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ICO, j'ai aperçu une créature diaphane.

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Ico est un jeu vidéo d'action-aventure développé par la Team Ico et sorti en 2001 sur PlayStation 2. Imaginé et dirigé par Fumito Ueda, le jeu a une critique positive générale du fait de son game design, sa réalisation et son onirisme. Il a fait l'objet d'une ré-édition pour la Playstation 3 sortie en septembre 2011, avec des graphismes remastérisés en haute définition sur un Blu-ray contenant également Shadow of the Colossus.

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Publié le 24 novembre 2011
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Langue Français
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ICO(2001) / PlayStation 2
Trois lettres de lyrisme et d’onirisme, trois lettres qui résonnent dans la tête du joueur… Envoûtant, puissant et raffiné àla fois, ICO se laisse dépasser par le flot imaginaire et allégorique de chacun. Une citadelle gigantesque s’élevaità l’horizon lorsque, soudain, des bruits de sabots résonnèrent dans la forêt. Des hommes encagoulés transportaient un petit garçon à cornes,arraché à son village d’origineà cause de ce maléfice. Quelques heures plus tard, une fois le groupe arrivé dansla citadelle, l’enfant répondant au nom d’Ico fut enfermé dans un sarcophage solide. A travers une fissure, complètement impuissant, il voyait ses tortionnaires s’éloigner etrefermer derrière eux la grand-porte en pierre, la seule issue possible peut-être… Epuisé, le petit Ico s’endormit et rêva de faire une sombre rencontre dans cette forteresse. Puis, brusquement, il se réveilla, secoué par un tremblement de terre. Par miracle, fragilisé par le séisme, le sarcophage céda et s’écrasa sur le sol. Le garçonparvint à se libérer. Sillonnant quelques pièces, Ico se retrouva comme dans son rêve, face à une geôle où tout à coup, uneombre se transformant en lumière naquit. Le courageux gamin décida d’utiliser les mécanismes pour libérer cette entité. Lorsqu’ellesortit de sa cellule, Ico s’aperçut que cette douce lumière entremêlée d’ombres ténébreuses était une jeune fille. Malheureusement, elle ne parlait pas la même langue que lui. Il ne savait pas s’il devait lui faire confiance ou non. Soudain, des formes obscures apparurent et tentèrent de kidnapper cette beauté céleste. Ico prit sa défense en les repoussant à coups de bâton. Son aventure avec Yorda ne faisait que commencer. ICOraconte une histoire d’amitié bouleversante, de confiance et un incroyable voyage vers la liberté. La force du jeu tourne autour d’une intriguesimple qui utilise le phantasme et la sensibilité du joueur. Tout y est simplifié à son strict minimum. La narration est claire et limpide, elle respecte à la lettre le schéma quinaire sans extrapolation inutile, elle laisse avant tout le joueur donner libre cours à son imagination. Cette force ornée de lyrisme passe notamment par une coagulation impeccable entre l’histoire, les personnages, la métaphysique, l’ambiance, le visuel, les musiqueset même le gameplay. ICO est un « tout » inhérent qui émane avant tout du joueur par l’œuvre. Une superbe allégorie où la liberté est un fondement essentiel. Le message ne s’arrête pas là, une dialectique très poussée à propos de l’ombre et de la lumière, avec au centre la jeune Yorda, est développée tout au long de l’aventure. Une figure de style extrêmement importante qui fait évoluer l’histoire et la perception du joueur sur l’univers d’ICO. Chaque petit détail a son impact dans la compréhension de l’œuvre jusqu'au dénouement final, où temps et espace sont arrêtés quelques instants à travers l’un des moments les plus épiques des jeux vidéo, guidé par des références importantes comme une rhétorique sur la beauté et la vie éternelle rappelant les pensées taoïstes et shintoïstes. Les messages sont élaborés, raffinés, bien pensés, bien distillés, sans insistance ni pesanteur. Un véritable éclat de génie qui transporte et fait voyager le joueur aux frontières du rêve. ICO est une simple fable, une simple poésie mais tellement efficace qu’elle puise toute sa profondeur dans les émotions. Ainsi, l’œuvre apporte uneénorme touche d’onirisme dans les jeux vidéo avec cette tendance à dépeindre l'aventure comme dans certaines poésies minimalistes. Pas besoin d'en dire beaucoup, c'est à celui qui lit, ici, celui qui admire et qui joue de s'imaginer et de comprendre la poésie avec sa propre sensibilité et sa propre sagesse. Côtégameplay, les développeurs ont opté pour un choix restreint en utilisant une méthode de soustraction, c’est-à-dire de rendre le jeu le plus simple possible en produisant des interactions plus naturelles et plus réalistes, en enlevant le superflu pour ne conserver que l’essentiel. Ainsi, le joueur dirige Ico afin de se frayer un chemin dans les dédales du château où il est retenu prisonnier. Suite à sa rencontre avec Yorda, le garçon s’aperçoit qu’elle ala faculté de déplacer les pierres sacrées qui scellent les différents accès de l’immense prison. Néanmoins, Yorda est fragile, faible et incapable de se hisser à une corde ou d’escalader un mur, elle est de surcroît régulièrement attaquéepar des ombres sorties de nulle part. Ico devra donc veiller sur elle tout en cherchant à activer tous les mécanismes possibles pour arpenter les différents endroits et s’évader une bonne fois pour toutes. Parfois, les choix seront cruciaux et il faudra donc lui lâcher la main et prendre le risque de grimper très haut pour trouver une solution aux différentes énigmes rencontrées au cours de l’aventure.L'aventure mêle donc des phases de plates-formes, de réflexion et de combats intenses contre ces ombres chimériques surgissant brusquement pour enlever Yorda. Ico doit alors la protéger en repoussant les assaillants à l'aide d'un simple bâto n ou d'une épée. Les entités profitent souvent de l'isolement de Yorda pour surgir, faisant naître un sentiment d'inquiétude constant chez le joueur dès qu'il est amené à s'éloigner de la jeune femme.
