Soirées des enfants de Thalie, recueil de chansons et poésies inédites : première année

Soirées des enfants de Thalie, recueil de chansons et poésies inédites : première année

Français
238 pages

Description

chez tous les marchands de nouveautés (Paris). 1851. 1 vol. (VII-232 p.) ; in-16.
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Publié le 01 janvier 1851
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Langue Français
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SOIRÉES
DES
ENFANTS DE THALIE,
RECUEIL
DE CH«\S II POÉSIES INÉDITES.
Première et JDeimème 3nnéee.
PRIX 2 FRANCS.
PARIS.
A L'iMPItlMERIE DB GUILLOIS, FAIT.OI'IIG &T-AVTOKE, 115,
Au Passage du Caire, 46,
Vf chez tous les Marchands tle Nvuveauiïs.
1851.
SOIRÉES
m mats m mut,
SOIREES
DES
SNFANTS DE THALIE.
RECUEIL
DE CIWNSONS ET POÉSIES INÉDITES.
première l&mieV.
PARIS.
IMPRIMERIE DE GUIl.LOIS, FAUBOURG ST-ASTOHE , 113,
Passage du Caire, 46.
Et chez loua tes Marchands de nouveautés.
1851.
REGLEMENT
DK LA
SOCIÉTÉ DES ENFANTS m TIMLIE.
ARTICLE PKEMIEK.
AIR : Mon père était pot.
Entre amis de franche gaité,
Sans songer à la gloire,
Formons une Société,
Pour chanter, rire et boire ;
Muse des chansons,
Nous te choisissons
Pour mère et pour amie,
Forts de ton appui,
Fondons aujourd'hui
Les Enfants de Thalie.
AHT. II.
AIR: de Marianne.
La Société se compose
De vingt membres de premier choi\ ;
Le but que chacun se propose
C'est de banqueter tous les mois.
Vite un conclave,
L'afl'aireest grave,
Choisissons bien ce jour si fortuné :
Point de quantième,
Jeudi deuxième,
A nos plaisirs tu seras destiné.
Personne, et l'on peut se le dire,
N'est tenu d'avoir de l'esprit,
Si, par hasard, il s'en produit,
Ça ne pourra pas nuire, [bis).
ART. III.
AIR : J'ai vu partout dans tues voyages.
11 faut nous. f or à l'image
De notre grande nation ;
Mais nous devons être plus sage
Dans notre constitution.
Le Président qui se présente,
Pour un an, nous le nommerons,
Et si sa marche nous contente, } , .
Eh bien ! nous lo réélirons. ) '
«y
ART. IV.
AIR : Nous nous mari'rons dimanche.
Faisons Trésorier
Le plus grand sorcier,
Sinon pas d'économies.
Nommons à l'instant
Le plus fort gourmand ,
Maître des Cérémonies;
Car un diné,
Rien ordonné,
Doit plaire;
Enfin je vois
Encore un choix
A faire,
La célébrité,
L'immortalité,
Dépendront du Secrétaire.
ART. V.
AIR : Delà Catacoua.
Un tel choix, quoique honorifique,
Impose de certains devoirs,
Mais il faut, mieux qu'en politique,
Bien séparer tous les pouvoirs.
Le Bureau qui fait son service,
Des membres a bien mérité ;
Qu'il soit cité !
Qu'il soit chante !
Qu'il soit fêté !
Qu'on boive à sa santé ! !
Le Président rend la justice ;
Le convive doit la gaité.

ART. VI.
AIR : Je suis né natif de Ferrure (de CALPIGI).
Nos oeuvres sont toujours bien faites,
Mais, pour les rendre plus parfaites,
Il faut suivre l'opinion
Du Bureau de Révision,
Quelle fameuse invention !
Nos chansons seront sans rivales,
Et malgré toutes les cabales,
Nous irons, par ce comité,
Tout droit à la postérité. (bis.)
ART. VII.
AIR : de la Pipe de Tabac.
C'est à six heures qu'on arrive;
Le règlement, qui prévoit tout,
Veut qu'à table, chaque convive
Puisse satisfaire son goût :
A dix heures, sans crier gare !
Entre deux verres de Cognac,
Chacun allume son cigarre
Ou bien sa pipe de tabac. (bis.)
ART. VIII.
AIR : des Fraises.
Tous au banquet se rendront,
Pas de raisons qui tiennent,
Ou bien l'amende ils pairont,
Tandis qu'ils en mangeront,
S'ils viennent, (ter).
ART. IX.
AIR : Et l'eau coule pour tout le monde.
Chez nous entière liberté,
On chante, on conte, on lit, on pense ,
Nous aimons assez la gaîté,
Mais nous proscrivons la licence ;
Un peu d'esprit nous plaît bien mieux
Qu'un lourd fatras scientifique;
Et pour éviter qu'à nos yeux,
La discorde règne en ces lieux,
Ne parlons jamais politique. (bis.)
ART. X.
AIR : Femmes voulez-vous éprouver.
