marion la marionnettiste

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Cela ressemble à une histoire policière des années 2011, une femme amorale, belle, séduisant les hommes comme les femmes, une tueuse sans pitié qui va au bout de ses idées et de ses pulsions meurtrières.

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Publié le 04 mars 2019
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Langue Français
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On m'a fait la réflexion que ce que j'écrivais ressemblait à un rapport, un compte rendu d'enquête. Dans le récit que vous allez lire je n'ai pratiquement pas donné de date ni d'heure.
Pourquoi cela, parce que celle qui l'a écrit l'a fait d'une manière directe, elle n'a pas réfléchi au détail que l'on peut lire dans un compte rendu ou un rapport. Il faut dire que ce qui est écrit n'est pas ordinaire.
Elle a dirigé un homme qu'elle voulait, au départ de cette histoire, pour elle seule, depuis des années elle pensait qu'ils finiraient leur vie ensemble, comment faire pour y arriver, les deux ne le savaient pas.
Entre le moment où ils avaient trouvé une solution et l'instant où elle s'était débarrassée de lui, il ne s'est pas écoulé plus de quatre mois, alors que cela faisait plusieurs années qu'ils avaient une liaison. Mais avoir une liaison c'est une chose, vivre pratiquement en permanence avec quelqu'un, ce n'est pas pareil.
De quelle manière ce récit est-il arrivé jusqu'à moi.
J'ai reçu une grande enveloppe très épaisse expédiée de Lausanne, quand je l'ai ouverte il y avait à l'intérieur une autre enveloppe avec ce qui semblait être deux cahiers et une lettre.
Cette lettre m'était adressée et je vous la livre tel quelle.
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Bonjour Mr Rapicano.
Si je me permets de vous contacter, c'est parce que vous avez écrit un livre sur l'inquisition qui m'a passionnée, j'ai pensé que vous étiez à même de mettre en valeur mon histoire que je vous conte.
Je vous demande une chose, n'ouvrez la deuxième enveloppe que le jour où l'hôpital de Lausanne vous annoncera ma mort, soit par mail, SMS ou communication téléphonique.
Ma vie a commencé comme une année, avec un bel hiver ni trop froid, ni trop chaud, un peu de neige, mais sans trop. Elle s'est poursuivie par un printemps prometteur, j'ai vu se lever autour de moi tous les bourgeons de la vie et les fleurs qui allaient suivre.
L'été est arrivé, éblouissante de lumière, j'ai tout appris peut-être plus vite que ce que j'aurais dû, sans doute est-ce le résultat d'un oiseau magnifique qui s'est posé sur mon épaule, j'ai cru qu'il me protégerait jusqu'à la fin de l'hiver.
Entre Août et septembre de cette vie, alors que les roses allaient s'éteindre jusqu'à la prochaine année, mais que la vigne allait apporter son nouveau cru, avec mon oiseau protecteur nous nous sommes envolés.
Hélas en plein vol je me suis rendu compte que ce n'était pas moi qu'il couvait, mais lui, en fait j'étais sa protectrice, comme il disait parfois, sa marionnettiste, alors un jour d'automne en plein vol je lui ai coupée les ailes et il est tombé sans se relever, j'avais décidé que si je pouvais le protéger lui, je pouvais me protéger moi-même.
J'arrive maintenant à la fin de l'hiver de ma vie, nous sommes le vingt décembre, je suis à l'hôpital de Lausanne en Suisse, au pavillon des soins intensifs et le professeur qui s'occupe de moi m'a informée ce jour que mon cancer allait en s'empirant, quand on pêche comme je l'ai fait, il faut s'attendre à ce que Dieu vous punisse, il a ajouté en s'excusant que j'étais en plus de mon cancer atteinte du sida.
J'ai demandé au responsable d'abréger mes souffrances le 31 décembre, je veux que l'année de ma vie s'arrête le dernier jour de celle-ci. Seul le feu du crématorium me purifiera. Vous serez prévenu de mon départ vers le paradis ou l'enfer, alors vous pourrez prendre connaissance de ce qui est écrit dans ces deux cahiers.
