LA LANGUE FRANÇAISE DANS LE MONDE synthèse 2018
Gallimard|Organisation Internationale de la Francophonie
SOMMAIRE
Préface Avant-propos
PARTIE 1 Les francophones dans le monde
Usage et avenir de la langue française Estimation du nombre de
francophones dans le monde
PARTIE 2 Apprendre et enseigner le français
Panorama Réseaux et outils de diffusion
Présentations régionales
et par pays
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4
6
7
10
12
13
PARTIE 3 La dimension économique de la langue française
La francophonie économique
Le français pour l’emploi
PARTIE 4 Le français sur les ondes et sur la Toile
La place du français sur Internet
Les médias francophones
internationaux
18
19
22
22
PRÉFACE
La nouvee édîtîon deLa langue française dans le mondeest très atten-due, car cet ouvrage permet de aîre e poînt sur a réaîté d’un espace aux contours sî vastes, a rancophonîe, que nous pourrîons nous y perdre.
Ce rapport, d’abord pensé comme un support propîce au partage des connaîssances sur a angue rançaîse et sa vîtaîté dans e monde, nous donne aussî ’occasîon de mesurer, tout au moîns en partîe, es efets des actîons menées par a Francophonîe, aînsî que par ’ensembe des acteurs en charge de sa promotîon et de sa dîfusîon. ï constîtue sur-tout une mîne d’înormatîons utîes, permettant d’étayer es recherches ou bîen de renseîgner quî s’întéressera à a varîété des sîtuatîons et des contextes înguîstîques et cutures quî caractérîsent un ensembe dont es composantes aînsî que eurs împîcatîons sont mutîpes : angagîères, symboîques, éducatîonnees, socîaes, proessîonnees, ou encore mé-dîatîques, numérîques, économîques, démographîques…
Davantage encore que es précédentes, cette édîtîon nous apporte a dé-monstratîon de a pertînence de nos ambîtîons, de nos engagements, et de a égîtîmîté de a Francophonîe à es mener aux côtés de ses États et gouvernements membres.
Nous savons à que poînt a angue rançaîse est résoument un puîssant traît d’unîon pour agîr soîdaîrement, et sur tous es ronts. Qu’ee est bîen cette grande angue de coopératîon, d’aIrmatîon, de socîaîsatîon, de concertatîon stratégîque, d’actîon poîtîque et de communîcatîon înter-natîonae. Troîsîème angue des afaîres et du commerce, a seue avec ’angaîs à être parée sur tous es contînents, ee est aussî, sans contredît, angue de créatîon et d’înnovatîon. L’économîe, es scîences et a socîété de ’înormatîon se conçoîvent, se pensent et se pratîquent tous es jours en rançaîs. La angue rançaîse est à a oîs angue jurîdîque, angue d’en-seîgnement, de partage de connaîssances, de médîatîon et de recherche. Nous reusons ’îdée même que certaîns domaînes soîent a chassegardée d’une seue et unîque angue, donc d’un seu mode de pensée. Nousestîmons ce coîsonnement contre-productî. Le génîe humaîn ne connat pas de rontîères.
Notre paîdoyer en aveur du mutîînguîsme au seîn des organîsatîonsrégîonaes et înternatîonaes est que ’on tîenne compte de tous ces peupes quî se projettent et quî dîsent aussî e monde en rançaîs, que ’on entende eurs expérîences, eurs perspectîves, que ’on tîre e meîeur de eurs optîons sînguîères et purîees, pour toujours pus de démocratîe, d’esprît d’adhésîon, d’încusîon et d’înnovatîon dans e mutîatéraîsme.
Sur e pan géopoîtîque et économîque, a Francophonîe est e Nord et e Sud, ’Orîent et ’Occîdent. Sur e pan cuture, ee est a créoîté, a atînîté, ’arabîté, a négrîtude et combîen d’autres îdentîtés encore. Sur e pan înguîstîque, nous voyons a angue rançaîse s�épanouîr sur es cînq contînents, îmbrîquée dans une ormîdabe mosaque de cutures et dans un oîsonnement d�autres angues – pus du quart des 6000 angues en-core parées sur a panète, e sont dans es pays de ’espace rancophone.
