L'agglomération lyonnaise à travers le dernier recensement INSEE (février-mars 1975) - article ; n°1 ; vol.51, pg 87-96

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Revue de géographie de Lyon - Année 1976 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 87-96
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1976
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Marc Bonneville
L'agglomération lyonnaise à travers le dernier recensement
INSEE (février-mars 1975)
In: Revue de géographie de Lyon. Vol. 51 n°1, 1976. pp. 87-96.
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Bonneville Marc. L'agglomération lyonnaise à travers le dernier recensement INSEE (février-mars 1975). In: Revue de
géographie de Lyon. Vol. 51 n°1, 1976. pp. 87-96.
doi : 10.3406/geoca.1976.1178
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113X_1976_num_51_1_1178CHRONIQUE RHONE-ALPES
L'agglomération lyonnaise
à travers le dernier recensement INSEE (février-mars 1975)
par Marc Bonneville
Les premiers résultats du 30e recensement de population réalisé entre le 20 février et le
15 mars 1975, ont été publiés avec une célérité remarquable par rapport à ceux des années
1962 et 1968, puisque dès le 18 juillet 1975 la direction régionale de l'INSEE était en mesure
de présenter les chiffres de population de toutes les communes de la région Rhône-Alpes *.
Les résultats sont encore provisoires et ne concernent que les effectifs de population
des communes en 1975, confrontés à ceux de 1968. Malgré leur caractère très partiel, et
dans l'attente d'informations complémentaires, ils permettent de dresser les grandes lignes de
l'évolution démographique de l'agglomération lyonnaise. Celle-ci n'a pas enregistré de
modifications importantes quant à sa définition : son extension reste identique à celle adoptée
au recensement de 1968 qui avait pris acte des importants remaniements des limites dépar
tementales de 1967. Le nombre de communes englobées est passé de 65 à 64, par suite de la
fusion de Rillieux et de Crépieux-la-Pape ; 4 communes de l'agglomération (Beynost, Saint-
Maurice-de-Beynost, Miribel, Neyron) font partie du département de l'Ain. Mais ce cadre
paraît déjà un peu restreint au regard de l'extension urbaine qui s'est étendue jusqu'à la
limite, et à l'intérieur même de l'Isère (l'Isle-d'Abeau) . Toutefois, en dépit des réserves qui
viennent d'être formulées, l'examen des résultats provisoires est révélatrice des changements
importants intervenus à l'intérieur de la métropole lyonnaise depuis 1968, comme dans son
évolution globale.
I. — LA SITUATION DEMOGRAPHIQUE EN 1975
Les résultats provisoires accordent 1 152 805 habitants à Г « Unité urbaine de Lycn »
qui comprend outre les communes du Rhône (soit 1 140339 habitants), les quatre communes
de l'Ain qui en font partie (soit 11 141 habitants). Il s'agit de la population sans doubles
comptes. La commune de Lyon comptait 456 674 habitants soit 40 % de la population de
l'agglomération ; en 1968 l'INSEE accordait encore 527 000 habitants à la commune centrale,
soit 49,1 % de la population de l'agglomération INSEE.
De fait, Lyon a enregistré un déficit de — 13,5 % en sept ans ( — 71 100 habitants),
soit une moyenne annuelle de — 2 % contre — 0,2 % entre 1962-1968. L'agglomération a
gagné 77 982 habitants correspondant à une croissance de + 7,2 %, soit + 1 % par an.
Ce gain modéré traduit un ralentissement certain de l'expansion de la métropole puisqu'au
cours de la période intercensitaire 1962-68, l'accroissement avait été de 13,2 % (129 000
habitants) pour 6 ans seulement, soit de 2,2 % par an.
