du foin sur le green

du foin sur le green

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239 pages

Description

Le milieu dans lequel évolue cette histoire, c’est la campagne du Sud-ouest. Une campagne ou flotte toujours un soupçon de calme et de sérénité. Une campagne encore accrochée à ses clichés d’hier, où l'on veut vivre comme avant, mais avec le modernisme et les contraintes d'aujourd'hui. Une campagne du IIIe millénaire, avec Internet, le portable et même le GPS. Une campagne souvent incomprise, en proie aux doutes.
Ici, à Saint-Jean/Automne, la situation est encore plus alambiquée. En quelques mois et grâce au curé, le père Deslandes, le bourg a acquis une notoriété certaine, et même durant l’hiver, quantité de touristes font le détour. Cette célébrité soudaine a aussi eu pour effet de faire gonfler le nombre d’étrangers voulant y résider. Pour les habitants, c’est selon. Pour ceux qui pensent n’avoir rien à gagner (sinon des em…), le coupable est tout trouvé. Un curé, c’est fait pour dire la messe, célébrer les mariages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du commerce à l’ancienne. Pour d’autres, les plus éclairés (enfin peut-être), ceux qui ont un peu, ou beaucoup à gagner, le curé est le sauveur. C’est celui qui a montré la voie. Une lumière peut-être divine est apparue dans le ciel de notre magnifique Sud-ouest, et notre saint-homme a su trouver le premier « l’interrupteur ».
Je fais les présentations. D’abord, les Beaumont, de la ferme du Bouscarot. Martial, le fils, et le narrateur, Amélie la maman, et Marcel, le papa. Ensuite, viennent tous les autres, les bons, les méchants, les pas très futés, les ni trop bons ni trop méchants. L’étranger qui s’installe sans bruit, et ceux qui le tolère du bout des lèvres. L’étranger qui s’impose, et ceux qui le rabrouent.
Depuis quelques jours, notre bourg compte un envahisseur de plus en la personne de Austin Alexander Abbott. Austin Alexander Abbott est un Américain « grande gueule » et… milliardaire. Il a racheté le Moulin de Saint-Jean et il a la ferme intention d’y aménager un golf, mais pas que. Vous rendez-vous compte, un golf à Saint-Jean ! Mais, il se croit où, le ricain, Saint-Jean, c’est pas Las Vegas. Entendons-nous bien, je n’ai, en général, aucun a priori sur les Américains, sauf que celui-là est arrogant, prétentieux, méprisant et en plus, milliardaire. Quelqu’un me souffle à l’oreille que les Américains sont tous comme ça, et que je suis même en dessous de la vérité.

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Publié le 07 novembre 2016
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EAN13 9782953286359
Langue Français
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 Du foin sur le green Auteur : Michel ZORDAN michel@zordan.fr www.unauteur.com contact@unauteur.com ISBN 978-2-9532863-5-9 Ce récit est une fiction. Toute ressemblance avec des situations réelles ou des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
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 Du foin sur le green Chapitre 1 Un Américain à Saint-Jean Plusieurs mois se sont écoulés depuis cette dramatique jouƌŶĠe de la fiŶ du ŵois d͛août de l͛aŶŶĠe passĠe. L͛eŶƋuġte de geŶdaƌŵeƌie et de poliĐe Ŷ͛est toujouƌs pas terminée, mais à Saint-JeaŶ l͛oƌdƌe seŵďle ŵaiŶteŶaŶt régner. Sauf dans ma tête où la confusion domine encore. J͛ai ƌepƌis ŵoŶ tƌaǀail à Boƌdeaudž, ŵais les gƌosses ďaffesƋue j͛ai ƌeçues oŶt dĠsoƌgaŶisĠ ŵoŶ Đeƌǀeau, uŶ peu à la façoŶ d͛uŶ oƌdiŶateuƌ aLJaŶt iŶguƌgitĠ uŶe tƌğs foƌte surtension suite à une attaque de foudre. Il me fallait ŵaiŶteŶaŶt ƌĠiŶitialiseƌ le sLJstğŵe, ŵais je Ŷ͛aƌƌiǀais pas à ŵe ĐoŶŶeĐteƌ pouƌ les ŵises à jouƌ. L͛aŶalLJse eŶtƌepƌise Đhez uŶ psLJ Ŷ͛a pas doŶŶĠ gƌaŶd-chose, peut-être a-t-elle même ajouté à la confusion. Le docteur Espinasse, médecin de famille de Saint-JeaŶ, ŵ͛a siŵpleŵeŶt ĐoŶseillĠ de donner du temps au temps :«Tu sais petit, le cerveau moins oŶ LJ faƌfouille et ŵieudž Đ’est. Ta thĠƌapie Đ’est ta faŵille, tes amis, les vrais, la campagne de Saint-Jean, et le Bouscarot. Ne bouscule rien, tout était daŶs l’oƌdƌe aǀaŶt Đette dramatique histoire et tout reviendra comme avant. Le seul ŵĠdiĐaŵeŶt Ƌu’il te faille, Đ’est du teŵps.»