De pus en pus nombreux, es 300 mîîons de rancophones, dont a très grande majorîté dans nombre de pays a moîns de 30 ans, représentent pus que jamaîs une orce capabe, sur es cînq contînents, d’încarner a voonté de construîre, produîre, échanger, créer, înventer, înnover, éta-bîr des passerees, avancer soîdaîrement, orger des soutîons ensembe, grâce à cette angue commune quî rend tout cea possîbe, nous met en présence et nous permet de nous rencontrer.
Cette orce tîent au aît, comme ’a sî bîen dît Léopod Sédar Senghor, que « Notre Francophonîe n’est nî une tour, nî une cathédrae, ee s’en-once dans a chaîr ardente de notre temps et ses exîgences. » Ces mots ondateurs s’împosent à nous comme une évîdence. C’est bîen pour ré-pondre notamment aux exîgences sans cesse renouveées de a paîx, de a démocratîe, des droîts et des îbertés, de a préventîon des crîses, de a sécurîté humaîne, des objectîs du déveoppement durabe, de a protec-tîon de ’envîronnement, que a Francophonîe, à a demande de ses pays membres et aux côtés des popuatîons, met en œuvre au quotîdîen des programmes, des pans et des stratégîes dépoyés en actîons mutîormes, portées vîgoureusement par des équîpes d’hommes, de emmes et de jeunes, de soîdes réseaux d’experts, convaîncus et engagés, en assocîant ortement es orces vîves du terraîn et a socîété cîvîe.
La langue française dans le monde 2018propose égaement un questîon-nement stratégîque, sorte d’état des îeux des enjeux et des déis quî se présentent à nous dans des domaînes aussî crucîaux que ’învestîssement dans e capîta humaîn, a croîssance partagée, e déveoppement încu-sî, responsabe et durabe, ’éducatîon, a ormatîon proessîonnee,technîque et technoogîque des jeunes et des emmes, eur însertîon proessîonnee, eurs capacîtés entrepreneurîaes, e numérîque et es nouvees technoogîes, es îndustrîes cuturees et es médîas. Sur a base de travaux rétrospectîs et prospectîs conduîts depuîs deux ans et des contrîbutîons de personnaîtés émérîtes et d’înteectues rancophones, dîférents horîzons sont esquîssés pour a Francophonîe.
Cette édîtîon et a synthèse quî en a été aîte, est e ruît d’un partenarîat avec a maîson Gaîmard quî nous a accompagnés dans ce travaî avec tout son savoîr-aîre et sa ongue expérîence. Nous espérons que e ecteur trouvera dans cet ouvrage de quoî satîsaîre sa curîosîté tout en prenant paîsîr à sa consutatîon. Michaëlle Jean Secrétaire générale de la Francophonie
3
4
AVANT-PROPOS
Avec 300 millions de locuteurs, en progression de près e de 10 % depuis 2014, le français est la 5 langue la plus parlée au mondee chînoîs, ’angaîs, ’espagno après et ’arabe. Présente sur es 5 contînents, a angue ran-çaîse a toutes es caractérîstîques d’une angue mondîa-e. Comme queques autres, peu nombreuses, ee se dîstîngue par son statut et ’înluence qu’ee exerce dans dîférents espaces et contextes : • langue ocielle dans 32 États et gouvernements et dans a pupart des organîsatîons înternatîonaes ; • langue d’enseignement de plus de 80 millions d’indi-vîdus, sur 36 pays et terrîtoîres ; • langue étrangère apprise par plus de 50 millions de personnes ; • langue des médias internationaux (TV5MONDE, RFI ou France 24, mais aussi Euronews, BBC News, la chînoîse CGTN ou a russe RT) ; e • 4angue de ’înternet.
En outre, en rapport direct avec le nombre de ses locu-teurs aînsî qu’avec e poîds économîque, démographîque et poîtîque des espaces qu’îs occupent, a angue ran-çaîse pèse de açon sîgnîicatîve dans a créatîon de rîchesses, e déveoppement durabe et es échanges înter-natîonaux aux échees natîonae, régîonae et mondîae.
