Le témoin de trop

Le témoin de trop

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Quand elle se réveille sur son lit d’hôpital, Claire DELORME, commerciale, à perdu la mémoire. Deux nouvelles l’attendent : La première, le cadavre d’un de ses clients à été retrouvé. La seconde elle est suspectée de meurtre. Claire va devoir enquêter elle-même pour essayer de retrouver la mémoire et surtout pour prouver son innocence. Toute l’affaire réside dans ce trou noir de quelques heures. Claire va remuer le passé ignorant le tueur à sa recherche. La traque commence…

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Publié le 19 février 2013
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Langue Français
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1
Claire se réveilla une perfusion dans le bras, la langue pâteuse, la mâchoire douloureuse. Aveuglée par une lueur elle bougea les yeux de gauche à droite. Des silhouettes lointaines apparurent. Celle d’un homme de grande taille, en blouse blanche, et de l’autre côté de la pièce, un homme, vêtu d’un costume était assis les bras croisés, face à une table. La jeune femme était comme perdu, désorientée dans cette pièce étrangère. Comme une impression d’être prise au piège dans un espace clos. Une fenêtre, sans rideau, à sa droite lui donnée une vue sur des immeubles délabrés. Une mauvaise odeur régnait dans la chambre comme un produit ménager tel que du décapant. - Elle revient à elle, prononça un homme. Claire avait mal partout. Elle sentit des palpitations de douleur, presque intenable montées à la hauteur de son crane. Lentement elle essaya de lever son bras mais en vain. La fatigue fut trop forte. Un médecin s’approcha : - Comment allez-vous ? demanda-t-il en examinant la patiente. Claire tourna la tête en direction de son interlocuteur et répondit d’une petite voix. - J’ai connu mieux. Comment suis-je arrivée là ? Que s’est-il passé? - Vous êtes à l’hôpital, madame. Vous avez eu un accident avec un choc assez violent. Pour être précis un traumatisme crânien. Mais ne vous inquiétez pas rien de grave, dans quelques jours vos douleurs ne seront plus qu’un lointain souvenir. Une infirmière entra dans la chambre et planta une aiguille dans le raccord de la perfusion. Le liquide coula à allure lente dans les veines, un calmant. - Excusez-moi mais je dois vous faussez compagnie, j’ai un autre patient qui m’attend. Je reviendrai vous voir plus tard dans la soirée. - Très bien, je vous remercie. En partant le docteur Chandler, nom inscrit sur son badge, glissa le dossier au pied du lit, dans l’espace dédié à cet effet et ferma la porte. Le deuxième inconnu attendait impatiemment sur une chaise, il dévisagea Claire pendant quelques minutes avant de se présenter. - Madame Delorme, je suis désolé de vous importuner. Je suis le lieutenant Disher et j’enquête actuellement sur un meurtre. L’inspecteur sortit son carnet avec un dossier vert. A l’intérieur, plusieurs clichés. A en juger par la taille on dirait qu’il s’agit de photos prise sur une scène de crime. - En quoi puis-je vous aider ? Le lieutenant lui tendit un cliché. Quelle horreur ! Le corps d’un homme maculé de sang avec une balle dans l’abdomen. Stupéfaite, Claire repris son souffle, rendit la photographie à l’inspecteur et balbutia. - Qui a fait ça ? Le flic se passa la main dans le coup et hésita à répondre, comme si ses paroles étaient difficile à lâcher et finit par dire : - Je pense que c’est vous.
2
Cela faisait trente minutes que l’inspecteur était parti, et Claire fut encore choquée. Elle n’avait pas su se défendre face aux accusations de Monsieur Disher. A cette instant elle eu l’impression d’être en haut d’une pente et de sauter dans le vide. L’atterrissage fut tellement dur qu’elle se crut dans un rêve. Plein de questions lui traversa l’esprit. Pourquoi suis-je accuser ? Comment j’ai eu cet accident ? Pourquoi ai-je perdu la mémoire ? Elle voulu se lever de son lit mais le calmant que lui a injecté l’infirmière à rendu ces membres dur comme
du béton. En début de soirée Claire prit son portable sur la table de chevet afin de se prendre en photo. « Mon visage est dans un sal état. J’ai les traits du visage très tirés, je parais dix ans de plus. Et cette bosse, quelle douleur ». Lors de sa seconde visite le médecin lui à annoncé des bonnes nouvelles. Tous ces signes vitaux sont correctes et les examens d’urgences qu’elle a effectués à son arrivé, ne décèlent rien d’anormal. Juste quelques hématomes bénins. Concernant sa mémoire, elle se rappela les paroles rassurantes du docteur : - Vous faites ce qu’on appelle une amnésie partielle. Ca arrive fréquemment lors d’un choc violent. - Comment faire pour retrouver ma mémoire ? - Aller dans les endroits familiers, continuer vos habitudes. Parfois ça peut prendre du temps mais au fur et à mesure, vos heures perdus vous reviendront. Je reviendrais vous voir demain avant votre sortie. Claire se mit la tête dans les mains. Désespérée, c’est le mot qu’elle cherchait dans sa situation. C’est une femme désespérée pour une situation désespérée. Comment faire pour s’en sortir ? « Me battre, je vais me battre. Je vais sortir demain matin comme prévu, je vais retrouver la mémoire et mener mon enquête. » A cet instant son visage se durcit. Peu à peu elle reprit son contrôle. « Je suis prête à tout pour sauver ma peau ».
