La convocation

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Vous allez lire ma toute première histoire que j'ai créée.
Bien qu'une de mes Héroïne se nomme Patricia Couchot, ce n'est pas moi.
Et bien que dans ce récit, il y ai quelques points autobiographiques, il n'en reste pas moins une fiction,inventée de toute pièce.
Bien sûr mon sacro-saint code des couleurs est ici pour vous en faciliter la lecture et pour que vous en ayez une meilleure compréhension, à l’instar de ; Ma ballade d'autrefois.
Oups ! Quel lapsus révélateur. Il va s'en dire que le vrai titre est : Ma ballade d'autres fois.

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Publié le 20 décembre 2012
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Langue Français
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LA CONVOCATION
Dix jours !
Déjà dix jours que Lucie a pris sa nouvelle fonction de directrice, à Victor Duruy,
école primaire de Montpellier.
Cela faisait des années qu’elle voulait cette mutation.
Mais elle n’aurait jamais imaginé dans quelles conditions elle s’effectuerait.
Tout avait été déclenché par un coup de téléphone intempestif, de son ami intime le
recteur de l’académie de Lilles, à 23 heures un samedi soir, lui intimant l’ordre de se
présenter dans son nouveau lieu de travail dès le lundi matin.
Pour la rassurer il lui dit que son voyage en train, son déménagement, et tous les frais
occasionnés seraient pris en charges par l’administration, à titre exceptionnel, au vu
de la situation de crise d’urgence, à laquelle, elle devait faire fa
ce.
Que la sous-
directrice de l’établissement l’attendrait en gare de Montpellier pour lui
montrer son appartement de fonction tout juste à côté de l’école.
Il lui expliqua que lui aussi avait du faire face à une situation extraordinaire quand son
ami le
recteur de l’académie de Montpellier l’avait appelé catastrophé, parce qu’il ne
trouvait pas de remplaçante pour pallier au décès tragique de l’ancienne directrice en
pleine année scolaire.
Il avait tout de suite pensé à elle, et lui répondit, qu’il lui
faudrait, faire montre de
diplomatie avec sa hiérarchie et jouer à fond la carte de ses amis hauts-placés.
Après quelques coups de fils à des membres très influents du gouvernement, toutes
les démarches administratives avaient été facilitées, et tous les accords avaient été
donnés.
Le lundi matin, elle était sur place.
Lors de la présentation de l’équipe d’enseignants, elle cru que le ciel lui tombait sur la
tête.
Elle s’est retrouvée face à face avec son ex, qui ne l’a pas reconnue.
Il lui a fallu toute sa maitrise de soi pour garder son self-control et rester
imperturbable.
Lucie ne pensait surtout pas que la suite des évènements, allaient être tout aussi
déroutante que son arrivée, et qu’elle changerait radicalement et à tout jamais tous les
participants de cette convocation.
C’est donc en ce tout début d’après
-midi de mi-mai, que Lucie assise à son bureau,
attend.
Dring !
Lucie : -« Allo !
Bonjour Monsieur.
D’accord.
Je vous remercie de m’avoir averti.
Dès votre arrivée, entrez directement dans mon bureau, sans frapper,
Votre siège sera juste à côté de la porte.
Au revoir Monsieur. »
Lucie a juste le temps de s’exécuter, que Madame Couchot, la maitresse arrive.
C’est une très belle jeune femme élégante dans son tailleur sobre
et strict.
Ses longs cheveux noirs sont retenus en une queue de cheval, par une barrette très
stylée, seule petite fantaisie qu’elle s’est permise.
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Toc-toc !
Lucie accueille les nouveaux arrivants.
A l’encadrement de la porte, apparaît une dame distinguée, altière, tenant par la main
un garçonnet de 10 ans.
Sa chevelure mi-longue jais, ses doux yeux noirs font ressortir la finesse asiatique, de
son visage angélique.
Son fils lui ressemble trait pour trait.
