Stratégie Internet n° 98 - nov 2005

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Tous les mois, l’essentiel de l’Internet : des informations et des conseils pour les dirigeants.

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Publié le 07 juin 2012
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stratégie internet Informations et conseils pour dirigeants d’entreprises Novembre 2005 N°98 Blog de marques : les clés de la réussite SOMMAIRE De plus en plus d’entreprises se décident à franchir le pas et créent leur propre blog de marque pour soigner leur image ou se rapprocher FocusP. 3 de leurs clients. Quelques conseils pour éviter les pièges. Les infrastructures de sites Web à forte audience vec 30 millions de blogs dans le monde et un Un impératif pour prendre pied : être le plus trans-A doublement de la “blogosphère” tous les cinq parent possible, être authentique. Plusieurs entre-Etude de casP. 4 mois, le phénomène blog constitue une véritable prises se sont ainsi faites prendre en flagrant délit Deux enseignes pour une révolution dans la manière de communiquer. de mensonge. Publicité inexacte, faux témoi-stratégie multicanal Interactif, souple et sans intermédiaire, le blog gnages, apologie de la marque... dans tous les cas, s’affirme comme un mode de communication à le flux des critiques ne se fait pas attendre, que ce ManagementP. 5 part entière et complémentaire des médias tradi- soit dans les commentaires du blog de l’entreprise L’emploi informatique à tionnels. Entreprises et commerçants adoptent ou sur d’autres blogs.Vichyen a fait l’expérience l’heure de la reprise donc ce nouvel outil, simple et économique, pour en lançant un “blog” qui n’affichait ni son apparte-développer leur site et promouvoir leur image. nance à la marque, ni l’identité du blogueur, un ChiffresP. 6 Pour les entreprises, les intérêts sont multiples : se personnage fictif, “inspiré” de toutes les utilisa-RSS accroît la consomma-rapprocher de ses clients (Celiotrices de la marque. De plus, les commentaires des), susciter du buzz tion d’Internet autour de la sortie d’un nouveau produit (ThierryRésultat : la marque a étéinternautes étaient triés. Tableau de bord Mugler,Vichy) ou d’une nouvelle marque (Oneyun flot de critiques de la part), très vite alertée par fédérer une communauté (Nike,Sony Computerdes internautes. Elle a cependant très bien géré la JuridiqueP. 7 Entertainment,Pierre & Vacancesen faisant son mea culpa et en deman-...). situation Les systèmes de Mais pour une entreprise, le blog est un pari à dant conseil aux blogueurs afin qu’ils l’aident à micro-paiement en ligne double tranchant en termes d’image et de commu- mettre en place un blog dans les règles de l’art. Au A lire... / Carnet nication. Quelques conseils pour éviter les pièges, final, la nouvelle version du blog a réuni une équipe avec la participation de Loïc Le Meur, PDG de de “vraies” blogueuses-testeuses et l’équipeVichy ActualitéP. 8 Six Apart France, éditeur d’outils de publication chargée de répondre à leurs questions. FAI, Finance, Médias, de blog (www.loiclemeur.com/france). En termes d’image, une entreprise peut tirer d’im-Télécoms, e-Commerce : portants bénéfices de cette transparence. Des l’essentiel des informations Authenticité et transparence.explications franches et directes mises en ligne sur sur le Net Si l’entreprise contrôle l’ensemble de l’informa- le blog officiel seront toujours appréciées en cas de Evénements tion sur son site web, en revanche, sur un blog, elle moment difficile. Le blog se transforme alors en doit remettre en cause sa communication. parfait outil de gestion de crise, à l’instar du blog de Michel Edouard Leclerc,De quoi je me MEL, lequel a réagi à une intoxication causée par des Les blogs modèles steaks hachés avariés, en détaillant de manière Marque Adresse du blogprécise la chronologie de cette affaire très média-Vichy www.journaldemapeau.fr/blogtisée, avec un bilan d’étape des recherches en cours. Celio http://vousleshommes.blogs.com Nike www.thedailysnkr.comUne totale liberté d’expression. Thierry Mugler www.inconnue.frLes blogueurs et blogueuses doivent pouvoir s’ex-Pierre & Vacances www.snow-world.frprimer avec une totale liberté. Le “commentaire” Reynolds www.matribureynolds.comest, par définition, destiné à recueillir des critiques,Une publication Sony C. E. www.blogstation.frpositives ou négatives, sur une “note”/“post” de IntelliBgent l’auteur du blog. Cette tribune doit aussi per-enchmark Oney www.oney-shopping.com Source : Benchmark Group, 2005mettre à tout consommateur de s’exprimer libre-group Management
Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
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La success story de Nike La marque américaine a réuni, entre février et mai dernier, plus de 60 000 visiteurs uniques par mois, pour un total d’un million de pages vues, sur son blog français TheDailySnkr, dédié aux collec-tionneurs de baskets. Fermé en mai, le blog a depuis essaimé et engendré plusieurs autres blogs, créés par des internautes souhai-tant prolonger l’expérience. Une dynamique tout bénéfice pour la marque, qui assure désormais un buzz permanent autour d’elle sans débourser le moindre centime.