Adieu Mr Rapicano.
L'auteur de cette lettre écrite dans un style vraiment très particulier m'était complètement inconnu et il n'y avait aucune indication me permettant de l'identifier, j'ai donc attendu un signe de l'hôpital de Lausanne.
Le premier janvier 2018, j'ai reçu un SMS très bref me disant que conformément au désir de Mlle Jacky Cassoni, on m'informait de son décès le 31 décembre à vingt heures quarante et une. Toujours à sa demande, son cadavre serait incinéré, tous les frais ayant été réglés.
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Respectant sa volonté qui était de ne prendre connaissance des deux cahiers quand l'on m'avertirait de sa disparition, j'ai donc pris connaissance de ce récit qu'elle avait intitulé.
MARION LA MARIONNETTISTE
Dans les années 2011 une affaire criminelle avait emballé les médias.
L'affaire Bertrand Paulus de Grambois.
C'était elle qui avait instillé dans la tête de Bertrand Paulus de Grambois tous les événements dont vous allez prendre connaissance, sa proposition de commettre ses premiers assassinats en croyant être disons l'inventeur, alors qu'en fait, c'était son idée à elle, mais où l'on va arriver à l'horrible, ce fut quand Marion expliqua à Bertrand comment elle envisageait de faire disparaître les futurs cadavres.
On peut se poser la question de savoir pour quelles raisons les premiers corps n'ont pas eu la même destination que les autres, cela était simplement dû à l'éloignement, conduire sur plus de cent cinquante kilomètres avec cinq morts dans le coffre d'une voiture, cela représente quelques risques.
Pendant cette période de folie criminelle elle écrira en vrac tout son emploi du temps et celui de son amant, ainsi que des commentaires sur les différents articles et reportages parus dans les médias. Elle était à cent lieux de penser que sa vie allait brusquement s'arrêter de cette façon-là. Ce qui n'aurait jamais dû être connu le sera et toute l'histoire que des dizaines d'enquêteurs n'ont jamais pu élucider connaîtra son épilogue................
Nous disons donc un grand merci au destin. Comme je le dis, il n'y a pas de dates précises dans le déroulement de cette affaire, celles écrites au début du récit ne sont là que pour situer l'époque où a démarré le plan mis au point par les deux personnages et les lieux, au moment où ce récit va démarrer.
BERTRAND PAULUS DE GRAMBOIS
Bertrand Paulus de Grambois est âgé au moment des faits en 2011 de 49 ans, il est né d'Adrien Paulus de Grambois et d'Eugénie de Sartrouville.
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Sa femme Adrienne Laurenti est âgée de 45 ans quand elle est assassinée. Institutrice, femme au foyer et assistance scolaire juste avant sa mort. Elle est fille de Félix Laurenti et de Michèle Paolaccini, ils vivaient en Corse.
Bertrand est né le 17 juin 1962 à Aix en Provence, il a fréquenté l'école publique du Tholonet et ensuite une école de Jésuites jusqu'à l'âge de dix-sept ans, il passera son bac sans mention et se dirigera vers une école de commerce, pour avoir son diplôme, il retardera d'une année son incorporation dans l'armée de façon à terminer ses études, il sera incorporé à Carpiagne prés de Marseille et servira dans les blindés.
Au bout de six mois d'école des blindés, il sera déplacé sur Marseille, son lieutenant ne pouvant plus le tolérer. Sa mutation disciplinaire flattera son égo, car il va se retrouver dans un endroit que peu de gens connaissent, il sera affecté à l'ancien 2e bureau devenu à cette époque la « SM » ou Sécurité Militaire, il sera tout simplement planton, mais bien entendu cela personne ne le saura sauf quand l'enquête du SRPJ le découvrira. C'est de ce passage à la SM que lui viendra cette manie de faire croire à tout le monde plus tard qu'il était un agent de la DGSE.
Il rejoindra la vie civile en 1983.