On les prendrait plus pour des frères et sœurs que pour une mère et son fils.
Lucie : -«Entrez.
Bonjour Sin.
Madame Wong, je présume.
Bonjour. »
Madame Wong: -« Bonjour Mesdames. »
Sin : -« Bonjour Madame la directrice.
Bonjour Madame Couchot.»
Lucie se dirige vers Mme Couchot qui depuis son entrée, était restée debout.
Lucie : -« Permettez-moi de vous présenter, Mme Couchot, la maitresse de
CM2.»
C’est leur première rencontre.
Madame Wong travaillant de nuit, c’est son mari qui l’emmène le matin et le reprends
en fin d’après
-midi.
Un trouble bizarroïde les envahit toutes les deux lors de ce premier contact.
Intérieurement, Mme Couchot est perturbée par cette incompréhensible attirance et
l’étrange sentiment, qu’elle éprouve instantanément à l’égard de cette parfaite
inconnue.
Mais ni l’une, ni l’autre, ne laisse transparaître la sensation indéfinissable qui s’empare
d’elles.
Ce qui pour autant, n’est pas passé inaperçu pour Lucie.
Leur poignée de main, est franche et ferme.
Lucie : -«Prenez une chaise, et asseyez vous. »
Trois sièges font face au bureau de la directrice.
Sin se mit au milieu avec à sa droite sa Maman et à sa gauche sa maitresse.
Lucie : -«Mesdames.
Nous allons commencer la réunion, sans le père de Sin qui viendra dans
quelques minutes suite à un léger contretemps.»
Madame Couchot : -« Comme vous le vous voulez, Madame la directrice.»
Madame Wong : -« Madame la Directrice
: ne sachant pas s’il connaissait les
coordonnées de l’école, j’allais vous en parler.
Cela ne fait que depuis une quinzaine de jours qu’il s’est
installé définitivement à Montpellier, pour être au plus proche
de Sin.
Comme cela il va pouvoir m’aider dans les moments graves et
difficiles que notre fils traverse.»
M
adame Couchot eu l’air surprise par ce qu’elle venait d’entendre.
Mais elle n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longuement, car Lucie enchaîna aussitôt.
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Lucie : -« A votre demande expresse Mme Wong, je vous ai convoqué
exceptionnellement, ce mercredi après-midi puisque votre travail ne
vous laisse que très peu de temps de libre, les autres jours de la semaine.
Mme Couchot, je vous remercie d’avoir pris sur votre temps de travail
personnel et d’avoir donné votre accord pour que cette cruciale mise au
point soit possible.»
Subrepticement, la porte s’ouvre et le père s’assit en catimini sur la chaise près de
l’entrée.
L’assemblée à part Lucie ne le vit pas entrer.
Lucie : -«Vendredi dernier, Mme Couchot, ici présente, a commis une faute
professionnelle inadmissible et intolérable, dans mon établissement,
envers le jeune Sin. »
S’adressant à la maitresse :
Lucie : -«
Pourriez-
vous, s’il vous plait Mme Couchot, nous relater les faits et nous
expliquer les raisons de votre horrible geste ?»
Madame Couchot : -« Comme vous le savez, Mme la directrice, le règlement
intérieur interdit formellement que les garçons aillent dans
les toilettes des filles.
Ce n’est pas la première fois que je constate que Sin s’y
rends, malgré mes innombrables remontrances.
La fois dernière, a été la goutte qui a fait déborder le vase.
Une fois pour toute, j’ai voulu lui donner une leçon cuisante
dont il se souviendrait toute sa vie.
Pour le punir et lui donner la honte, je l’ai emmené au
centre de la cour au milieu de tous les élèves.
Je l’ai déculotté pour que ces camarades d’école sachent qu’il
était un garçon et que sa place était avec eux.
Je n’admettrais aucuns manquements aux statuts régissant
le bon fonctionnement de ma classe, et aucune
insubordination notoire à la règlementation régissant cette
école. »
Madame Wong : -«
Madame Couchot, ne considérez-vous pas, que votre sanction
est disproportionnée et déplacée ?