Enn, grâce aux francophones, la langue française est devenue, au i des sîèces, un creuset des expressîons cuturees et de a dîversîté înguîstîque et ’une des ma-trîces d’une possîbe « cîvîîsatîon de ’unîverse », qu’appeaît de ses vœux Léopod Sédar Senghor, suscep-tîbe d’accueîîr et de aîre dîaoguer entre ees des îdentîtés mutîpes, relets de nombreux îmagînaîres dî-érents, de toutes es spîrîtuaîtés et d’un arge spectre de réérences symboîques.
Ouvrage de caractère scientifique,La langue française dans le mondese veut d’abord un outil d’information objectif sur la présence et l’usage du françaisdans es grands domaînes de ’actîvîté humaîne. Ce aîsant, î
donne à voîr, maîs aussî à comprendre, es dîférentscontextes de sa dîfusîon, es înteractîons auxqueesî partîcîpe, es înluences qu’î subît et qu’î exerce, aperceptîon qu’en ont ses ocuteurs… bre, toute a com-pexîté quî s’attache à un objet d’étude aussî poymor-phe qu’une angue.
Structuré en quatre parties,cet ouvrage aborde succes-sîvement es sujets suîvants :
1. Les francophones dans le monde, en présentant d’abord es grands enjeux îés à ’avenîr de ’usage quotî-dîen du rançaîs, puîs es nouvees estîmatîons du nom-bre de rancophones ;
2. L’apprentissage et l’enseignement du français, sous a orme d�un état des îeux et d�anayses régîonaes et par pays, accompagnés d�études sur es réseaux et outîs de dîfusîon, �ofre numérîque de ormatîon, et es certîica-tîons oIcîees ;
3. La francophonie économique,en combînant une ap-proche macroéconomîque sur e poîds des rancophones et eurs échanges, tout partîcuîèrement dans es secteurs des îndustrîes créatîves, et une approche mîcro-économîque sur a vaeur ajoutée du rançaîs comme angue de ’empoî ;
4. Le rayonnement de la langue française dans lesmédias internationaux et sur l’internet,où, seon deux e études, elle se classe en 4posîtîon, derrîère respectîve-ment ’angaîs, e chînoîs et ’espagno.
Cette synthèse reprend dans ses grandes îgnes es thé-matîques abordées et étudîées dans ’ouvrage à paratre en 2019 aux Éditions Gallimard.
PARTIE 1
LESFRANCO-PHONESDANSLEMONDE
LA LANGUE FRANÇAISE DANS LE MONDE
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USAGE ET AVENIRDE LA LANGUE FRANÇAISE
59 % des locuteurs quotidiens du français se trouvent dé-sormaîs sur e contînent arîcaîn. Les dîférents paramètres pertînents quî rendent compte de a vîtaîté de a angue rançaîse, de a réaîté de ses usages dans es contextes pu-rîîngues au seîn desques ee évoue très majorîtaîrement aujourd’huî et des déis quî condîtîonnent son éventue essor (éducatifs, normatifs, performatifs et symboliques) sont donc partîcuîèrement à étudîer pour pusîeurs pays d’Afrique subsaharienne, le Maghreb, mais aussi le Liban.
Estimation des effectifs des francophones par continent
100%
80%
50%
40%
20%
0% 2015
2030
2050
2070
AFRIQUE EUROPE AMÉRIQUES ASIE/OCÉANIE
Source : traitement des données par l’ODSEF (Marcoux et Richard, 2017)
Les prîncîpaes condîtîons de a progressîon de ’usage du rançaîs sur ces terrîtoîres reèvent de a démographîe et de a scoarîsatîon. Ces sujets ont donc été anaysés en détaî pour dégager es poînts saîants suîvants :
L’espace rancophone bénéicîe de a croîssance démo-graphîque arîcaîne ; Malgré les progrès considérables accomplis ces dernières an-nées, es déis îés à a scoarîsatîon dans de bonnes condîtîons et en rançaîs seront très dîIcîes à reever car, d’une part, sur a seue régîon Arîque subsaharîenne, pus de 30 mîîons d’enants ne sont pas encore scoarîsés et, d’autre part, es en-1 quêtes du PASEC révèlent que 71 % des enfants en deuxième année du prîmaîre n’ont pas un nîveau de rançaîs suIsant pour eur permettre de comprendre une înormatîon caîre donnée oraement ou e sens d’une sérîe de mots écrîts ; Les eforts au bénéice de a ormatîon des matres et e dé-poîement de dîsposîtîs d’enseîgnement bî-purîîngues, dont les résultats des programmes de la Francophonie IFADEM et ELAN montrent l’ecacité, font partie des priorités ;
1 PASEC 2014 - Performances des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne rancophone : Compétences et acteurs de réussîte au prîmaîre
Aînsî, es dîférents scénarîos projectîs concernant e nombre de francophones en 2070 restent ouverts : entre 477 millions et 747 millions de francophones.