1. Résultats provisoires du recensement de la population de 1975 Rhône~Alpes, INSEE,
Direction Régionale de Lyon, juillet 1975. limite de la première
couronne urbaine
Fig. 1. — Densités de population en 1975 dans l'agglomération lyonnaise
Communes de l'agglomération lyonnaise
Al Ri Rilleux-la-Pape Albigny-sur-Saône Fr Francheville
FSM Fontaine-Saint-Martin Ro Rochetaillée-sur-Saône Be Beynost
FsS Fontaines-sur-Saône Brignais B.g SaC Sathonay-Camp
B.n Brindas Gr Grézieu-la-Varenne SaV Sathonay-Village
Bro Bron G.s Gênas SCo Sainte-Consorce
Cai Cailloux-sur-Fontaines SCM Saint-Cyr-au-Mont-d'Or G.y Genay
CB Charbonnières-les-Bains SD Saint-Didier-au-Mont-d'Or Ir Irigny Caluire-et-Cuire ce SFL Sainte-Foy-lès-Lyon la M La Mulatière CM Champagne-au-Mont-d'Or SFo Saint-Fons la T La Tour-de-Salvagny Col Collonges-au-Mont-d'Or SGL Saint-Genis-Laval Li Limonest Corbas Cor SGO Saint-Genis-les-Ollières L Lyon (9 arrondissements) Couzon-au-Mont-d'Or Cou SM Saint-Maurice-de-Beynost
Ma Marcy-l'Etoile Chaponost SP Saint-Priest C.p Me Meyzieux Cr Craponne SR Saint-Romain-au-Mont-d'Or
Mil Millery Chassieu C.s TL Tassin-La Demi-Lune Mio Mions Cu Curis-au-Mont-d'Or
Mir Miribel Va Vaugneray Charly C.y Mo Montanay Vén. Vénissieux Da Décines-Charpieu Dardilly Ver. Vernaison Neu Neuville-sur-Saône DC Vi. Villeurbanne Ney Neyron Ее Ecully Vo Vourles Feyzin Ou Oullins Fe
W Vaulx-en-Velin Fleurieu-sur-Saône PB Pierre-Bénite FI
Fig. 2. — Variation absolue de la population (moyenne annuelle)
et variation moyenne annuelle (en pourcentage) en 1968 et 1975
Fig. 3. — Evolution comparée des communes de l'agglomération lyonnaise
pour les recensements 1962-1968 et 1968-1975 I
> habitants
NITE DE C AGGLOMERATION
YONNAISE
Limonest^ Cqllonges
ИШ st Didier StCyr
rv— j-g f Champagne^
Grézieudïk
-^ Fronchevil
Vaugneroy tT77' Bron Genos laHulatiére^ Blindas tuh Oulliiv
Choponost/fllûi ť
St. Genis L
Brignai
Ingny Щ i FeyziïT ^
vrpjÇon TAUX MOYEN ANNUEL DE VARIATION '968 '75 % 5km
ACCROISSEMENT DÉMOGRAPHIQUE
FREINE- A С С E L E R E 1 ' ' '•Ne
Rillieux-laP.
TAUX MOYEN
ANNUEL D'ACCROISSEMENT
ANCIEN-ACCENTUE RÉCENT
DÉCLIN DÉMOGRAPHIQUE
- • 5 • 10 • 20 • 50 W 100 9 + U50JC0HHUNE DE LYON AGGLOMERATION ( 1150.
IMPORTANCE DES COMMUNES (MILLIERS D'HABITANTS 90 CHRONIQUE RHÔNE-ALPES
L'analyse de l'évolution démographique de Rhône-Alpes 2 révèle que l'ensemble de la
répion, ainsi que la majorité des régions françaises ont enregistré un ralentissement de leur
croissance par rapport à 1962-1968. Le taux d'accroissement annuel moyen du pays s'est
abaissé de 1,15 % à 0,79 %, celui de Rhône-Alpes de 1,61 %à 1,11 %; l'agglomération
lyonnaise se situe donc en-dessous de la moyenne régionale d'accroissement, mais elle a,
en outre, enregistré une décélération beaucoup plus accentuée que l'ensemble de la région.
Dans le même temps l'agglomération de Saint-Etienne enregistrait une diminution de
son accroissement annuel passant de + 0,8 % à + 0,1 % et Grenoble, bien que conservant
un taux de croissance supérieur, ne gagnait que 2,3 % par an contre 4 %, soit une
décélération considérable.
Cette tendance se retrouve partout à l'exception des départements de l'Ain, de la Haute-
Savoie, des villes de Givors, Villefranche et Annemasse surtout, dont la croissance récente
s'est effectuée à un taux supérieur à celui de 1962-68.
Les causes de ce freinage démographique ne sont pas spécifiques à la région Rhône-
Alpes. Une récente étude de l'INSEE3 indique que les excédents migratoires ont été infé
rieurs de moitié entre 1968-75 (soit 0,21 % par an) à leur niveau de 1962-68 (0,47 %), pour
l'ensemble de la France. Rhône-Alpes ne fait pas exception puisque le taux s'est abaissé de
0,86 % à 0,45 %. La part de l'excédent migratoire dans la croissance démographique régionale
a été ramenée de 53 % à 41 %, celle de l'excédent naturel passant de 47 % à 59 %.