»
Madame Couchot : -«En aucune façon, Madame.
Le règlement est le règlement.
Si c’était à refaire, je le renouvellerais sans états d’âmes.»
Lucie : -«
Et toi Sin, peux-tu me dire pourquoi, tu préfère les toilettes des filles à
celles des garçons ?
»
Sin : -«
C’est chouette d’aller chez les filles, car j’ai une apparence féminine.
C’est mon élément, car je peux papoter, me pomponner et échanger des
trucs de filles entre filles.
Se rendre chez les garçons, c’est dégradant, humiliant, dégoutant.
Je ne me sens pas à mon aise.
Je ne me sens pas chez moi.
Je suis vraiment mieux chez les filles.
J’aime leur compagnie puisque je leurs ressemble, et au plus profond de
moi, je me sens comme elles.
Je suis elles. »
Lucie : -« Merci Sin pour ton explication limpide. »
Madame Couchot : -«
Limpide ?
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Limpide pour vous Madame la directrice.
Pour ma part, c’est d’une noirceur impénétrable, et d’un
infantilisme navrant. »
Madame Wong : -« Madame Couchot, auriez-vous tendance à oublier que mon fils
n’a que 10 ans.
Et que malgré son excellent parcours scolaire, il lui est difficile
de trouver les mots justes et adéquats pour expliquer son
ressenti.
Personnellement, et ce n’est pas parce que c’est mon enfant, je
trouve qu’il s’est très bien sorti de cet exercice.
»
Madame Couchot : -
« Je ne cautionne pas, ni n’admet que des parents puisse
tolérer et accepter aussi sereinement que leur garçon se
prennent pour ce qui n’
est pas : une fille.
C’est contre nature.
Croyez-moi sur parole
: c’est une aberration.
»
Le père qui était jusque là resté silencieux, sorti de sa boite comme un diable.
Ce qui les surpris tous.
Sa réaction fut fulgurante.
Le père : -« Chérie !
Dis-moi franchement.
D’après
-
toi qu’elle est l’aberration
:
De rejeter son enfant par ce qu’il n’est pas conforme aux normes
de la société,
Ou
D’aimer son enfant pour ce qu’il est
?
Réponds à ma question.
Où se situe cette aberration dont tu nous parles ? »
Sin, tout joyeux : -« Papa ! »
Tout en parlant, le père s’était rapproché de son fils.
Et une fois son speech terminé, le serra tendrement dans ses bras en l’embrassant.
Dès qu’
elle entendit, le son de la voix de son fiancé, Madame Couchot fut stupéfaite.
Elle se leva brusquement et le regarda d’un air étrange.
Madame Couchot : -«
Phil ?
Mais que fais-tu ici ?
Sin est ton fils ?
»
Phil et elle s’étaient rencontrés aux cours d’un voyage qu’elle avait fait pour participer
à un colloque International d’enseignants aux Etats
-Unis.
Lui en tant que journaliste au Daily Planète de Smallville faisait un reportage sur ce
sujet pour son journal.
Dès qu’ils se sont vus, tous deux eurent un coup de foudre immédiat, l’un pour l’autre.
Il est vrai que le temps leur étant compté, Phil n’avait pas trouvé le temps nécessaire
pour révéler à Mme Couchot l’existence de son fils adoré.
A son arrivée à Montpellier, il avait tout de suite parlé à Mme Wong et à Sin de son
intention de refaire sa vie avec une charmante femme dont il était tombé éperdument
amoureux.
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La veille, ensembles, elle, son fils et lui, ils avaient décidés de l’inviter le samedi
suivant, chez elle, pour faire ample connaissance, et projetait de lui en parler le soir
même.
De son côté, Mme Couchot, intuitivement, dès le retour de son fiancé, près d’elle,
s’était rendu compte que Phil lui cachait quelque chose très importante, mais son
Am
our infini pour lui, lui recommandait d’attendre, qu’il soit prêt à aborder le sujet.
