Au service des étudiants,la relation formateur/documentaliste

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SOiNS CADRES - n°59 - août 2006. 80. ❚ Depuis l'arrêté du 30 mars 1992, la documentation et la recherche en soins infirmiers font partie des missions des ...

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documentation
Au service des étudiants,la relation formateur/documentaliste
YANNMARIAUX XAVIERTALOIS
Depuis l’arrêté du 30 mars 1992, la documentation et la recherche en soins infirmiers font partie des missions des IfsiComment se passe la collaboration entre documentalistes et formateurs?Quelles conditions sont nécessaires pour que ces deux métiers s’articulent au mieux au sein du projet pédagogique?Typologie des relations possibles et souhaitables.
ujourd’hui, il est admis qu’un MOTS CLÉS A centre de documentation et d’information (CDI) est un outil • CDI indispensable à l’activité d’un ins-• Documentaliste titut de formation en soins infir-• Formateurmiers (Ifsi). Malgré cette évidence, dans la pratique, les modes et les • Ifsi conditions de fonctionnement des • Projet1 CDI restent disparates . La qualité du fonds documentaire et de l’es-pace dédié au CDI, ainsi que la qualification et la reconnaissance des personnels animant le CDI, sont des paramètres essentiels de fonctionnement. Après avoir répondu à la mission de recherche documentaire, consi-En partenariat avec le née dans l’article premier de l’ar-êté du 30 mars 1992 relatif aux onditions de fonctionnement des fsi, une question se poseaujour-’hui :comment le documentaliste Réseau nationals’intègre-t-il en tant qu’acteur dans des documentalistesl’équipe pédagogique ? hospitaliersCet article se propose d’apporter Armelle Martin,quelques éléments de réflexion présidente du RNDH,sous l’angle de la relation forma-Centre de documentationteur-documentaliste. La perfor-médico-pharmaceutique,mance d’un outil, ici le CDI, AP-HP Ageps,dépend certes de sa qualité intrin-7, rue du Fer à moulin,sèque, mais également de la façon 75005 Paris.dont il est vécu, porté et utilisé. Tél. : 01 46 69 14 25.Notre analyse s’appuie sur notre
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pratique quotidienne de formateur et de documentaliste dans un Ifsi comportant une filière infirmière de 50 étudiants et une filière aide-soignante de 20 élèves. Cette pra-tique se nourrit du projet de l’Ifsi, car c’est finalement ce projet qui “autorise” les nuances de la relation formateur/documentaliste.
UNE HISTOIRE DE PROJET L’être humain a besoin de projet pour avancer et se fédérer. Nous ne développerons pas ce concept ici, mais nous en préciserons certains éléments. Le “projet” est à entendre comme le sens, celui qui donne la direction (vers où je vais et vers où nous allons ensemble) et la signifi-cation (pourquoi j’y vais et pour-quoi nous y allons ensemble). Le projet ne se comprend que comme une dynamique faite d’élaboration, d’échanges, de formalisation, de confrontation et de mise à l’épreuve des faits et de la réalité. Dans notre projet, au-delà du tra-vail avec soi-mêmeque l’étudiant réalisera durant ses trois années, il nous semble nécessaire qu’il y ait rencontre avec d’autres, semblables (« je me reconnais en lui »), mais
également différents (« il m’ap-prend quelque chose d’autre »). C’est de cette altérité que les prises de conscience, voire les révélations, s’impulsent. C’est donc à partir de ce projet et des différentes concep-tions qui le sous-tendent que s’en-racine et s’épanouit la relation entre formateur et documentaliste.
DU PROJET VERS LARTICULATION ENTRE LA FONCTION DE FORMATEUR ET LA FONCTION DE DOCUMENTALISTE Ces deux fonctions correspondent à deux métiers. Elles se composent d’activités propres et requièrent des compétences particulières. Nous nous interrogerons sur la possible relation entre ces deux métiers,c’est-à-dire sur ce qui, à partir des spécificités propres à chaque fonction, peut devenir com-plémentaire. Cela revient à poser la question de l’articulation. Or, une articulation revêt un mécanisme complexe. Des éléments différents, disjoints sont amenés à travailler ensemble pour assumer une fonc-tion commune : le mouvement. Ces éléments ont besoin d’être reliés entre eux, ajustés et synchronisés. Chacun a un rôle à jouer pour que l’ensemble soit efficace. Cette complexité fait toute la richesse d’une articulation, car elle contient la vie, la possibilité de se mouvoir ou de s’immobiliser… Mais elle recèle aussi une grande fragilité. Un seul élément dysfonc-tionne et le mouvement est rompu. La douleur peut même être au ren-dez-vous. Chaque élément peut paraître isolément en bon état, pour autant, l’ensemble ne fonc-