Cependant si l'important apport des rapatriés d'Afrique du Nord n'a pas eu d'équivalent
après 1968, l'immigration étrangère paraît avoir été plus forte. Dans le même temps
l'attraction régionale sur les autres provinces s'est affaiblie : l'agglomération de Lyon qui
avait enregistré un excédent migratoire de 74 000 habitants entre 1962-1968, n'a enregistré
qu'un gain de 8 000 habitants entre 1968 et 1975. L'excédent migratoire qui, entre 1962 et
1968, était responsable pour 58 % de la croissance démographique, n'y a contribué depuis
1968 que pour 11,6 % Dans le même temps le solde naturel est resté à peu près stable en
valeur relative (+ 0,9 % par an au lieu de + 1 %), + 9 844 habitants par an après 1968,
au lieu de + 9 253 avant cette date, donc en légère progression en valeur absolue. Cependant
la baisse de la natalité depuis 1973 pourrait atténuer ces excédents naturels dans les
prochaines années.
II. — CROISSANCE ET REDISTRIBUTION DE LA POPULATION
DANS L'AGGLOMERATION LYONNAISE
Un second fait majeur, aussi important que le ralentissement de la croissance régionale
et particulièrement urbaine, doit être souligné pour les grandes villes et particulièrement
pour Lyon : c'est l'importance de la redistribution de la population à l'intérieur de l'espace
urbain des agglomérations. On a déjà vu que Lyon ne contenait plus que 40 % des « Lyonn
ais » et il est clair que les communes de banlieue ont bénéficié de nombreux transferts. De
même Villeurbanne, dont la position est comparable à celle d'un arrondissement lyonnais,
a perdu pour la première fois des habitants (116 761 habitants en 1975 soit — 2,6 %).
Autour des deux communes-centres la banlieue a atteint 579 370 habitants, soit un gain de
152 000 habitants (+ 35,5 %). Cette croissance est cependant freinée par rapport à la
période précédente (+ 3,2 % par an contre 4,8 %), mais elle provient encore pour l'essentiel
des excédents migratoires (+ 107 280) qui restent à un niveau plus de deux fois supérieur
à celui des excédents naturels (+ 44 950).
La banlieue présente donc une évolution très différente de celle des communes de Lyon-
Villeurbanne : elle bénéficie à la fois des transferts de population venus des communes
centrales, mais aussi de la majorité des nouvelles arrivées dans l'agglomération. Par ailleurs
les excédents naturels (+ 1,4 % par an) sont aussi très supérieurs à ceux de Lyon (+ 0,7 %)
ou de l'agglomération ( + 1 %).
Si l'évolution démographique négative du centre de l'agglomération était déjà sensible
entre 1962-1968, la période récente a vu s'amplifier les transferts en banlieue, puisque les
2. Voir Points d'appui pour l'économie Rhône-Alpes, n° 8, 1975.
3. Points d'appui pour l'économie n° 8, 1975, déjà cité, p. 4-7. RHÔNE-ALPES 91 CHRONIQUE
pertes annuelles moyennes de Lyon ont été multipliées par 10 ( — de 0,2 % par an à 2 %).
Cependant une étude plus fine est nécessaire pour préciser cette évolution ; celle-ci n'est
pas uniforme pour tous les quartiers de Lyon et moins encore en banlieue où la croissance
démographique s'est faite en plusieurs temps. Les communes qui jouxtent Lyon et Villeurbanne
forment une première couronne suburbaine et certaines d'entre elles ont déjà considérablement
ralenti leur croissance.
Une seconde couronne urbaine est actuellement touchée par l'urbanisation et celle-ci y
suscite une croissance démographique rapide. Enfin au-delà des limites de l'agglomération,
l'urbanisation diffuse ou bien volontariste et ponctuelle, constitue l'extrémité avancée de la
vague démographique jusqu'à l'Isle-d'Abeau. Ce schéma constitué en cercles concentriques
emboîtés n'est repérable avec netteté que dans la partie orientale de l'agglomération. Au
Nord et à l'Ouest le phénomène est moins net ou moins avancé, si bien qu'il convient d'établir
un découpage suivant différents secteurs géographiques. Néanmoins cette approche a le
mérite de bien mettre en évidence les stades d'évolutions de l'agglomération qui sont apparus
dans l'étalement à la fois chronologique et spatial de la croissance lyonnaise.