D’autres condîtîons, îées aux pratîques des ocuteurs, reèvent putôt du degré d’approprîatîon de a angue ran-çaîse, uî-même dépendant de pusîeurs acteurs : utîîté du rançaîs, coexîstence avec es angues natîonaes, sphères d’usage, transmîssîon întergénératîonnee… que ’on peut ormuer sous orme de questîons. Quee pace a angue rançaîse occupe-t-ee dans es înteractîons angagîères au seîn du oyer, en onctîon des înterocuteurs et des généra-tions impliquées ? Est-elle considérée comme une langue du patrîmoîne cuture et des outîs de a transmîssîon qu’î convîendraît, à ce tître, de préserver et de pérennîser ? Ques regards ses ocuteurs, dont ce n’est pas souvent en-core a premîère angue de socîaîsatîon, portent-îs sur cette angue que ’on dît paroîs « seconde » et que certaîns appellent « africaine » (si ce n’est de par son origine, par son approprîatîon) ? Comment aborder a questîon de a dîversîté de a angue rançaîse quî se dépoîe au rythme de ’înventîvîté et des besoîns des rancophones ?
2 Les enquêtes menées en Arîque subsaharîenne, au Maghreb et au Liban et les analyses présentées permettent de dégager des tendances, putôt avorabes : Les rancophones d’Arîque sont essentîeement purî-îngues et ’întensîté de ’usage d’une angue natîonae dépend du nombre de angues en présence et de a répartî-tîon onctîonnee quî eur est assîgnée. L’arabe dîaecta au Maghreb et au Liban, le wolof au Sénégal ou le bambara au Mali, par exemple, sont les langues massivement utilisées en premîère întentîon, aors qu’en Côte d’ïvoîre ou auGabon aucune langue ne se détache aussi nettement (hor-mîs e rançaîs justement) ; Partout, paroîs avant même es angues natîonaes, a pace du rançaîs est încomparabe à toute autre angue étrangère car e il arrive toujours au moins en 2posîtîon, que que soît e con-texte (à la maison, à l’école, au travail, dans les loisirs…) ; réalité se renforce. En eet, les générations les Cette pus jeunes ont întensîié eur usage du rançaîs en com-paraîson avec cees quî es ont précédées ; se déveoppent et s’empoîent des ormes Paraèement varîées îssues de a angue rançaîse ou a combînant avec d’autres langues (nouchien Côte d’ïvoîre,toli bangandoau Gabon, par exempe) dont a reconnaîssance et a prîse en
2 TR ANSLANGA et DUFR AM, commanditées par l’AUF et l’OIF
compte ont partîe des cés de ’avenîr de a rancophonîe (nous reprendrons la distinction entre francophonie sans ma-juscue, désîgnant a réaîté înguîstîque, et Francophonîe, ac-ceptîon înstîtutîonnee renvoyant notamment à ’Organîsatîon înternatîonae du même nom et à tous ses États et gouverne-ments membres et observateurs) ;  L’îmage de a angue rançaîse peîne à s’émancîper du passé coonîa tout en étant conortabement înstaée dans a tête de ses ocuteurs comme une angue de ’écoe, moderne, utîe pour travaîer et même, paroîs, pour aîre des afaîres. Elle n’est, quoi qu’il en soit, jamais considérée comme étant en recu, nî compîquée, nî réservée aux înteectues ; 80 %  Entre % des francophones d’Afrique etet 100 du monde arabe souhaîtent que a angue rançaîse soîtapprîse par eur descendance ; 40 % et plus de 80  Entre % expriment la volonté de transmettre directement le français à leurs enfants (ou à eurs uturs enants pour es pus jeunes).
