Qui en veut à l

Qui en veut à l'empereur du poulet

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En redressement judiciaire, le leader européen de la volaille fait de la résistance pour ne pas être dépecé.

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Qui en veut à l'empereur du poulet
Coup de tonnerre dans le monde du poulet. Le 1" juin, Charles Doux, soixante-quinze ans, président du groupe éponyme, déclare son empire en cessation de européen de volaille au chiffre alléchant de 1,4 milliards d'euros, présent tant sur les produits frais et congelés que sur les préparations élaborées, dispose de six mois pour trouver une solution viable.
Un choix discuté
«En se plaçant sous le régime du redressement judiciaire, le groupe Doux a fait le choix de la sécurité. Les plans de refinancement qui nous ont été proposés reposaient sur des solutions à court terme qui n'offraient pas de garanties suffisantes sur la préservation des intérêts régionaux historiques du groupe», déclarait en juin Jean-Charles Doux, fils du patriarche et directeur général délégué par intérim du groupe, succédant à Guy Odri (évincé en mai alors qu'il dirigeait le groupe depuis 2003) et remplacé depuis le 20 juin par Michel Léonard (ancien président du directoire du laitier Lactalis).
«Avec nos salariés, les éleveurs et producteurs français sont notre première priorité», poursuivait-il.
Mais, dans la sphère politique, tous ne sont pas de cet avis d'où la naissance d'une polémique autour du bien-fondé de cette procédure. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, a notamment accusé Charles Doux d'avoir privilégié son intérêt personnel. Cet entrepreneur méritant et tenace n'est-il pas devenu la 146ème fortune française selon le magazine «Challenges», passant de 280 à 330 millions d'euros entre 2010 et 2011. Un parcours exceptionnel qui n'a pas empêché la colère également pour Michel Morin, vice-président à l'agriculture et à l'agroalimentaire du conseil régional de Bretagne.
«Fin mai, nous avons suivi, heure par heure, les négociations entre le groupe Doux et les créanciers concernés par l'endettement.
Quand nous avons appris, le 1" juin, la mise en redressement judiciaire, Jean-Yves Le Drian [président de la région Bretagne]
et moi-même avons regretté que les discussions n'aient pu aboutir, alors qu'une solution de continuité des activités aurait sans doute pu être envisagée dans de meilleures conditions». Sous l'égide du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle), un plan de restructuration financière avait été présenté à Charles Doux, visant à pallier les difficultés de trésorerie auxquelles le groupe est confronté depuis ses 2 derniers exercices, tout en poursuivant l'activité.
«Mais l'industriel a préféré déposer une déclaration de cessation des paiements, ayant pour conséquence de figer les dettes et de permettre la recherche d'un ou de plusieurs repreneurs, dans un contexte apaisé vis-à-vis des créanciers. Beaucoup s'étonnent que ce vaillant patron n'ait pas cédé à vil prix son groupe, par exemple à Barclays. Bizarre !
«Ce placement en redressement judiciaire, qui rend plus difficile aujourd'hui la préservation des activités du groupe, relève de la responsabilité entière de Charles Doux». Michel Morin, vice-président à l'agriculture et à l'agroalimentaire du conseil régional de Bretagne
Chiffre d'affaires 2011 : 1, 4 milliard d'euros, dont
Doux, un leader européen