Un blog de gadgets numériques Outre Atlantique, Gizmodo.com est l’un des principaux blogs de réfé-rence concernant les gadgets numériques et autres accessoires électroniques avec 1,5 million de lecteurs à travers le monde. Une aubaine pour les annonceurs. Le blog, a récemment décliné sept versions locales en Europe. Chacune propose à la fois des contenus issus directement du modèle américain et des contribu-tions spécifiques réalisées par des équipes de blogueurs locaux.
50 millions d’internautes américains sur les Blogs Une étude du cabinet ComScore estime à environ 30 % la part des internautes américains ayant visi-té des blogs au premier trimestre 2005, soit 50 millions d’inter-nautes, contre 34 millions un an plus tôt. Le trafic s’est accru de 31 % entre janvier et juillet 2005. En parallèle, selon Nielsen//NetRatings, les 50 princi-paux blogs ont à eux seuls été visité par 20 % des internautes actifs.
stratégie internet Informations et conseils pour dirigeants d’entreprises
En couverture
ment sur la marque, ses produits et ses services, à l’instar des blogs deVichyet deCelio. Pour diverses marques, le blog remplit ainsi une fonction de “feed-back”, mais aussi de veille car il permet de faire remonter quantité d’informations pour les équipes marketing ou R&D. Une règle doit donc absolument être respectée : ne jamais supprimer de commentaire. Si celui-ci a déjà été lu par plusieurs blogueurs et qu’il dispa-raît, les conséquences seront lourdes. D’autant qu’il risque de réapparaître ailleurs sur le Web. Toutefois, pour établir certaines limites et se pro-téger, l’entreprise peut fixer quelques règles de base à respecter. Le mieux est de publier une charte d’utilisation. Celle-ci permet de fixer des grands principes qui éviteront les débordements éventuels. Cela permet aussi de se prémunir contre les insultes, la diffamation ou la publicité extérieure. Ce sont d’ailleurs les seuls cas où les suppressions de commentaires peuvent réelle-ment se justifier. Par ailleurs, pour être en mesure de réagir rapi-dement à tout commentaire, un fil RSS permet au propriétaire du blog d’être alerté dès qu’un nou-veau commentaire est posté sur son blog.
Apporter une valeur ajoutée. Il est essentiel d’apporter une vraie information à son blog. Cela peut consister à raconter l’actualité de la marque, publier des informations exclusives, annoncer un nouveau produit, en tester un autre, ou même montrer ses dirigeants sous un autre aspect, à l’instar du blog de M. E. Leclerc. Le contenu doit, dans tous les cas, être différent de la communication institutionnelle réalisée par ailleurs par un service dédié. Ainsi, derrière le blog d’entreprise opère généralement une équipe marketing/communication avide de nouvelles formes de communication. A noter également qu’à la différence d’un site classique, le graphisme a une importance moindre sur un blog. Il est préférable d’éviter les présenta-tions lourdes ou le Flash, et de privilégier un gra-phisme minimaliste. L’écoute et le conseil constituent une valeur ajou-tée non négligeable. Grâce à l’accompagnement de la communauté de blogueurs et une mobilisa-tion interne dans l’entreprise, une marque peut faire d’un blog un outil de communication inter-
actif avec ses clients. Ce blog permet, non seule-ment de recueillir en direct impressions et com-mentaires sur un produit, mais aussi de répondre par des conseils personnalisés à des attentes et problématiques individuelles. Ainsi, sur ses blog coréens “Click & Clinic”,L’Oréala offert la pos-sibilité aux membres du blog de poser des ques-tions en ligne à des dermatologues dans le cadre de sessions questions-réponses. Dans une autre campagne, pour sa ligne “Bi-White”L’Oréala poussé encore plus loin la communication en temps réel, en faisant intervenir des dermato-logues qui proposaient des bilans dermatolo-giques en ligne et des démonstrations des tech-niques d’application des produits.