ESTIMATION DU NOMBRE DE FRANCOPHONESDANS LE MONDE
Avec 300 millions de francophones dans le monde en 2018, la langue française connaît une progression de 9,6 % du nombre de ses ocuteurs depuîs a dernîère mesure réaîsée en 2014.
Répartition mondiale des francophones par région (2018) 4,4 % 1,6 % 0,6 % Afrique subsaharienneet Océan Indien 1,8% Afrique du Nord et Moyen-Orient Europe du Nord 34,8 % et de l’Ouest Europe centrale 43,9 %et orientale Amérique du Nord 12,9 % Amérique latine et Caraïbe Asie et Océanie
La galaxie francophone ï convîent de rappeer îcî a nécessîté de garder à ’esprît a varîété des rapports qu’entretîennent es ocuteurs avec a angue rançaîse sur es dîférents terrîtoîres où ee est présen-te. Aînsî, e noyau vîta, ceuî dont a masse attîre et entrane, est constîtué de ceux quî « naîssent et vîvent aussî en rançaîs ».
LES FRANCOPHONES DANS LE MONDE
Répartition des locuteurs quotidiens de français (2018)
33,4 %
0,3 % 7 %
14,9 %
44,4 %
Afrique du Nord et Proche-Orient
Afrique subsaharienne et Océan Indien Amérique et Caraïbe
Asie et Océanie
Europe
Cette ormue, que nous avîons proposée î y a quatre ans, présente ’întérêt d’une catégorîsatîon, propîce aux raîsonne-ments et à un partage de connaîssances, sans iger une réaîté înguîstîque, mouvante par essence et partîcuîèrement évou-tîve à ’échee de a rancophonîe. Ces rancophones représen-tent 78 % de l’ensemble, soit 235 millions de personnes.
Évolutions et tendances Le centre de gravîté de a rancophonîe contînue de se dé-pacer vers e sud, proongeant une tendance mesurée depuis 2010, où l’on voit que, sur les 22,7 millions de rancophones quî sont venus grossîr es rangs de cette pa-nète, 68 % se trouvent en Afrique subsaharienne et 22 % résident en Afrique du Nord, tandis que l’Europe et l’Amérique se répartissent les 10 % supplémentaires res-tants (respectivement 3 % et 7 %). Sur la période la plus récente, es rancophones d’usage quotîdîen ont vu eurs eectifs s’accroître de 11 % (sensiblement au même rythme que celui constaté entre 2010 et 2014), mais de 17 % sur le continent africain (soit 2 points de plus qu’entre 2010 et 2014). La dynamique africaine trouve ses orîgînes au croîsement de a vîtaîté démographîque et des progrès de a scoarîsatîon sur ce contînent, et ee devraît contînuer à aîre sentîr posîtîvement ses efets sur a pro-gressîon de a angue rançaîse dans es années quî vîen-nent (sous toutes les réserves longuement développées dans a premîère partîe).
3 Cette progressîon gobae du nombre de rancophones recouvre des dîférences seon es pays, maîs e pus întéres-sant à retenîr est a très grande stabîîté du pourcentage de a popuatîon que ’on peut quaîier de rancophone quî reste, pour une majorité des pays, encore inférieur à 50 %.