Les dames, dans nos gais repas,
Pourraient nous causer trop d'alarmes,
Le beau sexe n'y parait pas,
Nous craignons l'effet de ses charmes ;
L'amour, à table, est de saison,
Auprès d'une femme jolie :
Quand on veut garder sa raison,
II faut éviter la folie.
ART. XI.
AIR: Un Chanoine de l'Auxerrois.
Si l'un de nous, au noir séjour,
Faisait un voyage à son tour,
Ce que j'ai peine à croire,
«7
Que ses camarades, soudain,
A son convoi, le verre en main,
Honorent sa mémoire.
Un article très important,
C'est que le défunt, en mourant,
Nous léguera
Tout ce qu'il voudra,
Pour nous aider à boire.
ART. XII.
AIR : Quand Biron voulut danser.
Fait au profit de Bacchus, \ i^
Par devant Maître Cornus, )
Assisté de la Folie,
Dans le temple dcThalic,
En l'an bienheureux » .
De... cinquante-deux. {
ART. XIII.
AIR : 0 filii et filioe.
Le règlement est fini là:
Chaque membre l'apprécira.
11 durera
Ce qu'il pourra...
Alléluia.
SOIRÉES
DES
IMAMS DE THALIE
SOYONS GAIS ET FOUS.
AIR: Drinn, drinn.
Joyeux enfants de la blonde Thalio
Qui, dans ce lieu, venez fêter Bacchus,
Rappelez-vous qu'avec lui l'on oublie,
Les noirs chagrins enfantés par Plutus.
Ainsi, gardez-vous
De tout ennui, de tout souci ;
Soyez gais et fous,
Pour être admis chez nous.
Quand de l'été la brûlante atmosphère
Vient de Thalio affaiblir le pouvoir,
Nous cultivons fîrimod de la Rcynière,
Et Savarin vient combler notre espoir.
Amis, gardons-nous
De tout ennui, de tout souci ;
Soyons gais et fous,
On sera bien chez nous.
Bientôt, peut-être, un sexe aimable et tendre
A nos plaisirs viendra s'associer,
Combien pour nous il serait doux d'entendre
Chaque voix pure avec feu s'écrier :
Amis, gardez-vous
Do tout ennui, de tout souci ;
Soyez gais et fous,
Vous entrerez chez nous !
En ce moment, vers un autre hémisphère,
La soif de l'or entraîne bien des fous;
Pour nous, amis, l'or est une chimère,
Mais le bon vin, nous le savourons tous!
Gai! gai ! gardons-nous
De tous tracas, de tous débats ;
Soyons gais et fous,
Et restons tous chez nous.
Si l'indigent à notre coeur s'adresse
En implorant le pain de la pitié,
Oh ! mes amis, soulageons sa détresse,
De notre part donnons-lui la moitié,
Car Dieu nous l'a dit,
Tout homme est notre frère ici ;
Soyons gais et fous,
Mais entr'oidons-nous tous.
Un jour, hélas! une Parque ennemie
De mon bonheur viendra trancher le cours,
Je quitterai les Enfants de Thalic,
Mais mon refrain leur redira toujours :
Gai! gai ! gardez-vous
De tout ennui, de tout souci ;
Soyez gais et fous,
Je vais prier pour vous.
Mtclicl G*", Fondateur
3 —
LES ENFANTS DE TIIALIE.
Am: Simples soldats, (Us d'obscurs laboureurs.
Admirateurs du vieil Anacréon,
Fils de Thalie, ap'îs de Mclpomènc;
Joyeux chanteurs, montons h l'IIélicon ,
Vidons la coupe au pied de PIlippocrêne;
Quand Apollon se montre sans rigueur,
Rivalisons d'esprit et de folie,
Car notre mère est, des Muscs, la soeur,
Et tous ici nous avons le bonheur
D'être les Enfants de Thalie ,
Nous sommes Enfants de Thalie.
Sachant surtout varier nos plaisirs,
Pendant l'hiver notre gaité folâtre,
Avec transport stimule nos désirs
Jusqu'à franchir les degrés du théâtre;
Puis, au printemps quand renaissent les fleurs,
Quand de primeurs la table est embellie,
Dans les Banquets nous cherchons îles douceurs,
Car l'amitié règne dans tous les coeurs
Des dignes Enfants de Thalie. (bis.)
- Il —
Dans nos festins il arrive parfois,
Qu'un des Enfants fait résonner sa lyre
En des couplets bachiques ou grivois,
Mais où toujours la décence respire ;
Si nous aimons de ses belles couleurs
Parer Bacchus, l'Amour et la Folie,
C'est pour prouver qu'en ce lieu, comme ailleurs,
« La Comédie est l'Ecole des moeurs »
Et nous les Enfants de Thalie. (bis.)
Vous qui doutez de celte vérité,
Et qui croyez notre joie éphémère
Venez donc voir si par notre gaité,
Nous sommes bien les fils de notre mère,
Si vous goûtez étant auprès de nous
Un doux plaisir que jamais on n'oublie;
Enfin, du sort, si vous narguez les coups,
Et si vos goûts ressemblent à nos goûts,
Vous serez Enfants de Thalie. (bis).