Bloguer régulièrement. Un blog ne peut vivre que s’il est régulièrement mis à jour. Plus les posts seront nombreux et régu-liers, plus ils seront commentés. Compter au mini-mum une à deux contributions par semaine, le rythme idéal étant toutefois deux à trois par jour, surtout si plusieurs blogueurs animent le site. Malgré cela, il est probable que l’audience ne soit pas tout de suite au rendez-vous. Rien de plus normal : les blogs fonctionnent surtout par liens et l’audience progresse au fur et à mesure que d’autres blogs relaient le nouveau venu. En France, les blogs les plus populaires dépassent rarement les 100 000 visiteurs uniques, et se situent plutôt, en règle générale, autour de quelques milliers de visiteurs. Enfin, mieux vaut se donner les moyens de réus-sir son blog de marque et ne pas être regardant sur le temps consacré. Bloguer prend du temps mais toute contribution équivaut à une opération de marketing direct.
S’ouvrir sur l’extérieur. L’une des caractéristiques du blog est la multipli-cité des liens qu’il propose. Il n’est pas toujours facile, pour une entreprise, d’accepter le fait de renvoyer du trafic vers l’extérieur. Mais cela fonc-tionne dans les deux sens : plus l’on fait de liens vers d’autres sites, plus ces sites renverront l’as-censeur. Le blog agrandira alors son réseau, et donc son audience potentielle. Avec le blog, c’est bel et bien une nouvelle manière de communiquer qui s’instaure.
Tous les mois, l’essentiel de l’Internet : des informations et des conseils pour les dirigeants d’entreprise (direction générale, direction de la communication, direction marketing, direc-tion commerciale, direction des systèmes d’information...)
Edité parBenchmark Group,www.strategie-internet.com,4 rue Diderot 92156 Suresnes Cedex Téléphone : 01 41 44 94 40 - Fax : 01 41 44 94 52. PDG/directeur de la publication : Corinne Delaporte.Rédaction : Stéphane Loire (benchsi@benchmark.fr), Xavier Fiquemo, Marc Mironneau, Julie Marétheu et Nicolas Rauline. Flashage/impression : Indica, Colombes (92), 01 47 82 32 32.Dépôt légal : Novembre 2005 ; ISSN : 1270-9301. Prix du numéro : 49 euros. Prix de l’abonnement annuel (10 numéros : France 460 euros / Etranger 490 euros). Copyright :toute reproduction même partielle, par quelque procédé que ce soit, du contenu de la revue, est interdite par la loi du 11/3/1957 sans l’autorisation écrite préalable de la direction de la revue. © Benchmark Group.
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Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
Focus
Les infrastructures de sites Web à forte audience
Pour faire face à la montée en charge, plus de la moitié des directions techniques des sites Web les plus consultés vont augmenter leur budget dans les 12 prochains mois.
’est l’un des résultats de l’étudeBenchmark C Group“Infrastructures des grands sites Web français” pour laquelle 21 directeurs techniques de grands sites Web français de différents secteurs ont été interrogés. Il s’agissait de connaître leurs grands choix matériels, logiciels et de pilotage technique, la structure des équipes techniques Web, les ressources financières mobilisées et les principaux coûts de fonctionnement. Il s’avère ainsi que le budget moyen des directions tech-niques interrogées est de 3 millions d’euros. Celui-ci devrait d’ailleurs progresser dans les mois qui viennent car 10 % seulement des direc-tions techniques prévoient une baisse du budget dédié à l'infrastructure Web alors qu’un peu plus de la moitié anticipe une hausse.
Le développement occupe deux fois plus de personnes que l’exploitation. Les salaires constituent le gros du budget des directions techniques puisqu’ils en représentent près de la moitié. S’agissant des équipes, l’effectif moyen des directions techniques interrogées est de 15 personnes, dont environ un tiers s’occupe des tâches d’exploitation, et deux tiers de celles de développement. Toutefois, près d’une direc-tion sur cinq ne dispose que de 3 à 5 collabora-teurs pour gérer l’infrastructure technique des sites Web. Une même proportion – composée exclusivement de sites de banques ou de services –
Evolution attendue du budget de la direction technique
Stagnation 35 %
Baisse 10 %
Benchmark Group, 2005
Hausse de plus de 10 % 40 %
Hausse inférieure à 10 % 15 %
Effectifs moyens des direc-tions techniques interrogées
Type de site Exploitation Développement Banques 9 9 Marchands 4 18 Medias 3 5 Services 7 10 Source : Benchmark Group, 2005
Total 18 22 8 17
peut à l’inverse compter sur plus de 20 collabora-teurs. Après les salaires, le matériel et les licences logicielles ne forment qu’un peu moins de 20 % du budget, à comparer aux 26 % de l’héberge-ment et de la bande passante.