C'était un bel homme, un mètre quatre-vingt-trois, mince d'allure sportive, brun toujours les cheveux courts, beau parleur et on peut le dire tombeur de femmes qui voyaient en lui autre chose qu'un homme ordinaire. Non-content de séduire, il en rajoutait.
Il aura une brève liaison avec une femme de dix ans son aînée, il l'a quittera deux mois plus tard et lui aura soutiré plus de cent mille Francs, sans aucun regret car, se disait-il, elle représente tout ce qui est bien organisé, bien carré, avec des limites pour tout, jamais une protestation, toujours accepter les risques. Il se disait qu'il fallait vraiment être persuasif pour l'avoir séduite et en même temps lui avoir pris son argent sous le prétexte qu'il allait monter une société. Elle ne le reverra plus jamais.
Il fallait toujours qu'il raconte aux gens son passage à la SM, cela, c'était avant qu'il se marie. Personne n'a jamais pu savoir les raisons qui le poussaient à raconter des histoires de ce genre. Mais lui le savait, il s'était rendu compte que certaines femmes aimaient ces histoires à la James Bond et il était plus facile de les séduire.
L'un de ses meilleurs amis, Philippe de Sainfond l'a décrit aux enquêteurs comme un jeune homme qui pensait que tout lui était dû, tout cela bien entendu parce qu'il portait un nom à particule. Quand il commença à travailler, il eut de nombreux ennuis avec ses supérieurs, il croyait tout savoir et voulait toujours imposer son point de vue.
Il piquait des colères et en voulait à tout le monde si son point de vue n'était pas admis. Il avait, cet aspect militaire, gardé lors de son passage comme planton à la Sécurité Militaire, les cheveux toujours en brosse et un vocabulaire très coupant. Certaines femmes adoraient ça. C'est sa coupe de cheveux qui va lui permettre de pouvoir circuler librement pendant quelques mois après son horrible forfait.
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Il épousera Adrienne en 1991, elle a déjà un enfant de père inconnu, Francois, il va lui donner son nom, l'enfant est âgé d'un an. En ce temps-là, il est cadre dans le service commercial d'une grande entreprise automobile, sa femme accouchera de Pierre Michel en 1992, de Fréderic Claude en 1996, elle arrête son travail d'institutrice et en 2003 arrive Jacques André, en2006,elle va retravailler comme assistante scolaire.
Successivement, ils ont habité à Marseille, puis à Toulon, Toulouse et se sont fixés définitivement à Arles en 2002. Ils vont habiter une jolie petite maison avec cinq chambres et un petit jardin, le loyer est assez élevé, 1400 euros, mais Bertrand va expliquer à sa femme que pour pouvoir développer une activité quelconque en libéral, il faut être assis et en imposer aux autres, sa femme qui se plie contrainte et forcée à ses quatre volontés va encore accepter ce caprice.
Fin 2009, il arrête toute activité professionnelle en tant que salarié et lui annonce qu'il va partir aux USA se perfectionner dans la création de sites Web
Janvier 2010, il réussit à convaincre son père qu'il a besoin de partir,il va trouver un arrangement et lui demande de lui avancer cinquante mille euros, ce sera en moins sur son héritage.
Sa femme ne lui posera pas de questions, sur les cinquante mille euros, il lui en laisse quinze, à charge pour elle de se débrouiller, elle a un petit emploi, touche des aides comme toute famille normale et de plus sa mère sur sa cassette personnelle lui expédie tous les mois un mandat de mille cinq cents euros, mais cela, il l'ignore.
En ce qui concerne les enfants, ils étaient scolarisés dans divers endroits. Au moment des faits en 2011 la position des enfants étaient la suivante: Francois a 22 ans et se trouve à Montpellier, il fait son droit et veut devenir avocat. Pierre Michel a 17 ans il est au Lycée à Arles Fréderic Claude 12 ans est dans une institution religieuse. Jacques André sept ans est scolarisé dans la même institution.