3  Baptiste BECK, Richard MARCOUX, Laurent RICHARD et Alexandre WOLFF. Estimation des populations francophones dans le monde en 2018. Sources et démarchesméthodologiques, Québec, Observatoîre démographîque et statîstîque de ’espace francophone, Université Laval, Note de recherche de l’ODSEF, 2018. 160 p.www.odsef.fss.ulaval.ca/sites/odsef.fss.ulaval.ca/les/odsef-lfdm-2018.pdf
7
LA LANGUE FRANÇAISE DANS LE MONDE
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LE PÉRIMÈTRE GÉOGR APHIQUE DE L’ USAGE QUOTIDIEN DU FR ANÇAIS
PAYS OU RÉGION
« Naître en français » : Canada-Québec Fédération Wallonie-Bruxelles France Monaco Suisse romande
Autre « Naîtreen français »(% signiïcatif) : Andorre Liban Maurice
Seule langue ofïcielle « vivre aussi en français » : Bénin Burkina Faso Congo Côte d’Ivoire France-Outre-Mer Gabon Guinée Mali Niger République démocratique du Congo Sénégal Togo
% DE FRANCOPHONES (SUR LA POPULATION TOTALE)
93 %
98 % 97 % 97 % 81 % (2005)
70 % 38 % 73 %
33 % 24 % 59 % 33 % 84 % 66 % 25 % 17 % 13 %
51 % 26 % 40 %
PAYS OU RÉGION
Maghreb, « vivreaussi en français » : Algérie Maroc Mauritanie Tunisie
Partage le statut de langue ofïcielle avec une ou plusieurs autres langues, « vivre aussi en français » : Burundi Belgique Cameroun Canada Canada-Nouveau-Brunswick Canada-Ontario Centrafrique Comores Djibouti Guinée équatoriale Haïti Luxembourg Madagascar Rwanda Seychelles Suisse Tchad Vanuatu
% DE FRANCOPHONES (SUR LA POPULATION TOTALE)
33 % 35 % 13% 52 %
8 % 75 % 41 % 29 %
42% 11 % 28 % 26 % 50 % 29 % 42 % 92 % 20 % 6 % 53 % 67% 13 % 31 %
PARTIE 2
APPRENDRE ETENSEIGNER LEFRANÇAIS
LA LANGUE FRANÇAISE DANS LE MONDE
1
0
PANORAMA
État des lieux La angue rançaîse doît sa caractérîsatîon comme angue mondîae au aît, entre autres, qu’ee est enseîgnée dans tous es pays du monde, maîs aussî qu’ee est angue d’enseîgnement, à des degrés dîvers, pour 36 pays et terrîtoîres.
En plus de l’ore des systèmes éducatifs, il n’est pas deterrîtoîre où une personne désîreuse de s’înîtîer au rançaîs ne puîsse trouver, à un centre de angue, îcî un ïnstîtut rançaîs, aîeurs une Aîance rançaîse ou une assocîatîon quî uî proposera dîférentes ormues pour répondre à cette envîe ou à ce besoîn. Sans oubîer es ressources quî s’ofrent à ee grâce au numérîque, dont a rîchesse et a dîversîté ne cessent de s’étendre.
En agrégeant toutes les données par pays, et tous niveaux conondus, e nombre d’apprenants de rançaîs angue étrangère (FLE) est au moins égal à 51 millions d’indivi-dus, et ne saurait être inférieur à 81 millions pour ceux qui suivent un enseignement total ou partiel EN français. Cette agrégatîon tîent compte des efectîs enregîstrés dans
Répartition des apprenants de français langue étrangère (2018)
8 %
es Aîances et ïnstîtuts rançaîs quî ne pèsent qu’un peu moins de 2 % des apprenants de FLE et de ceux des étabîssements scoaîres rançaîs à ’étranger quî représen-tent seulement 0,5 % des apprenants en français à l’échelle mondîae.
Le français langue étrangère (FLE) Le poîds de ’Afrique du Nord et duMoyenOrients’explique, comme en 2014, par la position singulière qu’y occupe e rançaîs, nî angue oIcîee, nî angue prîncîpae d’enseîgnement, maîs néanmoîns présente dans a vîequotîdîenne d’une partîe sîgnîicatîve de a popuatîon, angue dont a matrîse est recherchée dans e monde unî-versitaire et professionnel et/ou langue utilisée dans ’enseîgnement de certaînes dîscîpînes dès e prîmaîre paroîs, dans e secondaîre pour es matîères scîentîiques et dans certaînes iîères du supérîeur.
L’Afrique subsaharienne’ et Océan Indien, régîons dans esquees e rançaîs est souvent une angue d’enseîgnement, constîtuent a deuxîème partîe du monde par e nombre d’apprenants de FLE, du fait notamment de la présence de systèmes éducatîs oIcîeement ou de acto « bîîngues »,
21 %
45 %
23 %
3 %
comme au Cameroun (anglais-français), à Madagascar (malagasy-français) ou à Maurice (créole-français) qui favo-rîsent ’apprentîssage du rançaîs très tôt ; maîs aussî en raî-son de ’engouement pour e rançaîs dans des pays comme le Nigéria, le Ghana, le Libéria, le Rwanda où l’anglais est média d’enseignement, ou l’Angola, la Guinée-Bissau, le Mozambique, São-Tomé-et-PrÍncipe aux côtés du por-tugaîs, ou de ’espagno en Guînée équatorîae.
