"Yeruldelgger" de Ian Manook - Extrait de livre

"Yeruldelgger" de Ian Manook - Extrait de livre

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Description

Le corps enfoui d'une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l'assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d'autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n'y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.
Dans ce thriller d'une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l'Asie Centrale jusqu'à l'enfer des bas-fonds d'Oulan-Bator. Il y avait la Suède de Mankell, l'Islande d'Indridason, l'Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

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Publié le 06 juin 2014
Nombre de lectures 50
Langue Français
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© Éditions Albin Michel, 2013
ISBN :978-2-226-29522-4
À Bus, à Larroque et Salgado, à Annabelle et Sylvie, à moi
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Sommaire
1 - Une sorte de bonheur…
2 - Je m’en doutais un peu !
3 - … on commence par chercher la femme !
4 - Va récupérer tes bouts de Chinois !
5 - Eh bien tout s’arrange, non ?
6 - … comment tu vas pouvoir arrêter ça !
7 - … de la famille de la Chienne au Visage Sale…
8 - … étrangers au martyre de la pauvre petite.
9 - Alors ? s’impatienta Oyun.
10 - C’est Saraa !
11 - À sa façon à lui.
12 - J’adore ça !
13 - Pourquoi pas Bambi, tant qu’il y était !
14 - Allez, dégagez tous les deux !
15 - … lui rougit les yeux et lui pimenta le cerveau.
16 - … avec douceur tout le corps de Saraa.
17 - … de nouveau du grabuge depuis notre grabuge à nous !
18 - Au troisième !
19 - … dans les lueurs affolées de ses gyrophares.
20 - Je vais prendre mon week-end pour enquêter !
21 - – Il serait bien temps ! se moqua Solongo.
22 - … nue et éveillée derrière le paravent.
23 - … ça voulait dire qu’il avait saisi.
24 - … le minable baroud d’honneur d’un vieux looser.
25 - Un très bon dimanche !
26 - … au cœur d’une forêt de mélèzes sous une lune insolente.
27 - … veiller Saraa en pensant à son père.
28 - … dont l’alerte lui annonçait le message d’Oyun.
29 - Il y a un gosse, en bas, là-dessous !
30 - … chercher à rejoindre le monastère…
31 - … tous autant que vous êtes, Saraa, toi et lui…
32 - Dès qu’elle saurait comment le joindre…
33 - … un svastika à la place du Yin et du Yang…
34 - Facile à dire ! murmura Saraa.
35 - Le tatouage découpé du Tatoué.
36 - Non, reconnut Oyun en soupirant.
37 - … c’est Lapin Crétin !
38 - … comme on s’abandonne à une petite mort attendue.
39 - … dans une ornière le long de la palissade.
40 - … en démarrant trop vite.
41 - … reprendre sa voiture et retourner chez Solongo.
42 - Pour elle comme pour nous !
43 - … à voix basse pour ne pas réveiller Saraa.
44 - Les sauvages n’étaient plus ce qu’ils étaient…
45 - Tout est compliqué, toujours !
46 - … dans un long sommeil tiède et apaisé.
47 - … faire rire la bande et se faire pardonner par Oyun.
48 - Il était seul dans la nuit depuis longtemps.
49 - … en finissant les bouteilles éparses.
50 - … qui l’empêchait d’écraser le corps d’Oyun au passage.
51 - … quand on avait tous besoin de toi ?
52 - Il composa le numéro d’Erdenbat.
53 - … il fallait commencer par lui…
54 - … il murmura : « Merci » avant de l’étreindre.
55 - … l’heure fragile de la nuit.
56 - Eh bien, cherche où il est et dis-le-nous !
57 - … et vu les circonstances, ce n’était déjà pas si mal !
58 - Personne ne savait où était passée Saraa.
59 - Ne t’en fais pas, elle saura, elle !
60 - … dans la petite vallée devant son ranch…
61 - C’est quelque chose qu’il faut que tu voies !
62 - … pour notre dîner au Mongolian Barbecue !
63 - … deux ou trois petites choses dont il pourrait avoir esoin.
64 - Ça doit bluffer grave les filles, ça !
65 - Moi aussi je t’avais prévenu, Chuluum. Moi aussi !
66 - … plus dans un geste de défense que d’arrogance.
67 - J’ai une longue route à faire…
68 - … puis il essaya d’appeler Solongo.
69 - … les petites sandales de Kushi.
70 - … un autre ivrogne encore plus ivre que lui.
71 - … mais pas l’ogre, dévoré entre-temps par une ourse…
72 - Depuis longtemps déjà, trop longtemps…
73 - Maintenant il avait un plan.
74 - Moi aussi, mon ange, bien sûr que moi aussi !
75 - Aucune trace d’Erdenbat…
1 Une sorte de bonheur…
Yeruldelgger observait l’objet sans comprendre. D’abord il avait regardé, incrédule, toute l’immensité des steppes de Delgerkhaan. Elles les entouraient comme des océans d’herb folle sous la houle irisée du vent. Un long moment, silencieux, il avait cherché à se convaincre qu’il était bienlà où il se trouvait, et il y était bien. Au cœur de distances infinies, au su de la province du Khentii et à des centaines de kilomètres d ce qui pourrait un tant soit peu justifier la présence incongrue d’un telobjet. Le policier du district se tenait respectueusement à un mètr derrière lui. La famille de nomades qui l’avaient alerté, quelques mètres en face. Tous le regardaient, attendant qu’il apporte une explication satisfaisante à la présence de l’obje saillant de terre, de travers par rapport à l’horizon. Yeruldelgger avait respiré profondément, malaxé son visage fatigué dans ses larges paumes, puis il s’était accroupi devan l’objet pour mieux l’observer. Il était vidé, épuisé, comme essoré par cette vie de fli qu’il ne maîtrisait plus vraiment. Ce matinà six heures o
l’envoyait enquêter sur trois cadavres découpés au cutter dans le local des cadres d’une usine chinoise dans la banlieue d’Oulan-Bator, et cinq heures plus tard il était dans la steppe ne même pas comprendre pourquoi on l’avait envoyé jusque-là. Il aurait de loinpréféré rester en ville pour enquêter sur les cadavres des Chinois avec son équipe. Il savait par expérienc et par goût de l’adrénaline que la première heure sur une scène de crime était déterminante. Il n’aimait pas trop ne pas y être, même s’il avait toute confiance en l’inspecteur Oyun qu’i avait laissée en charge. Elle savait y faire et le tiendrait a courant si nécessaire. Le policier du district n’avait pas osé s’accroupir à côté d lui. Il restait debout, à moitié penché, les genoux pliés et le dos cassé en deux. Mais à la différence de Yeruldelgger, il ne cherchait pas à comprendre. Il attendait juste que l commissaire de la capitale le fasse. Les nomades, eux, s’étaient accroupis en même temps que lui. Le père était peut-être un grand-père, le visage plissé par la lumière du soleil sous son chapeau traditionnel pointu. Il portait un vieuxdeel de tissu satiné vert, tout brodé de jaune, et des bottes de cavalier encuir. La femme était habillée d’un manteau ble clair et soyeuxserré par une large ceinture de satin rose. Ell était beaucoup plus jeune que l’homme. Les trois enfants s suivaient en rang d’oignons, rouge, jaune et vert : deux garçons et une petite dernière. Le commissaire jugea qu’il y avait eine un an de différence de l’un à l’autre. Toute la famille