Expresso Love

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EXPRESSO LOVE (Roman) BERNARD VIALLET EXPRESSO LOVE Bookless Editions Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. A Joëlle, Emmanuelle, Marianne et Benoît DU MEME AUTEUR Le Mammouth m'a tué (Editions Tempora) Ulla Sundström (TheBookEdition) Dorian Evergreen (TheBookEdition) Les Faux As (TheBookEdition) Bienvenue sur Déliciosa (TheBookEdition & L’IvreBook) Opération Baucent (TheBookEdition) Montburgonde (CSP & Amazon Kindle) L’aéronaute embourbé (CSP & Amazon Kindle) Pour suivre l’actualité de l’auteur, retrouvez-le sur son site : www.bernardviallet.fr ou sur Facebook : https://www.facebook.com/bernardvialletauteur/ CHAPITRE I Je m’appelle Kader Moktari, mais mon nom ne vous dira sans doute rien. C’est simplement celui sous lequel je suis inscrit sur le registre d’état-civil numérisé et centralisé de la Confédération Galactique et si j’en fais mention c’est uniquement pour qu’il n’y ait pas la moindre confusion dans votre esprit entre le monde réel et le monde virtuel. J’ai acquis une certaine notoriété sous une autre identité, disons que j’ai porté un nom de scène plus connu, mais au moment où j’écris, ce 24 décembre 2446, il n’a plus aucune importance. Je préfèrerais même qu’on l’oublie ainsi que tout ce dont j’ai pu me rendre responsable sous ce maudit pseudonyme. D’ailleurs j’en arrive parfois à me demander si ma propre existence a eu une quelconque réalité.

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Publié le 18 mars 2017
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EXPRESSO LOVE (Roman)
BERNARD VIALLET
EXPRESSO LOVE
Bookless Editions
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
A Joëlle, Emmanuelle, Marianne et Benoît
DU MEME AUTEUR
Le Mammouth m'a tué (Editions Tempora) Ulla Sundström (TheBookEdition) Dorian Evergreen (TheBookEdition) Les Faux As (TheBookEdition) Bienvenue sur Déliciosa (TheBookEdition & L’IvreBook) Opération Baucent (TheBookEdition) Montburgonde (CSP & Amazon Kindle) L’aéronaute embourbé (CSP & Amazon Kindle)
Pour suivre l’actualité de l’auteur, retrouvez-le sur son site : www.bernardviallet.fr ou sur Facebook : https://www.facebook.com/bernardvialletauteur/
CHAPITRE I
Je m’appelle Kader Moktari, mais mon nom ne vous dira sans doute rien. C’est simplement celui sous lequel je suis inscrit sur le registre d’état-civil numérisé et centralisé de la Confédération Galactique et si j’en fais mention c’est uniquement pour qu’il n’y ait pas la moindre confusion dans votre esprit entre le monde réel et le monde virtuel. J’ai acquis une certaine notoriété sous une autre identité, disons que j’ai porté un nom de scène plus connu, mais au moment où j’écris, ce 24 décembre 2446, il n’a plus aucune importance. Je préfèrerais même qu’on l’oublie ainsi que tout ce dont j’ai pu me rendre responsable sous ce maudit pseudonyme. D’ailleurs j’en arrive parfois à me demander si ma propre existence a eu une quelconque réalité. Si ce que je viens de vivre n’est pas une simple illusion ou un long cauchemar. Une suite d’erreurs et de coïncidences, tragiques ou lamentables, j’hésite entre les deux. Et dire que toute cette affaire n’a duré qu’environ un an. Une petite année, à peine douze mois, 52 semaines, 365 jours, 8760 heures, 525 600 minutes, 31 536 000 malheureuses secondes. Pas grand-chose dans la vie d’un individu. Environ 1% du temps qui pourrait lui être alloué. A condition de vivre un siècle, bien sûr. Mais à notre époque, les centenaires foisonnent. On parle de cinquième âge, on se demande même où on va pouvoir les caser, tous ces vieux à trois chiffres. Donc pas grand-chose et en même temps, énormément. Tout dépend de la vitesse à laquelle s’enchaînent les évènements. Selon les circonstances, le temps ne s’écoule pas à la même vitesse. Enfin c’est une impression parce qu’en réalité les secondes s’égrènent toujours de la même façon. Les horloges en sont les