C’était sans compter sur l’intervention inopinée du destin.
Phil : -« Toutes mes excuses, ma Chérie.
Je suis désolé que tu apprennes dans ces conditions déplorables que Sin
est mon fils.
Le temps n’a pas joué en ma faveur.
J’en suis navré.
Encore plus que ce soir, mon intention était de tout te dire et de t’inviter
ce samedi chez sa maman pour que vous fassiez connaissances tous les
trois. »
Mme Couchot se rassit sur sa chaise abasourdie par cette révélation
Wong : -«
Dans mon ethnie au cours du mariage c’est l’homme qui prend le nom
de famille de l’épouse.
».
Madame Couchot : -
« Tout s’éclaire.
Je comprends pourquoi, je n’ai pu faire
le rapprochement
entre Sin et son Papa. »
Lucie amusée par le pittoresque de la situation, garda tant bien que mal son sérieux.
Elle réussi tout de même de ne laisser rien paraitre.
Constatant qu’elle risquait de lui échapper, d’une voix assurée, elle
intervint.
Lucie : -« Mesdames, Monsieur un peu de retenue, je vous prie.
Ne vous laissez pas dépasser par vos sentiments respectifs.
Merci de votre compréhension.»
Après un court silence, Lucie reprit :
Lucie : -« Mme Couchot.
J’ai devant moi, vos états de services qui sont irréprochables.
Combien de fois avez-vous mise votre carrière en jeu, pour aider des élèves
victimes de discriminations qu’elles aient étés raciales, religieuses ou
autres ?
Pourquoi vous en prenez-vous aussi violemment et ouvertement à Sin ?
Ce qui est en totale inadéquation avec votre combat contre l’irrespect,
l’incompréhension, et le rejet de ces jeunes enfants différents et très
intéressants.
Je présume que dans votre vie privée, un évènement tragique a dû vous
perturber à tel point qu’il vous a vous
-même amené à trahir votre
éthique professionnelle.
Pourquoi Sin ?
Pourquoi un lady-boy ?
»
Madame Couchot : -«
Madame la directrice, de quel droit vous permettez-vous de
mélanger, ma vie privée et ma carrière ?
Et après tout qu’est ce que vous en savez
?
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Rien à ce propos n’est transcrit et ne transpire dans mes
états de service à ce que je sache.
Je refuse d’en parler.
Vous êtes hors sujet, et cela ne regarde personne. »
Lucie : -« Oh que si ! »
Madame Couchot offusquée : -«
Pourquoi ?
»
Lucie : -« Je suis la clef de votre problème. »
Madame Couchot ébahie : -« Je ne vois pas ! »
Lucie : -
« Si tes yeux sont aveugles, ouvres donc celui de ton cœur
! »
Madame Couchot : -«
Comment osez-vous ?
»
Phil : -«
Pour ma part, je suis sur et certain qu’au contraire cela nous donnerait un
nouvel éclairage sur ton obstination, ton aveuglement incompréhensible
envers Sin. »
Madame Couchot : -«
Phil, tu
ne vas pas t’y mettre toi aussi
?
»
Phil : -«
Tout ce que je demande, c’est que l’abcès soit une fois pour toute percé,
que tout le pus malfaisant en soit éliminé et que cette blessure qui te mine
soit à tout jamais guérie, même, s’il nous faut ent
endre des secrets
inavouables.
S’il te plait, mon cœur, dis
-nous la vérité ?
Si tu ne le fais pas pour nous, fais le pour le bien-être et surtout pour
l’équilibre de Sin.
Ouvres lui la voie vers un avenir plus serein.
Montres-
lui l’exemple d’adultes
qui agissent ensembles, main dans la
main pour vaincre les inégalités qui détruisent à petit feu notre société,
sourde et aveugle aux cris de désespoirs de ses propres enfants. »
Lucie : -«
Puis-
je vous demander votre attention, s’il vous plait
?
