Zone of the Enders 2, un bel aboutissement.

Zone of the Enders 2, un bel aboutissement.

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Zone of the Enders: The 2nd Runner, également connu sous le nom de Anubis: Zone of the Enders, est un jeu vidéo d'action développé et édité par Konami en 2003 sur PlayStation 2. Le jeu a été réalisé par Shuyo Murata et produit par Hideo Kojima.

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Publié le 24 novembre 2011
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Langue Français
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ZONE OF THE ENDERS : THE SECOND RUNNER(2003) / PlayStation 2Malgré sa sortie plutôt discrète peu de temps après le lancement de la PlayStation 2, la nouvelle série d’HideoKojima Zone of the Enders, a su se forger, incontestablement,une réputation auprès d’un certain public grâce à de nombreuses qualités intrinsèques indéniables : un scénario ingénieux mélangeant complexité et accessibilité, un gameplay ultra-dynamique corroboré par un visuel et une touche sonore de haute volée. Zone of the Enders : the Second Runner reprend ainsi la plupart des qualités de son prédécesseur, mais efface surtout (ou presque) tout ce qui pouvait lui être reproché. Dingo Egret, ex-leaderde l’armée impériale de Bahram et depuis peu mineur deMetatronsur un satellite de Jupiter, croit avoir découvert un important geyser non loind’où il fore. Têtu et n’écoutant pas les conseilsde ses collègues, il décide de trouver par lui-mêmel’exceptionnelle sourced’énergie. En arrivant sur les lieux, ilentrevoit dans un gigantesque sarcophage le légendaire Orbital FrameJehuty.Sa rencontre précipitée est vite écourtée car un bataillon de l’armée de Mars s’approche à grande vitesse, lui aussi à la recherche du robot. Dingo n’a pas le choix: soit il entre dans cette machine, soit il meurt sous les tirs ennemis. Il décide donc d’embarquer à bord du Jehuty et de s’échapper. Après plusieurs rudes combats d’où il sort vainqueur, ils’aperçoit que l’armée n’hésite pas à massacrer ses collègues. Fou de rage devant cesscènes de violence, le téméraire combattant décide de rentrer dans le vaisseau principal avec le Jehuty pour y trouver le commandant et lui régler son compteune bonne fois pour toutes. A sa grande surprise, Dingo tombe nez-à-nez avec un autreOrbital Frame, vraisemblablement trop puissant. Son pilote n’est autre queson ancien supérieur : Nohman. Il se voit contraint de débarquer du Jehuty après une cuisante défaite. C’est alors que Nohman lui propose de retravailler pour lui sous peine de mort. Dingorefuse catégoriquement car plusieurs années auparavant il l’avait déjà envoyé à la mort lors d’une mission risquée. Mais cette fois-ci, le monstrueux commandant le crible de balleset l’exécute sans pitié devant le lieutenant Ken Marinaris. Deux mois plus tard,Dingo se réveille dans un laboratoire et s’aperçoit qu’il est branché à l’intérieur du cockpit du Jehuty. La belle Ken Marinaris lui avoue l’implacablevérité : lui et le Jehuty ne font plus qu’un. Ses poumons et son cœur sont alimentés par la machine grâce auMetatron. Après avoir été témoin de la cruauté de Nohman,qui projette depuis peu l’achèvement de la construction de la forteresse Aumann puis l’invasion de la Terre grâce à cette terrible puissance liée à celle de son robot, elle prit la décision de ressusciter Dingo par ce moyen pour qu’il puisse rétablir la paix.Enervé mais complètement impuissant face à son destin, le fougueux héros part aux commandes du mécha, épaulé par l’intelligence artificielle ADA pour mettre fin aux sombres desseinsde son pire ennemi. S’il y a un bien une épithète pour qualifier ne serait-ce que la première heure de jeu, « kojimesque » serait la louange parfaite. En effet, si certains pouvaient reprocher au premier opus ses quelques défauts scénaristiques, notamment certains clichés et quelques légèretés par-ci par-là, impossible de nier que le scénario de Zone of the Enders : the Second Runner ne remplit pas son contrat car il a gommé brillamment toutes les bévues et les irrégularités de l’histoire du petit Leo. Les scénaristesont réussi à développer une trame bien plus ficelée et torturée sur toute la ligne, avec beaucoup de rebondissements et de rencontres inattendusqui font évoluer, à l’instar d’unMetal Gear Solid, le schéma narratif d’une façon peu commune,gratifiant le joueur de surcroît par ce sentiment si particulier procuré parles œuvres de Kojima.D’ailleurs, les différents personnages, contrairement à ceux de Zone of the Enders premier du nom où ils étaient peu nombreux, apportent énormément de