3
Le lendemain matin, le temps ensoleillé et doux prévoyait une belle journée. Le lieutenant attendait son collègue pour faire le point sur l’affaire. Il était neuf heures. Le bureau de Disher se situé à l’extrémité de l’entrée du commissariat. Un endroit assez calme pour faire une petite sieste. Disher enleva sa veste et l’accrocha au porte manteau situé à proximité de son bureau. Puis, assis derrière son ordinateur, il repensa à son principal suspect. Il s’installa confortablement dans son fauteuil, mit ses bras derrière sa nuque et ferma les yeux. Le regard bleu azur de Madame Delorme l’avait perturbé. Ses cheveux dorés, la finesse de son visage. Une belle femme. En vingt ans de carrière, il commençait à connaitre les affaires par cœur, le plus souvent le suspect dans une enquête comme celle-ci est vite appréhendé, mais cette fois-ci ce fut différent. Son impression changea sans qu’il ne put l’expliqué. Son ex-femme lui disait toujourstu prends tes affaires trop à cœur et cela fausse ton jugement. A cette époque là il avait été assez stupide pour la laisser partir. Le problème principal était qu’il ne voulait pas d’enfant mais sa femme, en désirait plus que tout. Jamais il n’a osé lui dire la vérité. A chaque fois que sa femme abordait le sujet il prétendait toujours : c’esttrop tôt je ne me sens pas prés, puis je passe beaucoup le temps au boulot et je veux être la pour lui. Il faut attendre un peu.Mais il n’en était rien. Un prétexte de plus pour fuir la réalité. Mais aujourd’hui il regrettait, la solitude le pesait. Sa femme à demandé le divorce quand ils habitaient encore à Marseille. Ca remonte à cinq ans. Ensuite, Disher grâce à sa persévérance et son expérience fut muté à Paris en tant que lieutenant. - Ben alors, on dort ! s’exclama Andy en ouvrant la porte. De corpulence plaisante et de taille moyenne, Andy Menard était le dragueur de ces dames. Malgré sa quarantaine d’années, Andy a su garder son sourire ravageur et ses yeux de couleur noisette, lui donné un certain charme. Disher fit un bond et se redressa, l’air hébété, de son siège. - Non je me relaxé en t’attendant c’est tout ! Je vois que, comme d’habitude, tu es en retard. - Hé oui mon p’tit tom, on ne change pas les bonnes habitudes. Menard prit une chaise et s’assit en face du bureau. - Alors qu’est qu’on a ? Disher passa le dossier à son interlocuteur qui examina attentivement les photos.
- La victime est un homme de trente cinq ans, directeur d’une grande entreprise de transport, casier vierge. Le légiste estime l’heure de la mort entre 18 heures et 19 heures. Tué par arme à feux d’une balle logée dans l’abdomen. Nous avons un témoin ? Un indice ? -- Une certaine Madame Dubernat à téléphoné aujourd’hui à 19h30. Apparemment elle aurait des indices à nous communiquer sur le meurtre. Elle dit qu’elle a aperçut le visage de notre meurtrier. - C’est une excellente piste. A quelle heure est-elle convoquée ? - Dix heures. Menard pris d’un frisson se leva pour aller se loger prés du radiateur. En cette période d’hiver la température est assez basse surtout la matinée. Il resta debout. - OK, je me charge de l’interroger, reprit-il. - Très bien. Il y aussi une femme qui connaissait la victime, Madame Delorme. - Intéressant. Tu l’as convoquée ? - Le labo a retrouvé ces empreintes sur l’arme du crime, mais ca va être dur d’avoir le fin mot de l’histoire. - Ah bon, pourquoi ? - Elle est à l’hôpital. Et alors ? -Disher se frotta le visage avant de répondre. - Elle a eu un choc violent à la tête ce qui à provoquer une amnésie partielle. - C’est pas bon pour elle ça, rétorqua Menard. - Pour l’instant nous sommes confrontés à deux hypothèse ; soit Madame Delorme à été témoin de quelque chose et le meurtrier a voulu l’exécuter, soit c’est elle qui l’a tué et elle s’est infligée un choc violant pour se disculper. Disher se leva, passa devant son bureau les bras croisés, et soucieux se mit à faire les cents pas. - Oui, tu as raison. Je pense la même chose. En tout cas, ses empreintes ont été retrouvées sur l’arme du crime. En général Disher quand l’arme du crime est retrouvé sur les lieux… -Disher le coupa. - …, nous n’avons pas à faire à un professionnel. - Tu vas aller la cueillir ? - Non elle sort ce matin mais sa mémoire n’est pas revenue. Lui parlait ne servira à rien. - On fait quoi avec elle? - Pour le moment, on attend.
