Sans queue ni tête
31 pages
Français

Sans queue ni tête

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Description

Vous êtes-vous jamais demandé qui avait inspiré Emile Zola pour sa Nana ? Eh bien, un bouquet de créatures à froufrou, une triade de demi-mondaines aux parfums envoutants et aux jambes longues comme des abat-jours. Avec leurs vies peu banales, un esprit de fête soufflait alors sur Paris et aujourd’hui sous mon crâne. J’ai redécouvert ces secrets d’alcôves pour déballer mes fantasmes que je vous livre ici sans fard.
Dans un récit haut en couleurs, les passions les plus torrides vont s’exprimer entre tentations belles à en crever et cœurs brisés mis à nu. Un vrai vaudeville qui vous rappellera, je l’espère les pièces de Georges Feydeau et d’Eugène Labiche.
Glissez-vous avec moi aux confins de l’imaginaire et du souvenir, là où rêve et réalité se confondent. Un parcours initiatique qui nous mènera de pulsions refoulés en désirs incontrôlables.
J’aurais pu intituler cette histoire « Au plaisir des maux », mais pour raconter les fondements d’une castration, vous comprendrez que j’ai préféré « Sans queue ni tête ».
C’est décidé … après une première tentative avortée à l’âge de 12 ans ; incompris de mes contemporains et de moi-même, 35 ans plus tard je repasse le plat.
Le couvert est mis.
Bon appétit !

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Publié le 02 mars 2019
Nombre de lectures 2
Langue Français
Le Griot Sans queue ni tête Librement adapté de Nana d’Emile Zola L’amour n’a pas grand-chose A voir avec les bons sentiments Je m’endormais sur des pensées de rêves L’ombre de la nuit recouvraient mon esprit Haut lieu de mes passions imaginaires Seuls de vains espoirs attendaient Perdus parmi de vieux fantasmes Déambulant au gré des aléas De ma mémoire incertaine Le marchand de sable effaçait mes souvenirs De-ci de-là Cupidon se montrait Affairé des flèches à la main Il poussait devant lui des sentiments égarés Cœurs brisés épris de folles tentations Tous cherchaient une place dans mon sommeil Finissant par s'asseoir Au hasard des rencontres Eux le cœur à nu Elles belles à en crever Minces et cambrées Promenant un lent regard Sur le vide insondable De mes chagrins d’amour Puis sortis de nulle part Deux sentiments troublants Ils s’installèrent dans mon esprit Se tenant là debout et hésitants En échangeant leurs impressions Que te disais-je l’Amertume S’écria le plus âgé Un grand cœur brisé au regard vif Nous venons trop tôt J'aurais pu l’achever Ma partie de poker en ligne Un fantôme de mon passé surgit Dans un fourretout de pensées confuses Oh Vous la Médisance Dit-il familièrement Ça ne commencera pas avant minuit Alors pourquoi soupira l’Amertume Affichent-ils dix heures sur les réseaux sociaux Sa longue figure maigre prit un air vexé Le Mensonge qui n’en manque pas une Me l'a encore juré hier soir
A dix heures précises Un instant ils se turent Tournant la tête dans tous les sens Ils fouillaient mon esprit endormi A la recherche d’une vague connaissance Peine perdue Ils ne virent qu’une grande désillusion Echouée dans un profond sommeil As-tu eu sa place pour la Paresse Demanda l’Amertume Oui répondit l’autre Mais ça n’a pas été sans peine Oh aucun danger Que la Paresse vienne trop tôt elle Il étouffa un léger bâillement Puis après un silence Tu as de la chance toi Qui n’as encore rien vu Fou d’Amour sera le clou de la soirée On en parle depuis six lunes Ah mon cher une musique un chien Le Névrosé sait son affaire Il a gardé ça pour la Saint Valentin L’Amertume écoutait religieusement Il se décida à poser une question L’Amour cette nouvelle tentation Est-ce que tu la connais Allons bon ça va recommencer Soupira la Médisance regardant en l’air Comme pour implorer le ciel Voilà des jours et des nuits Qu’on m’assomme avec l’Amour J’ai rencontré plus de vingt cœurs brisés Et l’Amour par-ci et l’Amour par-là Est-ce que je sais moi Est-ce que je connais toutes les tentations Cet amour est une invention du Névrosé Ça doit être du propre Il se calma mais ce vide de l’âme Son recueillement d’église Plein de voix chuchotant Ces battements de mon cœur Qui n’arrêtaient pas Tout cela l’agaça Viens sortons dit-il tout à coup Peut-être trouverons nous le Névrosé en bas Lui nous donnera des détails Plus bas dans le fond poussiéreux de ma mémoire Etait installé le contrôle des souvenirs On y voyait passer la vie ardente de mes pensées Qui brillaient de mille feux