Des coûts de bande passante très inégaux. Dans les deux tiers des entreprises étudiées, les serveurs sont hébergés chez un prestataire dédié. En moyenne, la facture d’hébergement s’élève à 30 000 euros par mois, soit 10 % environ du budget d’une direction technique. Mais parmi ces entre-prises, l’administration des serveurs est réalisée en interne dans plus des trois quarts des cas. Ensuite, le coût mensuel moyen par Mbit/s de la bande pas-sante atteint 320 euros. Mais un cinquième des sociétés affichent un coût inférieur à 100 euros quand une même proportion supporte un coût su-périeur à 500 euros. En moyenne, parmi les entre-prises interrogées, la bande passante moyenne est de l’ordre de 70 Mbits/s. Pour les trois quarts des sites étudiés, la bande passante moyenne repré-sente la moitié de la bande passante maximale constatée en pic.
Un recours fréquent à l’open source. Pour les plates-formes logicielles, trois configura-tions se détachent. La première est une plate-forme tout Microsoft. La seconde associe logiciels libres (Linux et Apache) et outils propriétaires (la base de données Oracle et le langage de programmation Java, propriété de Sun). Ces deux plates formes sont déployées chacune dans trois entreprises inter-rogées sur dix. La fameuse plate-forme “tout Open Source” dite LAMP (pour Linux,Apache, MySQL, PHP) n’est citée que dans 15 % des cas. Enfin, le nombre moyen de serveurs supportant l’infrastructure atteint la trentaine dont la moitié sont des serveurs Web ou d’applications Web. Les autres sont pour une large part des serveurs de bases de données ou de messagerie.
Les chantiers prioritaires La gestion des pics de charge et, plus largement, l’évolution de celle-ci, constituent des aspects majeurs dans le pilotage tech-nique d’un site Web. Pour améliorer cette gestion, les solutions envisagées par les répondants sont autant maté-rielles (octroyer à l’infrastructure Web plus de serveurs) que logi-cielles (utiliser des outils dédiés de mise en cache, de compression de trafic, etc.).
Quelles priorités face à une montée en charge ? - Evolution du parc serveurs : 67 % - Utilisation d’outils de caching, de compression IP ou de répartiteurs de charge : 67 % - Augmentation de la bande pas-sante disponible : 52 % - Optimisation du développement, du poids des pages : 43 % - Choix d’une nouvelle infrastruc-ture : 33 % (Somme supérieure à 100 % car plusieurs réponses possibles)
Les sites Web interrogés Allocine.fr, Caisse-epargne.fr, Cdiscount.com, Clubic.com, Credit-agricole.fr, France2.fr -france3.fr - france5.fr, Govoyages.com, Interflora.fr, Journaldunet.com, Lemonde.fr, Lequipe.fr, Pap.fr, Priceminister.com, Ratp.fr, Rtl.fr, Seloger.com, Service-public.fr, Societegenerale.fr, Sports.fr, Viamichelin.fr, Voyages-sncf.com
Etude Infrastructures de sites Web : budgets, choix techniques, optimisations Benchmark Group, juin 2005
Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
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Le groupe CL Financial CL Financial est un groupe poly-valent de 3,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires dont 450 mil-lions dans les spiritueux. Ses acti-vités vont de l’assurance à l’immobilier en passant par l’énergie (pétrole et gaz où il a bâti sa fortune), la banque et l’agroalimentaire. Dans le secteur des spiritueux, CL Financial détient Angostura (rhum et bitters), Hine (cognac, racheté à LVMH), Burn Stewart Distillers (scotch et malts) et Scheer (rhums). Il possède des filiales de distribution en Grande-Bretagne, France, Suisse, aux Antilles fran-çaises et à Trinidad et Tobago. En 2005, CL Financial a racheté la totalité du capital de ChateauOnline, puis la chaîne de cavistes Le Repaire de Bacchus. Dernièrement, CL Financial a lancé une OPA amicale sur le groupe français de spiritueux Belvédère.
Les marchands améri-cains et le multicanal Une étude de McKinsey révèle que les marchands en ligne amé-ricains ayant fait le choix du mul-ticanal tirent plutôt bien leur épingle du jeu sur Internet. En effet, sur les 100 premiers distri-buteurs en ligne nord-américains, les grandes enseignes qui s’ap-puient sur des chaînes de maga-sins physiques s’octroient 52 % du chiffre d’affaires des revenus en ligne en 2003, contre 31 % pour les pures players.