Jt. LECONTE, Fondateur.
IL FAUT UNE AME.
AIR de Philoctcle.
Fils de Thalie, on me trouve frondeur.
C'est un penchant que je Uns de ma mère,
Car elle aussi se montre ass'z sévère
Sur les abus d'un monde corrupteur.
Mais elle rit en lui jetant le blâme;
C'est un malheur: je suis plus rigoureux ;
Et je m'écrie, en détournant les yeux, ) ,.%
Combien de gens ici-bas n'ont pas d'âme ! !
Je vois souvent des fils dénaturés,
Trop oublieux des veilles de leurs pères,
Ou des tourments éprouvés par leurs mères
Dans les doux soins qui les ont entourés.
Quand l'âge vient, la vieillesse réclame
Un même amour qu'elle ne trouve pas.
Combien j'ai vu de ces enfants ingrats! » ..
Le ciel, hélas ! leur donna-t-il une âme ? )
- G -
Je vois encor sous mes yeux chaquejour
Certaines gens dans une grande aisance
Abandonner aux soins de l'assistance
Le fruit honteux de leur coupable amour.
Victime ainsi d'un égoïsme infâme,
L'infortuné, sans appui, sans parents,
Se laisse aller à de mauvais penchants!...
Pardonnons-lui, son père n'eut pas d'âme.
S'il s'abandonne à de mauvais penchants,
Pardonnons-lui, son père n'eut pas d'âme.
D'un sexe aimable, adorable, enchanteur,
Les tendres soins charment notre existence ;
Mais ce plaisir devient une souflVancc
Quand le soupçon brise notre bonheur.
Souvent, hélas ! l'amour qui nous enflamme
Cherchant un coeur, ne trouve que des sens...
Ah ! sur l'autel où brûle notre encens, \
Soyons jaloux de rencontrer une âme. )
Quand le printemps ramène les heair; jours,
Quand le soleil réchauffe la nature,
J'aime le bruit du ruisseau qui murmure
Et les oiseaux qui chantent leurs amours.
Tout me séduit et m'anime et m'enflamme,
Les bois, les champs, l'horizon radieux,
Et savourant ce3 biens délicieux, 1
Je bénis Dieu qui me dota d'une âme. (
Michel «"•, fondateur.
- 7 —
SOYONS HEUREUX QUAND MEME.
AIR : Mon père était pot.
Ici nous nous réunissons,
Gais Enfants de Thalie,
Pour embellir par nos chansons,
Quelques jours de la vie.
Un jeudi par mois
Nous voit à la fois,
C'est ce jour là que j'aime.
Exempts de chagrin,
Notre verre en main,
Soyons heureux !... quand môme.
Mon voisin, dans son rejeton,
Reconnaît sa figure,
Son nez, ses yeux et son menton,
Jusques à sa tournure.
Moi qui sais comment
Naquit cet enfant,
J'use de stratagème....
Et ce tendre époux,
Qui n'est pas jaloux,
Se trouve heureux!., quand même.
— 8 -
L'honnête homme persécuté
Par l'aveugle fortune,
Au plus fort de l'adversité,
Sait dans son infortune,
Au fond de son coeur
Trouver le bonheur,
Oui ! le bonheur suprême !
Par sa probité,
Par sa loyauté,
Il est heureux!., quand même.
Mondor voudrait se marier,
Il ne peut trouver femme
A ses goûts qui veuille plier
Ou partager sa flamme.
Il a des cens,
Que veut-il de plus
Dans ce moment extrême ?
Pour ce qu'il paira
On le chérira.
•Il est heureux !.. quand môme.
Le souvenir de ses succès
Rend un vieillard aimable;
Quand il raconte ses hauts faits
Près d'un sexe adorable,
Au temps des amours
Il se croit toujours
Disant : c'est toi que j'aime !
Et ce souvenir
Double son plaisir ;
Il est heureux !.. quand même.
~ 9.—
Un jour la mort nous surprendra
Faibles enfants des hommes;
Eh bien ! quand elle arrivera
Restons ce que nous sommes.
Par le vieux Caron,
Conduits chez Pluton,
Ce despote au teint blême,
Nous avons l'espoir
De nous y revoir.
Soyons heureux!., quand même.
DE VILLAN, Fondateur.
— 10 -
LE VIN ET L'AMOUR.
AIB : Eh gai, gai, gai, mon officier
Vive l'amour
Pour un seul jour,
Aimons fille
Gentille;
Chantons sans fin
Vive le vin,
Buvons jusqu'à demain.
Les faveurs d'une belle
Nous plaisent un instant,
Ma bouteille est fidèle,
Et je lui suis constant.
^ Vive l'amour, etc.
Jamais fcrunc sur terre
N'eut de sincérité,
Mais au fond de mon verre
Loge la vérité.
Vive l'amour, etc.
Peut-être une maîtresse
Me tromperait demain;
Mais je change sans cesse
• Et de femme et de vin.