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Je ŵ͛aĐĐoƌde ƋuelƋues ligŶes pouƌ ǀous pƌĠseŶteƌ ŵa faŵille, le ǀillage ;paƌdoŶ, le ďouƌgͿ et les faits Ƌui ŵ͛oŶt valu quelques désagréments. Si vous souhaitez entrer tout de suite dans le vif du sujet, RDV directement page 18. AŵĠlie et MaƌĐel BeauŵoŶt ;ŵes paƌeŶtsͿ ŵ͛oŶt ďaptisĠ Martial, je suis leur unique et plus bel enfant. Né il y a vingt-huit aŶs, j͛ai gƌaŶdi auBouscarot, une petite ferme située sur les coteaux au sud de Saint-JeaŶ. Je Ŷe l͛ai ƋuittĠe Ƌu͛apƌğs ŵes Ġtudes et tƌaǀaille ŵaiŶteŶaŶt à Boƌdeaudž, daŶs le ŶĠgoĐe du ǀiŶ. Il ŵ͛est iŵpossiďle de ǀĠƌitaďleŵeŶt couper le lien qui me relie à cette maison et à cette ĐaŵpagŶe. ‘eǀeŶiƌ au BousĐaƌot, Đ͛est pouƌ ŵoi Đoŵŵe uŶe ƌetƌeŵpe de l͛âŵe, Đ͛est ŵoŶ uŶiǀeƌs d͛eŶfaŶt, et ŵes racines y sont profondément ancrées. Toute mon enfance je l͛ai passĠe à Đouƌiƌ daŶs les Đhaŵps, les pƌĠs et les ďois. J͛ai une passion immesurée pour la nature, la vraie, pas celle aŵĠŶagĠe paƌ l͛hoŵŵe. Cette ĐaŵpagŶe je l͛ai daŶs la peau et je Ŷ͛Ġpƌouǀe de ǀĠƌitaďle seŶtiŵeŶt de liďeƌtĠ Ƌue lorsque je suis au Bouscarot. Je connais tous les recoins de la ĐoŵŵuŶe paƌ Đœuƌ. J͛LJ ƌeǀieŶs ƌĠguliğƌement, au moins deudž fois paƌ ŵois. L͛autoŵŶe est ŵa saisoŶ pƌĠfĠƌĠe, et, dğs septeŵďƌe, je ŵ͛LJ ƌĠfugie tous les ǁeek-ends. Cette maison du Bouscarot, je ne peux imaginer que mes parents puisseŶt uŶ jouƌ s͛eŶ sĠpaƌeƌ. DaŶs ƋuelƋues aŶŶĠes, saŶs doute, j͛aurai une famille, et ensemble nous y passerons de nombreux week-eŶds. Mais, j͛aiŵe ďieŶ ŵa ǀie saŶs ĐoŶtƌaiŶtes d͛aujouƌd͛hui, LJ a doŶĐ pas d͛uƌgeŶĐe.
