Rome payenne, Rome chrétienne, Rome du moyen-âge, Rome du grand concile en 1870, Rome envahie par le roi du Piémont (2e édition, revue et corrigée par l

Rome payenne, Rome chrétienne, Rome du moyen-âge, Rome du grand concile en 1870, Rome envahie par le roi du Piémont (2e édition, revue et corrigée par l'auteur) / par l'auteur du petit poème de l'Assomption... [signé B. Bedoin curé]

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Français
33 pages

Description

impr. de Vignal (Roanne). 1872. 38 p. ; in-8.
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Publié le 01 janvier 1872
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Langue Français
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ROME PAYENNE
r
ROME DU MOYEN-AGE
Rome du firand Concile en 1870 ; — Rome envahie par le Roi du Piémont
PAR
L'AUTEUR DU PETIT POÈME
~~'.. °^> *>v Riive d'un Enfant de Marie
bEiraiÈME .ÉjbâaoN, REVUE ET CORRIGÉE PAR L'AUTEUR
Prix : 2 fr. 25 c.
ROANNE
IMPRIMERIE VIGNAL ET Cie
PLACE DE L'HÔTEL-DE-VILLE
1872
^DEDICACE A PIE IX
j£s> vos pieds prosterné, je vous soumets, Saint-Père,
£j n essai poétique où ma muse éphémère
^ ense avoir, dans ces jours d'aveugle impiété,
^ ffirmé m'a croyance envers la Papauté.
^ uissent ces pauvres vers, dans votre âme éprouvée,
H tre un baume aux chagrins dont elle est abreuvée !
VI DÉDICACE.
M llustre et saint Pontife, auguste prisonnier,
ïlj os respects vous sont dus comme notre denier,
^ aible secours, hélas ! pour la grande détresse
^ laquelle un vainqueur eut la scélératesse,
M vre de ses succès, de vous assujétir,
g8* orsque de ses forfaits il eût dû pressentir
|asi es divers châtiments que Dieu, dans sa justice,
H nflige aux insensés qui, par haine ou caprice,
^ lessent les droits acquis, troublent l'ordre et la paix.
P aissez-les consommer leurs infâmes forfaits,
S n attendant le jour de votre délivrance
^ ar le peuple français, dont la noble vaillance
M nterviendra, Saint-Père, après tous ses revers,
g t fera rendre Rome au Pape, à l'univers.
<% otre drapeau vainqueur chassera ces vandales.
g t mettra bientôt fin à leurs affreux scandales -v
Ç* n monarque puissant, suscité parmi nous,
fejj era courber les grands, les peuples devant vous.
B. BEDOIN,
Curé de Mably.
ÂJX^BEGTEURS DE CE POEME
s i ■— i
CHERS LECTEURS,
En sollicitant votre indulgence pour ce poème sur la quin-
tuple Rome : 1° Rome payenne ; 2° Rome chrétienne ; 3° Rome
du moyen-àge ;. 4° Roms du grand Concile ; 5° Rome envahie
par le roil du Piémont, permettez à l'auteur de vous faire con-
naître la principale cause de cette seconde édition : Y actualité.
L'actualité fait quelquefois la réputation d'un livre, comme
elle fait souvent, par des variations et des changements successifs
dans le luxe et les modes, la fortune du négociant qui sait la
mettre à son profit.
Dans notre siècle si vaporisé par toute espèce d'inventions et
de trains à grande vitesse, chacun s'accroche comme il peut et
se cramponne de son mieux à Vactualité pour en obtenir soit
quelques parcelles de fortune, soit quelques' bribes de célébrité,
soit même quelques frivoles semblants de plaisirs, de jouis-
sances éphémères d'un bien-être imaginaire qui ne nous offre
que des réalités décevantes dans ce pauvre monde.
Les événements se précipitent avec une telle rapidité, qu'on
n'en voit passer sous ses yeux qu'une trace rapide et phosphores-
cente, une traînée confuse assez semblable à celle qui -se produit
à vos regards en chemin de fer, quand, emportés par la vapeur,
vous essayez vainement de fixer par un vasistas de 40 centi-
mètres carrés, les objets extérieurs, les clochers, les villages, les
coteaux, les prairies qui sont déjà loin derrière vous, subitement
remplacés par d'autres qui disparaissent à leur tour, suivis,
pressés par d'autres encore qui passent et disparaissent avec la
même rapidité.