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tionne pas ou fonctionne en grin-une activité de remplacement. Lede remplacement, mais devient çant :une articulation se soigne,rouage se grippe et l’articulationun apprentissage réel. s’entretient afin qu’elle restese met à montrer des signes deLa vision initiatrice et créatrice souple, utile et silencieuse.faiblesse.du CDI.Ici, le mouvement est ini-La vision utilitaire interactive. Ici,tié par le CDI. Dans cette dernière TYPOLOGIE DES RELATIONSl’articulation est simple, mais opé-forme de relation, c’est le docu-FORMATEUR/DOCUMENTALISTErante. Dans le même cadre d’unmentaliste qui est à l’initiative du La typologie des relations entre letravail de groupe, le formateurprojet. Ainsi, sur proposition du formateur et le documentaliste vainforme le documentaliste, soit endocumentaliste, le formateur et le dépendre de la conception quelui remettant le planning des joursdocumentaliste vont-ils construire chacun se fait du travail en équipe,de travaux de groupe et le sujet deune séquence pédagogique, par qui s’avère un système fragile, trèsrecherche, soit en lui en exposantexemple la réalisation par les étu-dépendant des individus qui ledirectement le projet. Dans cettediants d’une exposition sur un composent, puisque son énergiesituation, le documentaliste estthème de santé publique. totale dépend de celle de chacunreconnu : on lui laisse la possibilitéPour être force de proposition, le de ses membres et de la qualité dede préparer la rencontre avec lesdocumentaliste doit bien leurs interactions.étudiants. Il n’est plus dépourvuconnaître le programme général Ainsi, la relation entre le forma-devant les étudiants, il se rend dis-des étudiants et s’être suffisam-teur et le documentaliste va-t-elleponible dans son organisation etment approprié les modules qui dépendre de la représentation quese sent préparé psychiquementvont être étudiés. Il doit égale-l’enseignant se fait du CDI, de lapour un travail d’accompagne-ment être dans l’échange avec les personne qui y travaille, mais éga-ment. Le formateur utilise le CDIformateurs. De son côté, l’équipe lement de la place qu’on luien tenant compte de son fonction-pédagogique doit envisager le NOTE donne dans l’institut. Elle dépendnement et considère le documen-bénéfice de ses actions, tout en également de la façon dont setaliste comme un partenaire pré-gardant à l’esprit qu’il est un spé-1. Groupe de travail positionne le documentaliste facecieux dans la réalisation de lacialiste de la documentation et de documentalistes. à l’équipe pédagogique.séquence pédagogique.non un expert de la santé. ÊtreAnalyse de l’existant en documentation au La vision consumériste du CDI.La vision collaboratrice.de proposition amène leDans force service des Ifsi et IFCS Il s’agit là d’un mode de fonction-documentaliste à changer sa façoncette situation, l’articulation se de la Région des Pays-nement pratiquement non arti-de travailler, à ne pas rester “isolé”,complexifie et s’enrichit. Le for-de-la-Loire, Cefiec Pays-culé. On va au CDI comme on iraitmateur peut faire appel au docu-mais à aller vers les autres, ce qui de-la-Loire, 2004. “faire son marché”. Le plus sou-permet de bien faire fonctionnermentaliste pour collaborer à la vent, le formateur et, par contre-conception de la recherche docu-l’articulation. coup, les étudiants, vont s’approvi-mentaire liée au projet d’une sionner et attendent du documen-séquence pédagogique. LesCONCLUSION taliste qu’il soit prêt à servir. Dansobjectifs et les modalités sont éla-Sur l’ensemble de ces typologies ce type de vision, le documentalisteborés de façon commune. Lede relation, deux voire trois sont voit arriver des étudiants pour undocumentaliste réalise un dossierpréférables. La vision consumé-travail de groupe sans même enriste, en revanche, ne devrait plusdocumentaire pour le formateur, avoir été avisé par le formateur. Ilavant de construire avec lui leavoir cours. La relation documen-se trouve face aux étudiants sanstaliste/formateur peut et doit êtreplanning d’organisation du tra-avoir pu, au préalable, travailler surune articulation bien huilée. Levail de recherche. Le suivi des le sujet de recherche. Le manqueséquences se fait au CDI. Ledocumentaliste possède des com-de communication provoque unpétences techniques qui légiti-documentaliste accompagne les dysfonctionnement dont les étu-ment son implication dans la mis-étudiants, évalue leurs difficultés LES AUTEURS diants vont pâtir, et met le docu-et leurs progrès, et transmet session pédagogique. Pour que la mentaliste en situation délicate.constats aux formateurs. Cettecollaboration réussisse, il importeYann Mariaux, documentaliste, Cette situation (qui n’est pascollaboration avancée utilise lesque le documentaliste soit YMARIAUX@ch-rare) nous amène à penser quecompétences du formateur maisreconnu et intégré dans l’équipe mayenne.fr l’enseignant ne reconnaît paségalement celles du documenta-pédagogique comme un parte-Xavier Talois, l’autre dans ses compétences etliste dans le champ d’actions spé-naire au service de la recherche, formateur, Ifsi, qu’il considère le travail decifiques de l’un et de l’autre. Dansde la construction de la forma-CH de Mayenne (53), recherche non pas comme unce sens, la recherche au CDI n’esttion, du développement et duXTALOIS@ch-apprentissage réel, mais commeplus utilisée comme une activitéquestionnement de l’étudiant.mayenne.fr
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