Site www.chateauonline.com
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Etude de cas
Deux enseignes pour une stratégie multicanal
Ancienne start-up et pure player, le marchand de vin en ligne ChateauOnline propose désor-mais ses services dans les 38 boutiques du caviste Repaire de Bacchus. Focus sur la mise en place de ce nouveau canal de vente.
achetés par le groupeCL Financial, les deux R cavistes ont été réunis dans une entité com-mune. Le rapprochement de ces deux marques révèle aujourd’hui une stratégie marketing de distribution multicanal. SiChateauOnlineest spécialisé dans la com-mande de caisses de vin, de leur côté, les bou-tiques duRepaire de Bacchusvendent essentiel-lement des bouteilles. Or, lorsqu’ils achètent leur vin par caisses, les clients de la chaîne de magasins se fournissent généralement chez des marchands concurrents. Misant sur la complémentarité entre les deux circuits de vente, offline et online, les deux cavistes qui bénéficient d’un même posi-tionnement qualité et prix, ambitionnent ainsi d’amener ces clients à acheter leurs caisses de vin via ChateauOnline. A l’inverse, Repère de Bacchus pourra acquérir une part des clients ChateauOnline dans le cadre de leurs consom-mations épisodiques. Le réseau doit ainsi per-mettre de répondre à l’ensemble des comporte-ments d’achats de leurs clients. Concrètement, en boutique, les vendeurs du Repaire de Bacchus proposent désormais à leurs clients d’acheter du vin en caisses, livrables à domicile ou en boutique, via le service de ChateauOnline. Les commandes peuvent se faire en boutique, sur le site ou par téléphone, à partir du catalogue papier disponible en magasin. De leur côté, les clients et prospects de ChateauOnline qui résident à proximité de l’un des 38 points de vente du Repaire de Bacchus, sont invités à se rendre en boutique, pour profiter d’offres spéciales (échantillons, dégustations, etc.), s’y faire livrer gratuitement leurs caisses de vin, ou tout simplement profiter des conseils des vendeurs. Pour atteindre cette cible, soit près de 40 000 clients et prospects, ChateauOnline a pro-cédé à une opération d’e-couponing, des coupons de réductions imprimés, utilisables en magasin. Le marchand en ligne compte ainsi envoyer 10 % de ses clients en magasins.
Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
Mise en place du projet
Pour mettre en place cette stratégie multicanal, ChateauOnline a dû faire face à deux défis majeurs : d’une part informatiser le nouveau réseau de vente, de l’autre mobiliser et former le personnel. Pour relier les boutiques à son système centralisé de commandes, le marchand en ligne doit informatiser chaque magasin. Pour commen-cer, trois boutiques ont été équipées d’un système de gestion de caisse prêt à être interfacé au système d’information de ChateauOnline. Plusieurs solu-tions sont testées. Un chantier qui devrait se fina-liser au cours du premier semestre 2006. Pour familiariser les vendeurs avec ces nouvelles opé-rations, ChateauOnline a organisé une série de formations au niveau régional, à raison d’une cession mensuelle de trois heures. Quant aux responsables des magasins, ils sont motivés par les perspectives de chiffre d’affaires généré par ce service supplémentaire. De plus, ils demeurent propriétaires de leur clientèle. Les deux canaux sont complémentaires, sans risque de cannibalisation. Pour l’année 2005, le chiffre d’affaires des deux marques réunies devrait s’éle-ver à 22 millions d’euros. Un chiffre qui devrait doubler d’ici trois ans selon les deux cavistes. Les deux marques sont donc prêtes à bénéficier des synergies nées de leur rapprochement au sein d’Angostura, la division vins et spiritueux du groupe CL Financial. Si les personnes qui tra-vaillent sur les deux circuits de vente demeurent indépendantes, toute une série de fonctions sont désormais communes, réparties entre les deux marques : les achats et la gestion des magasins, pour Repaire de Bacchus ; la vente en ligne, le marketing, la logistique et les autres fonctions supports, pour ChateauOnline. En chiffres
Durée de réalisation du projet 3 mois Campagne d’e-couponing 40 000 clients/prospects de ChateauOnline Points de vente 34 boutiques Audience trimestrielle du site Web 300 000 visiteurs (Juillet, août et septembre 2005) uniques Panier moyen de ChateauOnline 18 bouteilles Panier moyen de Repaire de Bacchus 2 à 3 bouteilles Chiffre d’affaires de 10 millions d’euros ChateauOnline (en 2004) dont 5 millions en France Source : Benchmark Group, 2005
Management
L’emploi informatique à l’heure de la reprise
Les ingénieurs système et réseau demeurent les profils les plus recherchés sur le marché. Côté compétences, les progi-ciels SAP et Oracle sont en haut de l’affiche.
