Shadow of the Colossus, aux confins de l

Shadow of the Colossus, aux confins de l'art.

-

Documents
2 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

Shadow of the Colossus, Wander and the Colossus (ワンダと巨像, Wanda to Kyozō, lit. "Wander et le colosse ") au Japon, est un jeu vidéo d'action-aventure japonais développé et édité par Sony Computer Entertainment pour la PlayStation 2. Le jeu est sorti en octobre 2005 en Amérique du Nord et au Japon et en février 2006 en Europe. Le jeu est développé par la Team Ico, qui avait précédemment dirigé le jeu ICO. Il a fait l'objet d'une ré-édition pour la Playstation 3 sortie en septembre 2011, avec des graphismes remastérisés en haute définition sur un Blu-ray contenant également Ico.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 24 novembre 2011
Nombre de visites sur la page 116
Langue Français
Signaler un problème
SHADOW OF THE COLOSSUS(2005) / PlayStation 2Après le tendre mais fragile succès de l’oniriqueICO, Shadow of the Colossus, la nouvelle œuvre de Fumito Ueda,tente une nouvelle fois le pari d’emporter avec elle quelques joueurs dans un voyage hors du temps, hors dumonde et loin des habituels préconçus vidéoludiques. Difficile de juger Shadow of the Colossussans remettre sur la table l’inévitable idée qu’il existe bel et bien une tangente qui rapproche l’art et les jeux vidéo, et que jamais auparavant un jeune s’était autant rapproché de cet impossible concept aux yeux de certains. Un condor passait,les sabots d’un magnifique étalon noir quitransportait deux entités résonnaient entre des falaises vertigineuses, un templedans l’horizon délavé se dessinait peu à peu. Le cavalier, étant visiblement arrivé à bon port, descendit de sa monture et entra à l’intérieur dela citadelle. Dans la salle principale se trouvait un autel entouré d’énormes statues, le jeune homme y déposa une belle créature inconsciente. Tout à coup, une voix chimérique résonna au milieu de nulle part et lui expliqua quil devait abattre tous les colosses de ce monde pour espérer ressusciter sa dulcinée. Armé d’une épée magique,qu’il devra brandir vers le ciel pour qu’elle puisse réfléchir la lumière du soleil afin de connaître la position de l’ennemi à combattre, Wanda part le cœur remplit d’émotions et de doutes sur son fidèle compagnon Agro…Le sol tremble à l’approche dupremier titan, les palpitations deviennent de plus en plus importantes, la peur se fait de plus en plus ressentir, il est là, devant lui. Impossible de faire marche arrière, il bande son arc et lui assène le premier coup. L’énormebête se retourne, le combat ne fait quecommencer…A l’instar de l’illustreICO qui dépeignait un schéma de narration simple, très efficace, amplifié par un imaginairephilosophique et fantasmagorique, Shadow of the Colossus se débarrasse de tous les préconçus inconcevables del’univers vidéoludique et va bien au-delà du concept proposé par ICO. En à peine une petite demi-heure, le décor de l’œuvre est planté et ne bougera plus tant que les seize colosses ne seront tombés sous les pieds du valeureux Wanda. Inutile de dire que les amateursd’histoires sans fin resteront sur leur faim avec le nouveau titre d’Uedaet que certains regretteront la bouleversante histoire du petit Ico. Shadow of the Colossusse permet de faire ce qu’aucun autre jeu du genre n’avait fait, se reposer entièrement surungameplayartistique, limpide et éclairé, sans surexposition et dialogues inutiles. Il est clairement impossible de juger la bribe d’histoire que nous propose le jeu sans risquer de manquer de respect à l’œuvre et à ses créateurs car, oui,Shadow of the Colossus est une œuvre (certains parleront peut-être d’essai) avant-gardiste, sûrement trop en avance sur son temps mais qui a le mérite d’exister et d’offrir un voyage épique commenul autre jeu ne l’avait fait.D’ailleurs,le titre nes’est passeulementrétracté d’un point de vuescénaristique dans la simplicité. Point besoin d’espérer rencontrer d’autres personnages dans ce monde désertique : seuls Wanda et Agro y évolueront. Les développeurs ont créé un