Je vais vous raconter une histoire personnelle, véridique qui est en
relation directe avec le sujet qui nous réunit ce jour. »
Tous sont interloqués, perplexes.
Comment se fait-
il qu’une personne de cet acabit, en vienne si facilement et si aisément,
à vouloir parler si directement de ses souvenirs, qui en toute logique ne les regardent
pas ?
Sa fonction directrice d’école et le lieu en théorie ne se prêtent pas
à de telles
confidences.
Même Sin n’en croit pas ses oreilles.
Certes, les histoires d’adultes ne le concernent pas.
Mais son intuition toute féminine l’avertie intérieurement que l’entretien à venir va
être extrêmement capital pour lui, plus tard.
Madame Couchot : -« Mme la directrice.
Avec tout le respect que je vous dois, ne pensez-vous pas que
votre intervention soit inappropriée ?
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Si ma vie privée m’appartient, il en est de même pour vous, ne
croyez-vous pas ?
Qu’est ce qu’il, pourrait avoir un lien avec nous et l’affaire qui
nous concerne dans votre passé ?
Je me le demande. »
Lucie : -« Tu me crois ou pas, je te le répète haut et fort : je suis la clé de ton mal-
être ! »
Madame Couchot rouge de colère : -«Madame !
Je ne vous permets pas !
Vous outrepassez vos droits !
Pas plus tard que demain, j’en réfèrerais à
notre hiérarchie.»
De mieux en mieux, voilà que maintenant, la directrice la tutoyait.
Contradictoire aussi
: elle leurs demande à tous d’avoir de la retenue, de tenir leur
rang, et voilà que dans la même minute c’est elle qui pète un câble.
Mais que lui arrive-t-il ?
Les parents de leur côté se regardèrent, éberlués, ne sachant que penser.
Mais que se passait-il dans la tête de la directrice ?
C’était comme si elle avait changé de rôle.
Sa voix était moins posée tout en restant très claire.
D’un coup elle paraissait plus humaine, plus accessible, même plus vulnérable.
Pour Sin, les
évènements prenaient une tournure qui m’a foi, ne le laissait pas
indifférent et qui au fond commençaient à l’intéresser, à lui plaire et l’amuser.
Madame Couchot écarlate : -« Mme je
»
Lucie autoritaire : -« Chut !
Ecoute-moi.
Après tu auras tout le temps de parole que tu voudras. »
Désarçonnée, qu’elle était Mme Couchot.
Heureusement qu’elle était assise.
De plus en plus dans le vague étaient les parents.
Il n’y avait que Sin qui se distrayait de voir l’embarras non caché des a
dultes devant
des circonstances qui semblaient échapper à leur contrôle.
Et le plus étonnant pour lui, c’est que c’était la directrice elle
-même qui jetait le
trouble dans le petit groupe.
Incroyable mais vrai !
Lucie : -« Sin, mon garçon : qua
nd j’avais ton âge, j’ai côtoyé dans ma classe, un
lady-boy comme toi.
Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.
J’étais le seul à lui parler.
Tous les autres de la classe, notre maitre et ses parents, le rejetait.
A l’époque un enfant comme cela était considéré comme le porteur d’une
maladie contagieuse et pire, d’innombrables enfants se retrouvaient
internés à l’asile, puisque certains prenaient ces penchants comme
pervers relevant de la psychiatrie.
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Il ne fallait surtout pas en parler, à quiconque, et surtout pas en famille.
Si cela ce savait, cette dernière était considéré comme moins que rien,
comme pestiféré.
Ces gens là se retrouvaient mis au banc de la société.
Tout leur entourage leur tournait le dos.
Et
c’est pour ça que le sujet était tabou.
»
Madame Couchot : -«Madame je ne vois pas où vous voulez en venir. »
Lucie : -« Patience.