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De plain-pied, élevé en pierre du pays, le bâtiment principal jouxte le petit pigeonnier qui est devenu mon domaine réservé. Pendant très longtemps, il avait accueilli des pigeons et des poules dans sa partie basse. Lorsque je suis paƌti tƌaǀailleƌ à Boƌdeaudž, papa et ŵaŵaŶ l͛oŶt fait aménager juste pour moi. Par la fenêtre, de mon lit installé dans la mezzaniŶe, j͛ai uŶe ǀue dĠgagĠe suƌ la gaƌeŶŶe et ses vieux chênes. Au rez-de-chaussée, le petit salon ne dispose, outƌe la poƌte d͛eŶtƌĠe, Ƌue d͛uŶe luĐaƌŶe de foƌŵe aƌƌoŶdie. ChaƋue fois Ƌue j͛LJ ƌeǀieŶs, j͛ai l͛iŵpƌessioŶ de rentrer dans un nid, mon nid. Je crois bien que mes parents, surtout maman, ont voulu me transmettre un message : «Ici tu es Đhez toi, tu es liďƌe d’LJ ǀeŶiƌ et d’LJ aŵeŶeƌ Ƌui tu veux»,enfin la jeune fille que tu auras choisie pour faire nos petits-enfants. Au grand désespoir de maman, ceŶ͛Ġtait absolument pas ma préoccupation première à ce moment. Devant la maison, le banc en pierre que mon grand-père avait installé est toujours là. Chaque fois que je le regarde, des souvenirs envahissent mon esprit. Je me rappelle le vieil homme qui, assis dessus, me prenait sur ses genoux pour me raconter des histoiƌes ;uŶ peu d͛ĠŵotioŶ, ça fait pas de mal). Et puis un jour ce fut mon père qui me prit sur ses geŶoudž, ŵ͛edžpliƋuaŶt aloƌs Ƌue le gƌaŶd-père nous avait quittés pour aller se reposer au ciel. Il prenait la suite, et ses histoires remplaçaient celles du grand-père. Un jour, moi aussi je prendrai mon petit garçon ou ma petite fille sur mes genoux pour lui raconter des histoires.
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Dğs Ƌu͛il faisait ďeau, ŵaŵaŶ dƌessait la taďle sous le ǀieudž tilleul. Le soiƌ Ŷous LJ disĐutioŶs jusƋu͛à plus d͛heuƌe. NoŶ, jamais je ne pourrai me séparer de cette maison (attention mon bonhomme, tu deviens trop sentimental, faut réagir, siŶoŶ…Ϳ.Pour ce qui est du bourg de Saint-Jean/Automne, il ressemble à tous les bourgs du Sud-0uest, à quelques nuances près. En quelques mois, notre village avait acquis une notoriété ĐeƌtaiŶe, et ŵġŵe, duƌaŶt l͛hiǀeƌ, de Ŷoŵďƌeudž touƌistes faisaient le détour. Cette célébrité soudaine avait pour effet de faire gonfler le nombre des personnes voulant y résider. Pouƌ les haďitaŶts Đ͛Ġtait seloŶ. Pour ceux qui pensaient Ŷ͛aǀoiƌ ƌieŶ à gagŶeƌ ;siŶoŶ des eŵ…Ϳ, uŶe gƌaŶde paƌt de responsabilités incombait au père Deslandes et à son épicerie. UŶ ĐuƌĠ, Đ͛est fait pouƌ diƌe la ŵesse, ĐĠlĠďƌeƌ les ŵaƌiages, les baptêmes et enterrer les morts, pas pour faire du ĐoŵŵeƌĐe à l͛aŶĐieŶŶe.Pouƌ d͛autƌes, les plus ĠĐlaiƌĠs ;eŶfiŶ tout dĠpeŶd du Đaŵp dans lequel on se place), ceux qui avaient un peu ou ďeauĐoup à gagŶeƌ, le ĐuƌĠ Ġtait le sauǀeuƌ. C͛Ġtait le précurseur, celui qui avait montré la voie. Une lumière, peut-être divine, était apparue dans le ciel de notre magnifique Sud-Ouest et notre curé avait su, le premier, trouver «l͛iŶteƌƌupteuƌ». Eh oui, notre curé avait comme taŶt d͛autƌes de ses ĐoŶfƌğƌes ďieŶ du ŵal à joiŶdƌe les deudž
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bouts avec seulement la quête et le denier du culte. Alors, lorsque la mère Tancogne avait arrêté, à près de 85 ans, son aĐtiǀitĠ d͛ĠpiĐiğƌe-mercière-débitante de tabac, il lui avait pƌoposĠ de la ƌepƌeŶdƌe. Tout le ŵoŶde l͛aǀait pƌis pouƌ uŶ fou, certains affirmaient même que la soutane lui était montée à la tête (on aura compris ce que certains voulaient dire par là). La vieille dame ne voyait guère plus de deux ĐlieŶts paƌ jouƌ, et eŶĐoƌe paƌĐe Ƌu͛elle leuƌ faisait ĐƌĠdit. C͛est ǀƌai Ƌue, paƌ teŵps de Ŷeige, ils se faisaieŶt ďeaucoup plus nombreux. Malheureusement ou heureusement ;eŶĐoƌe uŶe fois tout dĠpeŶd du ĐôtĠ où l͛oŶ se plaĐeͿ la Ŷeige Ŷ͛appaƌaissait à SaiŶt-JeaŶ Ƌu͛uŶe à deudž fois l͛aŶ et pouƌ ƋuelƋues heuƌes seuleŵeŶt. Et Đ͛est là Ƌue Ŷotƌe ĐuƌĠ, sûrement très bien inspiré par le regard de notre Seigneur, avait eu une idée de génie. Celle de transformer l͛ĠtaďlisseŵeŶt «genre supérette poussiéreuse, la plupart du temps dégarnie », en « véritable épicerie des années tƌeŶte, où l͛oŶ tƌouǀe de tout». À l͛iŵage dugeneral storede l͛Ouest aŵĠƌiĐaiŶ, la ďoutiƋue, ďaptisĠe «Le Presbytère » proposait une gamme très large de produits allant du savon aux sabots, en passant par le beurre, le fromage ou les petits pois, sans oublier le cirage et même les cartouches en périodes de Đhasse. UŶe ǀĠƌitaďle ĐaǀeƌŶe d͛Ali Baďa. Le bouche à oreille (buzz) fonctionnait bien et on venait ŵaiŶteŶaŶt d͛assez loiŶ pouƌ adŵiƌeƌ le ŵagasiŶ Ƌui teŶait d͛ailleuƌs plus du ŵusĠe Ƌue de l͛ĠpiĐeƌie. PeƌsoŶŶe Ŷe savait trop où il se procurait certains de ses produits dont les marques très anciennes avaient disparu depuis longtemps : chicorée Arlatte, pâtes alimentaires Brusson Jeune, biscuits
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GazoŶ ou eŶĐoƌe le ĐhoĐolat Loŵďaƌd…, Ŷi d͛où ǀeŶait d͛ailleuƌs la jolie ǀeŶdeuse toujouƌs tƌğs souƌiaŶte, haďillée d͛ĠpoƋue, Ƌui se pƌĠŶoŵŵait Éŵilie etquil͛Ġpaulait daŶs sa tâche. QuelƋues seŵaiŶes plus taƌd, pƌofitaŶt de l͛auďaiŶe, Oliǀieƌ Aignard, notre colosse, ancien pilier et figure emblématique de Saint-Jean, transforma également sa