Ces doubles prénoms sont le vœu du père de Bertrand, un Biologiste en retraite et de sa mère, professeur de musique en retraite également, les deux demeurent au Tholonet dans un manoir du dix- huitième, héritage de son arrière grand mère. La famille est argentée, c'est pour cela que la somme avancée à Bertrand n'a pas posé problème.
Il a une sœur, Stéphanie qui est infirmière cardiologue à Montréal et son mari, Canadien est médecin. Pendant toute la durée des investigations elle ne se manifestera pas, car il n'y avait aucune affinité entre le frère et la sœur. Le couple viendra à l'enterrement des restes de la famille et repartira quatre jours plus tard.
Une autre fille complète ce tableau que l'on pourrait croire idyllique, elle s'appelle Anne-Laure, son père qui avait quitté pendant quelque temps le domicile familial pour partir en Belgique avec une secrétaire, a eu une fille avec celle-ci, ne voulant pas divorcer, sa maîtresse avait très mal pris la chose et s'était suicidée.
Seul, désemparé, il avait regagné le domicile conjugal, Anne-Laure portait son nom et sa femme qui est une femme de bon sens l'a traitée et la traite toujours comme sa propre fille. Elle a trente-cinq ans, n'est pas mariée, elle est psychiatre et a un cabinet depuis 2004 qui marche bien.
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Il ne se voyait pas souvent, son travail lui prenait beaucoup de temps et Adrienne son épouse le déplorait, car elle aimait bien Anne-Laure.
Sa femme était pratiquement sous sa coupe, il l'avait parfois battue dans les années 2007-2008, surtout quand l'argent venait à manquer au ménage. Une mention main courante avait été déposée au commissariat.
Il est vrai que Bertrand menait un train de vie supérieur à ses moyens. Mais elle n'en avait parlé à personne de la famille, seule deux ou trois personnes de son entourage professionnel était au courant.
Bertrand rentrera des Etats-Unis en octobre 2010, il reviendra avec quarante mille euros, faisant croire à sa femme que là-bas il avait comblé ses dépenses par des rentrées d'argent, en travaillant comme conseil pour des sites web ainsi que pour le FBI, mais avait-il expliqué à Adrienne, qu'il ne fallait pas en parler, ces choses-là étant secrètes.
Ce qui était une invention, avant de partir, il a pris soin de demander à deux femmes qu'il fréquentait de lui avancer un peu d'argent, il leur avait fait croire séparément que des clients étaient en retard dans leurs paiements, s'inventant une activité de chef d'une petite entreprise en voie de développement qu'il dirigeait. Il avait par contre oublié de leur dire qu'il quittait définitivement les Etats-Unis.
De Miami, il va ouvrir un compte bancaire dans une succursale de la banque Genevoise. Il déposera vingt mille euros.
Sa femme qui ne savait pas du tout combien son beau-père avait avancé à Bertrand, fut très étonnée de le voir avec tant d'argent, il lui dit que dans les jours à venir, il lui expliquerait, mais pour le moment il devait partir quelques jours sur Lyon, pour ses affaires. Adrienne ne posa pas de questions.
LE PLAN
Tout cela n'était qu'enfumage et mensonge. En plus des deux liaisons qu'il avait eues, il avait fait la conquête d'une femme originaire de Lyon en vacances à Miami, il l'a rencontré une dizaine de jours avant de partir, ils ont quitté Miami dans le même avion.
Elle avouera plus tard aux enquêteurs qu'elle avait eu le coup de foudre pour cet homme, bien éduqué, intelligent, le style aventurier, qui lui faisait penser à un aristocrate du 18e siècle. Son nom à particule indiquait qu'il descendait d'une grande famille, ce qu'il lui avait bien entendu confirmé.....
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Sa conquête se nommait Jocelyne De Valrieu, c'est une riche veuve propriétaire d'une quinzaine d'appartements de standing sur la région Lyonnaise, ainsi que d'un bon portefeuille d'actions. L'avion s'était posé à Orly et sa correspondance ne permettait pas à Jocelyne de passer un moment avec Bertrand, elle lui avait demandé de venir à Lyon deux jours plus tard.