n vue de faire face à la reprise du secteur E informatique, les acteurs des nouvelles tech-nologies multiplient les campagnes de recrute-ment afin de regarnir leurs effectifs. Selon l’APEC, les offres d’emploi IT auraient connu une croissance de plus de 47 % au premier semestre 2005, comparé à 2004, loin devant celles du secteur marketing (+ 18 %). D’où l’actuelle surchauffe sur un nombre (limité) de profils. Aux côtés des traditionnels ingénieurs système et réseau, émergent de nouvelles tendances fortes autour de postes de directeurs de projet et de directeurs de programme. Des profils, recherchés principalement en vue de gagner en efficacité sur le plan des processus de travail, qui impliquent “une capacité à saisir la dimension métier de l’en-treprise, à s’engager sur un retour sur investisse-ment et à piloter des acteurs et prestataires venant d’horizons très divers”, commente Christian Chaboud, directeur associé chez Capgemini Consulting. De même les consultants fonctionnels et métier sont à l’honneur, ce qui témoigne d’un réel besoin en compétences poin-tues sur des outils au plus près des départements opérationnels. Les profils les plus prisés sont liés aux projets décisionnels et d’intégration d’appli-cations d’entreprise (EAI), mais également aux technologies de CRM et d’ERP. On note ainsi une très forte demande sur les progiciels SAP et Oracle, mais aussi Siebel. Sur le front des serveurs d’applications, Websphere (IBM) et Weblogic
(BEA) se distinguent, tandis que webMethods apparaît sur le segment des EAI. Au sein de l’entreprise, l’enrichissement des équipes informatiques, tant sur le plan technique que fonctionnel, contribue à complexifier le management de la direction des systèmes d’infor-mation (DSI). Ce qui est d’autant plus vrai dans la mesure où une coopération étroite avec les métiers se fait de plus en plus pressente. “Dans une DSI, la répartition des ressources se fera le plus souvent de cette façon : 65 % des collabora-teurs appartiennent à la production et 35 % aux études”, note Patrick Junca, consultant senior au sein du cabinet de recrutementKreno Consultingce contexte, plusieurs profils. Dans clés ont émergé ces dernières années au sein des DSI : Le Responsable sécurité du système d’informa-tion (RSSI). Garant du respect des règles de sécu-rité, il doit faire preuve de proactivité tout en veillant à être à jour sur le plan des technologies employées. Au vue de la criticité de cette activité, les profils expérimentés sont favorisés. L’architecte (ou urbaniste). Apparu dans la fou-lée des grands projets d’intégration, il est chargé de garantir la cohérence du système d’informa-tion en cultivant une vision technologique d’en-semble de l’existant. Le responsable méthodes et qualité. Se caracté-risant par des qualités humaines et de fortes capacités pédagogiques, il a pour tâche de sensi-biliser les équipes à des règles qualité conçues la plupart du temps par des tiers. Le responsable en conduite du changement. Maillon essentiel de la DSI, il suit et met en œuvre les multiples politiques d’accompagne-ment du changement, visant à assurer la prise en main d’une technologie côté utilisateur.
Les dix profils et compétences les plus recherchés
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Source Benchmark Group, 2005
Profils Compétences Ingénieur système Ingénieur réseau Directeur de projet Consultant fonctionnel Consultant SAP Architecte J2EE Business consultant Consultant CRM Ingénieur d’affaires Directeur de programme
SAP Oracle Unix J2EE .Net Weblogic Websphere WebMethods Siebel MVS
L’emploi IT progresse aux Etats-Unis Le Département américain du tra-vail relève 1 900 créations de postes sur le segment de l’élec-tronique aux Etats-Unis au mois d’août, et 1 000 dans le domaine de la prestation de service infor-matique. Au total, le secteur des nouvelles technologies de l’infor-mation représente désormais 2,53 millions de salariés dans le pays. Le nombre de chômeurs inscrits dans la catégorie “Haute technologie” aurait baissé de 64 000, comparé à la même période en 2004, pour s’établir à quelque 170 000. Malgré cette tendance positive, le moral des demandeurs d’emploi du secteur n’est pas au beau fixe. Selon une étude du cabinet de recrutement Hudson réalisée en août, 39 % des employés IT américains au chômage affirment avoir perdu confiance dans le marché, contre 26 % en juillet.