Pour la fête des Amoureux Dans la clarté crue du désir De profondes aspirations s’étalaient Sur la nudité blafarde de mon âme Avec le mot AMOUR en grosses lettres noires Des cœurs brisés étaient comme hypnotisés Ils les épelaient fixement le regard vide Alors que d’autres passants imaginaires Les regardaient sans s’arrêter Tout en causant dans leur smartphone Barrant les portes de mon inconscient Près du contrôle des souvenirs siégeait Un capteur de rêves épais à large face rasée Il répondait brutalement aux curieux Qui insistaient pour avoir des places Voilà le Névrosé dit la Médisance En descendant l’escalier de la consolation Il n’eut pas le temps de lui faire un signe Que déjà le capteur de rêves l'avait aperçu Vous êtes gentil cria-t-il de loin C’est comme ça que vous me faites de la pub J’ai été ce soir sur mon site d'info en ligne Assisté à l’émission quotidienne Insomnie et dépression Rien de rien Absolument rien Attendez donc répondit la Médisance Il faut bien que je connaisse l’Amour Avant d’en parler Je n’ai rien promis d’ailleurs Puis pour couper court Il prit son ami par l’épaule Laissez-moi vous présenter l’Amertume Etudiant en psychanalyse lacanienne Il achève ses études chez nous Le Névrosé pesa le jeune sentiment D’un rapide coup d’œil Sans dire un mot Impressionné l’Amertume l’examinait C’était donc là ce capteur de rêves Ce découvreur de tentations Qu'il traitait en garde-chiourme Ce cerveau toujours fumant A la recherche de quelque réclame Criant crachant se tapant sur les cuisses Cynique avec un esprit salace Un parfait sujet d’étude songea l’étudiant L’Amertume pour être courtois Crut bon de dire une phrase aimable Votre rêve commença-t-il cherchant ses mots Le Névrosé l’interrompit tranquillement
En vieux sentiment qui en a vu d’autres Et aime les situations franches Il rétorqua avec une sentence définitive Un véritable cauchemar mon petit Vous pouvez me croire La Médisance eut un rire approbatif Tandis que l’Amertume restait sans voix Avec son compliment étranglé dans la gorge Essayant de paraître apprécier le mot Soudainement sans se soucier d’eux Le capteur de rêves se précipita au loin Il échangea une poignée de souvenirs Avec un esprit critique qui passait Et dont l’avis avait une grande influence Quand il revint l’Amertume se remettait Tant bien que mal Il craignait d’être traité d’esprit chagrin S’il se montrait trop choqué On m’a dit recommença-t-il Voulant absolument trouver quelque chose Que votre nouvelle tentation a une voix Une voix comment dire Délicieuse La voix de l’Amour S’interrogea le capteur de rêves Une vraie casserole vous voulez dire S’enfonçant encore un peu plus Le jeune sentiment se hâta d’ajouter Du reste excellente éducation Une gourgandine coupa le Névrosé Cette tentation est une tête de linotte Perchée sur un corps de sirène L’Amertume devint blême Il ne comprenait plus Il balbutia Pour rien au monde Je n’aurais manqué le rêve de ce soir Ce cauchemar Interrompit de nouveau le Névrosé Avec le froid entêtement D’un sentiment convaincu La Médisance restait très calme Regardant des tentations qui entraient Il vint au secours de son ami Ce-dernier pataugeant Ne sachant s’il devait rire ou s’excuser Fais donc plaisir au Névrosé Appelle son rêve comme il te le demande Puisque ça l’amuse