Vive l'amour, etc.
_. Jl
Chez moi, si l'amour veille ,
Par lui suis-jc agité ,
En vidant ma bouteille
Je trouve la gaité.
Vive l'amour, etc.
Une femme m'anime,
Et je meurs dans ses bras,
Mais le vin me ranime...
Buvons jusqu'au trépas.
Vive l'amour, etc.
Voyons ! quel dieu l'emporte ?
L'amour fait espérer!
Mais Bacchus nous apporte
Une cuve à vider.
Vive l'amour
Pour un seul jour,
Aimons fille
Gentille;
Chantons sans (iu
Vive le vin,
Buvons jusqu'à demain.
E. I.E BOI Vlllt, Fondahnr.
-12-
LE BOUCHE-TROU,
Dédié aux Enfants do Tint lie,
A L'OCCASION DK LA 8"'e PAGE DE LEUR Ve LIVRAISON ,
RESTÉE BLANCHE.
Am : A sauvante ans il ne faut pas remettre.
J'ai remarqué par les yeux de l'envie ,
Un petit trou que je voudrais boucher;
Pour le combler, prenez de ma folie
Ces cinq couplets, dont je viens d'accoucher, (bis.)
En vous offrant celte faible cheville,
Dans mon orgueil je m'avance beaucoup ; (bis.)
Mais je suis presque enfant de la famille,
Acceptez-moi pour votre Bouche-Trou. (bis.)
De l'appétit que vous faites paraître,
Je voudrais bien savourer la douceur;
Mais par les yeux, si je puis me repaître,
C'est augmenter d'un gourmand le malheur.
Lorsque je vois ce Gaillard, que j'estime,
So repasser tant devin par le cou,
Je suis tout prêt, de rage, à faire un crime
Plaignez, hélas! le pauvre Bouche-Trou !
— 18 -
Jadis, c'était dans le temps de l'empire,
J'étais vaillant comme on l'était alors;
J'entends par là, vaillant comme un vampire,
Qui suçait sec le Beaunc et le Cahors.
Mais aujourd'hui, de force je ménage
De vieux débris qui me pèsent beaucoup :
J'ai trop sucé quand j'étais au bel âge.
Et ne puis plus être qu'un Bouche-Trou.
Nobles enfants de la noble Thalie,
Usez de tout, mais craignez les écarts.
Mangez gaiment, buvez le Malvoisie,
Et gardez-vous du porc et des homards .•
Que mon état vous serve enfin d'exemple
Pour éviter un triste casse-cou;
Je vous promets cent ans d'une vie ample
Avant d'aller dormir dans votre Trou.
En résumant le cours de notre vie,
Que voyons-nous qui doive nous tenter ?
Un peu d'amour de la jeune Silvie,
Et des tourments qu'on ne saurait compter, (bis).
Consolons-nous d'aller en l'autre monde,
Qu'il soit au ciel, en enfer, n'importe où ; (bis).
En attendant le moment... de la ronde,
Buvons encore un pied dans notre Trou. (bis.)
POULET.*.,
Viïiicur.
- lfl -
QUEL BONHEUR DE VIEILLIR!
AIR : Amis, ooici la riante semaine.
Nous avons dit le jour de la Clôture :
A l'an prochain nous nous retrouverons ;
C'est aujourd'hui le Banquet d'Ouverture
Et ce serment, amis, nous le tenons.
Si des cheveux ont blanchi sur nos têtes,
Notre santé n'a pu s'en affaiblir;
Mais pour revoir nos Festins et nos Fêtes,
Notre bonheur n'cst-il pas de vieillir ? (bis.)
De ce refrain déjà l'Amour s'irrite,
Tranquillisons ce trop chétif enfant;
Disons-lui bien que s'il passe si vite,
Son souvenir du moins est consolant.
Oh ! non, jamais de nos coeurs il n'efface
Les doux baisers qu'il nous a fait cueillir.
Quand il n'est plus. l'Amitié le remplace,
Et c'est encore un bonheur de vieillir,
-if —
Lorsque le vin gagne par la vieillesse
Cclto saveur que nous lui connaissons ;
En le buvant chacun de nous s'empresse
A faire ici son éloge en chansons.
Rien n'est si beau qu'un vin vieux qui pétille :
Dans le cristal nous le voyons jaillir,..
A son aspect, tout est superbe et brille !
Pour lui, pour nous, quel bonheur de vieillir !
Dignes amis, ma muse, jeune encore,
Avec transport voudrait pouvoir chanter
Le vrai bonheur que ce jour fait éclore ;
Trop faible, hélas ! je la vois s'arrêter...
De ce* Banquets que j'aime tant à suivre,
Par le contact elle doit s'embellir ;
Et si longtemps avec vous je puis vivre,
Je tâcherai qu'elle gagne à vieillir.
Jt. LECONTE, Fondateur.
18-
LE BUVEUR SATISFAIT.
AIR de F an fan la Tulipe.