1) L'ÉVOLUTION DU CENTRE LYON- VILLEURBANNE
Le déficit du centre concerne non seulement le centre-ville, mais aussi la totalité des
arrondissements lyonnais, et Villeurbanne. Le recensement de 1975 a démontré que la
situation s'était encore aggravée dans la presqu'île, dans le 1er et 2e arrondissements, ceux-ci
ayant perdu respectivement 24,3 % et 19,8 % de leur population, soit 18 500 habitants au
total. Le quartier de la Croix-Rousse correspondant au 4e arrondissement, qui jusqu'en 1968
avait mieux ésisté, a été à son tour sévèrement touché par les départs et le vieillissement
( — 16,4 % soit — 6 500 résidents). Mais c'est sur la rive gauche que les déficits sont les
plus importants particulièrement dans les 3e, 6e et 7e arrondissements qui ont perdu 14 400
(— 8,2 %). Il est habitants (—16,2 %), 16 000 habitants (—23,3 %) et 6900 habitant^
sans doute nécessaire d'interpréter ces chiffres avec prudence, puisqu'il est de notoriété
publique que les résultats de 1968 qui servent de base de référence doivent être pris avec
circonspection. Il est possible que les déficits soient quelque peu surestimés, en raison des
résultats sans doute flatteurs attribués aux arrondissements lyonnais en 1968. Compte tenu
de ces réticences, mais aussi de l'absence de résultats exhaustifs pour 1975, il est assez délicat
d'interpréter les baisses enregistrées dans le centre ; le vieillissement, le desserrement ou la
décohabitation paraissent avoir joué un rôle important, qu'il serait nécessaire de préciser,
particulièrement là où le nombre de logements n'a pas évolué. L'impact de la rénovation
urbaine est aussi difficile à mesurer : en plus des exportations, ou impulsions, il faudrait
considérer les effets indirects ou anticipés, qui affectent les immeubles situés en bordure des
zones rénovées ou ceux situés dans des secteurs qui ne seront touchés qu'à terme.
Les 1er et 4* arrondissements ont ainsi connu plusieurs opérations susceptibles d'avoir
entraîné des départs nombreux : rue Mercière, opération Tolozan, et surtout dans l'opération
de la Grande-Côte où les densités sont fortes. Le 6e arrondissement avec la rénovation
Brotteaux-Garibaldi, le 3e en bordure de l'opération de la Part-Dieu, ont aussi connu
d'importants changements de leur parc immobilier ; mais ces actions sont bien loin de rendre
compte de la totalité des déficits enregistrés. Les quartiers du centre ont sans doute plus que
ceux de la périphérie été touchés par l'inadaptation aux nouvelles conditions de la vie urbaine :
l'engorgement des rues, la dégradation, l'absence de confort ou d'amélioration de nombreux
immeubles, combinés à l'augmentation des prix des loyers ou des appartements sont autant
d'incitations au départ pour les habitants, souvent remplacés par des bureaux ou des commerces.
Les enseignements du dernier recensement sont plus surprenants pour les arrondissements
périphériques (4e, 5e, 8e, 9") et pour Villeurbanne. Ces quartiers conservaient jusqu'en 1968
une évolution positive ou en équilibre, correspondant à l'augmentation du nombre des
logements à la faveur de l'essor immobilier occupant les derniers espaces vacants de la
commune. Le 9e arrondissement (+ 19 800 habitants, soit + 52,5 %) grâce au grand ensemble
de la Duchère, mais aussi le 5e (+ 12 %), le 8( (+ 5.Î %), Villeurbanne (+ 14 463 habitants
soit + 13,7 %) pour 1968. En 1975, tous ces quartiers ont connu une régression, ce qui
peut surprendre (voir tableau). En effet ces arrondissements ont connu un tes vif essor
immobilier, et en contrepartie très peu de suppressions de logements. Le 9e et le 5' arrondis
sement surtout ont accueilli de très nombreux immeubles collectifs à la place de terrains
agricoles, maraîchers, de parcs de maisons bourgeoises ou de communautés religieuses, qui
auraient dû apporter un excédent considérable. De même le 8e et Villeurbanne (en dépit des
départs du Tonkin largement compensés) ont enregistré de très nombreuses constructions 92 CHRONIQUE RHÔNE-ALPES
collectives, se substituant le plus souvent à des industries supprimées ou transférées. Il faut
donc s'interroger sur les raisons qui font que les quartiers ont régressé. Le vieillissement et
la décohabitation ne peuvent participer à eux seuls à cette évolution. Les chiffres de 1968
trop avantageux sont-ils à l'origine de cette anomalie ? Cette hypothèse est plausible sous
réserve d'investigations plus précises. Quoique l'on puisse penser de l'évolution inter
censitaire il reste que les effectifs comptabilisés en 1975 donnent sans doute une idée
correcte de l'évolution en cours : les quartiers périphériques ne peuvent escompter une reprise
démographique, mais seulement le maintien de lurs effectifs dans le meilleur des cas. Quelques
soient les tendances à venir, rénovation ou densification, Lyon et Villeurbanne ont terminé
leur croissance démographique et amorcé leur déclin après 1968.