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5
7 13 15 25 21 19
Profil des internautes(France) Population totale Internautes Cyberacheteurs Médiamétrie, 4ème trimestre 2004 % % % Part des femmes 52 47 41
France, Europe, Etats-Unis : les indicateurs clés de l’Internet France Nombre d’internautes (fin 2004, en millions) 24 % de la population (fin 2004) 46 % % de foyers connectés en haut débit (fin 2004) 23 %
90 95 61 % 950
es internautes qui recourent aux fils RSS sont L encore peu nombreux. Mais, parmi leurs utili-sateurs, la plupart sont très satisfaits de ce nou-veau mode de consommation d’information sur Internet. Premier bénéfice annoncé : le gain de temps est souligné par 84 % des usagers. Second avantage désigné : les possibilités de personna-liser les contenus que l’on souhaite recevoir. Avantage à modérer toutefois : 54 % des utilisa-teurs estiment que les flux manquent encore sou-vent de critères de personnalisation possibles. 60 % déclarent que l’outil leur est devenu indis-pensable dans leur travail de veille sur Internet. Une veille qui exclut de plus en plus le recours à la Newsletter : 55 % ont tendance à se désabon-ner de celles-ci maintenant qu’ils ont recours aux flux RSS. Mais cela ne nuit pas au trafic sur les sites. Bien au contraire, il s’agit aussi d’un outil qui accroît la consommation d’information via le canal Internet : 48 % des utilisateurs annoncent
Benchmark Group a interrogé les internautes sur leur usage des fils XML / RSS. Bilan : un outil très bien perçu par ses utili sateurs, qui encourage la consul-tation d’information en ligne.
Quels types d’info consul-tez-vous via des fils RSS ?
Etats-Unis 156 73 % 30 %
France 39 33 : 00 82 38
43 25 16 16
Etats-Unis 33 28 : 52 60 49
27 73
72 59
Internautes depuis plus de 3 ans -Se connectent tous les jours -Usages des internautes Home panel Mediametrie//NetRatings (Septembre 2005) Nombre de sessions par mois Durée totale des connexions en heures Nombre de domaines visités par mois Temps consacré par page en secondes
2,5
5 10 45 % 462
40 ---
Tableau de bord
Chiffres
0,8
Chiffres RSS accroît la consommation d’Internet
4 23 23 30 16 4
13 23 19 26 15 4
19 81
7,1
Sources : Benchmark Group, ComScore Networks, Harris Interractive, IAB, Forrester Research, IDC, Médiamétrie, Nielsen NetRatings, Taylor Nelson Sofres, TNS Media Intelligence.
Google lit les flux RSS Google Reader, un lecteur de flux RSS en ligne, a récemment été lancé par le moteur de recherche. www.google.com/reader
6
Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
Actualité issue de sites spécialisés69 % Actualité issue des grands quotidiens en ligne65 % Informations issues de blogs, de sites personnels58 % Actualité issue de sites d’entreprises (marques, institutionnels…)14 % Des informations issues de sites marchands11 % Source : Benchmark Group, 2005 - Plusieurs réponses possibles Quels sont les principaux bénéfices des flux RSS ?
24 76
21 31 10 38
34 25 20 21
56 37
Marché de l’e-Pub (en milliards d’euros, en 2004)
e-Pub : Baromètre AdNetTrack-JDN Nombre de créations diffusées par les 200 premiers annonceurs plurimédias Septembre 2005 3 499 Août 2005 2 208 Juillet 2005 2 576 Juin 2005 3 713 Mai 2005 3 381 Avril 2005 3 442 Janvier 2005 2 391 Septembre 2004 3 665
Gain de temps84 % Personnalisation des contenus souhaités62 % Evite le spam58 % Naviguer sur Internet de façon plus ergonomique52 % Pouvoir réagir plus rapidement à une offre commerciale ou à une information30 % Source : Benchmark Group, 2005 - Plusieurs réponses possibles Sur la base d’une enquête en ligne (207 utilisateurs de fil RSS)
Part des 11-15 ans Part des 16-24 ans Part des 25-34 ans Part des 35-49 ans Part des 50-64 ans Part des 65 ans et plus
Région parisienne Province
lire plus de pages web qu’auparavant tandis que seulement 19 % en liraient moins. Le gain de temps généré par la sélection des contenus permet ainsi un approfondissement et/ou un élar-gissement de leur consultation.