Amis, quand je suis à table,
J'aime à voir autour de moi
Des viveurs à l'air aimable,
De Bacchus suivre la loi.
Au diable j'envoye les affaires,
Les ennuis, les soucis, les tracas;
Vive le fracas,
Vivent les éclats
Des bouchons,
Des flacons
Et des verres.
En buvant,
Gaîment
Le temps vole,
L'homme se console
En buvant.
Jeune et sans expérience ,
Dans un banquier Top vanté,
J'avais mis ma confiance,
Mais il m'a tout emporté.
Je me vois réduit à la misère,
Pourtant s'il m'arrive un peu d'argent,
- 17 -
Me voilà content. ■
Je vais en courant
Comme un fou,
Boire un coup...
Pauvre hère!
En buvant, etc,
Si par hasard ma maîtresse
Me trompe, j'irai soudain
Plonger ma sombre tristesse
Dans des torrents de vieux vin,
Et, contemplant ma chère bouteille,
Qui me sera fidèle à jamais,
Je veux désormais,
Fier de ses attraits,
N'aimer plus
Que le jus
De la treille.
En buvant, etc.
Un jour si je me marie,
Et qu'un fâcheux accident,
De la grande confrérie,
Me fasse membre adhérent,
Pour oublier ma peine secrète,
Est-il un remède plus certain
Qu'un caveau bien plein
D'un excellent vin,
Cependant...
Assez grand...
Pour ma tête ! ! !
En buvant, etc.
-18 -
La vive gaité respire
Dans les yeux d'un franc buveur,
C'est par le vin que s'inspire
Plus d'un poétique auteur.
Buvons donc, et faisons à la ronde
Le serment de n'aimer que le vin.
Bravant le destin,
Nous boirons sans fin,
Répétant,
En quittant
Ce bas monde :
En buvant,
Gaîment
Le temps vole,
L'homme se console
En buvant.
E. DE VA M, AN.
— 19 —
JE DEVIENS PARESSEUX.
AIR : Ah! qu'il est bon de rester dans son lit.
Naguère encor, j'égayais nos soirées
Par quelque chant enfant de mon loisir,
Mais aujourd'hui les grasses matinées
Sont un obstacle à mon ardent désir.
Quand l'artisan ébranle nos demeures,
Un doux sommeil me ferme encor les yeux.
Je reste au lit souvent jusqu'à dix heures...
Oh I mes amis, je deviens paresseux. (bis.)
A dix-sept ans, enflammé parla gloire,
J'eus le bonheur de servir mon pays ;
Tous les Français couraient à la victoire,
J'étais honteux de rester à Paris.
Je parcourus l'Allemagne, la France
Avec ardeur et d'un pas courageux....
Hier, pour Pantin, j'ai pris la diligence!....
Oh ! mes amis, je deviens paresseux.
— 20 -
A vingt-cinq ans, j'avais une maîtresse
Leste, pimpante, à l'oeil vif et gaillard;
Sur ses talons On me voyait sans cesse
Interceptant jusqu'au moindre regard.
L'aube du jour me trouvait à sa porte;
Ah ! qu'ils sont loin ces temps aventureux!
Que Marceline aille, vienne, entre ou sorte,
Je reste coi !.... je deviens paresseux,
Oh ! mes amis, je deviens paresseux.
Cinq ans plus tard, les Amis de la Treille
Voulurent bien m'admettre dans leur sein.
On buvait sec : mainte et mainte bouteille
Disparaissait au son d'un gai refrain.
J'étais vanté, je faisais des merveilles,
On me citait parmi les valeureux !....,
Je ne puis plus boire que trois bouteilles !.>.
Oh ! mes amis, je deviens paresseux.
Le Dieu d'amour, d'une riche couronne
Vint embellir la fin de mon printemps ;
Trop tôt, hélas! la rigueur de l'automne
Courba mon front sous la neige des ans.
Un dernier pas me reste encore à faire,
Mais, avec vous lorsque je suis heureux,
Pour le franchir, chaque jour je diffère...
Décidément je deviens paresseux,
Oui, mes amis, je deviens paresseux. (bis).
Michel G".
— 21 -
A LA JEUNESSE.
AIR : C'est dans la nuit que règne ma déesse.
(d'Un Duel sous le cardinal de Richelieu).
J'ai quarante ans, et je vois avec peine
Mon horizon déjà se rétrécir.
Déjà je sens la raison qui m'entraine,
Déjà sa voix m'ordonne d'obéir.
Mais, résistant à sa froide sagesse,
De mon été pour jouir plus long-temps,
J'appelle à moi la riante jeunesse...
La jeunesse, c'est le printemps !
Ton doux aspect, troupe aimable et jolie,
Vient égayer mon regard soucieux ;
De tes ébats j'admire la folie,
Et ton bonheur me ravit jusqu'aux cieux.
Quand l'homme mûr dédaigne ton ivresse,
Avec ardeur, toi, tu viens la saisir.
Reste avec moi, vive et belle jeunesse...
La jeunesse, c'est le plaisir!