Quarante-huit heures plus, tard il était rue Garidaldi à Lyon, artère très côtés sur le plan immobilier, Jocelyne était propriétaire d'un duplex magnifique. Les actes étant plus convaincants que les paroles, une fois dans le duplex, il sauta littéralement sur Jocelyne qui en était ravie, il faut dire pour sa défense que la vie amoureuse de cette femme n'était pas des plus folles.
Plus tard alors qu'ils étaient allongés côte à côte sur le lit, elle lui dit qu'elle voulait tout savoir de lui. Il s'en donna à cœur joie, fils d'un Biologiste et d'une professeure de musique, descendant d'une famille de la noblesse, avec de nombreux militaires dans ses rangs, ainsi qu'un grand homme d'église, il lui expliqua qu'il préférait le côté aventurier de ses ancêtres ce qui expliquait son goût pour la chevalerie et les mousquetaires, ayant passé son enfance avec sa sœur et sa demi-sœur dans une grande maison bourgeoise avec une éducation très stricte et des amis de même rang, surtout aussi avec des voisins proches de la famille du Roi de France. (C'était faux, mais il savait que dans une conversation cela faisait très bien)
Jocelyne lui demanda ce qu'était pour lui le goût de l'aventure, alors il va raconter que dans l'armée il avait été affecté à la Sécurité Militaire rue Saint Suffren à Marseille, ses supérieurs ayant compris qu'il avait des capacités certaines pour le renseignement, l'avait fait monter à Paris pour suivre un stage caserne Mortier siège du SDECE qui deviendra plus tard la DGSE. Il sera embauché comme agent du service actions, il va intervenir au Liban, en Espagne, aux USA et en Libye.
Il a été viré il y a cinq ans pour une mission soi-disant ratée à Beyrouth et va rester quelque temps sans rien faire, sans comprendre comment ils étaient remontés à lui, les Américains de la DEA l'avaient contacté. Bertrand savait raconter ces affabulations à la perfection, Jocelyne le regardait avec admiration.
Elle ne savait pas trop ce que c'était que le SDECE et la DGSE, mais c'était fabuleux, elle le pressa de lui raconter ses aventures américaines, il invoqua un article de loi qui interdisait aux gens de parler de leur appartenance à la CIA, en fait, il mélangeait tout DEA,CIA,FBI, mais comme à chaque fois qu'il racontait cette histoire, il avait en face de lui des femmes avides de récits d'agents secrets et d'espions, mais pas du tout au courant de certaines choses, cela fonctionnait très bien. Elle buvait ses paroles, il en rajouta, mais cela faisait partie de son plan qu'il avait décidé de faire démarrer en voyant le niveau financier de sa nouvelle conquête. En plein délire, il parla de sa dernière mission qui avait consisté à anéantir une famille mafieuse de Miami. (En fait pendant qu'il était là bas il avait lu le compte rendu de cette affaire dans les journaux, aujourd’hui il la ressortait pour son propre compte)
Comment as-tu fait pour démanteler des mafieux. Je suis devenu leur ami, je les ai côtoyés pendant trois mois, j'ai proposé une grosse rentrée de drogue, cinq cents kilos, si la quantité avait été plus faible cela ne les aurait pas intéressés, mais pour une quantité pareille le parrain avait donné son accord, cela valait le coup. Et après. La DEA avait un entrepôt où se trouvait la drogue, je les ai emmené et au moment où je
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touchais l'argent, les fédéraux sont intervenus. Mais es-tu payé pour ce que tu fais. Bien sûr, cette affaire m'a été payée cent cinquante mille dollars net d'impôts sur le Continent Américain. C'est pas mal, que vas-tu faire de cet argent. Je l'ai placé dans une banque, il est bloqué pendant un an, j'encaisserai dix mille dollars d’intérêts. C'est un placement à court terme d'après ce qu'ils disent. j'ai une amie qui fait des placements de ce genre, mais il peut y avoir des risques.Oui, J'aime le risque, alors j'ai placé cent mille dollars dans l'un de ces établissements, c'est une grande banque. Tu vas repartir en mission. Non mes chefs m'ont demandé de me mettre en réserve pour le moment, car aux USA les amis Tu as tué un homme ? C'était lui ou moi, je me suis défendu hélas, dans ce milieu il faut parfois faire des choix. Mais psychologiquement, comment es-tu, tu dors la nuit. On est entraîné pour ça. Quel homme se dit-elle, voilà ce qu'il me faut pour m'épauler dans la vie.