Recensement de 1975 : résultats provisoires de Lyon-Villeurbanne
et de l'agglomération lyonnaise.
Population totale (1) variation 1968-1975 variation 1962-1968
1975 1968 en % par an en % par an en% en%
Lyon, 1er - 10,2 31 187 41200 -24,3 -3,9 -1,8 arrondissement
Lyon, 2ème - 19,8 - 2,8 34 398 42 900 -3,1 - '15, 5
Lyon, 3ème - 16,2 - 2,1 74 396 88 800 -2,5 -11,7 arrondissement
Lyon, 4ème - 4,7 - 0,8 -16,4 -2,5 33 199 39 700
Lyon, 5ème - 3,3 -0,5 + 12,0 + 1,9 48 730 50 400 arrondissement
Lyon, 6ème - 23,3 - 5,9 - 1,0 52 590 68 600 -3,7
Lyon, 7ème - 8,2 - 1,2 - 1,6 62 200 -0,9 arrondissement 57 121
Lyon,- 8ème - 7,6 - 1,1 + 0,8 71222 77 100 + 5,1
Lyon, 9ème 53 831 56 900 -5,4 -0,8 +52,5 + 7,3 arrondissement
- 13,5 - 2,0 - 1,5 - 0,2 Total Ville de Lyon 456 674 527 800
119 879 -2,6 -0,4 + 14,2 + 2,2 Villeurbanne 116 761
Agglomération de 1 152 805 1 074 823 + 7,2 + 1,0 + 13,5 + 2,1 Lyon (2)
(1) Population totale sans double compte
(2) Y compris les communes situées dans le département de l'Ain et selon la définition INSEE de 1968.
2) La première couronne urbaine
Autour des deux communes centrales, 16 communes qui leur sont contiguës dessinent
une première auréole péri-urbaine. En 1975 elles étaient peuplées de 372 558 habitants
représentant 32,3 % de la population de la métropole. Leur progression depuis 1968 a été
de 90 491 résidents (+ 32 %). Cette zone a recueilli l'essentiel des transferts et des arrivées
extérieures-; elle conserve aussi des excédents naturels élevés.
— A l'Est, Saint-Fons, Vénissieux, Bron, Vaulx-en-Velin et Rillieux constituent un
secteur particulièrement dynamique qui contribue pour 67,7 % à l'accroissement de cette •
RHÔNE-ALPES 93 CHRONIQUE
première couronne urbaine. La multiplication des programmes collectifs, souvent à caractère
social au cours des dernières années, explique ces résultats. Les communes ayant accueilli
les trois principales ZUP achevées ou en cours, sont toutes localisées dans ce secteur oriental :
Vénissieux est passé de 47 613 à 74 269 habitants (+ 56 %), Vaulx-en-Velin de 20 700 à
37 900 {+ 82,6 %), Rillieux de 18 292 à 30 900 (+ 68,9 %). Ce dynamisme s'explique par
le double jeu de l'urbanisation spontanée et diffuse d'une part et d'autre part bien davantage
par l'importance des réalisations produites par l'urbanisme volontariste et social entre 1968
et 1972. Les grands ensembles de Vénissieux- Les Minguettes, Rillieux, Vaulx-La Grande-Ile
comportent respectivement 9 000, 6 500 et 9 960 logements dont certains ont été livrés avant
1968 (Vénissieux et Rillieux). ou le seront après 1975 (Vaulx). Mais l'essentiel Га été entre et 1975.
— De fait, le rythme des constructions devrait faiblir dans les prochaines années dans
ces communes puisqu'il semble que les grands ensembles ne seront plus envisagés et que
l'urbanisation par de plus petites unités leur sera préférée. Mais surtout les réserves foncières
y ont été déjà très largement entamées. L'évolution récente de Bron illlustre déjà ce phéno
mène puisqu'après la construction du grand ensemble de Parilly (+ 54,4 % entre 1962-68),
l'accroissement démographique s'est beaucoup ralenti (+ 6,9 % entre 1968-75). C'est là un
phénomène nouveau pour la banlieue.
• — Au Nord et à l'Ouest, l'évolution de la première couronne est plus diversifiée. Caluire
a connu un freinage très net, mais moins accentué que Bron puisque les constructions se sont
poursuivies (à Montessuy), la croissance étant ramenée de + 46 % à + 14,3 %, bien
en-deçà de la progression de sa voisine Rillieux.
La situation à l'Ouest de la Saône met en évidence d'importantes inégalités dans les
rythmes de croissances.
— Les Monts d'Or (Saint-Cyr, Saint-Didier, Champagne) aux portes de Lyon conservent
une évolution positive très modérée.
