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Contexte national et international : attentes (Octant n° 93)

2 pages
En 2002, la reprise attendue après le fort ralentissement de 2001 ne s'est pas concrétisée. De nombreux chocs (hausse du prix du pétrole, baisse des bourses, incertitudes géopolitiques), conjugués avec les inquiétudes suscitées par le manque de ressort de la zone euro, et plus particulièrement de l'Allemagne, ont maintenu les entrepreneurs dans l'attentisme. La progression de la consommation des ménages, grâce à la nette augmentation des revenus, et malgré la remontée graduelle du chômage, a constitué le principal soutien de l'activité en France. Il en est résulté une croissance très lente. L'augmentation du PIB en moyenne annuelle n'a été que de 1,2 %.
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Contexte national
et international
Attentes
e PIB de la zone euro n’a quis. L’analyse comptable des
En 2002, la reprise Laugmenté que de 0,8 %. Les différents postes de la demande
attendue après le fort espoirs que l’Europe prendrait est très éclairante : elle montre
le relais des États-Unis qui ne que l’augmentation du PIB re-ralentissement de 2001
semblaient plus à même de pose très largement sur l’aug-
ne s’est pas concrétisée. continuer de jouer le rôle de lo- mentation de la consommation
De nombreux chocs comotive mondiale ont été for- des ménages (+ 1,8 %). Par
tement déçus. Les États-Unis contre l’investissement stagne(hausse du prix du
ont effectivement connu, avec (- 0,5 %), et les exportations ne
pétrole, baisse des + 2,4 % en 2002, une crois- progressent que faiblement,
bourses, incertitudes sance inférieure à leur poten- comme les importations.
tiel, mais leur performance est Comme en 2001, la contribu-géopolitiques),
restée nettement supérieure à tion des stocks à la croissance
conjugués avec les celle de la zone euro. La fai- est nettement négative. La crois-
inquiétudes suscitées blesse de la croissance euro- sance du premier trimestre a été
péenne trouve sa source dans le un peu supérieure (+ 0,7 %) àpar le manque de
manque de ressort de la de- celle des autres, mais, elle a été
ressort de la zone euro, mande intérieure hors stocks suivie d’un retour immédiat à
et plus particulièrement qui n’a progressé que de 0,3 % un comportement restrictif. Ce-
en 2002. L’Allemagne, dont les lui-ci s’explique d’abord par lade l’Allemagne, ont
évolutions influencent forte- dégradation de la situation fi-
maintenu les ment les anticipations des en- nancière des entreprises. Au re-
entrepreneurs dans trepreneurs français, a connu cul du taux de marge, qui se
une croissance particulière- poursuit en 2002 est venul’attentisme. La
ment faible. s’ajouter les effets de la chute
progression de la des bourses, qui ont conduit à
consommation des un durcissement des conditions
de financement. L’attentismeUne croissance faibleménages, grâce à la
des entreprises, bien visible
nette augmentation des dans les résultats de l’enquête
revenus, et malgré la Appréciée en moyenne an- sur les investissements dans
nuelle, la croissance de 2002 l’industrie, où on voit les entre-remontée graduelle du
(+ 1,2 %) apparaît en net retrait preneurs conserver des projets
chômage, a constitué le des années précédentes ; elle d’investissement, mais en re-
principal soutien de est la plus faible depuis 1996. porter tout au long de l’année la
La prise en compte du glisse- réalisation, est aussi le reflet desl’activité en France. Il
ment annuel amène à nuancer incertitudes sur les perspectives
en est résulté une ce constat : il est en 2002 supé- de l’environnement internatio-
croissance très lente. rieur (+ 1,6 % contre seulement nal avec des doutes sur la ro-
+ 0,3 %) à celui de 2001 année bustesse du ressaut d’activitéL’augmentation du PIB
dont la croissance en moyenne américain et des interrogations
en moyenne annuelle annuelle (+ 1,8 %) résultait devant le manque de ressort de
n’a été que de 1,2%. principalement des effets d’ac- la demande dans la zone euro.
6 Octant n° 93 - Avril 2003 Bilan économique 2002Contexte national et international
Rétrospectivement, l’impact lié d’achat s’atténue. De plus lesUne économie
à la conversion des prix pour al- anticipations des ménages seà deux régimes
ler vers des prix psychologiques dégradent. Moins que sur les si-
en euros a été faible (0,1 à 0,2 tuations financières personnel-
Les fortes différences d’évolu- point), mais avec des effets très les, les inquiétudes portent sur
tion entre les composantes de la contrastés suivant les secteurs. le climat général et le marché
demande trouvent un reflet Ainsi, sur l’année 2002, l’im- du travail. Ainsi, le premier tri-
dans une dichotomie entre les pact aurait été de 0,6 point à la mestre se termine avec une
secteurs de l’économie fran- hausse sur les prix des services, confiance des agents économi-
çaise. D’un côté, l’industrie et mais de 0,9 point à la baisse sur ques fragilisée.