caractère au titre, même si certains joueurs pressés de fracasser duméchas’ennuieront pendant certaines des longues discussions «made in MGS» qui permettent d’amplifier l’identité du titre.Mais là où Zone of the Enders : the Second Runner surpasse tous lesautres concurrents dans sa catégorie, c’est bel et bien surson adaptation cinématographique à la sauce japanim’ qu’aucun autre jeu de robotsn’était parvenu à atteindre jusqu’alors. Il y a pourtant eu beaucoup de softs qui s’y sont essayés, commeles différentes adaptations d’Evangelion, maisaucun n’avait réussi un parallèle capable de confondre le jeu vidéo et la japanimation comme celui-ci. Après avoir signé de grandes réussites avant-gardistes avec Metal Gear Solid, se rapprochant comme jamais de certaines œuvres du septième art, Hideo Kojimaproduit un essai formidable avec cette suite. Toutefois, il est clair que la puissance scénaristiquede cet opus n’atteint pas les sommetsphilosophiques de sonœuvre principale. Est-ce le fait que les jeux d’action purs et durs commeZone of the Enders se prêtent moins aux histoires extrêmement profondes et mûres ? Ou est-ce peut-être un problème de priorité dans le développement des jeux de la Team Kojima ? Il faudra sûrement attendre le troisième opuspour constater ou non l’évolution de la série: Zone of the Enders est-elleune série dans l’ombre de Metal Gear Solid ? Est-ilencore trop tôt pour l’instant pour juger cette histoireavec du recul ? Serait-elle encore à son stade de maturation ? Serait-il possiblequ’une hypothétiquesuite à l’instar de MGS en 1998prouve le contraire au monde entier ? Bref,
Zone of the Enders : the Second Runnerétait, est et restera sans aucun doute un maître scénaristique dans sa catégorie, il n’y a plus qu’à espérer que la série devienne à sontour une œuvre philosophique tout aussi puissante et aboutie que MGS, ne se limitant plus simplement à des thèmes troprécurrents comme c’est encore le cas dans ce volet (cf. : la vengeance de Dingo), bien quedans l’ensemble, l’évolution soit encourageanteet promette de belles réussites grâce à certains thèmes politiques et idéologiques visiblement empruntés à MGS vers la fin du jeu, qui permettent de s’échapper quelques instants, entre deuxspectaculaires batailles. Côtégameplay, Zone of the Enders : the Second Runner reprend quasiment tous les ingrédients de son prédécesseur en y rajoutant quelques nouveautés intéressantes. Les joueurs ayant déjà piloté le Jehuty retrouveront très rapidement leurs marques car l’approche est sensiblement similaire. Le robot propose toujours des capacités de combat au corps-à-corps et à distance selon son positionnement :sabre laser, flingue, boule d’énergie, bouclier, prise, projection… Il offre toujours et encore ses accélérations furieuses avec la touche «R2» et des changements d’altitude s’effectuant avec les touches «triangle» et «croix». De même, au fil des combats, le Jehuty gagne des points d’expérience qui lui permettent d’acquérir de nouvelles compétences.Au début du jeu, Dingo n’aura que la possibilité d’agripper ses ennemis ou d’utiliser des éléments du décor. Plus tard, il pourra décoller les têtes des autres méchas à coups de «Gauntlet», envoyer des rayons paralysants, des missiles, créer des hologrammes pour tromper l’adversaire ou se téléporter. Au total, le Jehuty apprendra treize techniques de combat. La touche «L1»permet de switcher entre les différentes compétences afin de s’adapter à la situation, surtout contre les bossavec lesquels il faudra comprendre quelle approche est la meilleure afin de les défaire. Dans l’ensemble, la jouabilité du deuxième volet a été revue à la hausse avec une nette amélioration de la précision et un gain d’ergonomie non des moindres, malgré uneagressivité de l’action accrue. Il faut noter qu’il ya tout de même encore quelques problèmes de camérasqui n’ont pas été corrigés, même si le joueur s’yhabituera avec le temps en utilisant plus souvent le ciblage manuelpour rattraper le fil de l’action. En outre, les développeurs ont effectué un effort conséquent sur lelevel design. Exit les lieux du premier opus qui se ressemblaient tous, où il fallait faire d’incessants allers-retours et toutes ces espèces d’arènes fermées qui empêchaient de déplacer librement le Jehuty. Dans the Second Runner, ce sont bien de vrais niveaux qui sont proposés avec différents objectifs plus ou moins variés et une progression bien plus agréable : par exemple, protéger un groupe de méchas alliés ou éliminer un certain nombre de robots pour diminuer les forces de Bahram et ainsi permettre aux alliés de déclencher une contre-attaque. De