4 D’origine parisienne Nadia Dubernat consacra sa vie aux autres. Depuis trois ans, membre d’une association pour les personnes démunis, elle passait tous ces après-midis à apporter son aide et son soutien moral aux réfugiés. Et tout ça bénévolement. Pendant son temps libre elle se baladait. Il y a tant de chose à voir dans cette ville. Le château de Versailles, le musée Grévin, la tour Eiffel, le Louvres, la tour Montparnasse et tant d’autres. Nadia aimait beaucoup Paris, réputée pour sa tranquillité. Pourtant pour la première fois de sa vie, Nadia fut confrontée au pire, hier soir. Quand elle avait composé le numéro du commissariat la veille, le brigadier lui ordonna de venir ce matin. Pour être certaine de ne pas louper le rendez-vous, elle se leva vers sept heures, puis elle prit le temps de ranger sa cuisine et sa salle de bain, avant de s’occuper d’elle. Une fois le
rangement finit, elle décida pour faire bonne impression lors de l’audition, qu’elle porterait son pantalon de ville noir ainsi qu’une chemisette blanche. Elle regarda sa montre, mit son manteau en acrylique et s’empressa de se rendre au commissariat.
A cette heure-ci le commissariat n’accueillait pas grand monde. Nadia patienta quelques minutes avant de rencontrer le lieutenant. - Madame Dubernat, je vous en prie. Disher montra le chemin de son bureau en dirigeant son bras vers celui-ci. Nadia entra dans une petite pièce dont les éléments furent bien dispersés. Un long bureau se trouvé au fond de la pièce, accompagné d’un porte manteau à proximité suivi d’une table disposée en face de deux chaises. Disher prit place derrière son bureau et commença à tapoter sur son clavier et entra dans le vif du sujet. - Madame Dubernat, je vous ai convoqué suite à votre appel d’hier soir. - Oui, je pense que je peux vous fournir des informations qui peuvent être importantes. - Allez-y, je vous écoute. - Je me trouvais sur la plage. J’y vais une fois par semaine. Je m’étais assise sur un banc pour profiter du bruit des vagues quand j’ai décidé d’utiliser le trombinoscope… Disher la coupa, et demanda d’un air interloqué : - Vous avez assisté au meurtre avec un trombinoscope ?   - Oui. Ca peut paraitre bizarre mais sur la plage se trouve un trombinoscope mis à la disposition des passants pour regarder la mer ou même en soirée les étoiles ou peut importe. Et moi, hier soir j’ai voulu regarder les étoiles. Mais le trombinoscope était dans la mauvaise direction, j’ai voulu le mettre en direction de la plage mais je n’ai pas réussi. J’ai seulement pu tourner le trombinoscope de quelque fenêtre, car celui-ci était dirigé vers des immeubles. C’est à ce moment là que j’ai vu deux hommes dans une pièce. - Leurs comportements étaient-ils suspects ? - Non du moins pas au début. - Qu’avez-vous vu par la suite ? Nadia se frotta les mains l’une contre l’autre. - J’ai vu la victime et un homme se disputaient. - Avez-vous vu l’homme de prés ? - Non juste un aperçu si je puis dire. Il était plutôt grand, brun avec une moustache et un bouc. Je l’ai vu de profil. - Pourriez-vous le reconnaitre ? - Si je le vois de plus prés je pense que oui, mais il me sera impossible d’en faire le portrait. - Très bien et ensuite ? - L’homme s’est violemment mit en colère et à sortit une arme. A ce moment là, la victime a paniqué et s’est mit à reculer. C’est la que j’ai vu l’homme tombait à terre. Tout en continuant à écrire la déposition de Madame Dubernat, Disher lui demanda : - A-t-il prit quelque chose dans la pièce ? Paraissait-il paniqué ou sur de lui ? - Il était paniqué car il a jeté son arme. Il allait sortir mais il est revenu ce caché dans le coin du bureau, juste à côté de la porte. - - Il s’est caché ? demanda Disher étonné. - Oui parce qu’une femme est entré en courant dans le bureau. Quand elle a vu le corps étendu par terre la jeune femme à paru horrifiée, apeurée. Elle à ramasser l’arme, puis la relâchée aussitôt. Et c’est la que l’homme s’est jeté sur elle, expliqua Madame Dubernat avec des gestes brouillons. - Comment à réagi la jeune femme face à son agresseur ?
