Lettre-dédicace, à la princesse Mathilde
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Charles de Saint-ÉvremondŒuvres mêléesLettre-dédicaceÀ SON ALTESSE IMPÉRIALELA PRINCESSEMATHILDEMADAME,Je puis enfin mettre aux pieds de Votre Altesse Impériale les volumes si attendusde cet écrivain célèbre qui a rempli de sa renommée la France et l’Angleterre, audix-septième siècle, et dont vous m’avez encouragé a faire une publicationnouvelle, que des circonstances imprévues ont retardée jusqu’à ce jour. En effet,depuis longtemps, une académie de l’Institut, à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, areçu la communication des fragments principaux de l’histoire de Saint-Évremonddestinée à précéder ce recueil de ses œuvres choisies ; et le suffrage indulgent dela savante Compagnie a pu me persuader que l’hommage de ce livre ne seroit pasindigne d’être offert à Votre Altesse Impériale. Mais si votre bienveillance m’a faitespérer un accueil favorable, le public né m’accusera pas moins, peut-étre, detémérité. Permettez-moi, Princesse, de déclarer, pour me faire absoudre, que jevous étois redevable de cet humble tribut ; car, c’est dans votre salon qu’est né, il ya trois ans, le projet et le plan de la présente édition. Depuis lors, un retour d' intérêtpour un auteur spirituel qui paroissoit oublié, s’est manifesté par de nombreuxtémoignages ; et tout a confirmé le bon augure du succès que vous aviez prédit àl’entreprise. Une autre académie de l’Institut, l’Académie françoise, a voulu mêmes’associer à ce mouvement littéraire, en proposant pour sujet de ...

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Charles de Saint-Évremond Œuvres mêlées Lettre-dédicace
À SON ALTESSE IMPÉRIALE LA PRINCESSE MATHILDE
MADAME, Je puis enfin mettre aux pieds de Votre Altesse Impériale les volumes si attendus de cet écrivain célèbre qui a rempli de sa renommée la France et l’Angleterre, au dix-septième siècle, et dont vous m’avez encouragé a faire une publication nouvelle, que des circonstances imprévues ont retardée jusqu’à ce jour. En effet, depuis longtemps, une académie de l’Institut, à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, a reçu la communication des fragments principaux de l’histoire de Saint-Évremond destinée à précéder ce recueil de ses œuvres choisies ; et le suffrage indulgent de la savante Compagnie a pu me persuader que l’hommage de ce livre ne seroit pas indigne d’être offert à Votre Altesse Impériale. Mais si votre bienveillance m’a fait espérer un accueil favorable, le public né m’accusera pas moins, peut-étre, de témérité. Permettez-moi,Princesse, de déclarer, pour me faire absoudre, que je vous étois redevable de cet humble tribut ; car, c’est dans votre salon qu’est né, il y a trois ans, le projet et le plan de la présente édition. Depuis lors, un retour d' intérêt pour un auteur spirituel qui paroissoit oublié, s’est manifesté par de nombreux témoignages ; et tout a confirmé le bon augure du succès que vous aviez prédit à l’entreprise. Une autre académie de l’Institut, l’Académie françoise, a voulu même s’associer à ce mouvement littéraire, en proposant pour sujet de prix l’éloge de Saint-Évremond. Ce n’est pas que le scepticisme de l’ingénieux philosophe ait repris aujourd’hui de la faveur. On seroit tenté, sans doute, de pardonner à cette erreur de son esprit, quelquefois même de l’aimer, en voyant le charme gracieuse dont elle embellit les ouvrages de Saint-Évremond, et la sérénité qu’elle a répandue sur les douleurs de sa disgrâce. Mais la philosophie d’Épicure est d'un temps qui ne sauroit revivre, et le cortége de politesse, de bienséance et de respect, qui l’accompagne, chez Saint-Évremond, en atténue assurément le danger. Ce qui frappe surtout l’attention réveillée d’un public de bon goût ; ce qui a touché Votre Altesse Impériale, dans le personnage qu’elle a souhaité de voir revivre à ses yeux : c’est l’élégance de son langage et la finesse de sa pensée, qui ont fait de ses ouvrages les chefs-d’œuvre de notre prose légère ; c'est l’originalité de ses observations morales, et l’indépendance de sa critique littéraire ; c’est le monde délicat, et trop peu connu, qu’il représente dans l’ancienne société françoise ; c’est enfin son caractère privé, si noble, pendant un exil de quarante années ; si honnête, dans des attachements qui appartiennent a l’histoire, et qui ont intéressé jadis deux grands royaumes. La tâche d’un éditeur nouveau de Saint-Évremond étoit malaisée : non à cause du texte méme, qui semblait la moindre des difficultés. Mais les anciens éditeurs ayant entassé, sans goût, sans ordre, et sans méthode, et dans une série purement chronologique, des compositions de caractères très-divers, et de mérites encore plus différents : mêlant ainsi le sérieux au badin, la poésie et la prose ; confondant le beau dans le médiocre, et quelquefois dans le mauvais, sans discernement et sans choix : il paroissoit preferable d’adopter une classification, et de faire un triage, au milieu de ce chaos d’œuvres trop complètes, qui fut si nuisible autrefois à la reputation de Saint-Évremond. Je n’ose me flatter d’avoir réussi ; mais, avoir essayé seulement, est peut-être un service litteraire. Les lettres, que Vous cultivez, Princesse, autant que les beaux-arts, seront reconnoissantes de cette pensée d’un choix, dont. l’honneur l’exécution restera seule mon partage. J’en ai brave le péril, parce que, tout imparfait qu’il est, ce travail garde un mérite considérable, à mes yeux : celui d’être entrepris pour Vous plaire, et de montrer qu’il n’y a point de limite au dévouement respectueux avec lequel je suis,
PRINCESSE,
De Votre Altesse Impériale,
Le très-fidèle et très-attaché serviteur, Ch. Giraud.
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