Peux-
tu me laisser, s’il te plait, le temps de développer mon argument très
précisément, pour une meilleure compréhension de tous
?
Merci. »
Mais qui était-elle pour se permettre de lui parler sur ce ton ?
Mme Couchot sentait la moutarde de lui monter au nez.
Elle était outrée.
De toute sa carrière, une directrice ne lui avait jamais fait un tel affront devant des
parents d’élèves, et leur enfant.
Soit elle admettait d’avoir commis une erreur.
C’était exceptionnel, mais jamais convocation ne s’était déroulé de la sorte.
Qu’e
lle mouche avait piqué la directrice ?
Mais où voulait-elle en venir ?
Quand aux parents, ils étaient bouche-
bée, mais ravis d’entendre un tel discours.
Eux aussi avaient un peu de mal à comprendre pourquoi cette directrice prenait si à
cœur la défense de leur fils, tout en s’impliquant aussi personnellement.
Son discours semblait sincère et honnête.
Le son de sa voix trahissait une forte charge émotionnelle s’amplifiant au fur et à
mesure du déroulement extrêmement poignant de sa narration.
Lucie : -
«Mon jeune ami, après réflexion, par respect pour ses parents, pour qu’ils
ne soient pas ennuyés, a décidé de refouler pour eux ses tendances
féminines, et d’être à la hauteur de leur espérance.
Il a passé haut la main tous ces examens universitaires.
Il a rencontré à l’université de lettres de Paris, l’Amour de sa vie et s’est
marié avec elle.
Quand ses parents sont décédés tragiquement dans un accident, il s’est
senti libéré de sa décision prise au cours de sa jeunesse et à rendu enfin
sa liberté à la femme qui était en lui.
Il a, sans rien lui cacher, avoué toute la Vérité à sa jeune femme.
Il lui dit qu’il divorcerait à ses torts, lui laissant tout.
Ce qu
’il fit.
Avant de se quitter, par pudeur, elle lui fit promettre que s’ils se
retrouvaient de ne jamais l’appeler devant les étrangers par son vrai
prénom.
Tout ce que je sais c’est qu’il a tenu sa promesse.
Très récemment ils se sont
revus à l’occasion de leurs travails respectifs.
Ils n’étaient pas seuls et il a tenu parole.»
Phil : -« Madame.
Dans votre récit que vous nous avez exposé, vous soulevez un point très
important, celui du poids de la société dans laquelle vous viviez avec votre
ami et la difficulté du choix qu’il a du ressentir au moment de prendre sa
décision, pour éviter la pire des humiliations à ses parents.
Puis plus tard, le déchirement intérieur qu’il a du éprouver vis
-à-vis de sa
femme.
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Pour Sin, il se pourrait bien que ce soit le poids de notre culture et nos
traditions, de nos us et coutumes, dans sa petite enfance, qui l’a quelque
peu influencé.
Nous venons d’une région où règne la loi mat
riarcale.
Où les petits garçons sont vêtus de longues robes, vous savez comme le
peuple Mongols et beaucoup d’autres ethnies asiatiques, encore isolées de
l’emprise dévastatrice de la modernité.
Chez nous la femme est considérée comme la détentrice du patrimoine.
Il y a peu de divorce, mais quand il y en a un, l’homme perd tout sauf son
nom de famille qu’il reprend.
Elle tient une place prédominante dans notre société, que ce soit dans la
vie sociale, ou dans la vie privée.
Tout passe par elle.»
Madame Wong : -« Madame la directrice.
Au nom de ma famille, je vous remercie car je reconnais
que c’est une belle leçon de vie que nous avons entendu.
J’en ai été bouleversée.
Votre Ami a été sage dans ses choix.
Mais quelque chose m’interpelle.
Quel choc terrible, l’ex femme de votre ami à du avoir pendant
que son mari lui avouait, très sincèrement, son lourd secret.
La pauvre, apprendre que l’homme qui a partagé sa vie, la
laisse
pour se réaliser en tant que femme.