— Au centre, dans le prolongement du plateau du Point-du-Jour, Tassin, mais surtout
Franche ville, Sainte-Foy et Ecully ont gagné respectivement 14,7 %, 64,3 %, 31,4 %,
78,1 %. Ces gains sont dûs à la multiplication des immeubles particuliers et collectifs depuis
1968. Ces communes ont bénéficié d'un préjugé favorable dû à l'agrément des sites de
coteaux et de verdure, mais aussi des commodités d'accès (ouverture du tunnel de Fourvière).
Cependant les excédents exprimés en valeur absolue restent bien inférieurs à ceux du secteur
oriental: Ecully a gagné 7 856 habitants, Francheville 3169, Sainte-Foy 5213, Tassin 1903.
Le secteur Sud-Ouest de la première couronne n'a pas connu la même faveur ; La Mula-
tière où les terrains sont rares a régressé ( — 2,4 %). A Oullins, ville plus industrielle et
sociale que « résidentielle », la progression est modeste (4,4 %) .
La commune de Pierre-Bénite a augmenté ses effectifs de 25,1 %, mais elle appartient
plutôt à la deuxième couronne urbaine. Ainsi l'ancienneté de l'urbanisation (Oullins), la
distance au centre-ville et l'accessibilité, les disponibilités foncières ne sont pas égales pour
toutes les communes de l'Ouest. De là proviennent les différences entre communes dont la
démographie est en progression accélérée (Ecully, Francheville) et celles où la croissance
est encore stable (Monts d'Or) ou déjà freinée (Oullins, La Mulatière, bientôt Tassin et
Sainte-Foy) (voir fig. n° 2). La part de ce secteur occidental reste minoritaire dans l'ensemble
lyonnais: 125 000 habitants en augmentation de 23 260 résidents pour 10 communes à
l'Ouest de la Saône. Aucune opération d'urbanisme d'envergure n'a été localisée dans ce
secteur, ce qui explique que la croissance soit restée plus mesurée que celle de l'Est.
3) La deuxième couronne urbaine
La progression spatiale de la croissance urbaine, telle qu'on vient de l'étudier, s'est
traduite par la densification de la première couronne urbaine où les excédents ont été les
plus forts en valeur absolue. Mais la nouveauté du recensement de 1975 provient de ce
qu'il révèle les premiers signes d'un freinage de cette zone péri-urbaine. En revanche,
l'étalement spatial de l'urbanisation a produit des excédents plus élevés, en valeur relative
sinon en valeur absolue, dans la seconde auréole de communes suburbaines : ces dernières,
au nombre de 46, ont gagné 61 500 habitants pour atteindre un total de 207 207 habitants.
Ces communes à caractère rural ou semi-rural ont ainsi progressé de 42,2 %. Cette accé
lération est plus sensible à l'Est et à l'Ouest qu'au Nord. 94 CHRONIQUE RHÔNE-ALPES
— Dans la plaine orientale, la progression de l'urbanisation et de l'industrialisation a
été très rapide depuis 1968. Les zones industrielles majeures de l'agglomération y ont été
installées à Vaulx, Décines, Meyzieu, Saint-Priest, Corbas. L'urbanisation s'est développée
sous toutes ses formes, consommant beaucoup d'espace : immeubles sociaux, lotissements de
villas, maisons individuelles coexistent. Décines atteint 20 000 habitants (+ 30,7 %), Meyzieu
19 436 (+ 94,1 %), Saint-Priest 36 738 (+ 79,9 %). Corbas, Feyzin, Mions, Gênas, Chassieu,
autrefois des villages, ont) progressé respectivement de 45 %, 31 %, 78 %, 67 %, 26 %.
Ces 8 communes extraites de l'ensemble des 46 qui appartiennent à la seconde couronne
urbaine, ont gagné 38000 résidents soit une croissance de 61,3 % (ce qui représente les
deux-tiers de la croissance de de la deuxième couronne).