véritable conte qui se vit par l’action, par descombats inoubliables et non par l’évolutionde la trame.Alors, comment s’imaginer qu’avec une histoirefigée et quasi-inexistante le jeu puisse illustrer un univers riche et profond ? Les développeurs ont avant tout misé sur ungame designclairvoyant en développant un monde très particulier : la force du titre réside principalement dans le fait que l’univers ne soit pas découpé en plusieurs niveaux distincts, comme c’est très régulièrement le cas dans ce genre de jeu. Par exemple, après être sorti du temple pour la première fois, il faudra abattre le premier colosse. Le vaillant Wanda devra tout d’abord parcourir une certaine distance, à travers déserts et forêts,à l’aide du cheval et de l’épée magique qui lui indique par une lumière la position du géant ; puis il arrivera devant une falaise. Aprèsl’avoirescaladée, un large terrains’ouvriralui au àsein duquel la bête sommeille. Si le joueur décide de lui décocher une flèche, la gigantesque entité se retournera et le combat débutera. Le but étant de trouver son premier point faible pour grimper sur sa longue crinière, puis de monter jusqu’à son sommet pour la découper au niveau de la têteson point faiblece qui permettra de l’anéantir. Le colosse devient à lui seul un véritable donjon, certainsd’entre euxsont de vraies forteresses où des mécanismes doivent être activés pour permettre del’ascension. Les seules armes ou avantagesdu héros sont donc son cheval, son arc, l’épée magique qui doit être plantée dans le ou les point(s) faible(s),et sa résistance lorsqu’il grimpe après eux. S’il n’a plus de force, il tombe. Il faudra donc veiller à établir une stratégie au préalable et bien analyser les différentes parties dugéant carces derniers n’hésitent pas à se secouer pour décrocher le courageux et chétif guerrier. Jamais dans un jeu vidéo cette sensation charnelle établie entre le héros et son adversairen’a étéaussi puissanteet si bien réalisée. L’impression donnée par la touche«R1» qui permet de s’accrocher de toutes ses forces est formidable. Par-dessus tout, les cavalcades avec Agro sont magnifiquement bien orchestrées, même si sa maniabilité peut parfois laisser à désirer. En tout cas, quel plaisir de faire galoper le cheval et de s’agripper à l’ennemi après un saut de l’ange risqué, de l’appeler
d’un endroit stratégique pour faire diversion ou de tirer quelques flèches lors d’une longue course autour d’un géant. Shadow of the Colossus,c’est avant tout un concept génialissime, débordantd’idées brillantes qui forcent le respect. Malheureusement, cette œuvre et songame design sensationnelsont trop en avance sur leur temps, de surcroît sur la technologie employée et ils sont bel et bien entachés par les limites du support. Il faut le souligner, Shadow of the Colossus est sûrement l’un des plus beaux projets de ces dernières années, mais c’est surtout le plus gourmand. Impossible de nier que la PlayStation 2 crache ses tripes à chaque minute de jeu et que ce magnifique monde peut vite se transformer en un cauchemar à cause d’un temps de réponse extrêmement lent manette en main, d’un manque de précision cataclysmique lors des déplacements ou des sauts, d’une lenteur de certaines actions assez phénoménale et des caméras très impréciseset agaçantes. De même, après avoir cerné l’approche nécessaire à utiliser face à tel ou telcolosse, le jeu devient de plus en plus facile. Ainsi, certains affrontements deviennentun jeu d’enfantet ne durent quel’espace dequelques maigres minutes car la technique d’approche est la même que celle du quatrième opposant, par exemple. Malgré la cohérence artistique et toute la bonne volonté des développeurs, sans nul doute, certainsn’aimeront pas cette répétitivitéde l’action au bout du compte.En outre, point besoin d’avoir la crainte de mourir dans ce titre, c’est extrêmement rare.fait, la barre de force se recharge En assez facilement si le héros s’accroupit ou s’il utiliseune petite astuce très simple à trouver. Enfin, ça ne sera pas le mode difficile à débloquer après avoir terminéle jeu