Dans tous les temps au bien public tu voues,
Sans hésiter, ton sang, ta liberté;
Par ton élan, ta fougue, tu déjoues
Les vains calculs de la maturité.
Pour adoucir ta loyale rudesse,
Pour te guider... jamais pour l'asservir,
Accueille-moi, franche et noble jeunesse..
La jeunesse, c'est l'avenir !
«w.-tjl.,
Visilcur.
- 22 —
FANTAISIE.
AIR : de Gastibelxa.
Loin des Palais où l'intrigue et l'envie
Font leur séjour,
Où l'opulent mène orgueilleuse vie,
Passons nos jours.
Mais en ces lieux le plaisir nous invite,
Restons, amis!
Sous l'humble toit où Bacchus nous visite,
Restons unis.
Restons unis.
Le Ycrrc en main, près de fille gentille,
Je suis heureux ;
Dans un ciel pur, quand l'étoile scintille,
Je vois ses yeux.
J'entends sa voix, quand la fauvette chante
Dans le lointain.
Je suis ému, quand sa main frémissante
Presse mu main.
Presse ma main.
- 23 -
Plaisirs joyeux, sur vos ailes légères,
Apportez-nous,
Comme un zéphir, vos faveurs passagères,
Et fixez-vous.
Vins généreux, coulez à tasse pleine,
Charmez nos jours,
Buvons gaiment à l'oubli de nos peines,
A nos amours 1
A nos amours I
E. EE BOUVIER.
- 24
LA CAiTÉ S'EN VI !
AIR : J'ons un Curé patriote.
La vieille gaîté française
A disparu de nos jours ;
Pour politiquer à l'aise
On délaisse les amours.
On parle d'élections,
Ou de révolutions.
Les pamphlets
Qui sont faits
Remplacent les gais couplets,
Remplacent les joyeux couplets.
Le voyage de Cythère
Ne manque pas d'agréments ;
On a bien soin de se taire
Lorsqu'il cause des tourments.
Ici, quand nous sommes tous ,
On ne voit pas de jaloux.
Nous mangeons,
Nous buvons,
Nous fumons et nous chantons,
Jamais nous ne nous ennuyons.
— 25 —
Au fond de sa noble (erre
Le richard goutteux gémit
Sur sa santé qui s'altère ;
Las de jouir il dépérit.
C'est en narguant les chagrins
Que nous dégustons les vins,
Frais, dispos,
L'à-propos
De nos vers, de nos bons mots,
Fait oublier riches et sots.
Pour une ingrate maîtresse
Faut-il donc se désoler?
Si la brune nous délaisse,
Vers la blonde il faut voler.
L'inconstant dans les amours
Aux belles plaira toujours,
S'il est vif
Peu craintif,
Et surtout s'il est actif,
En amour il faut être actif.
Nous devons, fils de Thalie,
Travailler avec, ardeur
A ranimer la saillie,
Des couplets chantés en choeur.
Si l'esprit me fait défaut,
La gaité sera mon lot,
Bienheureux,
Et joyeux,
Je verrais combler mes voeux,
Si mes chants vous rendaient heureux.
F. DE VAEEAIM.
k
— 26 -
A TOUT PÉCHÉ MISÉRICORDE.
Am : L'Eau coule pour tout le monde.
Ici, par maint et maint couplet,
Chacun de vous prouve son zèle.
Hélas I j'en suis tout stupéfait,
Car je n'ai rien dans la cervelle.
Je voudrais rimer, mais en vain,
Je ne puis trouver une exorde,
Je crois que j'ai trop bu de vin :
Aussi j'adopte pour refrain :
A tout péché miséricorde ! (bis.)
Un prodigue, au faste insolent,
Que le travail n'amuse guères,
Souvent dissipe follement
Le patrimoine de ses pères.
Avec ce luxe vaniteux
Le bonheur du pauvre s'accorde ;
Ce que dépense l'orgueilleux
Enrichit l'homme courageux :
A tout péché miséricorde !
27
A l'âge heureux de dix-sept ans,
On voulut marier Annette,
Et d'un époux de soixante ans
Ses grands parents firent l'emplette.
Le coffre-fort était bien plein,
Mais, usé jusques à la corde,
Le vieillard ne pouvait plus rien....
Annette alla chez le voisin
A tout péché miséricorde !
Certain Temple où l'on fait des lois,
Au bout du pont de la Concorde,
Nous semble devenir parfois
L'antre hideux de la Discorde.
On soutient de mots orageux
Les questions que l'on aborde ;
Mais si, par co choc vigoureux,
La lumière arrive à nos yeux,
A tout péché miséricorde!
Quand d'un vin franc et généreux
Nous ne buvons qu'une bouteille,
Auprès d'un tendron amoureux,
Nous nous comportons à merveille;
Mais si, d'un vin trop capiteux,
La vapeur monte et nous déborde,
Bacchus vient éteindre nos feux,
Et nous disons d'un ton piteux :
A tout péché miséricorde !