boulangerie, en adoptaŶt le stLJle de l͛ĠpiĐeƌie. Il ƌeŵplaça soŶ eŶseigŶe clignotante par une simple plaque émaillée, son four électrique par un four à bois, et acheta quelques vieilles étagères et vieux meubles dans un bric-à-brac. Il sut ĠgaleŵeŶt ĐoŶǀaiŶĐƌe ;Đ͛Ġtait pas gagŶĠ d͛aǀaŶĐeͿ sa feŵŵe Odette et sa vendeuse Patricia de porter le costume d͛ĠpoƋue. Coŵŵe il Ŷe saǀait pas tƌop de Ƌuelle ĠpoƋue il e s͛agissait, sa feŵŵe opta pouƌ le dĠďut duXX et la e vendeuse pour la fin du XIX . Du mardi au dimanche midi, sa boutique ne désemplissait plus, et rapidement il fut obligé d͛eŶgageƌ uŶmitron. DaŶs la foulĠe, Viƌgile GƌaŶgǀeŶeuƌ, le Đhef d͛uŶ tƌğs prestigieux restaurant parisien, licencié de son trois-étoiles repris par un Américain adepte de lanew cuisine, quitta la capitale pour installer un café-auberge également à l͛aŶĐieŶŶe Ƌu͛il Ŷoŵŵa… «Chez Virgile ». Là encore on pouǀait dĠĐouǀƌiƌ des ďoissoŶs d͛uŶ autƌe siğĐle: liqueurs Hanappier, apéritif Kina Lillet. Il avait même réussi à retrouver un spiritueux légendaire à based͛aďsiŶthe Ƌui faisait fureur.
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Puis un maréchal-ferrant-bourrelier, un brocanteur-aŶtiƋuaiƌe, uŶ faďƌiĐaŶt de ďougies… ďƌef eŶ ƋuelƋues ŵois, Saint-JeaŶ ŵoŶtait de gƌade ;Đe Ŷ͛Ġtait plus uŶ ǀillage, ŵais uŶ ďouƌgͿ et deǀeŶait iŶĐoŶtouƌŶaďle…Rapidement la population passa de deux cent cinquante à quatre cents habitants, puis à presque cinq cents, et le centre du village se « ranima ». Certains conseillers ŵuŶiĐipaudž souleǀğƌeŶt l͛idĠe de ƌedoŶŶeƌ uŶ toŶ ŵĠdiĠǀal au bourg en repavant les rues (enfin, la rue) et en sollicitant les haďitaŶts afiŶ Ƌu͛ils doŶŶasseŶt à leuƌ façade uŶe alluƌe ŵoLJeŶâgeuse. D͛autƌes et pouƌƋuoi pas les ŵġŵes, paƌlğƌeŶt de ƌouǀƌiƌ l͛ĠĐole et de ĐƌĠeƌ uŶ «musée des temps anciens » sur les vestiges qui subsistaient à la sortie du village. OŶ Ŷe saǀait pas tƌop s͛il s͛agissait de Đeudž d͛uŶe touƌ ou d͛uŶ laǀoiƌ, ŵais Ƌu͛iŵpoƌte… laRégion, le Département, peut-ġtƌe ŵġŵe l͛État allaieŶt aideƌ, aloƌs pas de pƌoďlğŵe…Bƌef, Ŷotƌe ďouƌg se ǀoLJait ŵaiŶteŶaŶt jusƋu͛à LoŶdƌes et même bien au-delà et les ĐoŶsĠƋueŶĐes Ŷ͛allaieŶt pas taƌdeƌ à se faire ressentir. Petite compensation, les râleurs de tous poils avaient de quoi occuper leur passion. C͛est daŶs Đette ĐaŵpagŶe, ilLJ a Ƌuatƌe aŶs, Ƌu͛Ashley et Daryl Maxwell, des Anglais de Londres, jetèrent leur dévolu sur le Moulin de Saint-Jean. À part son côté dominant, sa surface imposante, et ses murs de pierre, la bâtisse ĐoŵplğteŵeŶt eŶ ƌuiŶe et eŶǀahie paƌ les ƌoŶĐes Ŷ͛aǀait ƌieŶ
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