une première fois qui apportera du piquant à l’aventure dans le sens où seulement la barre de résistance se videra plus vite. D’ailleurs, il y a la possibilité de l’augmenter en tuant les petits lézards qu’onrencontre à droite et à gauche. Quant à la durée de vie,indiscutablement meilleure que celle d’ICO, elle est encore trop juste pour faire passer la pilule. Difficile donc de juger une telle œuvre sanstenir compte de tous ces problèmes dus en grande partie au support. Il est évident que certains joueurs amateurs de précision et de technique parfaite passeront leur chemin, tandis que les autres, capables d’ignorer un instant ces irrégularités, réussiront à profiter de cette poésie épique inégalée. Graphiquement, le constat est le même. Le jeu est tout simplement magnifique et efficace sur toute la ligne, gorgé de détails et d’une profondeur de champ extraordinaire,d’ailleurs, inégalée sur cette génération grâce à l’utilisation du streaming pour afficher l’horizon. Mais ce constat n’empêche pas leschutes deframerated’être aussi impressionnantes que les colosseseux-mêmes. Dans l’ensemble, le titre reprend le style du moteur graphique d’ICO, avec ses textures monotones aux tons jaunâtre et gris qui renforcent le côté onirique suscité. Le personnage principal est extrêmement bien modélisé et détaillé, tout comme son fidèle ami, Agro, qui lors de ses galops effrénés laissera transparaître le dessin de tous ses muscles en action. Magistral ! Quant aux colosses, ils ont un design très singulier, dépeignant des mesures tout bonnement faramineuses, des corpsbourrés de détails en tout genre qui les rendent encore plus vivants et criants de vérité. Même si le jeu est clairement trop en avance sur sa génération artistiquement et techniquement parlant, les joueurs n’en perdront pas une seule bouchée et resterontrégulièrement bouche-bée devant cet univers magique. Lorsque l’on souhaite créer un jeu épique, s’il y a bien une partie du développement à ne pas négliger, c’est bel et bien lapartie sonore et musicale du titre. Shadow of the Colossuss’en tire avec les honneurs de ce point de vue-là même si depuis ICO, un petit retour en arrière s’est imposé. Toutefois, autant le dire d’emblée, les musiques du titre sont splendides et procurent une ambiance monumentale. Tandis qu’ICOjouait sur la corde sensible des sons de la nature, en évitant d’utiliser la musique lorsdes phases de rechercheles seuls moments où la musique intervenait, c’était lors d’un danger. Ici,les développeurs ont choisi d’introduire des compositions épiques et inoubliables pendant les duels. Chaque morceau sonne juste et frôle l’excellence. Dès qu’une simple flèche touche et faitsortir un ennemi de son sommeil profond, une musique guerrière, tambours battants, se met en marche. Une mélodie classieuse, furieuse et éblouissante emporte le joueurdans l’action lorsqu’il commence son escalade, agrippé au poil des géants. Fantastique. Entre les cris du monstre, sa respiration, ses énormes pas qui écrasent et déchirent la terre, sa force qui résonnedans les airs ou dans l’eau, Agro qui hennit de peur… Le joueur en prendra plein les oreilles. Les développeurs ont su maîtriser le son à merveille, même s’il faut quand même le souligner, l’OST deShadow of the Colossusn’est pas très hétérogène dans l’ensemble à cause de certains morceaux trop proches mélodiquement.Reste que dans l’action, la magie s’opère et le rêve ne s’arrête jamais.Enfin, certains joueurs regretteront sûrement les choix artistiques abandonnés d’ICO. Ils essayeront de se consoler lors des chevauchées avec Agro sur la carte du monde où le vent soufflera sur les plaines pendant de longs moments de silence poétique... Œuvre et essai à la fois, trop en avance sur son temps, deShadow of the Colossus nous retiendrons une aventure épique, fabuleuse et onirique, procurant une autre vision vidéoludique de notre passion, tiraillant les limites des diverses conceptions préconçues et de la création. Il y a un avant et un après Shadow of the Colossusartistiquement parlant, à n’en pas douter.K. VENTOLINI.