L’Europe reste un contînent majeur pour ’apprentîssage e du français dont il demeure globalement la 2a angue pus apprîse dans e premîer cyce du secondaîre, occupant tradîtîonneement a premîère pace dans es pays ango-phones et dans ceux quî uî assîgnent une co-oIcîaîté avec d’autres langues, comme la Belgique, le Luxembourg ou a Suîsse. Par aîeurs, et seon es partîes du contînent, e e e rançaîs est souvent a 3langue étrangère, parfois la 4, sur un espace où règne un certaîn voontarîsme en aveur du purîînguîsme.
L’Amérique et aCaraïbe aIchent une présence dîfuse du FLE, traditionnellement très implanté au niveau des Aîances et des ïnstîtut rançaîs, maîs quî ne rassembe que rarement de orts efectîs d’apprenants dans es sys-tèmes scoaîres, sau au Canada bîen sûr, et aux États-Unîs, où s’aIrme un rée întérêt pour ’enseîgnement bî-îngue et pour ’acquîsîtîon de compétences înguîstîques proessîonnees quî s’înscrîvent de pus en pus comme un crîtère d’empoyabîîté.
Enn, la zoneAsiePacifique maîntîent une pace à ’apprentîssage du rançaîs, notamment grâce à queques pays membres de a Francophonîe comme e Cambodge,le Laos ou le Vietnam, mais aussi par l’importance deseectifs d’apprenants (en valeur absolue, car demeurant modestes par rapport au nombre d’éèves scoarîsés) dans des pays ortement peupés comme a Chîne, ’ïnde ou e Japon.
Le français, langue d’enseignement Sur les 81 millions d’individus suivant un enseignement en rançaîs, es troîs quarts sont înscrîts dans des étabîsse-ments nationaux (publics et privés) situés dans des pays d’Afrique subsaharienne ou de l’Océan Indien. En eet, à des degrés dîvers, e rançaîs est a prîncîpae ou unîque langue d’enseignement dans les systèmes éducatifs du Bé-nin, du Burkina Faso, de la République centrafricaine, des
APPRENDRE ET ENSEIGNER LE FRANÇAIS
Comores, du Congo, de a Répubîque démocratîque du Congo, de a Côte d’ïvoîre, du Gabon, de a Guînée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.
Le poids de la France, qui compte plus de 15 millions d’éèves et étudîants, expîque pour une arge part a pace de l’Europe, qui arrive en deuxième position dans cetensembe.
De même, en Amérîque et dans a Carabe, ce sont e Québec (et le reste du Canada), d’une part, et Haïti, d’autre part, quî portent à un nîveau reatîvement éevé e poîds de cette régîon dans ’ensembe des apprenants en français, même si les chires concernant Haïti ne sont plus actuaîsés depuîs queques années et que es efectîs comptabîîsé dans cette catégorîe sont oîn de tous bénéi-cier d’un enseignement exclusivement en français (le créole se maîntenant souvent au-deà des nîveaux quî uî sont o-icîeement réservés, et e rançaîs soufrant de ’însécurîté înguîstîque de nombreux proesseurs pourtant censés ’utîîser pour enseîgner).
Répartition des apprenants en français (2018) 0,1 % 6,4 %Afrique subsaharienne et Océan Indien Afrique du Nord et 20,4 % Moyen-Orient Europe 0,2 %Asie et Océanie 72,8 %
Amérique et Caraïbe
Les évolutions Sur un total à la hausse (+8 % d’apprenants entre 2014 et 2018), les évolutions constatées pour le nombre d’apprenants par régîon conirment e dynamîsme de deux zones géographîque : ’Arîque subsaharîenne - OcéanIndien et l’Afrique du Nord - Moyen-Orient. En revanche, a part de ’Asîe et de a régîon Amérîque - Carabe se ré-duit, le nombre d’apprenants de FLE ayant connu une décrue pus ou moîns orte seon es terrîtoîres.
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