- Elle s’est retournée terrifiée devant l’homme. L’agresseur s’est approché et avant qu’elle n’est eu le temps de faire le moindre geste, le type l’a frappé d’un coup violent au visage, et la dame, avant de tombé à terre, à amortie sa chute sur le bureau. - A ce moment là, quelle à été la réaction de l’agresseur ? - Il a fait les cents pas dans le bureau pendant quelque minute puis il a prit la fuite en courant. L’inspecteur sortit un cliché qu’il montra à son interlocuteur. - La femme, c’est elle ? - Oui c’est elle. J’en suis sure affirma Madame Dubernat avec insistance. Afin d’identifier l’agresseur, Disher montra un classeur volumineux comprenant les fiches des suspects pendant plus d’une demi-heure. Madame Dubernat les regarda toutes avec attention et ne décela aucun profil correspondant à l’individu. - Je n’ai plus de question, merci pour votre aide. - Si vous avez une nouvelle fois besoin de mon aide je suis là, affirma Nadia au pas de la porte. - Je vous remercie. Si un détail vous revient appelez-moi. Je vous laisse ma ligne directe. Disher donna sa carte à Madame Dubernat qui l’à rangea aussitôt dans son sac.
5 Il était le seul à connaitre la vérité sur le meurtre commis hier soir. Les regrets ne servent à rien c’est fait. L’irréparable à été commis. Si cette femme ne m’avait dérangé… Jamais elle ne serait morte maintenant. Et puis les flics ne trouveront rien. J’ai fouillé de fond en comble la maison de ce pourri. La seule chose qui pourrait me faire tomber c’est l’ordinateur ou du moins son contenu mais c’est moi qui l’ai. Jamais on ne fera le rapprochement entre nous. Je regrette d’en être arrivé la mais c’est elle qui m’a forcée ! Elle m’a obligée ! Si elle ne m’avait pas trahi et humilié, je n’en serais pas là. Personne n’en serait là.
6 Claire attendait impatiemment dans sa chambre d’hôpital l’arrivée du médecin. Elle avait remis les affaires qu’elle portait la veille. Elle se sentait soulagée de sortir d’ici et angoissé de rentrer chez elle. Reprendre sa vie normale signifié faire face à la réalité des choses. Elle ne savait pas si elle avait la force de mener son combat à terme, sachant que sa mémoire l’a trahissait. De plus en plus impatiente, elle mit son manteau et prit son sac à main. Elle s’apprêta à quitter la pièce lorsque le médecin arriva. - Désolé pour le retard Madame Delorme. - C’est pas grave. - Voilà ce que j’ai prévu pour vous. Tenez. Il lui tendit une ordonnance. - Prenez ce médicament une fois par jour, le soir avant de manger. - Ce médicament va soulager mes douleurs ? - Pas totalement. C’est surtout un relaxant qui vous aidera à bien dormir la nuit. Si vous voulez retrouver la mémoire, plus vous serez sereine mieux ce sera. Très bien. -- Pour les douleurs prenez du biprofenid deux fois par jour, cela devrez suffire. Au fait je vous ai appelé un taxi. - C’est gentil merci. Claire plia l’ordonnance et la rangea dans son sac.
Après avoir payé son séjour à la réception Claire s’assis sur un pilonne situé devant l’entrée de l’hôpital. Elle frissonna. Le temps n’était pas au beau fixe aujourd’hui. Gris, maussade et frais. Claire regarda sa montre. Le cadran indiquait onze heures. Si le médecin serait arrivé à l’heure, a cette heure-ci Claire serait déjà chez elle à se reposer. Au lieu de ça elle attendait un taxi. Super après tout elle n’avait rien d’autre à faire. Elle releva la tête et vit un taxi s’approchait. Sans laisser le temps au chauffeur de descendre du véhicule, Claire monta à l’intérieur de celui-ci. Le conducteur, étonné, se retourna et dévisagea sa cliente. Claire fit de même. Depuis qu’elle avait débarqué à Paris jamais elle n’avait eu la possibilité de croiser quelqu’un qui lui plaisait. Mais l’homme qui lui faisait face, elle ne l’oublierait pas de sitôt. Apparemment de grande taille, brun, les yeux bleus, le visage fin. En somme mignon.. Voyant le conducteur étonné de son comportement Claire prit la parole. - Oh, excusez-moi. Je me suis installée précipitamment, mais j’en avais tellement marre d’être dans cet hôpital… Elle marqua une pause. - Je vous en prie. Il n’y a pas de mal, rétorque le chauffeur en souriant. - Vous savez, si j’avais autant de cliente aussi charmante que vous qui se précipiterez dans mon taxi, je serais plus enclin à travailler reprit-il. C’est agréable. - Vous êtes un charmeur, affirma-t-elle avec un sourire. - Non juste sincère. Le conducteur se tourna sur son siège. - Quel direction prenez-vous ? Mon domicile. 14 avenue de l’océan. -
Durant le trajet Claire fixa son regard sur la vitre passagère droite. Elle semblait ailleurs comme absorbait par un rêve. Elle repensa à son dernier souvenir. Elle quittait son bureau. C’était en fin d’après-midi mais il faisait déjà nuit. Elle conduisait sa voiture. Le lieutenant Disher lui a dit qu’il l’avait retrouvé prés du corps de la victime, pour Claire son client. Il sait passer quelque chose à cette entreprise. Ca c’est une certitude. Le fait de réfléchir à ce moment la rendait malade. Elle arrêta d’y penser. - Vous avez eu un accident ? La voix du chauffeur ramena Claire au moment présent. - Heu… oui. Une voiture m’a heurtée. Il faisait noir le conducteur ne m’a pas vu, mentit Claire. Dans un sens ce fut un faux mensonge, car elle avait bien été heurtée mais pas par une voiture. - Les hôpitaux me rendent malade, pas vous ? - Disons que c’est un endroit désagréable.  Le conducteur eu un rire. - Oui on va dire ça comme ça. - Je suis désolée. Je ne suis pas d’une bonne compagnie aujourd’hui. - Y’a pas de soucis, je comprends. - Dites comme on est bientôt arrivée, je peux vous poser une dernière question ? Claire se redressa et regarda autour d’elle. Effectivement elle serait chez elle dans cinq minutes à peine. Elle voyait le portail de sa maison. Elle venait de passer le trajet à réfléchir sans même sans rendre compte. - Oui allez-y, répondit-elle. Le conducteur prix un air gêné. - Voilà. Je vais être franc. Vous me plaisez beaucoup et j’aimerais vous revoir. Pensez-vous que ce soit possible ?
Il y eu un silence. - Oui bien sur. J’en serais ravie. Le taxi s’arrêta. Le conducteur pris un papier et inscrivit ses coordonnées. - Tenez. Claire saisit le bout de papier et le lu. Elle sortit de la monnaie qu’elle donna à son interlocuteur. Sortant du véhicule elle se dirigea sur le côté de la portière puis se pencha. Le conducteur lui faisait face d’un air curieux. - Merci Daniel et à la prochaine. Il y eu un silence. Puis Claire adressa son plus beau sourire. - Ah au fait ! Moi c’est Claire.
7 - Je sens que la journée va être longue ! Disher soupira et gara son véhicule au domicile de la victime, 12 avenue de beutre. - J’me disais aussi ! Ton côté râleur avait disparu depuis quelques jours, je savais que ca ne pouvais pas durer ! C’est ta femme ? demanda Disher en riant. Menard et Disher sortirent du véhicule et entrèrent dans la propriété de la victime quand celui-ci répondit. - Elle me gonfle avec son rangement, c’est tous les jours la même chose. Ne mets pas ça là. Ne range pas en tas de merde. Bla bla bla bla bla. Disher ne put se retenir de rire. - Hé oui toute les même mon vieux ! s’exclama-t-il en tapotant son collègue à l’épaule. Pour Disher, Menard et sa femme forme le couple parfait. Malgré son côté râleur et désordonné, Menard n’est surement pas un homme qui aime tenir un intérieur mais sa générosité et son attention envers sa femme sont exceptionnel. C’est sans doute pour cela que sa femme à accepté sa demande. Menard est formidable avec elle. Disher se rappela leur première rencontre. Une banque avait organisé un cocktail en l’honneur de la brigade. Leur système informatique avait été piraté alors la directrice pour remercier toute l’équipe du travail rendu, nous avait tous invités à un cocktail. Menard comme d’habitude râlé. Il n’aimait pas ce genre de soirées. Sauf que ce soir là, son avis à vite changé. Dès qu’Alice apparue devant lui avec un verre de champagne, vêtue d’une magnifique robe rouge Menard était immédiatement tombé sous son charme. Et voilà, quatre ans plus tard, ils sont mariés et vont avoir un enfant. La vie quoi. - T’as vu le jardin ? demanda Menard en tournant sur lui-même. Il est magnifique. - Oui. On peut dire que notre victime avait la main verte. Disher passa les gants de protection à Menard. Tout en se dirigeant vers la porte d’entrée ils les enfilèrent. - Allez go ! affirma Menard Menard ouvrit la porte et s’engouffra dans l’entrée. Il avança de deux pas quand il vit l’effroyable désordre. Par méfiance il sortit son arme. Disher fit de même et indiqua par un geste de la main qu’il se chargeait de vérifier les pièces de droite. Menard et son collègue s’approchèrent des portes. Menard compta jusqu’à trois avec ces doigts. D’un geste brusque ils s’engouffrèrent dans les pièces. Puis firent de même pour toute la maison. Personne. Cela ne faisait aucun doute toute la maison avait été fouillé. Surement par l’agresseur. Tout en rangeant leurs armes respectives, Disher et Menard commencèrent la fouille par le salon. Tous les livres furent disposés par terre. Impossible de mettre le pied à même le sol. - Notre individu à du passer un certain temps ici pour mettre un tel foutoir.  