Essayez donc, observateurs de la belle nature, essayez de
prendre vos notes deJ voyage !... Peintres célèbres, prenez vos
toiles et vos pinceaux !... Habiles dessinateurs, saisissez vos.
crayons!... Photographes exercés, préparez vos télescopes,
vos objectifs pour tirer des vues, des portraits, et photographier
ces figures, ces scènes mouvantes dont vous ne pouvez ni saisir
les proportions, ni caractériser les traits, ni reproduire les
moindres ressemblances, faute de calme, et constamment agités
par les ébullitions et les secousses de la vapeur qui vous
emporte et vous menace à chaque instant de ses explosions
foudroyantes. Voilà bien, si je ne me trompe, une petite pho-
tographie du monde actuel et un léger échantillon de la pression
qu'exerce aujourd'hui Yactilalité.
L'auteur de ce poème, s'était laissé persuader qu'il devait,
comme tant d'autres, saisir la balle au tond et profiter de
Yactualité pour faire éditer le plus promptement possible ce
premier jet d'une étude, à vol d'oiseau; sur un sujet aussi vaste
que Rome payenne, Rome chrétienne, aussi bien que Rome du
moyen-âge, si peu comprise, si mal jugée en ces temps d'in-
crédulité, et si méchamment travestie et défigurée par des
historiens impies et menteurs. Le travail sur Rome du Concile
et Rome envahie par le roi du Piémont n'était pas entièrement
terminé ; le tout n'avait pas été assez mûri, ni remis cent fois
sur le métier pour être lu, relu, poli et repoli, quand on mit
l'ouvrage sous pressé.
L'auteur ne l'avait livré qu'à regret à la typographie, crai-
gnant avec raison que ce ne fût un] fruit trop hâtif et comme
forcé dans la serre étroite d'une imagination peu poétique, et
que la réfraction des ■ soleils brûlants de tarît de talents supé-,
rieurs pouvait étioler et réduire à tomber d'inanition sous
l'air glacial d'une sévère critique, dans les catégories insigni-
fiantes du mépris et des inutilités. ■
— 9 —
Ce poème n'avait donc que le mérite de l'actualité. L'auteur
s'étant trouvé très souffrant .d'une pénible névralgie, quand
l'imprimeur lui adressa l'épreuve à corriger, put à peine en lire
deux ou trois pages, et la renvoya à l'imprimeur en le priant de
ne pas en faire de si tôt le tirage définitif. Mais celui-ci voulant
dégager ses caractères d'imprimerie dont il avait besoin pour
d'autres publications, pressa le tirage, avec de nombreuses
fautes soit de typographie, soit de composition, qui ont déterminé
l'auteur à supporter les frais de cette seconde édition, qui pourra
encorejouir de l'actualité et trouver un plus favorable accueil
que n'eût eu la première dont il a retiré 800 exemplaires, après
en avoir distribué, à son grand regret, près de 200, à titre
d'hommage, à.ses amis et connaissances.
On est généralement trop prévenu, de nos jours, contre la
poésie. On subit la lecture d'une pièce de vers comme celle d'une
facture à payer ou d'une feuille de prestation à la corvée ; et
s'il en faut passer par [là, on se résigne pourtant, mais on n'est
généralement pas sympathique avec la poésie.
Ce dégoût presque universel n'aurait-il pas pour cause princi-
pale les prétentions d'un style ardu, emphatique, les inversions
forcées, le néologisme prétentieux de certaines productions quL
pour s'écarter des voies communes et accessibles aux intelli-
gences vulgaires, s'évertuent à planer dans les régions mysté-
rieuses d'une diction énigmatique et nébuleuse qui promène à
travers des sphères inconnues l'attention du lecteur et la
fatigue au lieu de la captiver ?
Si l'auteur de la quintuple Rome a réussi, dans son poème, à
éviter ces défauts, et s'il a fait des vers coulants, faciles, qui ne
sentent pas le travail, et dont la lecture est aussi aisée à compren-
dre que celle de la prose, comme quelques lecteurs de la première
édition avaient l'indulgence de l'en féliciter, les lecteurs de cette
seconde édition pourront en juger. Tel a été, du moins, le but
constant de ses efforts.- Si quelques-uns trouvaient qu'il n'a pas
atteint ce résultat, ils voudront bien au moins lui tenir compte
de sa bonne volonté. A d'autres de mieux faire !