Ne parlant pas la même langue, les deux personnages communiquent par de simples gestes et de simples bribes de phrases. Ainsi, Ico peut inviter Yorda à le suivre ou à l’attendre, il peut la prendre par la main, l’aider à grimpersur une corniche ou sauter un obstacle. Cependant, la belle lui sera très utile car son comportement lui donnera régulièrement des indices sur la marche à suivre pour passer telle ou telle énigme. Combats contre les ombres, évasions, courses-poursuites, repos…Encore une fois, ICO fait une superbe démonstration artistique où le havre de paix du joueur réside exclusivement dans son propre esprit. Néanmoins, même si le gameplay force le respect en reprenant les bases les plus simples des jeux vidéo et en y ajoutant une touche merveilleuse de lyrisme, ICO est court, beaucoup trop court ! Il faudra compter environ six à huit heures pour le terminer. Heureusement que le sentiment laissé par le jeu est fabuleux et que beaucoup se laisseront régulièrement rembarquer dans cette aventure poétique. Esthétiquement et artistiquement, ICO respecte minutieusement le concept poétique avec des graphismes et un design extraordinaires. Les développeurs ont créé un univers en symbiose quasi-parfaite avec l’imagination du joueur en utilisant un flou omniprésent pour renforcer le côté lyrique et onirique, des textures riches dans l’ensemble, une profondeur de champ surprenante, des artifices lumineux, des arcs-en-ciel, des couchers de soleil splendides, des ombres gérées brillamment, des reflets en temps réel de toute beauté, des étincelles de flammes qui se reflètent sur les visages des personnages, des bourrasques de vent qui font frémir ou des effets étranges autour des chimères…Enfin, tous les détails des personnages comme les petits gestes d’Ico lorsqu’il appelle Yorda et qu’elle lui répond, quand les vêtements du gamin ou ceux dela belle frissonnent avec les murmures du vent…ICOest une véritable merveille artistique, une recherche de la perfection, un aboutissement d’un concept et d’un travail hors du commun quioffrent des rêves magnifiques. En somme, ce concept du lyrisme qui va bien au-delà de la simple démonstration scénaristique et métaphorique se décline aussi dans l’ambiance qui écarte toute musique et laisse place à la nature et toutes ses sonorités. Aucune partition pendant les phases de recherche, seulement les éléments de la terre, donc de la vie. Et, quand les musiques apparaissaientc’est lorsquel’existence du garçon et de la jeune fille peut être cassée ou détruite. L’ambiance sonore, musicale et générale mélange avec brio différents registres, tout y passe: registres pathétique, mélancolique, épique, tragique et lyrique, bien sûr; l’ambiance submerge rapidement le joueur d’admiration.ICOest une vraie intraveineuse qui pénètre l’esprit et le percute: entendre le bruit grave du moulin dans ledit lieu, puis le grincement du mécanisme avec le sifflement aigu des ailes… Ces oiseaux chantant et ce vent pesant… L’envie de se jeter dans l’eau et Yorda… Oui, Yorda est déjà trop loin.ICO est un havre de paix comme nous avons rarement l’occasion d’en apprécier. ICO est un jeu philosophico-imaginatif, mêlant énormément de registres, allant du pathétique au lyrique. Une œuvre qui illustre des personnages vraiment profonds, mais toujours grâce à l’imaginaire. Une ambiance quasi-parfaite, des graphismes hors du commun qui dépeignent un onirisme mirifique. ICObénéficie, hélas, d’une durée de vie insuffisante pour ce genre de jeu, mais il offre surtout une vision de la vie qui donne des semaines de réflexion. K. VENTOLINI.