C’était de l’incompréhensible et de l’inimaginable.
Comment selon vous a-t-elle pu gérer cette trahison au plus
profond de son être ?
Je pense que vous avez du longuement parler tous deux du
tragique de la si
tuation qu’elle subissait, bien malgré elle.
Elle a du le haïr de toute son âme. »
Lucie : -
« J’y arrive.
Tellement heureux d’être libre, sans aucunes entraves, et de pouvoir
enfin vivre son rêve, sur le coup il n’a pas réalisé qu’il brisait non
seulement une vie, et par effet de boule de neige qu’il pouvait en anéantir
une multitude.
C’est quand dernièrement il a revu son ex femme, qu’il l’a observée à son
insu, qu’il a ouvert les yeux, sur son erreur, monumentale.
Non pas d’avoir changé de sexe, mais de s’y être pris comme le dernier
des ânes bâtés.
Etre bardé de diplômes, ne lui avait pas évité de se conduire en mufle
ignoble.
Il n’avait pas pris toutes les précautions nécessaires pour protéger
l’unique Amour de sa vie.
Il s’était conduit comme un enfant tout accaparé, hypnotisé, par le
cadeau tant désiré que le Père Noël lui a offert après tant et tant de Noëls
à attendre son présent.
Il réalisait que le projet de toute une vie lui était enfin possible, à porté
de main.
Et que son avenir allait être divin.
Son égoïsme surdimensionné fut la perte de sa femme. »
Plongeant son re
gard franc dans les yeux de Mme Couchot, s’adressant directement à
elle, elle lui dit :
Lucie : -« Pas vrai, Swani ? Plus précisément : Mme Swani-Lee Couchot »
Madame Wong, soudain d’une pâleur extrême :
-« Swani -Lee !?»
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Phil en écho : -« Swani ?! Lee !? »
Une tête nucléaire explosant dans le bureau ou l’entrée surprise d’E.T., aurait eu le
même effet invraisemblable, sur les convoqués.
Mme Couchot sur le point de défaillir cherche désespérément à se raccrocher à
quelque chose de tangible, car depuis un petit moment elle sent que la terre se dérobe
inexorablement sous elle, bien qu’elle soit assise bien calé dans son siège.
Lee dans un souffle presque inaudible : «
Luc ?
C’est toi
?
C’est bien toi ?
»
Lucie souriante et libérée : -
« Présent……….te
!
Et dans le regard de Lucie, elle reconnait la même petite étincelle d’Amour, qui jadis
lui avait fait chavirer son âme.
Ce fut pour Swani-Lee un électrochoc.
Puis se ressaisissant :
Lee : -
« Tu m’avais
promis ! »
Lucie : -« Il fallait bien que je te donne une preuve irréfutable de ma bonne foi.
U
n signe infaillible pour que tu me reconnaisses, sans l’ombre d’un
doute.
La meilleure solution que j’ai trouvée, pour la bonne cause et pour
l’avancée la conj
oncture présente, a été, de rompre ma promesse.»
Un cri strident les arrête court dans leur tête à tête.
Sin : -« Maman ! »
Dans les bras de Phil, Mme Wong git évanouie.
Sin est blotti sur sa maman, et pleure à chaudes larmes.
Phil tapote la joue de son ex-
épouse pour qu’elle revienne à elle.
Phil : -«Swani, Lee Sin Swani, réveilles toi !!! »
Plus rapidement, qu’il ne me le faut pour l’écrire, Lucie pris dans son bureau des
lingettes rafraichissantes et les tendit à Phil pour qu’ils
les passent sur le visage de
Mme Wong.,
Lucie : -« Tenez, Monsieur.
Dites, ai-je bien entendu ?
Vous l’avez bien appelé, Lee Sin Swani
?
»
Phil : -
« Bien sur puisque c’est son vrai prénom dans notre ethnie.
Quoique Elodie aussi.
