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Zevaco pardaillan 10 fin de fausta

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Michel Zévaco LA FIN DE FAUSTA Les Pardaillan – Livre X 1926 – Tallandier, Le Livre national n°552 Grand roman de drame et de l’amour Édition du groupe « Ebooks libres et gratuits » Table des matières I SUITE DE L’ALGARADE DE LA RUE DE LA COSSONNERIE ........................................................................4 II LA DAME EN BLANC ........................................................ 21 III LA DAME EN BLANC (suite) ...........................................33 IV GISELLE D’ANGOULÊME ...............................................56 V L’ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE DE S. M. LE ROI D’ESPAGNE .......................................................................... 101 VI LA PRÉSENTATION........................................................113 VII L’ENVOYÉ DU MORT................................................... 118 VIII OÙ VALVERT TIENT LA PROMESSE QU’IL A FAITE À ROSPIGNAC.......................................................................141 IX OÙ VALVERT TIENT LA PROMESSE QU’IL A FAITE À ROSPIGNAC (suite).............................................................. 155 X OÙ PARDAILLAN INTERVIENT ENCORE.................... 169 XI FLORENCE .....................................................................186 XII LA SORTIE DU LOUVRE..............................................223 XIII CE QUI S’ENSUIVIT....................................................234 XIV ODET DE VALVERT PART EN EXPÉDITION............255 XV SUR LES BORDS DE LA SEINE....................................264 XVI LES MILLIONS ESPAGNOLS..................................... 284 XVII LE RETOUR ................................................................294 XVIII OÙ L’ON VOIT QUE PARDAILLAN AVAIT PENSÉ À TOUT…..................................................................................307 XIX LA GORELLE ............................................................... 319 XX STOCCO ET LA GORELLE............................................339 XXI LE DÉVOUEMENT DE LÉONORA ............................ 348 XXII LÉONORA À L’ ŒUVRE..............................................369 XXIII À QUOI TENDAIT LA MAN ŒUVRE DE LÉONORA394 XXIV PARDAILLAN AGIT ENCORE POUR LES AUTRES404 XXV CE QUE N’AVAIT PAS PRÉVU PARDAILLAN QUI CROYAIT AVOIR PENSÉ À TOUT....................................... 413 XXVI LES MILLIONS ESPAGNOLS ................................... 441 XXVII LA MÉSAVENTURE DE LANDRY COQUENARD..476 XXVIII OÙ LA MÉSAVENTURE DE LANDRY COQUENARD DEVIENT UNE BONNE AFFAIRE............. 488 XXIX LE MARIAGE DE FLORENCE..................................510 XXX LE MARIAGE DE FLORENCE (suite)........................528 XXXI LE RENDEZ-VOUS DE FAUSTA ..............................544 XXXII FAUSTA PREND SES DISPOSITIONS....................555 XXXIII LE MARIAGE DE FLORENCE (fin)....................... 573 XXXIV L’EXPLOSION........................................................ 588 ÉPILOGUE........................................................................... 602 À propos de cette édition électronique................................ 605 – 3 – I SUITE DE L’ALGARADE DE LA RUE DE LA COSSONNERIE La rue de la Cossonnerie allait de la rue Saint-Denis à la rue du Marché-aux-Poirées, en pleines Halles. De ce côté se te- nait une troupe d’archers. Landry Coquenard n’avait pas exagé- ré en disant qu’ils étaient bien une cinquantaine, commandés par le prévôt en personne. Du côté de la rue Saint-Denis et s’étendant à droite et à gauche dans cette rue, une troupe aussi nombreuse, aussi formidable barrait le passage. À cet endroit de la rue Saint-Denis et dans toute la rue de la Cossonnerie, la cir- culation se trouvait interrompue. Et naturellement, du côté de la rue du Marché-aux-Poirées comme du côté de la rue Saint- Denis, une foule compacte de badauds, enragés de curiosité, s’écrasait derrière les archers, échangeait des lazzi et d’énormes plaisanteries, et, sans savoir de quoi et de qui il s’agissait, se rangeant d’instinct du côté où elle voyait la force, faisait en- tendre déjà de sourdes menaces. Ce n’était pas tout. Entre les deux troupes d’archers, un grand espace vide avait été laissé. Et cet espace