Et si c

Et si c'était moi, et six c'était lui ?

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268 pages

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Un homme en voyage à Dublin assiste en direct à un enlèvement à Dinan par le biais d'une simple webcam. Aussi surpris qu'abruti par l'alcool d'une soirée d'Halloween trop arrosée, il préfère oublier et croire un peu facilement à une mauvaise blague, une sordide mise en scène. Hélas, quelques jours plus tard, de retour en Bretagne, il apprend par la presse locale la disparition bien réelle d'une jeune femme. Un soir, quelqu'un frappe à sa porte... C'est son nouveau voisin, un monstre de plus de deux mètres qui ressemble comme deux gouttes d'eau à l'agresseur aperçu sur Internet. Il ne le sait pas encore mais il vient de rencontrer le diable en chair et en os…

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Publié le 11 décembre 2016
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EAN13 9782953131017
Langue Français
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ET SI C’ETAIT MOI, ET SIX C’ETAIT LUI ?
Du même auteur : FEE D’HIVER EN ARMORIQUE LA BOITE QUI FAISAIT UN CARTON (A PARAITRE) Toute ressemblance avec des personnes, des noms propres, des lieux privés, des noms d’entreprises, des situations existant ou ayant existé, ne saurait être que le fait du hasard.
Cédric LESUEUR
ET SI C’ETAIT MOI, ET SIX C’ETAIT LUI ?
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Chapitre un Dublin, 31 octobre 2004 ... Dans le hall de l'hôtel Bridge House, au cœur de Temple Bar, confortable-ment assis sur un canapé d’un violet d’un goût dou-teux, j’attendais tranquillement mon collègue de chambrée. Il était un peu plus de vingt-trois heures, nous avions déjà bu et mangé plus que de coutume dans un restaurant avoisinant, mais la soirée ne faisait que commencer. Dehors, il pleuvait comme d’habitude depuis notre arrivée et le vent s’était levé brusquement, moi aussi… J’en avais marre d’attendre Nathanaël qui s’était éclipsé quelques instants pour se refaire une beauté, un peu, et pour changer de panta-lon, surtout. Un geste maladroit, le mien, hélas, l’avait souillé de sauce bolognaise, si bien qu’il semblait ensanglanté, touché à la cuisse et dans son amour-propre… Tant pis, quelques pintes de Guinness suffi-raient sûrement à apaiser sa rancœur et ma soif par la même occasion. En attendant, l’air penaud, je me diri-geai vers la borne Internet qui jouxtait la réception à côté de l'escalier. Là, sans conviction, je cherchai un site sur Dinan, à croire que j'avais le mal du pays, pourtant nous n’étions partis que depuis trois jours. A part quelques nouvelles banales et bancales, je ne trouvais rien de palpitant puisque je ne cherchais rien de particulier. Alors, avant de me déconnecter, je cli-quai une dernière fois au hasard sur la webcam qui surveille la Place Duclos, le cœur de la cité médiévale.
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On l’avait nommée ainsi en l’honneur du deuxième personnage le plus connu de l’histoire locale… Après Duguesclin, bien sûr, dont l’esplanade et la statue se trouvaient elles-mêmes à quelques hectomètres. Charles Duclos, lui, avait été académicien, grammai-rien, moraliste, historien et parfois même romancier. C’est beaucoup pour un seul homme et si j’avais pu être ne serait-ce que l’un d’eux, je m’en serais conten-té. Des images saccadées de sa place se succédaient, et moi, à ma place, je ne voyais rien de bien palpitant si ce n'est quelques voitures roulant à vive allure. Alors que j'allais fermer la fenêtre devant ce spectacle qui me laissait de glace, je vis soudain quelque chose d'étrange et d’inquiétant à la fois. Sous mes yeux, à quelques centaines de kilomètres pourtant, une jeune femme venait de se faire enlever… C’est du moins ce que je crus, tant la mauvaise qualité de l’image rendait la scène encore plus surréaliste qu’elle ne l’était. Je vis un type énorme l'attraper brusquement et l'emme-ner aussi rapidement que violemment dans une espèce de camionnette blanche garée à quelques mètres, puis plus rien... La séquence, qui durait à peine trente se-condes, recommença depuis le début et repassa conti-nuellement jusqu'à ce qu'une autre prenne sa place. Je la vis ainsi sept fois jusqu'à la dernière, et je crus bien reconnaître le ravisseur qui n'avait rien de ravissant. Ce type, je l'avais déjà croisé à Dinan, j'en étais per-suadé, même si je ne savais plus où… Un physique pareil, ça ne s’oublie pas, ça ne s’invente pas. Quant à la femme, je crois bien que je ne l’avais jamais vue, sinon je m’en serais souvenu aussi. Elle était belle,
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