Mais pour vivre ici en France, elle a choisi son prénom
européen
pour mieux s’intégrer et être mieux acceptée.»
Entre temps, Elodie reprit qui tout doucement des couleurs et émergea de son
évanouissement.
Elle prit tendrement son fils dans ses bras et le cajola.
Swani : - «
Ne t’inquiète pas mon Cœur, ce n’est qu’un petit malaise passager qui
n’aura aucunes conséquences graves.
Un trop plein d’émotion, de très belles émotions.
»
Il m’est impossible de vous expliquer, avec mes mots, tout se qu
i se passa dans le
cerveau de Lee dans ces instants très riches émotionnellement.
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Tout ce que je sais, c’est que dans un éclair, une fraction de seconde, le voile se
déchira et qu’elle s’effondra en sanglotant.
Elle resta recroquevillée sur elle-même, comme
prostrée dans la position du fœtus.
Pendant les quelques minutes qui suivirent et qui parurent une éternité aux autres
interlocuteurs, elle se retrouva projetée bien des années auparavant et toute sa vie se
déroula devant ses yeux.
Flashback
.
Elle est la benjamine
d’une fratrie de 3 enfants
Son frère a 10 mois de plus
qu’elle et avec sa sœur elle ont 2 ans de différence. Jamais
frère et sœurs ne sont entendus comme ces trois là.
Une complicité, un respect, une entraide comme jamais vu auparavant.
Et l’Amour qui les unissaient survivrait et resterait ancré au plus profond d’eux, bien
au-delà du monde visible.
Intimement, elle le savait.
Son enfance est heureuse, malgré les difficultés rencontrées par ces parents.
Ce sont de simples agriculteurs qui vivent bon gré-mal gré, selon les caprices du
temps.
Jusque là, ils s’étaient bien accommodé des retards occasionnels de la Mousson.
A l’orée de ses six ans, le ciel s’assombrit de nuages de plus en plus menaçants, qui
rompirent la félicité de leur foyer et de leur village.
Trois ans de disette dû a des sécheresses, du jamais vu dans cette contrée et une
épidémie bovine, allaient faire partir en fumée le peu d’économie qu’ils avaient, et le
seul bien qui leurs permettaient de travailler dans les rizières : leur buffle.
Peu de temps après, un étranger arrive dans le village exsangue.
Il fait une proposition à ses parents qui acceptent le cœur lourd la transaction.
Et c’est au court d’une nuit, n’arrivant pas à s’endormir qu’horrifiée, qu’elle entend
l’inacceptable.
Dans à peine deux jours elle ne reverrait plus sa sœur bien
-aimée vendue pas ses
propres parents contre de l’argent pour pouvoir subsister.
Comble de malheur, le lendemain, dans l’après
-midi et donc la veille de cette
douloureuse séparation, son frère est victime d’une morsure d’un serpent venimeux.
Dans la soirée il meurt.
Comme convenu, très tôt, l’étranger est venu, a donné à sa famille le reste de l’argent
promis et a emmené loin de ses yeux, m
ais pas loin de son cœur sa sœurette âgée de
huit ans.
A peine une semaine passée après ces tragédies, qu’un couple de français s’installe au
village.
Lui est botaniste.
Elle zoologue.
Ils sont parents d’une jolie petite fille aux longs, cheveux d’or, bouclées, avec des
immenses yeux bleus, pétillants et malicieux.
Pour couronner le tout, cette merveilleuse fillette est du même âge que sa sœur.
En moins de temps qu’il me faut pour vous l’écrire, ces deux là devinrent inséparables.
Pendant tout leur séjour elle leurs servie de guide à plein temps.
C’est grâce au petit garçon manqué qui la côtoyait, qu’elle apprit les rudiments de la
langue française.
Les chercheurs se rendant compte de son extrême facilité d’apprentissage, de leur
guide en herbe proposa aux parents de la prendre à demeure dans leurs camp.
Durant tout le temps de leur séjour, ils la prirent entièrement à leur charge.