- Ouais, répondit Disher. Je comprends pourquoi ta femme insiste tant sur le rangement. - Tu m’étonnes. Vous sous cet angle… Durant plusieurs heures la fouille ne donna rien. Disher et Menard prirent soin de fouiller aux peignes feins chaque pièces, étagères, bibelot, meuble, tiroir et tout ce qui sans suit. Rien. Dans la cuisine, les WC et la chambre à coucher, rien non plus. Les tables de chevets, les armoires, le bloc note. Rien. - On à vraiment rien à ce mettre sous la dent ! s’indigna Menard épuisé. - Oui. On est arrivé trop tard. Quoiqu’il nous reste encore une pièce à fouiller. - Ton optimiste me coupe toujours le souffle. Tu le sais ça Disher ? demanda son coéquipier en riant. Hé oui. Je te fais le coup à chaque fois. -Disher montra la direction du bureau avec son bras et rétorqua : - Après toi, mon cher. 8 Il alluma son ordinateur et alla sur internet. Dans Google il tapameurtre d’un directeur d’une société de transport à paris. La page de recherche suggéra différents articles. Il cliqua sur le premier. En haut de la page, il put lire : Meurtre d’un directeur à Paris. Le lundi 10 mars en fin d’après-midi, Vincent Michelet, directeur d’une société de transport, à été découvert sans vie, sur son lieu de travail. A ces pieds les gendarmes ont retrouvés une femme inconsciente qui à été transporté d’urgence à l’hôpital. Le directeur a succombé à sa blessure : une balle portée à l’abdomen. D’après nos informations, une certaine N.Dubernat aurait fournis ce matin, des informations capitales pour l avancée de l’enquête. Nous n en ’ ’ savons pas plus. Le parisien - Hé merde ! Souffla-t-il. Il se mit la tête dans les mains et se frotta les cheveux. Sa jambe tressautée. Il voulait éviter une situation qui lui paraissait pourtant évidente. - Je ne veux pas tuer ! Pas une seconde fois ! Le temps est contre moi. Je dois agir vite. Cette femme est un gros obstacle pour moi. Qui sait ce qu’elle a pu leur dire ? A-t-elle fait une description ? Une chose est sure, elle a assistée à la scène. Il resta assis devant son ordinateur pendant un certain temps. Peu à peu il reprit son calme et mit fin à sa réflexion. - Je vais agir dès ce soir. En entendant la porte de son domicile s’ouvrir il s’empressa d’éteindre son ordinateur. Il se dirigea dans la cuisine et vit une présence féminine. - Coucou mon amour ! 9 Elle resta debout, accouder à son balcon, à observer le temps brumeux. Aujourd’hui son moral était au plus bas. Ce matin, après avoir fourni son témoignage, elle regagna son domicile avec une pointe de légèreté. Elle avait fait une bonne action. C’est ce qui compte. Elle n’avait pas failli à ces principes. Normalement à cette heure-ci, trois heures, Nadia devrait être avec les
réfugiés. Mais le cœur et l’humeur ni étaient pas. D’habitude fervente cuisinière, aimant passer du temps à ce faire plaisir avec de délicieux petit plat, Nadia en guise de déjeuner mangea brièvement un bout de jambon et un yaourt aux fruits. Ses pensées se bloquèrent sur cette femme. Pauvre petite ! pensa-t-elle. Une sonnerie retentit. Revenant au moment présent Nadia se dirigea vers le salon et décrocha. - Maman ? La voix familière qu’elle connait tant paraissait inquiète. Nadia répondit, rassurée. - Ma chérie ! - Maman je suis inquiète ! As-tu lu le journal ? Nadia tourna la tête en direction de la table basse. Abonné au Parisien, elle recevait tous les jours le journal à son domicile. Il était posé là à quelques centimètres et Nadia réalisa qu’elle ne l’avait pas ouvert. - Non je n’ai pas eu le temps, rétorqua-t-elle. - Non mais réalises-tu que tu as été témoin d’un meurtre et que j’apprends cette nouvelle par le journal ? Louise parue à la fois en colère et rassurée de parler à sa mère. - Je ne voulais pas t’inquiéter ma chérie. J’ai agis comme il m’a semblé bon de le faire ! Tu n’as pas à t’en faire, je t’assure. - Ne pas m’en faire ? demanda Louise choquée par les propos de sa mère. Ton nom est inscrit  dans le journal en précisant que tu as fourni des informations importantes pour l’enquête, et tu me demande de ne pas m’en faire ? A cet instant Nadia ne sut que dire. Le lieutenant Disher lui avait affirmé, avant son témoignage, que personne ne serait au courant de son identité. Et voilà que maintenant son nom figurait dans le journal. Comment-est-ce possible ? Comment faire pour rassurer sa fille sachant qu’elle-même n’est pas sereine ? - Maman tu es là ? Nadia se reprit. - Excuse moi ma chérie. Je