Cette progression démographique résulte d une croissance urbaine en tâche d'huile le
plus souvent non maîtrisée. Comme les communes que l'ont vient de citer n'ont été annexées
au Rhône qu'en 1967, on peut penser que le rattachement a stimulé leur croissance. Mais
celle-ci s'est étendue aux communes passées au Rhône mais exclues du périmètre de l'aggl
omération INSEE 1968: St-Bonnet-de-Mure (+ 84,3 %), St-Laurent-de-Mure (+ 63,5 %)
le long de la R.N. 6, Pusignan (+ 44 %), Jons (+ 38,7 %), Jonage (+ 53,4 %), Saint-
Symphorien-d'Ozon (+ 16,8 %), Communay (+ 49 %). Les grands aménagements régionaux,
Satolas et l'autoroute Lyon-Grenoble ont pu jouer et joueront le rôle de stimulants pour
cette zone ce qui devrait susciter un nouveau progrès démographique. Cet axe dynamique
est destiné à s'amplifier jusque dans le département de l'Isère, sans discontinuité, jusqu'à
Bourgoin. La création de la ville nouvelle de l'Isle-d'Abeau apparaît déjà dans les résultats
du recensement 1975: les premiers logements ont été livrés à Villefontaine (+ 293 %),
Saint-Quentin-Fallavier (+ 127 %). On peut affirmer qu'il s'agit là des jalons posés pour
une future couronne urbaine, sinon effective, du moins en gestation.
— Le secteur Nord de la deuxième couronne, localisé entre le Rhône supérieur et Ja
Saône se présente par le même dynamisme. Les 15 communes retenues (dont 4 sont dans
l'Ain) ne regroupent que 38 588 résidents soit 3 978 de plus qu'en 1968 (+ 11,5 %). Cet
ensemble ne pèse pas très lourd dans le total métropolitain et ne progresse que très modér
ément. Il n'y a pas à proprement parler de centre important dans ce secteur et l'urbanisation
se fait, sous une forme diffuse. La zone industrielle de Neuville (+ 4,5 %) et Genay
(+ 29,3 %) n'a pas suscité un apport démographique considérable, surtout si l'on retient
les résultats exprimés en valeur absolue (+ 780 habitants pour l'ensemble). Les plus fortes
croissances concernent Fontaine-sur-Saône (+ 959), Beynost (+ 543), Miribel (+ 588).
Tout cela confirme la faiblesse du développement du Nord de l'agglomération jusqu'à ce
jour. Le Val de Saône n'a qu'une croissance infime, voire négative (Sathonay-Camp — 8,2 %)
et n'a pas encore été réellement touché par l'urbanisation.
— Le secteur Ouest de la deuxième couronne : 23 communes occidentales sont disposées
suivant un demi-cercle assez large qui englobe de nombreuses communes semi-rurales.
L'ensemble regroupait 67 942 habitants ce qui montre que lurbanisation n'a pas ici l'ampleur
de celle qui se développe à l'Est. Cependant la croissance y a été importante puisque le
progrès par rapport à 1968 a été de 19 500 habitants soit + 40,2 %. Cette seconde auréole
correspond ici aussi à une phase d'expansion récente et rapide et, comme à l'Est, l'au
gmentation démographique y est près de deux fois supérieure en valeur relative à celle que
l'on a pu observer dans la première auréole.
Le secteur occidental n'est pas homogène et on y retrouve les contrastes entrevus dans
la première couronne. Les Monts d'Or ont là aussi une croissance très modérée surtout près
de la Saône : + 26,2 % à Couzon-au-Mont-d'Or, + 1,2 % à Curis-au-Mont-d'Or. Ceci
atteste la lenteur de l'urbanisation qui se fait surtout par des maisons particulières.
En revanche le Centre-Ouest et le Sud-Ouest sont bien plus dynamiques. Un premier
axe se distingue sur une carte, qui constitue une suite logique au mouvement amorcé dans
le 5e arrondissement lyonnais et à Ecully, Tassin, Francheville et Sainte-Foy. Cet essor
s'est fait le long des axes de circulation, notamment de la RN 89 et de l'autoroute A 6.
En témoigne la progression de Dardilly (+ 36,1 %), de La Tour-de-Salvagny (4- 39,3 %),
Marcy-l'Etoile (+ 39,7 %), Charbonnières (+ 25,8 %), Sainte-Consorce (+ 72,3
Saint-Genis-les-Ollières (+ 48,8 %), Craponne (+ 34,2 Brindas (+ 34,4 %). Ce phéno
mène est nouveau et si la progression en valeur absolue est moins impressionnante puisqu'il
s'agit de communes jusqu'ici à faible densité, elle dénote une remarquable accélération par
rapport à la période précédente. Il s'agit en fait des effets de la prolifération diffuse de
maisons individuelles et de lotissements sans ordre apparent et réservés à une clientèle aisée.
— Un second axe a connu une croissance accélérée tout à fait originale par rapport à CHRONIQUE RHÔNE-ALPES 95
1 962-68 : c'est celui qui s'organise autour de la RN 86 d'Oullins à Brignais et dans la
dépression du Garon. Le développement de Saint-Genis-Laval est spectaculaire : la commune
atteint 13170 habitants soit un gain de 6 000 habitants (+ 84,8 %) alors qu'elle n'avait
progressé que de 987 unités entre 1962 et 1968. La commune a accueilli d'importants
ensembles collectifs et de nombreuses maisons particulières qui ont modifié son image restée
jusqu'ici plutôt ouvrière. Brignais s'est accrue dans les mêmes proportions (+ 73,2 %).