Comment ta femme vit-elle ton activité ! Elle est au courant, mais elle ne réalise pas, elle s'imagine que je suis un indicateur, je ne finirai pas mes jours avec elle, je pense que je vais la quitter. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre pour lui annoncer, il serait préférable qu'elle me trompe cela serait plus facile, malgré que j'ai quelques doutes, je ne suis pas arrivé à savoir. On devrait se voir plus souvent, il n'y a pas trois cents kilomètres entre toi et moi. Je le pourrais, mais je vais créer une boîte de construction de sites web, le temps que cela démarre et avant que cela rapporte, il faudra que je ne sois pas trop dépensier. Tu sais même si je veux divorcer un jour ou l'autre, il faut que je pense à mes fils. Reparle moi de ta femme, pourquoi tu penses qu'elle te trompe. elle fait partie du conseil paroissial et d'après moi, elle a une liaison avec l'un de ces membres. Alors j'attends, le jour où j'aurai des preuves de son infidélité j'aviserai. Mais j'ai besoin de vivre, la vie que je mène avec la DEA me plaît beaucoup. Pourquoi tu ne lui as jamais parlé de ton vrai métier. J'ai essayé, mais je pense qu'elle s'en fout. Si tu peux t'échapper deux fois dans le mois je serai très heureuse de te recevoir, si c'est une question financière, à chaque fois, je pourrai couvrir tes dépenses.
Mais je ne peux pas accepter ça ? Pourquoi tu as des frais. Enfin jocelyne on se connaît depuis peu et tu veux me donner de l'argent, je vais avoir l'impression d'être un gigolo, à mon âge quand même!!! Tu m'as raconté des choses secrètes, c'est que tu tiens à moi. Tu as raison, je me suis laissé aller, je n'aurais pas dû, mais vois-tu, c'est très dur de garder en soi toutes ces choses secrètes, ton cerveau est parfois comme comprimé par cela, il faut un exutoire et c'est toi. Accepter que tu me payes mes frais pour monter te voir je trouve cela choquant! Idiot, tu paieras le restaurant, d'accord. à mes frais et comme tout bon gentleman, je paierai leAbsolument pas, je viendrai restaurant. J'ai le choix.
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Non. Sous la torture, j'accepte. La discussion s'arrêta, Jocelyne était fascinée.
Une fois encore avec ses grandes paroles il venait de conquérir le cœur d'une femme, mais celle-là n'était pas n'importe qui, elle avait de l'argent, beaucoup d'argent c'était pour cela qu'il fallait se montrer patient.
Car le plan de Bertrand Paulus de Grambois était assez élaboré, il avait d'autres projets, des projets qui faisaient froid dans le dos.
En Arles, il expliqua à Adrienne qu'il créait son cabinet de création de sites web, il y avait une relation de sa femme qui était experte en informatique, il l'embaucherait, une pièce du bas de la villa servirait de bureau. Lui irait démarcher des clients et cette femme créerait les sites.
Nous sommes à l'automne 2010.
Les dépenses extravagantes de Bertrand ruinaient la petite entreprise qui, bien gérée aurait pu rapporter de l'argent, il réussissait à payer de justesse son employée, parfois avec dix jours de retard, heureusement Adrienne recevait de sa mère mille-cinq-cents euros à chaque fin de mois et cela arrangeait bien le ménage, mais Bertrand l'ignorait.