CSP + CSP -Etudiants Retraités, autres Inactifs
Europe 180 46 % 20 %
RSS c’est quoi ? Pour rappel, RSS (pourReally Simple Syndication), est un fichier XML mis à jour en temps réel. Il reprend automatiquement soit les titres, soit le texte intégral des contenus d’un site. Un flux d’infor-mation en RSS peut ensuite être affiché sous forme de liens cliquables sur un autre site Web ou sur un logiciel gratuit spéciali-sé qui joue le rôle de “lecteur”. Certains disposent de leur propre interface, d’autres s’intègrent à un client de messagerie comme Outlook, ce qui permet de recevoir les flux RSS mis à jour comme on reçoit ses e-mails. Autre méthode de lecture possible de ce type de flux : la possibilité de les consulter directement au sein de naviga-teurs Web (Firefox, Opera… et bientôt Internet Explorer 7).
Marché du e-commerce B to C (en milliards d’euros, en 2004) Nombre de cyberconsommateurs (en millions, en 2004) % d’internautes ayant acheté en ligne (en 2004) Dépense moyenne par acheteur en ligne (en euros, en 2004)
A LIRE
La logistique mondiale G. WACKERMANN Transport et communication. Editions Ellipses, 29,50 euros.
Le marketing des nou-veaux produits E. LENAGARD-ASSAYAG, D. MANCEAU De la création au lancement. Editions Dunod, 340 pages, 28 euros.
Apple iPod and iTunes C. FAHS Le guide. Editions Wiley, 240 pages, 20,90 euros, en anglais.
Le management des risques de l'entreprise IFACI, PRICEWATERHOUSE COOPERS, LANDWELL Cadre de référence, techniques d'application, Coso II Report. Editions d’Organisation, 338 pages, 53 euros.
La criminalité écono-mique I. AUSBURGER-BUCHELI, J. BACHER Ses manifestations, sa préven-tion et sa répression. Editions L’Harmattan, 334 pages, 29 euros.
En bref
LESFAQ DU JURISTE
Les systèmes de micro-paiement en ligne e jugement du 12 juin 2005 rendu par le tribunal de grande instan-L ce de Paris est intéressant pour au moins deux raisons : - Il retient, s’agissant d’une solution de micro-paiement sur Internet que, même si elle “permet” que des mineurs accèdent à des contenus à carac-tère pornographique, l’entreprise qui édite et exploite cette solution, n’est pas responsable de ces accès à défaut de pouvoir démontrer l’exis-tence de l’élément moral de l’infraction. Sur ce point le jugement préci-se que cette entreprise est un “simple prestataire technique” et qu’elle ne peut pas être considérée comme ayant eu l’intention de “permettre un accès des mineurs à des messages pornographiques” ; - Il précise à l’attention des éditeurs de services en ligne de contenus pour adultes que “la répression instaurée par l’article 227-24 du code pénal, qui vise à protéger les mineurs, doit être appliquée restrictive-ment, et ce en particulier, afin de ne pas porter atteinte au principe de liberté de communication subsistant entre majeurs ; une interprétation extensive de ces dispositions légales, fort imprécises, par certains aspects, quant à la définition de l’infraction, serait contraire non seulement aux principes fondamentaux du droit pénal et à l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, mais également à l’intention du législateur qui a voulu assurer la protection des mineurs tout en laissant une totale liberté aux majeurs, le nouveau code pénal, entré en vigueur er le 1 mars 1994, ayant supprimé les articles 283 et suivants qui visaient les majeurs comme les mineurs, pour ne s’attacher qu’à la protection de ces derniers.” Cette jurisprudence constitue la première décision relative à la respon-sabilité des éditeurs de solutions de micro-paiement. Une évolution déterminante en matière de légalité de diffusion de contenus porno-graphiques sur Internet. Jusqu’alors, toute diffusion d’image pornogra-phique en ligne était susceptible de faire l’objet de poursuites pénales.
Eric Barbry,
Directeur du pôle “communications électroniques” Alain Bensoussan Avocats(www.alain-bensoussan.com)
PROFILS Voyages-sncf Christophe Léonrejoint l’agence de voyages en tant que directeur marke-ting.
IAB France Jérôme de Labriffeest nommé président de l’association chargée de représenter les différents métiers de la communica-tion on-line
Index Ventures Pierre Chappaz, fonda-teur de Kelkoo et ancien président de Yahoo Europe, rejoint la société de capital-risque Index Ventures spécialisée dans les hautes technologies.
PriceRunner.fr Charles Bourassetest nommé directeur marke-ting France du guide d’achat et comparateur de prix en ligne.
ChateauOnline Folco Chevalierintègre le caviste en ligne en tant que directeur des ventes et du marketing.
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Stratégie Internet n° 98 - Novembre 2005
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