Les communes voisines riveraines du Rhône ont évolué dans le même sens : des immeubles
sociaux ont été construits en grand nombre dans les communes ouvrières d'Irigny (+ 42 %)
ou de grands projets ont été programmés. Les communes plus rurales et plus éloignées n'ont
pas été épargnées par la vague d'urbanisation représentée essentiellement par des loti
ssements ou des maisons particulières. Toutes ont accéléré leur croissance : Charly + 45 %,
Vourles + 28,4 %, Millery + 20,7 %. Si le quart Sud-Ouest conserve encore de vastes
réserves foncières, son évolution se situe entre celle développée à l'Est, plus sociale et plus
massive, et celle de l'Ouest plus diffuse et plus sélective. Ceci explique sans doute son
succès récent.
4) Evolution démographique et croissance immobilière
L'évolution n'est qu'une des caractéristiques de la situation urbaine.
Elle ne peut, en raison du phénomène de la décélération constatée, justifier à elle seule
l'extension de la ville et l'augmentation considérable de la consommation d'espace à la
périphérie. Mais alors, il est urgent de s'interroger sur les causes immédiates de la crois
sance urbaine. Les quelques données sur le logement diffusées par l'INSEE à ce jour
(décembre 1975), si elles ne peuvent fournir une réponse à cette question, permettent néan
moins de mieux cerner le problème.
— Le nombre des logements a augmenté selon un rythme tirés voisin de celui de la
croissance démographique dans les communes en forte expansion. Cette très forte corrélation
se retrouve ainsi à Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Saint-Priest, Rillieux, Meyzieu, Saint-Genis-
Laval, Francheville, Ecully.
— En revanche la corrélation est beaucoup plus faible pour les communes à croissance
ralentie : Bron, Caluire, La Mulatière, Oullins. Ceci tient sans aucun doute au vieillissement
et au desserrement qui interviennent dans les immeubles plus anciens.
— Mais l'interprétation devient beaucoup plus délicate dans le cas de Lyon et de
Villeurbanne, pour lesquels on ne dispose pas encore d'informations détaillées. Lyon qui,
on l'a vu, a perdu 71 126 habitants en 7 ans, a gagné en revanche 6377 logements et
7 627 logements restaient vacants. Il est donc clair que, quelque soit l'impact de la
rénovation dans les quartiers centraux et la transformation de certains logements en bureaux,
la densité résidentielle s'est notablement abaissée. Mais comment faut-il interpréter ce
phénomène ? Il s'agit pour une part des effets du vieillissement de la population des loge
ments anciens, et de la décohabitation. Mais ne faut-il pas incriminer des processus plus
récents comme les exigences accrues en ce qui concerne la superficie habitable, le nombre
de personnes par pièces, qui correspondent à l'évolution des « besoins » et des « mœurs »
en matière de logement ? Ainsi pourrait-on faire l'hypothèse que la densification du centre
de l'agglomération, en l'absence d'accroissement démographique, correspond à l'extension de
fonctions ou de consommations déjà existantes et en partie satisfaites (logements, bureaux,
commerces, services, équipements, espaces de récréation), mais en développement. Il reste
à étudier comment sont engendrées ces consommations élargies et comment elles sont
justifiables. Elles sont en effet à l'origine de la redistribution et du déplacement d'autres types
de consommation et d'activité à la périphérie et par là, de la consommation de l'espace péri-
urbain. Aucune étude sérieuse n'a été entreprise sur ces questions auxquelles il est urgent
de répondre si l'on veut donner un sens et une logique à la croissance urbaine.
L'analyse n'est pas trop complexe en ce qui concerne les communes récemment urbanisées
ou à l'inverse pour les vieux quartiers lyonnais. Mais la situation des arrondissements qui
ont connu un essor immobilier considérable confine à l'absurde. En l'absence de données
détaillées pour Lyon, l'examen de Villeurbanne en fournit une bonne illustration: — 3 118
habitants mais + 4 214 logements et 1 000 logements vacants. De 1968 à 1975, les statis
tiques de la Direction Départementale de l'Equipement indiquent que 10 719 logements y
ont été mis en chantier, qui auraient dû accueillir près de 30 000 résidents. Ces constructions
ont été réalisées pour l'essentiel sur des terrains industriels et n'ont donc pas entraîné la
disparition1 d'un nombre de logements équivalents même en ce qui concerne le Tonkin.