- 28-
Un jour, vers lui, m'appellera
Celui qui fit ta terre et l'onde,
Et sa voix m'interpellera
Sur mes actions en ce monde.
Je répondrai, sans hésiter :
J'ai toujours prêché la concorde;
J'eus quelque goût à banqueter,
Quelque penchant à bécoter
A tout péché miséricorde ! (bis:)
Michel Ci'".
— 29 -
UN GARÇON INNOCENT... ET CONTENT.
AIR : De la Treille de sincérité.
Quand dans un joyeux pique-nique
J'ai fêté le divin Bacchus,
A rentrer chez moi je m'applique,
Mais souvent je ne le peux plus;
Je me sens presque tout perclus ;
La route me semble si noire
Et le chemin si mal pavé,
Qu'en plein jour, je me prends à croire
Que le soleil n'est pas levé.
Je suis garçon et j'aime à boire ;
Est-ce un défaut? je n'en sais rien ;
Pourtant je m'en trouve assez bien, (bis.)
Du bonheur qu'on trouve en ménage
On mo parle, cl pas un mari
Ne vante ce doux esclavage,
El je gagerais le pari
Que chacun d'eux en est marri.
- 30 -
Moi, je préfère l'inconstance :
Je veux changer quand il me plaît.
Mais enchaîner mon existence.
Ah! voilà ce qui me déplaît.
Garçon, j'aime l'indépendance,
Est-ce un défaut? je n'en sais rien,
Pourtant je m'en trouve assez bien, (bis.)
Si je rencontre dans la rue
Gentil minois, tout chiffonné,
J'accoste, et grâce à la cohue,
Un bras délicat m'est donné,
Qui d'abord faisait l'étonné.
En chemin, je dépeins ma flamme,
Et je demande un rendez-vous,
Que mon amour brûlant réclame
Bientôt j'ai les droits d'un époux
Je suis garçon, j'aime la femme,
Est-ce un défaut? je n'en sais rien ;
Pourtant je m'en trouve assez bien, (bis.)
Mon tailleur m'habille à ma guise,
Mon bottier me chausse & ravir,
Et le perruquier qui me frise,
De mon toupet peut s'applaudir.
Tous sont heureux de me servir.
Lorsqu'il faut solder, je regrette
D'être gêné dans cet instant.
J'aime à payer ce que j'achète,
Mais je n'achète pas comptant.
Je suis garçon, j'ai quelque dette;
Est-ce un défaut ? je n'en sais rien,
Pourtant je m'en trouve assez bien, (bis.)
- 31 -
Ne jugez pas sur l'apparence
De mes sentiments, de mon coeur,
Car à soulager la souffrance
Du malheureux dans la douleur,
Je goûte le plus doux bonheur.
Du peu que, sans regret, je donne,
Die-î >oo tiendra compte là-haut;
Ft s* ma vie est courte et bonne,
Je ne saurais donner trop tôt.
Je suis garçon, qu'on me pardonne,
Aux défauts je ne connais rien,
Pourtant je m'en trouve assez bien, (bis.)
E. DE VALLAN.
LES AMIS DU VIN.
AIR : Une fiVe est un oiseau.
Que j'aime a voir réunis,
Dans un banquet délectable,
Assis à la même table,
De bons et joyeux amis.
Le plaisir qui les escorte,
Fait consigner à la porte,
Les soucis et leur cohorte ;
Puis on se livre au festin.
Aussitôt la gaité brille,
On sert, et l'Aï pétille,
Chantons les amis du vin. (bis.)
Bons vivants et francs lurons,
Ils font, en joyeux compères,
Sans jamais compter les verres,
Sauter de nouveaux bouchons.
Leur table est une Cocagne,
Où vins de France et d'Espagne ,
Bordeaux, Bourgogne et Champagne ,
Se renouvellent sans fin.
L'un chante, et d'autres fredonnent,
Les plus graves déraisonnent,
Voilà les amis du vin!
- 33 -
Ces amis, au coeur ardent,
Provoquent la sympathie,
Et n'ont, eux, d'antipathie
Que pour le pâle élément.
En vrais buveurs, si les belles
Se montrent par trop cruelles,
Ils domptent les plus rebelles
Avec le jus du raisin.
Trois mots peindront leur histoire :
Pour aimer, chanter et boire,
Vivent les amis du vin. (bis.)
E. LE BOUVIER.
— M -
ÉLOGE DU VIN.
s
AIR de la Ronde des Truands (Musique d'ARïus), dans
NOTRE-DAMK-DE-PARIS, à Y Ambigu-Comique.
REFRAIN.
Vive le vin vieux,
Bien vieux, (bis.)
Qui nous rend joyeux,
Joyeux, (bis.)
Loin des envieux,
Gens ennuyeux,
Que nous n'aimons guères,
Choquons tous nos verres.
Qu'à ce gai festin ,
Tin tin, tin tin,
Leur bruit argentin,
Tin tin, tin tin,
Doucement résonne,
Quand chacun entonne
L'éloge du vin.