Elle essayait de lui faire comprendre que trois voitures c'était beaucoup, ils auraient pu en vendre une, mais Bertrand s'énervait et Adrienne avait peur qu'il la batte comme cela s'était passé il y a quelques années de ça. Elle frémissait en pensant que si son père, corse au sang chaud, ou l'un de ses frères venaient à apprendre qu'il l'avait battue, la vie de Bertrand n'aurait plus tenu qu'à un fil.
Son but pour son plan était qu'il fallait une rentrée d'argent conséquente et Jocelyne était là pour ça. Ce qui suit a eu lieu avant son départ pour les USA.
Bertrand avait des idées qui trottaient depuis quelque temps dans sa tête, des idées horribles, impensables pour un être humain normalement constitué, mais pour lui, elles paraissaient naturelles et indispensables à sa survie.
Comme le requin a un poisson-pilote qui parfois le conduit là où il n'aurait pas voulu aller, Bertrand lui avait sa dorade pilote qui le conduisait où elle avait décidé qu'il devait aller.
Elle s'appelait Marion, Bertrand l'avait baptisée « Ma Marionnettiste » il croyait plaisanter en la nommant comme cela. En fait, elle dirigeait Bertrand comme un jouet, c'étaient ses idées qu'il mettait en application. Usant de sa bi-sexualité comme d'un bonbon à la menthe, elle avait décidé de s'échapper d'une vie pleine de contraintes pour vivre une vie pleine de plaisir. Ces idées, elle les avait bien avant de rencontrer Bertrand.
Il était arrivé par hasard quelques années plus tôt et le hasard n'a pas de demi-mesure, ou il vous sert, où il vous dessert, dans ce cas-là il servait Marion.
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Quand Bertrand lui avait raconté comment il se débrouillait pour soutirer de l'argent aux femmes plutôt naïves, Marion avait compris qu'il allait être son tiroir-caisse qui la mènerait vers la vie qu'elle désirait.
C'est-elle qui lui avait donné l'idée de partir aux USA quelque temps, lui promettant de venir le voir au moins une fois, chose qu'elle ne fit pas, le rendant encore plus dépendant d'elle. Le but de Marion serait de disparaître entièrement de l'état-civil en empruntant des identités de personnes vivant dans la rue, allant même à les assassiner pour cela.
L'idée était astucieuse, il fallait trouver des gens avec lesquels elle aurait une certaine ressemblance, il fallait pouvoir être ces gens-là et garder leurs identités, mais toutes ces personnes devaient être des SDF.
Leur but était de commencer une nouvelle vie ailleurs, hors de France.
Ils avaient besoin de beaucoup d'argent pour réaliser leur projet, mais Bertrand ne voulait pas paraître comme celui qui avait massacré sa famille parce que rongé par ses problèmes, il n'avait trouvé que cette solution qui est la plus lâche que l'on puisse envisager.
Il voulait que l'on pense qu'il n'était pas quelqu'un d'ordinaire, il ne voulait pas que l'on croit qu'il ressemblait aux milliers d'hommes qui se levaient le matin et partaient travailler en courbant l'échine, après avoir payé impôts et taxes.
Lui Bertrand Paulus De Grambois n'était pas comme ces gens-là.
Il n'avait pas encore développé son idée à Marion, mais elle par contre lui avait soufflé des idées similaires, il ne s'en était pas rendu compte. Sa famille, ou plus précisément sa femme, son fils a elle que dans son esprit, il avait baptisé « le bâtard » et ces trois autres enfants étaient un obstacle.
Quand il avait épousé Adrienne Laurenti, il avait agi par cupidité, jouant au grand seigneur en disant vouloir considérer le fils de celle-ci comme son propre enfant. Elle était conquise, mais pas ses parents, or eux, ils avaient les finances nécessaires pour permettre à Bertrand de vivre la vie qu'il désirait.
Seulement la famille Laurenti était originaire de Corse, vivant en Corse et ayant une mentalité de gens droits, d'un seul bloc, même si derrière eux il y avait quelques cadavres, mais personne n'avait pu à ce jour apporter des preuves de ces « on dit ».
