats qui aspirent à l'honneur de la dépu-
tation, dans notre département, ceux qui, sui-
vant l'auteur, méritent les suffrages des Elecr-
teurs et ceux qui doivent être repoussés par
eux.
Cet auteur, soit modestie , soit tout autre
motif, a jugé convenable de garder l'ano-
nyme ; peut-être a-t-il eu raison : le nom du
professeur est souvent l'antidote des principes
qu'il enseigne, et des conseils qu'il donne. Il
est telle personne dont la critique et les injures
sont un honneur pour celui qu'elles concernent.
Si, par exemple , le moderne publiciste était
l'un des chauds partisans de l'usurpateur , qui
dans les cent jours, armés de pied en cap ,
décorés de la cocarde tricolore, entreprirent ,
2
aux cris de vive l'Empereur ! la mémorable cam-
pagne de Paimboeuf ; qui, pour égayer les ennuis
de la garnison, et exercer leurs talents oisifs,
donnèrent gratis, dans les rues et sur la place
publique , la représentation décente d'une co-
médie sur la famille royale; il n'est pas dou-
teux que ces souvenirs seraient suffisants pour
inspirer à ses lecteurs, malgré ses protestations,
quelques doutes sur la sincérité de ses sentiments
de respect pour notre auguste monarque et sa famille;
de son attachement à la Charte constitutionnelle et
aux institutions qu'elle a fondées ; de son dévoue-
ment à la légitimité , garantie puissante de stabilité
et d'ordre; de son amour pour la déesse protectrice,
des droits du peuple.
Par malheur, l'absence de signature ne per-
met pas aux Electeurs de sortir du vague des
hypothèses, et d'apprécier le degré de confiance
qu'ils, doivent accorder au courageux citoyen qui
leur donne des avis incognito. Toutefois, son
style, qui n'eut point été désavoué en 1793 ,
peut devenir leur boussole.
A cette époque , on rendait, comme il le fait
aujourd'hui, des hommages à la déesse de la
liberté; on parlait des droits des peuples , à cette
époque, pour effrayer les honnêtes gens et con-
duire les royalistes sur l'échafaud ; on accusait
aussi ces derniers de vouloir faire revenir le
3
régime du bon-plaisir, le temps où les papes don-
naient et ôtaient les couronnes, les époques des Dra-
gonades, de la Sainte Ligue, de la Saint Barthé-
lémy.
Mais peu importe à l'auteur que son style
soit loué ou blâmé ; son but n'est pas de plaire :
et de convaincre par des raisonnements: injures,
menaces , fausses allégations , insinuations per-
fides , calomnies odieuses ; voilà les honorables
armes avec lesquelles il, veut obtenir le succès
qu'il se promet.
La première personne qui s'offre à ses coups
est le concurrent de M. Louis de Saint-Aignan ,
au petit collège de Nantes. A l'imitation des
héros de l'ancienne Grèce, il lui adresse de
loin , de grosses injures ; il l'appelle deux fois
insensé, lui dit qu'il est au moins en démence ;
puis passant aux menaces , il lui prédit, s'il ose
se présenter malgré sa défense , que ce précé-
dent sera fâcheux pour lui ; que le titre d'an-
tagoniste du véritable élu de la nation (a) sera
un titre de réprobation; qu'il y aura, à jamais, une
barrière insurmontable entre lui et les Electeurs
constitutionnels ; qu'il perdra toute popularité ;
qu'on se souviendra qu'il fut le candidat. Poli-
(a) L'auteur oublie que M. de Saint-Aignan a été élu par le
électeurs du petit collège de Nantes, et non par la nation.