était occupé par Concini et par ses ordinaires. Ils étaient bien une vingtaine à la tête desquels se trouvaient leur capitaine, Rospignac, et ses lieutenants : Roque- taille, Longval, Eynaus et Louvignac. De plus, une trentaine de ces individus à mine patibulaire, dont Pardaillan n’avait pas remarqué la présence dans la rue, s’étaient massés derrière les ordinaires à qui ils obéissaient. Sans compter Concini et les – 4 – chefs, il y avait là au moins cinquante hommes armés jusqu’aux dents. Enfin, d’Albaran se tenait près de Concini. Lui, il n’avait avec lui que sa troupe ordinaire d’une dizaine d’hommes. Il se contentait de surveiller et paraissait avoir laissé à Concini le soin de diriger les opérations. En somme, près de deux cents hommes assiégeaient la maison. Car on pouvait croire qu’il allait s’agir d’un siège en règle. Il va sans dire que toutes les fenêtres donnant sur la rue étaient grandes ouvertes et qu’une foule de curieux occupaient ces fenêtres. Ceux-là, aussi stupidement féroces que les badauds de la rue, se montraient hostiles sans savoir pourquoi. Chose étrange, que les trois assiégés remarquèrent aussi- tôt, personne ne se montrait aux fenêtres de la maison où ils se trouvaient. Toutes ces fenêtres demeuraient fermées. Pardaillan donna cette explication qui paraissait plausible : – Ils ont dû faire sortir tous les locataires de la maison. – C’est probable, opina Valvert. Et il ajouta, sans se montrer autrement ému : – Peut-être ont-ils l’intention de nous faire sauter. – À moins qu’ils ne nous fassent griller comme de vulgaires pourceaux, insinua Landry Coquenard d’un air lugubre. – Au fait, interrogea Pardaillan, que sais-tu, toi ? – 5 – – Pour ainsi dire, rien, monsieur, fit Landry Coquenard d’une voix lamentable. Et il renseigna : – Je rentrais au logis. À la pointe Saint-Eustache, j’ai aper- çu le prévôt et ses archers qui venaient du côté de la Croix-du- Trahoir. Je n’ai pas prêté grande attention à eux, et j’ai poursui- vi mon chemin. Au bout d’un certain temps, je me suis aperçu qu’ils suivaient, derrière moi, la même direction que moi. Et, brute stupide que je suis, cela ne m’a pas donne l’éveil. Je suis arrivé rue de la Cossonnerie. Machinalement, je me suis retour- né pour voir si les archers me suivaient toujours. Et j’ai vu qu’ils occupaient la rue du Marché-aux-Poirées, barrant l’entrée de notre rue. Cela m’a étonné et vaguement inquiété. Je me suis avancé du côté de la rue Saint-Denis. Et j’ai aperçu d’autres ar- chers qui barraient le chemin de ce côté-là. Je me trouvais pris entre ces deux troupes. J’ai commencé à avoir peur. Mais je n’ai toujours pas flairé la manigance. Et, s’emportant contre lui-même : – Que tous les diables cornus de l’enfer m’emportent et me fassent rôtir sur leur gril jusqu’à la consommation des siècles ! – Continue, dit froidement Pardaillan, et abrège. – À ce moment, reprit Landry Coquenard, une dizaine d’archers sont entrés dans notre rue. Sur ce ton amène que vous leur connaissez, ils ont invité les habitants de la rue à verrouiller leurs portes extérieures et à ne plus bouger de chez eux. Quant à ceux qui disaient qu’ils ne demeuraient pas dans la rue, on les a sommés de déguerpir au plus vite. Ce qu’ils ne se sont pas fait dire deux fois, je vous en réponds. – 6 – – En sorte, interrompit Pardaillan, en le fixant de son re- gard perçant, en sorte que tu aurais pu, à ce moment là, te reti- rer, si tu avais voulu ? – Très facilement, monsieur. – Pourquoi ne l’as-tu pas fait ? – Parce que, à ce moment, les estafiers de M Concini sont arrivés. En les voyant, j’ai enfin compris, trop tard, hélas ! de quoi il retournait ! – C’était plus que jamais le moment de détaler, insista Par- daillan. Car enfin tu es fixé sur le sort que te réserve ton ancien maître s’il met la main sur toi. – Telle a été ma première pensée, en effet. Mais je me suis dit : M. le comte est sûrement là-haut. Peut-être ne se doute-t-il pas de ce qui se passe dans la rue. Il peut descendre d’un mo- ment à l’autre, et alors, il est perdu. Il faut que j’aille l’avertir. Et je suis entré, monsieur. Et vous avez vu qu’il était temps pour vous : vous alliez vous jeter dans la gueule du loup. Et je vous assure, monsieur le chevalier, que j’ai été douloureusement sur- pris quand j’ai vu que vous étiez avec M. le comte. Le