Le père d'Adrienne avait mis sa fille en garde. Cet homme n'est pas pour toi, c'est un beau parleur, ne te marie pas. Si tu l'épouses vous n'aurez aucun argent de moi, qu'il fasse ses preuves et je vous aiderai.
Adrienne avait raconté cela à Bertrand alors que leur premier enfant était né. Bertrand venait de se rendre compte qu'il était coincé, il fallait trouver autre chose.
Mais la vie avait suivi son cours, il en était arrivé au quatrième enfant dans la famille, devant leurs connaissances ils donnaient l'image d'un couple parfait, elle s'occupait de la paroisse avec ferveur, plus tard, on découvrira que tout cela n'était que tromperie.
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Quant à Marion elle énumérait les idées qui lui passaient par la tête. Passé de la drogue pendant un certain temps, je pourrai trouver des gogos pour cela, il me suffirait de les mettre dans mon lit. Trop risqué, les peines sont lourdes ainsi que les amendes. Je pourrais me prostituer, je chercherais des hommes ou des femmes argentées. Trop long, nous avons besoin de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour pouvoir être mobiles, prendre des planques, donc louer. Je ne vois pas, à moins de gagner au loto. Ecartes cette idée, moi, je crois que je sais ce qu'il faut faire. Je t'écoute ! Je vais chercher et trouver des femmes seules et argentées, c'est pour cela qu'il faut que je parte aux USA. Mais quand tu reviendras, comment vas-tu t'organiser. Tu me laisses parler, quoique je dise qui va te choquer, tu ne me coupes pas, tu réfléchis à ce que tu vas entendre, tu réfléchis et tu me dis oui ou non.
Il expliqua son plan, elle le regarda avec une lueur dans les yeux que lui ne pouvait voir. Ce qu'il était en train de lui dire n'était que le résultat de son travail, depuis presque deux années le lavage de cerveau qu'elle avait pratiqué d'une manière douce avait fait son effet sans qu'il s'en rende compte, aujourd’hui elle en retirait un résultat qui allait au-delà de toutes ses espérances.
Son idée, était que Bertrand se débarrasse de sa famille de la manière la plus radicale, mais il ne fallait surtout pas qu'il pense que cette action qu'il allait entreprendre vienne d'elle.
Marion le regarda fixement, jouant à celle qui semblait horrifiée parce qu'il venait de dire.
Il faut que je réfléchisse, je ne peux pas te dire qu'un tel plan m'enchante, je vais peser le pour et le contre. Toi, tu ne prendras aucun risque, c'est tout moi qui ferait ce que je viens de te dire, tu seras mon soutien logistique et tout marchera. Je bute sur une seule chose, peut-on les transporter ici et les jeter dans le trou, cent cinquante kilomètres avec cinq cadavres cela me paraît risqué. Ce n'est pas une bonne idée, si on ne trouve pas les corps, on va comprendre que vous êtes partis pour fuir vos responsabilités, ect, enfin tu comprends ce que je veux dire. Je te suis, donc tu penses que si on trouve tout le monde sauf moi, mon histoire d'agent secret peut tenir la routent l'on va penser qu'un jour ou l'autre je vais réapparaître. Exact, tu vas passer pour une victime, de plus il faut que les corps soient méconnaissables, brûle les membres supérieurs avec de la chaux pour les empreintes est les visages, on sait que la police répugne à présenter aux parents des corps défigurés, pour ne pas choquer la famille, ils ne les montreront même pas, il subsistera toujours un doute. Tu es géniale, où vas-tu chercher tout ça ? Je lis beaucoup et surtout dis moi tout, je veux participer, il faut que nos responsabilités soient égales, on est fou Bertrand, faisons l'amour, vite. Quand elle le quitta, il fut heureux de voir qu'elle avait approuvé son plan.............
Depuis les USA, il était toujours resté en contact avec Marion et il lui expliquait à demi-mot l'avancement de ses projets, elle sut qu'il avait récupéré quelques milliers de dollars à deux imbéciles et qu'il rentrait en France très certainement avec une femme qui allait être sa première banquière.
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