le commerce de gros subissent ceux des biens durables. En de-
l’atonie des exportations et des hors de l’effet lié à l’introduc- Pour le deuxième trimestre, on
investissements. De l’autre, le tion de l’euro, trois éléments fait ici l’hypothèse, à l’image de
commerce de détail, les servi- ont eu une influence haussière ce qui s’était passé en 1991,
ces et dans une moindre mesure en 2002, dans un contexte de d’un arrêt avant l’été de la
les activités liées au logement croissance lente et de redresse- baisse des anticipations des en-
profitent de la poursuite de ment progressif de l’euro plutôt treprises. Si le cours du pétrole
l’augmentation de la consom- favorable à la désinflation : une se stabilisait autour de 30 dol-
mation et assurent un socle à la forte hausse des produits ali- lars le baril, l’inflation attein-
croissance. Ainsi la croissance mentaires en début d’année, drait 2,2 % en juin. La consom-
de la production de l’ensemble pour des raisons climatiques, mation progresserait faiblement
des branches est de 1,6 % en une remontée des cours du pé- dans un contexte de poursuite
2002 alors que la production trole, et une progression rapide de la hausse du taux de chô-
des branches manufacturières des prix de certains services mage. Celui-ci avoisinerait
ne progresse que de 0,6 %. avec notamment les augmenta- 9,3 % à la fin du printemps. A
tions de tarifs de santé et l’accé- l’aube de l’été, la demande des
La dichotomie entre les secteurs lération des loyers. entreprises se réorienterait à la
se retrouve dans les évolutions hausse, mais progressivement,
de l’emploi. L’emploi des sec- les entrepreneurs étant préoc-
teurs marchands non agricoles Pas de changement cupés par la nécessité de restau-
augmente de 60 000 personnes, rer les bilans et de faire face auxau début 2003
soit + 0,4% en 2002. Mais ce conséquences de l’appréciation
chiffre recouvre une augmenta- de l’euro sur la demande exté-
Au premier trimestre de 2003,tion de 1,5 % dans le tertiaire, et rieure. Le trimestre enregistre-
les tendances conjoncturelles0,2 % dans la construction, et rait ainsi une légère croissance.
en France paraissent dans leune baisse de 2,1 % dans l’in- De nombreux aléas pèsent sur
prolongement de celles obser-dustrie. Elle est également vi- l’évolution conjoncturelle, en
vées l’année précédente. Lasible sur l’évolution relative du fonction notamment du dérou-
croissance lente se poursuit etchômage masculin et féminin. lement et des suites du conflit.
les fortes différences d’évolu-L’augmentation du chômage en Une forte dépréciation du dol-
tion entre les composantes de la2002 (+ 105 000 demandeurs lar serait très coûteuse, à terme,
demande trouvent un refletd’emploi) touche principale- pour la croissance dans la zone
dans une dichotomie entre lesment les hommes. Ces derniers euro. Dans l’immédiat, le risque
secteurs de l’économie. D’unsont en effet frappés par la dé- principal réside sans doute dans
côté, l’industrie et le commercegradation de l’emploi industriel un fléchissement supplémen-
de gros subissent l’atonie desalors que les femmes bénéfi- taire de la consommation des
exportations et des investisse-cient de la relative bonne tenue ménages.
ments. De l’autre, le commercede l’emploi tertiaire où elles
de détail, les services et danssont traditionnellement plus
une moindre mesure les activi- Extraits de la noteprésentes.
tés liées au logement profitent de conjoncture
de l’augmentation de la de mars 2003
consommation. Cette dicho- de la DirectionUne inflation stabilisée
tomie se retrouve dans l’évolu- générale de l’INSEE
tion de l’emploi, dont la très
La comparaison de l’augmenta- faible augmentation recouvre
tion des prix en 2002 (+ 2,3 %) une progression dans le tertiaire
avec celle de 2001 (+1,4 %) est et une forte contraction dans
trompeuse. En fait, l’inflation l’industrie, comme dans celle
sous-jacente n’a que peu varié du chômage, dont la croissance
entre décembre 2001 (+ 2 %) et frappe essentiellement les hom-
décembre 2002 (+ 1,8 %), mon- mes. La consommation soutient
tant à 2,2 % au premier se- toujours la croissance, mais,
mestre et adoptant un profil dé- au-delà d’un rebond de la
clinant au second. Une question consommation d’énergie lié
soulevée tout au long de l’année aux fluctuations climatiques,
passée a été l’impact sur l’évolu- elle tend à ralentir. L’effet des
tion des prix du passage à l’euro. hausses passées de pouvoir
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