- 35 —
Charmons le cours de notre vie
En buvant,
En chantant,
L'amour, enfant de la folie,
Dure peu,
C'est un jeu.
Nous sommes sur la terre,
Pour un moment, employons-le bien,
Sachons vider un verre,
Sans qu'il y reste rien.
REFRAIN. Vive le vin vieux, etc.
Le soir, lorsque chez moi je rentre
Trébuchant
En marchant,
Je protège toujours mon ventre,
Fier gardien
De mon bien.
Le bon vin qu'il renferme
Souffrirait d'un faux pas, d'un effort,
D'une main sûre et ferme
Je tiens mon coffre-fort.
REFRAIN. Vive le vin vieux, etc.
Pour ce sévère moraliste,
Tous les vins
Sont malsains.
Pourtant l'eau qu'il boit le rend triste,
C'est un tort
D'esprit fort.
— 36 -
La gaité m'accompagne,
Je ris, je bois, je chante et partout,
Jamais l'ennui ne gagne
Mon coeur content de tout. •
REFRAIN. Vive le vin vieux, etc.
Au théâtre souvent je bâille ;
L'air d'un \.
Me fait mal.
Dans les salons où chacun raille,
On me voit
Toujours froid.
Mais vive ma grisette ,
Au pied mignon, au coeur sans détour,
Avec elle je fête,
Et Bacchus et l'Amour.
REFRAIN. Vive le vin vieux, etc.
Vit-on jamais entrer In pîinc
Dans le coeur
D'un buveur,
11 a dans sa bouteille pleine,
La gaité,
La santé.
Ses jours, exempts d'orage,
Coulent gaîment, mais vienne la mort.
Il ne perd pas courage,
Et chante encor plus fort.
REFRAIN. Vive le vin vieux,
, Bien vieux, (bis.)
— 37 -
Qui nous rend joyeux,
Joyeux, (bis.)
Loin des envieux,
Gens ennuyeux,
Que nous n'aimons guères,
Choquons tous nos verres.
Qu'à ce gai festin,
Tin tin, tin tin,
Leur bruit argentin •
Tin tin, tin tin,
Doucement résonne,
Quand chacun entonne ■
L'éloge du vin.
E. DE VAULAN.
ss
SATIRE.
AIR de la Treille de sincérité.
Voyez cette table servie
Par nos aimables échansons:
Un si doux aspect nous convie
A l'animer de nos chansons. (bis).
Amis, descendons dans la lice;
Attaquons maints et maints travers
Et surtout démasquons le vice;
De vastes champs nous sont ouverts.
Par le rire
Et par la satire
Combattons avec fermeté
Les travers de l'humanité. (bis).
- 39 -
Commençons par ce riche avare,
Au teint hâve, à l'oeil caverneux,
Qui sans cesse entasse, accapare
Et vit toujours en malheureux ;
Le coeur sec et l'âme flétrie,
Il n'a d'amour que pour son or :
Ses amis, ses dieux, sa patrie,
Tout est là dans son cher trésor.
Par le rire, etc.
Ce séducteur de jeunes filles ~
Homme sans moeurs et sans pudeur,
Qui va porter dans les familles
Et la honte, et le déshonneur :
Riant des pleurs de sa victime,
Qu'il abandonne à ses douleurs,
Il est tranquille dans le crime
La loi n'atteint que les voleurs.
Par le rire, etc.
Levons aussi notre férule
Sur cet insolent parvenu
Dont l'arrogance ridicule
Indigne ceux qui l'ont connu.
A l'usure, à l'agiotage,
Aux produits de certains tripots,
Il doit l'éclatant équipage
Qui vint remplacer ses sabots.
Par le rire, etc.
- /»0 -
N'oublions pas cette mégère
Regrettant un passé perdu,
Et dont la jeunesse légère
Goûta fort le fruit défendu.
Aujourd'hui, vieille et médisante,
Elle déverse tout son fiel
Sur la jeune et pauvre innocente
Qui songe à la lune de miel.
Par le rire, etc.
Pensons encore à ce poète,
Rimaillant à tort, à travers,
Qui vient se poser en athlète,
Et nous étourdit de ses vers.
Modestement, il se compare
A notre illustre Béranger!
Frappons, amis, sur ce barbare,
C'est un de plus à fustiger.
Par le rire, etc.
Je ne puis passer sous silence
Ces festins sales et fangeux
Où des chants pourris d'indécence
Font rougir les moins scrupuleux.
Fuyons cette lice ordurière,
Et, dans nos vers, couvrons toujours
D'une gaze fine et légère
Le nid charmant de nos amours.
Par le rire, etc.
_- 41 —
Telle est la brillante carrière
Ouverte à vos nobles combats.
Je déroule ici la bannière
Qui pourra diriger vos pas. • (bis)
Aux armes I donc, fils de Thalie,
Du courage, et, tous pleins d'ardeur,
Sous ce drapeau qui nous rallie
Avec moi répétez en choeur :
Par le rire
Et par la satire
Combattons avec fermeté
Les travers de l'humanité. (bis).
Michel G'".