Et vous mon cher ne nous faites pas poser Si l’Amour n’est pas au rendez-vous Vous ferez un bide voilà tout C’est ce que je crains d’ailleurs Un bide un bide cria le capteur de rêves Dont la face s’empourprait Qu'est-ce que tu connais aux tentations Mon petit tu es trop bête L’Amour a une chose unique Et cette chose remplace tout Je l’ai flairé C’est joliment fort chez elle Ou je n’ai plus que le nez d’un imbécile Tu verras elle n’a qu’à paraître Il avait posé ses grosses mains Sur son ventre rond Elles tremblaient d’enthousiasme Enfin soulagé il baissa la voix Grognant pour lui seul Elle ira loin sacredié oui elle ira loin Puis joignant les deux mains Une sensualité Oh une sensualité Comme la Médisance l’interrogeait Il consentit à donner des détails Avec une crudité d’expressions Qui gêna même Cupidon S’il avait connu l’Amour dans son intimité Il voulait maintenant la lancer Dans un rêve grandeur nature Lui ne s’embarrassait pas d’une tentation Il aimait mieux en faire profiter les autres Notamment tous ces cœurs brisés Mais il avait un mal de chien A tenir son bastringue Avec la venue de l’Amour C’était la révolution dans toute la baraque La Luxure fine comédienne Et adorable tentation celle-là Le menaçait chaque jour de le planter là Furieuse et devinant une rivale Pour la promotion quel bousin grand Dieu Enfin il s’était décidé L’Amour sera seule à l’affiche Il ne fallait plus qu’on l’ennuyât avec cela Quant à ses petits péchés mignons Comme il nommait la Gourmandise La Convoitise et tant d’autres envies Si l’une de ses chéries ne filait pas droit Elle se prendrait un coup de pied Directement dans le derrière et voilà tout Autrement pas moyen de vivre Il en vendait
Il savait ce qu’elles valaient Les garces Tiens dit-il en s’interrompant Le Vice et la Vertu Toujours ensemble ces deux-là Vous savez que le Vice en a ras le bol De qui de quoi De la Jalousie voyons Il commence à en avoir par-dessus la tête De cette tentation maladive Aussi de peur qu’il ne file La Vertu ne le lâche-t-il plus d’une semelle Il ne voudrait pas se retrouver seul A devoir faire face à la Jalousie On peut le comprendre se dit l’Amertume La Vertu était un gaillard grand très large Avec une tête carrée Genre videur de boite de nuit Il s’ouvrait un passage sans ménagement Au milieu d’un tas de somnambules Traînant à son bras le Vice Tout petit le ventre déjà fort La face ronde encadrée D’un collier de barbe grisonnante Eh bien dit le Névrosé au Vice Vous l’avez rencontré hier Dans mon intimité Ok c’était elle s’écria le Vice Je m’en doutais Seulement je sortais comme elle entrait Je l’ai à peine entrevue La Vertu écoutait les paupières baissées Faisant tourner nerveusement à son doigt La clef des songes Piquée au marchand de sable Il avait bien compris de quoi il retournait On parlait de l’Amour Le Névrosé faisait de sa débutante un portrait Qui allumait le feu dans les yeux du Vice La vertu finit par intervenir Laissez donc mon cher une roulure La Morale va joliment la reconduire Vice mon petit comme vous le savez J’ai prévu tout spécialement pour vous Le supplice de la tentation A découvrir sans attendre Dans un de mes fantasmes Il voulut l’emmener immédiatement Mais le Vice refusa de quitter le Névrosé Devant eux agitée et bruyante
Une queue gonflée s’écrasait au contrôle Un tapage de voix musclées Dans lequel le nom de l’Amour sonnait Avec la vivacité chantante de ses deux syllabes Des cœurs brisés et intrigués Se plantaient devant ses cinq lettres Ils les tapaient sur l’écran de leur smartphone Tandis que des tentations inquiètes et surprises Répétaient ce mot avec méfiance Personne ne connaissait l’Amour D’où cette tentation tombait-elle Des histoires couraient sur internet C’était une caresse que ce nom Dont la familiarité glissait sur les lèvres Rien qu’à le prononcer ainsi La foule devenait sentimentale Une fièvre passionnelle poussait Ce monde de tous les possibles Avec cette curiosité de l’âme Qui a la violence d’un accès de folie Oui tous voulaient voir l’Amour Une tentation eut le voile de sa pudeur arraché Cela tourna la tête à un cœur brisé Le pauvre en perdit la raison Vous m’en demandez trop cria le Névrosé Une bande de sentiments excités l'assiégeaient Vous allez la voir Je file on a besoin de moi Il disparut enchanté d’avoir allumé son public La Vertu haussa les épaules maussade Rappelant au Vice qu’un