ce fait, cette suite propose ungameplay quasimentsans faille, corrigeant pratiquement toutes les erreurs du premier ; on regrettera tout de même un jeu de caméras parfois limite et une action au goût de certains encore trop répétitive, sûrement. Enfin, la durée de vie encore trop juste ne permettra définitivement pas de rattraper ces quelques irrégularités, même si les quelques bonus plairont aux fans du genre (Mode Versus,Extra Missions, nouveaux modes de difficulté, etc.). Gageons que le prochain épisode reçoive encore unmeilleur traitement pour qu’il puisse prôner qu’il est sans équivoque le maître de sa catégorie.En tout cas, s’il y a bien un point oùZone of the Enders : the Second Runner peut setarguer d’être un maestro du genre, c’est bien sur son esthétique extraordinaire. Il est sans conteste l’un des plus beaux jeux desa génération, même s’il est vrai que, techniquement parlant, le jeu affiche aussi certaines limites : quelques textures se répètent, certains petits détails sont en deçà de la réalisation, la version européenne a été honteusement mal localisée en 50Hz et affiche, contrairement aux versions NTSC-J et US en 60Hz, un nombre de saccades incalculable.Quoi qu’il en soit, nul ne peut nier qu’esthétiquement le jeu est une merveille qui décolle la rétine grâce à une utilisation du cel-shading très intelligente et très soignée, sans insistance ni pesanteur. ZOE2 offre un spectacle hors du commun, haut et fort en couleurs, en particules et en explosions en tout genre. Le jeu procure un sentiment de puissance énorme, perturbant par ailleurs l’esprit du joueur à ne plus savoir s’il est en train de jouer ou de regarder une japanimation. Il est très difficile de décrire l’esthétique du jeu et d’apposer quelques maigres superlatifs, tant il frôle la perfection et l’acharnement. Les moindres contacts, les moindres chocs et les moindres explosions sont suivisd’une multitude de particules, de nuages de fumée et de divers détails ingénieux qui rendent le tout criant de beauté. C’est bien la vivacité de l’action et toutes ces formidables animations qui font de l’esthétique du jeu unvirtuose à part entière. Point besoin de rappeler que le design des robots est sublime, de surcroît plus poussé que dans le premier volet, s’inspirant directement des méchas de MGS2.Zone of the Enders : the Second Runnerest l’un des rares jeux à faire vivre une aventure d’une autre envergure grâce à des graphismes phénoménaux : « Messieurs les développeurs, chapeau bas ». Les compositions d’Harry Gregson-Williams (Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty) ont visiblement influencé comme jamais les compositeursde l’OST de ZOE2. Même si les élèves ne dépassent pas encore le maître, il faut le dire d’emblée, Hibino et sa clique ont réussi à faire une OST de grande classe. Le thème d’introduction est tout bonnement splendide,mélangeant l’ambiance techno chère à la série, des chœurs et des sons de musique classique comme du violon dans certains passages. Les autres pistes sont toutes aussi agréables à écouter, surtout que dorénavant, les partitions ont été composées par thème, ce qui rend l’identité
du jeu beaucoup plus forte qu’auparavant. Le temps des musiques techno de Zone of the Enders qui se ressemblaient quasiment toutes est révolu. Ici, la « patte MGS2» est bel et bien présente tout au long de l’aventure et chaque situation possède son propre thème, facile à distinguer, ce qui permet de s’imprimerrapidement des mélodies classieuses proposées. Enfin, au niveau des bruitages, le jeu fait une nouvelle fois dans le sublime en plaçant exactement là où il le faut un panel de sons impressionnants et de toute beauté. Dans l’ensemble, les doublages sont de très bonne qualité que ce soit en japonais ou en anglais même si assurément, certains trouveront quand même que le doublage japonais est plus dynamique et plus naturel vis-à-vis de la touche manga usitée par ce volet.Pour faire simple, même si l’OST n’arrive pas à la hauteur de celles du grand Gregson-Williams, l’ambiance sonore de ZOE2 est particulièrement réussiecar elle colle parfaitement bien à l’image et ne s’égare jamais.Un scénario excellentissime, même si parfois il sonne un peu creux quand on connaît les œuvres de Kojima, ungameplaytrès bien réglé mais qui mériterait un effort supplémentaire à certains moments, un visuel ravageur et singulier, le tout affiné par une OST très inspirée. Voilà en quelques mots la recette du splendide titre de Konami. Progressivement, le jeu semble se façonner un chemin, il ne reste plus qu’à espérer un troisième épisode hors du commun.K. VENTOLINI.