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Fin d'été

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Demain n'existe pas Fin d'été Tancrède Bouglé Je me souviens de ces moments de fin d’été où la lumière du soleil transperce les fenêtres pour s’étaler sur le sol de la chambre.

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Publié le 21 août 2013
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Langue Français
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Demain n'existe pas
Fin d'été
Tancrède Bouglé
Je me souviens de ces moments de fin d’été où la lumière du soleil transperce les fenêtres pour s’étaler sur le sol de la chambre. Dehors des gens marchent, on entend des voitures parcourir les routes de bitume chaud. La radio lance ses rythmes dans la poussière en suspension, une voix égrenant des paroles sur une hypothétique histoire d’amour. Rien n’aurait pu être plus calme que ces instants volés au temps, ces instants qui avaient toujours existé à travers les mondes et les époques, ces moments d’infinie paresse où même les nuages refusent de bouger sous le soleil si pesant et pourtant si tranquille. Des gens aux fenêtres ferment leurs volets en attendant que la journée se finisse et que la nuit apporte sa fraicheur. Une légère brise passe sur les visages des couples qui arpentent les rue s. En ces fins d’été, les platanes resplendissent de verdure, les branches des arbres fruitiers des campagnes ployent sous le poids des récoltes futures gorgées de lumière sous un ciel vidé de toute violence. Demain il nous faut repartir, reprendre le train vers des villes ou des pays lointains, replonger dans les soucis quotidiens, la routine et la poussière, la grisaille d'appartements vides. Mais, seulement, oh pitié, encore quelques jours, quelques instants, profiter de cette fin d'été éternelle, s'en soûler pour qu'elle nous réchauffe en plein coeur de l'hiver. Quand il faudra courir chaque jour et s'écrouler chaque soir, qu'on puisse rappeler ces souvenirs de paix et de paresse, comme un soleil pour remplacer l'astre froid qui n'éclaire plus que vaguement les rues agitées.
Avant l'hiver, oh pitié, une dernière bouffée d'herbe coupée et
de viande grillée. S'asseoir au bord de la rivière entouré de sa
famille, une main amie sur les épaules et les cris annonçant
qu'il faut mettre la table sur le plateau en granit entouré de
chaises de jardins un peu rouillées. Se dépêcher car le repas est
bientôt prêt et oublier que demain viendra, croire encore un
peu que demain c'est loin.