ROME
1° Payenne, — 2° Chrétienne, — 3° du Moyen-Age, — 4° du Concile, —
S" Envahie par le Piémont.
Rome, depuis longtemps, a vu de ses Césars
Le cortège nombreux et dix fois séculaire
S'arrêter et couvrir de leurs débris épars
Ses collines , ses monts , son forum consulaire.
Le vent de la colère a soufflé ses fléaux,
L'empire a disparu sous des flots de barbares ;
Alaric , par trois fois, veut planter ses drapeaux
Aux temples de Janus et chasser les dieux Lares.
Un seul temple sera dans Rome respecté ;
C'est celui des chrétiens. Son or et sa richesse,
Loin d'être à son butin un trésor ajouté,
Sont rendus à ce temple avec pompe et noblesse.
On dirait qu'il n'en veut qu'aux temples des faux dieux,
Auxquels sont prodigués des hommages stupides.
Rome Payenne
— 12 —
Renverser leurs autels, les détruire en tous lieux,
Semble être le seul but de ses marches rapides.
La voilà cette Rome engraissée autrefois
Du sang des nations qu'elle avait égorgées ;
Qui jamais d'un vainqueur n'avait subi les lois.
Elle voit maintenant ses terres ravagées,
Ses temples démolis !... À son ambition,
À son antique orgueil, à sa gloire hautaine,
Succèdent le pillage et la destruction,
Et c'est un Visigoth qui contre elle déchaîne
La fureur qu'elle-même exerçait en tout lieu.
Grande et forte leçon aux puissances du monde !
Ne voit-on pas ici la justice de Dieu,
Dont les secrets desseins, la sagesse profonde,
Mènent tout à ses fins par des moyens divers?
Des grands crimes souvent il sait tirer vengeance,
Pour montrer que toujours, maître de l'univers,
Il sait être à son gré justice ou patience.
Lui seul sait quand il faut différer ou punir.
S'il réserve l'ivraie à la moisson prochaine,
ïl sait quand elle doit commencer et finir ;
Sa volonté toujours est sa loi souveraine.
Si Rome a dû croupir dans un cloaque impur,
Dans un bouge où grouillaient les dieux du paganisme,
Un déluge barbare, un vainqueur au coeur dur,
Vient la purger enfin, pour le christianisme,
De ses dieux de métal accroître son butin,
Et pousser dans les bras du seul Dieu qui console
Ce peuple qui, trompé par l'aveugle destin ,
.— 13 —
Renonce volontiers aux dieux du Capitole
Pour se réfugier vers le Dieu des chrétiens,
Et former des débris de la Rome payenne
Une Rome nouvelle et d'autres citoyens
Transformés en enfants de la Rome chrétienne.
Par le sac d'Àlaric , Rome n'a rien perdu
De son prestige antique et de son influence ;
Le payen, le barbare est frappé, confondu
De voir tant de grandeur et de magnificence,
Tant d'éclat, tant de pompe et tant de majesté
Dans le culte qu'on rend au seul Dieu véritable;
Et déposant les traits de sa férocité ,
Il admire, interdit, ce culte vénérable.
Mais voici qu'Attila, nommé Fléau de Dieu,
Après avoir couvert la Gaule de carnage,
Et porté l'épouvante et la mort en tout lieu,
Vient sur Rome assouvir sa fureur et sa rage.
Un saint Pape s'avance au-devant dû vainqueur.
Le bâton pastoral, la croix et la tiare
Ont calmé son courroux, désarmé sa fureur,
Et le glaive est tombé des mains du roi barbare.
Tant est majestueux , tant est resplendissant
Le prestige sacré, le divin caractère
Dont souvent, pour ses fins, dote le Tout-Puissant
Ceux qu'il charge ici-bas de son saint ministère.
C'est un faible vieillard en face d'un guerrier,
Dont l'armée a partout été victorieuse.
Mais c'est l'oint de celui qui, d'un faible gravier ,
A posé sa limite à la mer furieuse.
- 14 —
Les fureurs d'Attila, la rage d'Alaric ,
N'ont point assez réduit la puissance romaine ;
Eudoxie a promis l'empire à Genséric.