digne Landry Coquenard avait débité cela avec simplici- té. Il ne paraissait pas se douter le moins du monde qu’il venait d’accomplir une action héroïque vraiment admirable. Odet de Valvert, profondément touché de cette marque d’attachement, se raidissait pour ne pas laisser voir son émo- tion. Pardaillan le considéra un instant en silence. Et, d’une voix très douce, il prononça : – Tu es un brave, Landry. – 7 – – Non, monsieur, répondit piteusement Landry Coque- nard, je suis un poltron. Très poltron même. Je vous assure, monsieur, que ce n’est jamais moi qui cherche la bataille. Et si c’est elle qui me cherche, je n’hésite pas à prendre mes jambes à mon cou, sans la moindre vergogne, si je peux le faire. – Et si tu ne peux pas prendre la fuite ? demanda Pardail- lan en souriant malgré lui. – Alors, monsieur, fit Landry Coquenard d’un air de réso- lution féroce, je défends ma peau… Et rudement, je vous en ré- ponds. Et naïvement : – Par le ventre de Dieu, je tiens à ma peau, moi !… – Eh bien, conclut froidement Pardaillan, tâchons de dé- fendre notre peau du mieux que nous pourrons, puisque nous sommes menacés tous les trois. Il observa encore un moment par la fenêtre. Les archers, aux deux bouts de la rue, demeuraient dans l’attente. Concini et ses hommes, devant la porte, n’agissaient pas. Concini s’entretenait non sans vivacité avec d’Albaran qui paraissait ap- prouver de la tête. – Que diable peuvent-ils bien comploter ? murmura Par- daillan, dépité. Oui, c’était surtout cette ignorance des intentions de l’ennemi qui était angoissante. En attendant qu’un indice vînt le fixer, Pardaillan se mit à étudier les toits. Et il traduisit son im- pression : – 8 – – Si nous sommes acculés à fuir par là, nous avons quatre- vingt-dix-neuf chances sur cent d’aller nous rompre les os sur le pavé. – Oui, mais nous avons une chance de nous en tirer, fit ob- server Valvert. – Évidemment. Si nous ne pouvons pas faire autrement, il faudra bien la courir, cette chance. – Attention ! Ils entrent dans la maison, avertit Landry Co- quenard. En effet, une vingtaine d’estafiers entraient silencieu- sement en bon ordre, deux par deux. Rospignac avait pris bra- vement la tête de ses hommes. Pardaillan et Valvert quittèrent la fenêtre. Landry Coque- nard continua de surveiller la rue. – S’ils viennent ici, fit Pardaillan, qui réfléchissait, la porte ne tiendra pas une minute. – Nous pouvons nous placer sur l’escalier, proposa Valvert. Il n’est pas si large. À nous deux nous pouvons leur tailler de bonnes croupières. – Sans doute. Mais ils sont trop. Nous finirons par être ac- cablés sous le nombre. Et puis… il n’est pas dit qu’ils viennent ici. Qui sait s’ils ne vont pas nous faire sauter ou mettre le feu à la maison, comme vous l’avez dit tout à l’heure ? fit observer Pardaillan. Et, frappant du pied avec colère : me– Mort diable ! je ne veux pas que M Fausta me tue, moi !… Plus tard, quand j’aurai ruiné ses projets, cela me sera bien égal !… Mais maintenant, au début de la lutte, me laisser – 9 – supprimer, lui laisser le champ libre, par Pilate, non, ce serait par trop bête !… – Alors, décidez, monsieur. – C’est tout décidé : partons, trancha résolument Pardail- lan. Il se retourna vers la fenêtre. Il est certain qu’il avait déjà calculé toutes ses chances, envisagé toutes les éventualités et fixé la direction qu’il devrait suivre quand il serait sur les toits, car il prononça : – Aucun de ces gens ne se risquera à nous poursuivre sur ce chemin. Il faut être acculé à la mort, comme nous, pour le faire. Donc pas d’attaque par-derrière à redouter… Donc, je puis, sans scrupule, passer le premier. Je le puis d’autant plus qu’on pourrait nous guetter à une de ces lucarnes que je vois par là. – Pourquoi, insinua Landry Coquenard, ne pas nous glisser par une de ces lucarnes… si nous réussissons à aller jusque-là ? Pardaillan le dévisagea. Il était un peu pâle, mais en somme, il ne faisait pas trop mauvaise contenance, le digne Landry. – Crois-tu donc qu’ils ne nous verront pas ? dit-il avec dou- ceur. Nous n’aurions fait que reculer pour mieux sauter. – C’est juste, reconnut Landry. – Non, reprit Pardaillan, il faut, au contraire, éviter les lu- carnes, que nous trouverons sur notre chemin. Fiez-vous-en à moi et suivez-moi… sans perdre pied, si c’est possible. – 10 –