ne voulais pas t’inquiéter, tu comprends. Je ne risque rien le lieutenant me l’a assuré. Puis de toute façon si j’ai le moindre problème, le lieutenant m’a remit sa carte. Nadia prit une voix apaisée et poursuivit. - Ecoute Louise, si j’avais le moindre doute sur ma sécurité, dits-toi bien une chose, tu serais la première personne que j’aurais informé de la situation. Il y eu un silence. - Louise ? - Je suis là. Oui je sais mais tu ne peux pas m’empêcher de m’inquiété pour toi. - Si ça peut te rassuré, passe me voir demain si tu veux. Tu peux passer à toute heure. Je n’ai pas prévu de sortir. Après avoir raccroché, Nadia s’assis sur son canapé puis consulta le journal, ignorant que la conversation qu’elle venait d’avoir avec sa fille était la dernière.
10
Il retourna sur son lieu de travail. Tournant la tête de droite à gauche et d’un pas furtif, il pénétra dans le centre de tri. A l’abri des regards il retira sa veste, la garda à la main puis se dirigea vers le bureau de son directeur. Il se pencha sur l’ordinateur déjà allumé, bougea la souris et rechercha les informations dont il avait besoin. Sur un bout de papier il marqua les résultats obtenus. Cinq minutes plus tard, toujours en surveillant autour de lui il alla dans l’entrepôt et laissa la porte entrouverte. La pièce était rempli d’étagère et de cartons d’archive.
Poussiéreuse et en désordre, l’endroit était particulièrement sinistre. Sachant où chercher, il fouilla les tiroirs prés de la porte, glissa à nouveau son regard en direction du centre de tri. Personne à l’horizon. Il prit la cordelette et la fourra dans la poche de sa veste. Il ferma le tiroir discrètement et quitta la pièce. En passant devant son poste de travail il fut interrompu. - T’es là toi ? demanda une voix masculine. Il se retourna, faignant son étonnement. - Henry ! Oui, je suis revenu, j’ai oublié ma veste ce matin, dit-il en la mettant volontairement en évidence. - T’es revenu exprès pour ça ? - Non. Je fais des courses et comme je n’étais pas loin, j’en ai profité. - Ah ok. Tu m’as l’air stressé. Tout va bien ? Il attendit avant de répondre. - Oui ca va. C’est ma femme. Des broutilles, annonça-t-il d’un air amusé. - Ah oui. J’ai connu ça. - Bon allez j’te laisse, dit-il en quittant son interlocuteur d’une tape amicale sur l’épaule. Il s’empressa de monter dans son véhicule et prit la direction de son domicile. Arrivé dans son appartement il s’assit sur son lit, mit la main dans une de ses poches et en retira le bout de papier. Il prit le temps de lire ses notes.Nadia dubernat 55 rue d’artois. 11 L’espace contenant le bureau était assez petit. Pourtant Menard et Disher n’avaient pas encore terminés la fouille. Ils avaient attaqués par les documents étalés sur le sol. Autant dire chercher une aiguille dans une botte de foin ! Les principaux documents qui revenaient furent des factures du gaz, d’électricité, de loyer. Enfin bref tout ce qu’il y a de plus normal. Aucun papier professionnel. Logique. Qui irait ranger dans le bureau de son domicile, des documents importants concernant ces activités professionnelles ? Personne c’est évident. Une fois ces éléments vus, Disher les mis dans le placard prévu à la base, à cet effet. Pendant que Menard commençait à mettre son nez dans les tiroirs du bureau, Disher essaya de faire le vide. Il remarqua qu’il suffisait de peu de chose pour changer à vue d’œil la dimension de la pièce. D’apparence petite à leur arrivée, il conclut qu’elle était beaucoup plus grande que ce qu’il pensait. Menard ferma brusquement un tiroir et posa ses fesses sur la chaise installé devant le bureau. Resté accroupit toute la journée fatigua tous son corps. Cette chaise fut pour lui comme une bénédiction. - Rien. Absolument rien.  - Peut-être pas. Disher s’avança vers le bureau et rétorqua. - Regarde. Il montra un endroit précis du bureau. - Tu ne vois rien d’anormal ? Menard se concentra un instant et annonça. - L’endroit que tu me montres est propre, alors que le reste du bureau est sale. - Exact, fit son collègue. - Ce qui prouve que quelque chose était installé là. Disher s’agenouilla dans un coin de la pièce et fixa son attention sur les prises. - Des câbles électriques avec un modem adsl. Disher et Menard échangèrent un regard. Menard poursuivit. - Notre impression était la bonne. Notre homme voulait récupérer quelque chose. Il nous a devancé et à subtilisé l’ordinateur de la victime. Il a peut-être laissé des empreintes.