Pour venger son époux, l'indigne souveraine
Livre Rome au pillage, à la destruction.
De Rome, cette fois, le vieillard vénérable
Ne pourra conjurer la dévastation.
Le vainqueur, cependant, à ses voeux favorable,
Laisse au peuple la vie avec la liberté.
Des pontifes romains la puissante tutelle
Protège désormais cette grande cité
Mieux qu'un épais rempart, mieux qu'une citadelle,
Mieux que ses empereurs, ses guerriers et ses rois,
Dont les rivalités étroites et mesquines
S'agitaient en tout sens et fomentaient parfois
Les provocations , les luttes intestines.
On voyait si souvent du barbare au Romain
Passer et repasser la pourpre impériale,
Que, la veille, incertain du sort du lendemain,
Le peuple avait perdu son ardeur martiale;
Et le sénat, froissé de tous ces changements,
N'avait plus confiance en ces maîtres nomades,
Dont le règne n'était que bouleversements,
Que cabales, complots, trahisons, embuscades,
Que droits sacrifiés, intérêts compromis,
Qu'intrigues de palais ou questions d'eunuques.
Plus de respect aux lois, plus de sujets soumis ;
L'empire chancelait sur ses bases caduques.
Le pouvoir avili n'était plus respecté,
— 15 —
L'autorité sans frein enfantait la licence,
Et le vieux paganisme, enfin discrédité,
Sur ses ais vermoulus, tombait en décadence.
Dans Rome, cependant, grandissait un pouvoir,
Pouvoir spirituel dont le saint exercice
N'avait, pour maintenir dans l'ordre et le devoir,
Ni glaive, ni prison, ni bourreau, ni supplice.
C'était l'humble pouvoir des pontifes romains.
De Dieu seul relevait leur auguste puissance,
Et leur autorité des dociles humains
Obtenait sans effort respect, obéissance.
Ce grand pouvoir papal, type de dignité,
De pureté, de foi, de douceur, de noblesse,
D'ordre, de dévoûment, d'immutabilité,
D'honneur, de sainteté, de force et de sagesse,
Aux peuples saturés d'un pouvoir ombrageux,
Susceptible, inquiet, dominant par la crainte;
Pouvoir sévère et dur, égoïste, orageux,
S'imposant par l'orgueil, la force et la contrainte,
Offrait un doux contraste, en compensation
De tant d'iniquités, de forfaits et de crimes,
Dont dix siècles entiers de domination
Avaient multiplié le nombre, des victimes.
Odoacre a vaincu l'empire d'Occident;
Rien ne peut arrêter sa marche triomphale.
L'Italie est conquise; il n'ose cependant
De Rome en son pouvoir faire sa capitale.
Rome avait exercé sur le monde payén
Son prestige puissant et sa prépondérance :
— 16 —
Elle aura désormais, sur le monde chrétien,
Le même plein pouvoir et la même influence.
Comme elle fut toujours la ville des Romains,
Sans être capitale au sein de l'Italie,
Ville tantôt aux Goths et tantôt aux Germains,
Quelquefois ravagée et toujours rétablie,
Indépendante et fière après tous ses revers,
Attendant le moment d'étendre ses conquêtes
Sur les peuples voisins et sur tout l'univers,
Après tous les assauts et toutes les tempêtes
Qui devaient renverser ce colosse odieux
De domination, de pouvoir tyrannique ;
Rome, épurée enfin du culte des faux dieux,
Appartient désormais au monde catholique.
En ces temps où l'on voit le féroce Attila,
Alaric, Odoacre et le grand Bélisaire,
Justinien, Narsès, Genséric, Tottila,
Apparaissent aussi Vigile et saint Césaire,
Gélase et saint Léon, Orose et saint Paulin,
Félix, Théodoret, Hilaire et saint Jérôme,
Hormisdas, Àgapit, Athanase, Augustin,
Théodat, Jean, Sévère et saint Jean Chrysostome,
Et tant d'autres soutiens et savants protecteurs
De l'unité de foi contre tout alliage
Des erreurs qu'enseignaient de puissants novateurs,
Tels qu'un Nestorius, un Donnât, un Pelage.
La Papauté, fidèle à ses traditions,
Toujours prudente et neutre entre partis rebelles
Que fomentaient souvent diverses passions,
Rome Chrétienne