témoins impartiaux. Et pourtant cette vitesse relative dépend de ce qu’il se passe, de ce que nous vivons et de la manière dont nous le ressentons… Moi, j’ai toujours vécu à cent à l’heure, ce qui est une manière de dire que je ne suis jamais resté les deux pieds dans le même sabot, à attendre l’heure du déjeuner, puis celle du souper par exemple. Au boulot, je n’ai jamais regardé les aiguilles de la pendule en me plaignant de la lenteur de leur rotation. Je me suis rarement soucié de l’heure à laquelle j’allais quitter mon bureau. Je bossais par plaisir, par passion, ce qui change totalement la donne. Je n’ai pas une nature à m’ennuyer et je suis même quelqu’un d’optimiste par principe. J’aime bien que ça bouge, que ça fonce, qu’il se passe des choses. Les gens me voient dans le style : « I’ll sleep when I die ». («Je dormirai quand je serai mort»). Pourtant, au cours de cette maudite année, combien de fois n’ai-je pas souhaité de toutes mes forces que ce rythme effréné ralentisse un peu… Mais je m’aperçois que je digresse, que je m’égare et j’ai très peur de lasser, ce qui serait la pire des choses. Je n’arrive pas à accepter l'idée que ce que j’ai vécu se perde dans les ténèbres de l’indifférence. En dehors de ce ridicule message que je vais lancer comme une bouteille à la mer, je n’ai plus aucun autre moyen pour communiquer, moi qui n’avait qu’à claquer des doigts, passer un coup de perso ou brailler : « La une sur moi, Serge ! » pour que mon image et mes interventions aussi creuses que convenues inondent les écrans des mondoviseurs et les unes de la plupart des médias de l’infosphère… Mon véritable nom est donc bien Kader Moktari. Je suis né le 4 août 2415 sous un mauvais signe, celui du Lion orgueilleux, susceptible, coléreux, vaniteux et arrogant. Bien sûr, je me vois personnellement plutôt comme volontaire, généreux, sincère et courageux. Mais vu qu’il est difficile d’être juge et partie, je préfère passer très vite là-dessus parce
que j’ai pour principe de ne pas croire à l’astrologie. D’ailleurs, je ne crois pas à grand-chose, c’est du moins ce que pensent les gens qui disent me connaître. Ni Dieu ni Maître. L’anar, le rebelle de luxe, c’est du moins l’image que je donnais autrefois. Parce que maintenant, je commence à douter, à me poser des tas de questions. Et s’il y avait une justice immanente ? Et si quelque part nos actes étaient pesés sur une sorte de trébuchet céleste ? Et si des entités nous manipulaient dans les coulisses ? N’ai-je pas été le dindon d’une mauvaise farce, le pantin dont on a tiré les ficelles ? Vu l’état dans lequel je me trouve, elles ont dû être coupées les ficelles… mais par qui ? J’ai été conçu il y a un peu plus de trente ans sur l’astéroïde Or-well 1984, autant dire dans le trou du cul de la galaxie, loin des grands centres comme Déliciosa, Voluptuosa ou Somptuosa. En dépit de ce nom charmant, sur Or-well, pas la moindre parcelle d’or, rien que du sable et de la caillasse et une chaleur à crever, le jour, accompagnée d’un gel à pierre fendre la nuit. Je me suis toujours demandé pourquoi ma pauvre mère, une blonde zélandaise de bonne famille avait accepté cette mission d’assistante sociale sur cette petite planète perdue. Certainement pas pour l’argent. Peut-être par altruisme, philanthropie ou exaltation romantique. Elle était jeune, belle et enthousiaste. Son service lui avait proposé de venir en aide à une misérable bande de chercheurs de pépites qui grattait le sol de ces déserts sans trouver grand-chose. Elle avait dit OK, sans avoir beaucoup réfléchi aux conséquences. Peut-être même avait-elle visionné un reportage montrant ces nouveaux esclaves pouilleux et dégoulinants de sueur en train de déblayer leurs caillasses dans des paniers d’osier sans grand espoir de gain. Elle avait dû être apitoyée… En fait, elle ignorait que ces travailleurs n’étaient que gens de sac et de corde, voyous, trafiquants et gangsters ou pire encore, déviationnistes politiques opposés au pouvoir fédéral