- Non. Quand notre homme à fait sa petite visite, il a prit soin de mettre des gants. De plus il n’y a aucune trace de chaussure. Sur ce coup là, il a été minutieux. - Nous savons maintenant que cet ordinateur contient des éléments important liés au meurtre. Sinon jamais il n’aurait fait tous ces dégâts. - Oui répondit Disher. Nous avons obtenu des indices en venant ici mais ce qui m’embête le plus, c’est que nous n’avons toujours pas de preuves matérielles. Autrement dis, nous n’avons rien.
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Il était vingt heure trente. Garé devant le hall d’entrée de l’immeuble de madame Dubernat, sur une place de stationnement à l’abri des regards, il scrutait le moindre fait et geste des passants. Arrivé depuis déjà une demi-heure, il vit que le coin était paisible. Il régla le rétroviseur en direction de son visage, peaufina les derniers détails. La fausse chevelure blonde ainsi que la moustache qu’il avait trouvée, plus tôt dans la journée lui allait à ravir. « Personne ne me reconnaitra » dit-il à voix haute. Cette chevelure blonde me rend plus vieux, et cette moustache durcit l’expression de mon visage. « Cette fois ci personne ne se mettra en travers de mon chemin. Certes la veille j’ai été maladroit mais aujourd’hui, en regardant dans mon armoire, j’ai retrouvé le costume de flic que j’avais utilisé pour le carnaval, la saison dernière. Le costume en question était parfait. Tee short bleu clair avec le pantalon bleu foncé assorti. La ceinture comprenant des menottes ainsi que le chapeau étaient là. Avec ça elle ne se méfiera pas pensa-t-il. Il ouvrit sa boite à gant et en retira deux photographie. L’une de son frère et la seconde la sienne. Il fourra les deux clichés dans sa poche gauche. Il mit ses gants de cuir dans l’autre poche et descendit de voiture. Il regarda autour de lui. Personne. Il se hâta d’un pas furtif et s’arrêta devant l’immeuble. En guise d’accueil, un interphone. A l’aide de son doigt, il observa la liste des résidents. Madame Dubernat correspondait au 15. Il alla sonner à l’appareil quand il vit une femme arrivée. Il tourna le dos de l’entrée, fit semblant d’être en communication. La dame passa sans faire attention à sa présence. Avant que la porte ne se referme, il se faufila dans le hall. Il longea le couloir et monta l’escalier en direction du premier étage. Il ouvrit à moitié la porte, vérifia les lieux. Personne. Il avança discrètement, s’arrêta devant le quinze et frappa à la porte.
Après s’être préparé une bonne blanquette de veau, Nadia alla dans la salle de bain. Elle se dévêtit puis enfila une chemise de nuit avec un peignoir. Ensuite elle se lava le visage et s’étala une crème de nuit. Un antiride. Une fois ces gestes quotidiens terminés, elle se hâta d’allumer la télévision et de réglé son poste sur la six. Scène de ménages. Son programme favori. Ce feuilleton dure une demi-heure et jamais depuis la parution de ce programme, Nadia n’en rata une miette. Le générique de fin apparut lorsqu’une personne frappa à sa porte. Elle jeta à œil sur l’horloge de la cuisine. 20h35. Qui pouvait bien la déranger à cette heure tardive ? Nadia éteignit la télévision, et se dirigea vers l’entrée. En ouvrant sa porte Nadia fut face à un homme qu’elle ne reconnu pas. D’apparence ordinaire, les traits de visage épais, chevelure et moustache blonde, l’homme portait un uniforme de la gendarmerie. - Bonjour Madame Dubernat ? - Oui. - Je suis confus de vous déranger à cette heure tardive. Je suis brigadier et mon supérieur m’a chargé de venir vous voir. Il enquête sur une affaire pour laquelle vous avez témoigné ce matin. Mon supérieur est en déplacement pour la soirée. Il m’a envoyé vous posez quelques questions. - Il y a un problème sur ma déposition ? demanda Nadia d’une voie intéressée.