Silverie

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Extrait : Je lui ai dit simplement que j'avais parié vingt-cinq louis qu'elle ne me tromperait pas dans les quinze jours avec ce Hollandais... J'ai surtout insisté sur les vingt-cinq louis. Si elle est tentée d'oublier ses devoirs, elle n'oubliera pas le chiffre en question.

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EAN13 9782824712390
Langue Français
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ALP HONSE ALLAIS - T RIST AN BERNARD
SI LV ERI E
BI BEBO O KALP HONSE ALLAIS - T RIST AN BERNARD
SI LV ERI E
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1239-0
BI BEBO OK
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– Bibliothè que Éle ctr onique du éb e c
Ont contribué à cee é dition :
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Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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V ous de v ez aribuer l’ o euv r e aux différ ents auteur s, y
compris à Bib eb o ok.   à Paris,
dans une chambr e d’hôtel meublé .L
Une p etite table à tir oir , à dr oite , au pr emier plan ; une chaise à g auche
de cee table . D eux autr es chaises, au pr emier plan, à g auche . – Porte au
fond. Cheminé e dans un p an coup é , au fond, à dr oite . Sur la cheminé e ,
une p endule .
n
1Scène pr emièr e
ICT OR D ODEA U , . ( La p endule sonne huit coups, que D
ode au compte av e c ses doigts.)V D eux heur es et demie . . . A ujourd’hui, à quatr e heur es pré cises,
ma situation p é cuniair e va chang er du tout au tout. Mon p assif ne
diminuera p as, é videmment. . . Un p assif ne diminue jamais. . . Mais mon
actif va s’augmenter de vingt-cinq louis qui ne de v r ont rien à p er sonne . . .
C’ est-à-dir e qu’ils ne p aier ont rien à p er sonne . . . Ça r e vient au même . Je
p ossé derai en tout cinq cent vingt-huit francs. . . Je me sens de très b onne
humeur . . . C’ est curieux comme l’ar g ent aide à supp orter la p auv r eté . . .
Ces vingt-cinq louis me sont absolument tombés du ciel. . . Je ne suis p as
de ceux qui s’imaginent qu’ils n’ ont qu’à ouv rir la b ouche p our que les
alouees y tomb ent toutes rôties. . . Non, mais tout de même j’ ouv r e la
b ouche de temps en temps. . . Le ciel p eut m’aider d’ailleur s un p eu, car
je m’aide autant que je puis. ’il v ente , qu’il pleuv e , qu’il grêle , je joue
dix heur es p ar jour à la manille . . . C’ est ainsi que j’assur e mé dio cr ement
ma subsistance , et celle de ma b onne amie . . . Curieuse histoir e que celle
de ces vingt-cinq louis. . . Mais v oici quelqu’un. . .
2Silv erie Chapitr e
n
3Scène I I
, D   .
MUCH E, entrant.M Bonjour .
D ODEA U
Muche , é coute . T u ne viens p as ici dans l’intention de m’ empr unter de
l’ar g ent ? tu n’ es p as tenaillé p ar un b esoin très pr essant ?
MUCH E
Pas pré cisément à cee minute . Mais p our quoi ?
D ODEA U
Il est donc p arfaitement établi que tu n’as p as p erdu cee nuit une
somme imp ortante . Et tu ne song es p as du tout à te brûler la cer v elle ?
MUCH E
Où v eux-tu en v enir ?
D ODEA U
Je puis donc p arler libr ement. Sache , mon vieux Muche , que je vais
toucher cinq cents francs, tout à l’heur e .
MUCH E, p ortant la main à la p o che intérieur e de sa jaquee .
Tiens, justement. . .
D ODEA U , l’ar rêtant.
4Silv erie Chapitr e
Il n’ est plus temps. (S’éloignant.) Je vais toucher vingt-cinq louis tout
à l’heur e .
MUCH E
Comment ça ?
D ODEA U
T u vas tout sav oir . ( Ils s’assoient sur les chaises à g auche .) Il y a quinze
jour s, j’étais allé au banquet des anciens élè v es chassés des Ly cé es de
Paris. J’y avais été admis p ar fav eur bien que je n’ eusse jamais été chassé que
de ly cé es de pr o vince . Je fus présenté à un riche Hollandais, un nommé
V an Heitner ; ce Hollandais, après b oir e , se liv ra, au sujet de la fidélité des
femmes françaises, à des pr op os d’un cy nisme sans ég al. e cet
étrang er au p oil r ude pût tenir de tels pr op os, il n’y avait rien là de si sur pr
enant. Mais qu’il s’ e xprimât ainsi de vant de jeunes Français dont chacun
avait au moins une , sinon deux maîtr esses à défendr e , v oilà qui, en
vérité , dép assait toutes les limites. . . Je me le vai d’un b ond (il se lè v e ), d’un
seul. . . On avait bu, l’ai-je dit, for ce vins et liqueur s, et je sentais mon
visag e enflammé d’alco ol et de colèr e .( Grav ement.) Je r eg ardai le
Hollandais fix ement dans le jaune des y eux. . . et au milieu d’un silence . . .
d’un silence de mort. ( Chang e ant de ton et souriant.) V ous en av ez de
b onnes, lui dis-je . Mais on n’avance p as de p ar eilles choses sans les
soutenir d’un enjeu. . . Faisons un p ari, v oulez-v ous ? V ous prétendez que toutes
les femmes tr omp ent leur s amants et que v ous v ous char g ez de souffler
une femme à n’imp orte qui en quarante-huit heur es. Moi, monsieur , ce
n’ est p as quarante-huit heur es que je v ous donne p our triompher de la
v ertu de ma Silvérie , ma jeune maîtr esse , ce n’ est p as cinq jour s, p as dix
jour s, mais quinze jour s, entendez-v ous, quinze jour s. V enez v ous
installer dans mon hôtel. V ous y tr ouv er ez des chambr es très conv enables
depuis tr ois francs. . . Soit dit en p assant, ajoutai-je , car je sais que v ous
ne r eg ardez p as à la dép ense . . . Eh bien, v ous entendez ? Je v ous p arie
vingt-cinq louis que v ous n’ar riv er ez p as à v os fins. Et ce disant, je p
ortai la main à ma p o che . . . où je ne tr ouvai qu’un mouchoir et un cray on
pr otèg e-p ointe . . . Mais, entraîné p ar la b e auté du g este , je les dép osai
fièr ement sur la table .
MUCH E
Et c’ est aujourd’hui qu’ e xpir e le délai en question ?
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