les fiancés de la vallée

les fiancés de la vallée

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97 pages

Description

Toulouse, la ville rose couleur de la brique.
Un village Pyrénéen à l’ombre de son église massive en pierre de schiste.
Aurore et Bastian, un jeune couple de musicien passionnément amoureux et fasciné par les orgues.
Une brillante carrière s’offre devant eux.
Un événement imprévu fera basculer leur destin mais aussi celui d’un jeune enfant aveugle et d’une fillette qui a l’oreille musicale.
Un récit étrange plein de poésies et de tendresses.  

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Publié le 22 avril 2017
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Langue Français
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trou est bouché. Ce sera le même geste qu’un organiste fera en agissant sur les touches de son clavier. L’incroyable mécanique de l’orgue se compose de cinq éléments : - La soufflerie, fournissant le vent. - Le sommier, conduisant et transmettant le vent provenant de la soufflerie aux tuyaux actionnant les hanches. - Les tuyaux dont la hauteur peut aller de un à dix mètres. - La console (le clavier) où se positionne l’organiste (le musicien). - Le pédalier permettant de moduler le son. Il est tout à fait possible de jouer en actionnant uniquement les pédales et avec les mains en même temps d’où l’expression ancienne « Jouer des pieds et des mains ». Chaque musicien ou organiste apportera sa propre interprétation selon sa façon de jouer. La partie instrumentale est fabriquée par un artisan que l’on appelle « un facteur » (du Latin factor, celui qui fait). Il en assure la maintenance et la révision tous les vingt ans. Un artisan, sculpteur sur bois et menuisier habilleront la partie instrumentale laissant libre la première rangée de tuyaux (façade ou montre). Principalement, il utilisera du bois de chêne. Cet ensemble d’architecture de bois sera somptueusement décoré. Il constituera le buffet d’orgue. Il sera son écrin, mais aussi aura un rôle protecteur contre la poussière. Il servira pour l’acoustique en amplifiant les sons. Chaque orgue est unique. La face cachée de l’orgue présente une incroyable machinerie permettant de créer le vent. Autrefois, l’organiste se faisait accompagner de plusieurs aides pour actionner les souffleries. Maintenant, les ventilateurs sont gérés par l’électricité. Le cœur de l’instrument renferme des centaines de tuyaux de quelques centimètres à plusieurs mètres de long. Disposés du plus aigu au plus grave. Aurore et Bastian se tenaient assis devant le grand buffet d’orgue avec une certaine appréhension. Aurore portait une longue robe jaune paille dont le décolleté mettait en valeur ses charmes. Bastian contemplait, songeur la nef de la basilique.  - C’est noir de monde.  - Nos parents sont installés au premier rang. Ils doivent être heureux. Les parents d’Aurore, Lucien et Chantal Barthe se tenaient au premier
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rang. Les parents de Bastian assis à côté d’eux étaient descendus de Paris. Sa mère, Elise était costumière à l’opéra Garnier et son père, Serge, violoniste.  - Excellente idée de prévoir le mariage avant la fin de l’été.  - Enfin. Ils seront unis devant Dieu.  - Depuis le temps que je leur demande.  - Tu connais ce morceau « Ode à la montagne » ? Questionna la mère d’Aurore en regardant le programme.  - Non. C’est une création de notre fille.  - C’est formidable de la part de la mairie de Toulouse de donner la chance à des jeunes organistes. Ajouta la mère de Bastian.  - Je connais beaucoup de monde. Cela va commencer. Chut… Place aux rêves, murmura le père d’Aurore. Face au buffet d’orgue, Bastian et Aurore s’embrassèrent et commencèrent à jouer à quatre mains une œuvre de Bach puis enchaînèrent par Mendelssohn. Les puissantes sonorités de l’orgue envahirent la totalité du cœur de la cathédrale jusqu’aux hautes colonnes de pierre. Les mélodies ouvraient les chemins du ciel. Le dernier morceau marquant la fin du récital officiel s’acheva sous les applaudissements et les ovations du public. Après un léger silence Aurore et Bastian interprétèrent pour la première fois « Ode à la montagne ». Les notes rythmées de la mélodie écrite par Aurore s’envolèrent pour la première fois au dessus des voûtes de la cathédrale. Aurore et Bastian nageaient dans le bonheur. Le public se leva pour applaudir et faire une ovation de nouveau aux jeunes organistes qui rejouèrent une deuxième fois le morceau final. Le père d’Aurore profondément ému par le concert s’adressa à sa femme.  - Chéri, pourquoi tu pleures ?  - C’est tellement beau. Notre Aurore nous a montré les chemins du ciel. Dans l’appartement Toulousain de Bastian donnant sur les bords de la Garonne, Aurore coupait les fleurs fanées des géraniums disposées sur la terrasse. Assis sur le canapé, Bastian lisait les nombreuses critiques toutes enthousiastes sur le récital qu’ils avaient donné à la basilique Saint-Sernin. Beaucoup de journalistes avaient souligné la qualité et la beauté du thème « Ode à la montagne ». Aurore s’installa sur le canapé à côté de Bastian.
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