supplice l’attendait Tiens la Paresse là-bas Dit l’Amertume à la Médisance C’était la Paresse en effet Une tentation laide d’une quarantaine d’années Le cou trop long la face maigre tirée Avec une bouche épaisse mais si vive Si gracieuse qu'elle avait un grand charme Elle amenait l’Orgueil et sa mère la Vanité L’Orgueil d’une beauté froide La Vanité très digne l’air empaillé Tu viens avec nous Je t’ai réservé une place dans mon fantasme Dit-elle à la Médisance Ah non par exemple Pour ne rien voir répondit-il Autant être perdu dans mes pensées La Paresse se fâcha Est-ce que tu n’oses pas te montrer avec nous Puis calmée brusquement elle changea de sujet Pourquoi ne me l’as-tu pas dit
Que tu connaissais l’Amour L’Amour je ne l’ai jamais vu rétorqua-t’il C’est que dit-elle en faisant une moue On m’a juré que tu avais couché avec Soudain devant eux un doigt aux lèvres La Vertu leur fit signe de se taire Et sur une question de la Paresse En leur montrant un sentiment qui passait Sa voix se perdit dans un murmure Le greluchon de l’Amour Tous le regardèrent Il semblait gentil La Médisance le reconnut Mais c’est la Naïveté Un jeune cœur brisé par tant de tentations Qu’il en a versé trois cent mille larmes Maintenant il aurait rencontré l’Amour Le vrai croit-il faut-il être naïf La Paresse lui trouva de beaux yeux Voilà la Colère cria-t-elle Mon choux c’est cette cocotte Qui m’a dit que tu as couché avec l’Amour Une grosse tentation que cette Colère là Jadis joli son visage s’empâtait Elle arrivait en charmante compagnie Un sentiment fluet mais très soigné Et d’une grande distinction Je vous présente le Mépris Glissa la Médisance à l’Amertume La Vertu et le distingué personnage S’échangèrent une poignée de souvenirs Tandis qu’une vive explication avait lieu La Colère et la Médisance s’expliquaient Et se faisant bouchaient le passage Le mot Amour revenait dans leurs bouches Si fort qu’aux quatre coins de mon esprit Sans en avoir l’air on les écoutait Le Mépris finit par emmener la Colère Mais à présent comme un écho L’Amour résonnait dans ma mémoire Sur un ton plus aigüe Dans un désir accru par l’attente Un sentiment de joie monta Il se planta devant la porte de mon cœur Puis il siffla avant de crier Ohé l’Amour Et de poursuivre son chemin solitaire Allant traîner sa désinvolture Dans les bas-fonds de mon âme Un rire traversa le public imaginaire
D’autres cœurs brisés répétèrent L’Amour ohé l’Amour On s’écrasait au contrôle des souvenirs Une querelle éclata Une clameur grandissait Faite du bourdonnement des sentiments Appelant exigeant l’Amour Dans un de ces coups de sang Chargé de brutale sensualité Qui passent sur les foules sentimentales Soudain au-dessus du vacarme Un ronflement singulier se fit entendre Une rumeur gagna jusque dehors Sur le boulevard de mes illusions On s’endort on va rêver Et ce fut une bousculade Chacun voulait passer Tandis qu'au contrôle des souvenirs Les fantômes de mon passé se multipliaient La Vertu l’air inquiet reprit enfin le Vice Il n’avait toujours pas cédé au supplice L’Amertume avait fendu la foule En entraînant la Médisance Pour ne pas manquer le premier rêve Cet empressement irrita la Paresse En voilà de grossiers sentiments Qui abandonnent leurs tentations Elle resta la dernière avec l’Orgueil Toujours collée à la Vanité Comme si c’était toujours drôle ces rêves Râlât-elle en montant à son tour Par l’escalier de la consolation A leur aise dans mon esprit endormi La Médisance et l’Amertume observaient Mon âme resplendissait La Vertu et le Vice étaient au supplice Dans un fantasme riche en couleurs La Colère semblait distraire à elle seule L’essentiel de mes pensées L’Amertume examina la Naïveté Il avait une place de choix dans ma mémoire Deux rangs en avant de nos deux amis Près de lui un tout jeune sentiment De quatorze ans au plus L’air échappé d’un collège Ouvrait grands de beaux yeux d’adolescent Derrière ses grosses lunettes de myope Le regardant l’Amertume poussa un soupir Il repensa à ces délicieux tourments Qui avaient embrasé sa jeunesse