(mémoire) La gestion du risque de crédit bancaire sur les portefeuilles professionnels et particuliers

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Dans quelles mesures la gestion du risque de crédit est une source d’opportunités pour optimiser l’activité de prêt d’une banque française ?

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Ajouté le 22 novembre 2017
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Langue Français
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Bachelor of Business

Mémoire de fin d’études sous la direction d’Hervé Diaz

La gestion du risque de crédit
bancaire sur les portefeuilles
professionnels et particuliers


Romain Sublet
Promotion 2015/2016
1
Remerciements

Je tiens à remercier :
 Monsieur Hervé Diaz qui m’a apporté ce cadre exceptionnel de CORPORATION
au sein de son établissement avec sa devise qui me fait toujours frémir :
« Cor unum et anima una »
 La Société Générale qui m’a permis de réaliser mes stages durant ces trois
dernières années afin d’améliorer mes compétences professionnelles.
 L’ensemble de l’équipe pédagogique de l’Ecole de Commerce de Lyon qui a
toujours été présente à mes côtés pour m’accompagner tout au long de ce projet.
 Mes camarades de la promotion 2015/2016 avec qui j’ai partagé des moments
inoubliables.
 Ma famille qui m’a soutenu quotidiennement pour ce mémoire.

Je tiens à préciser que j’ai pu réaliser ce mémoire et m’accomplir grâce à l’ensemble de
ces personnes car « l’union fait la force ».











2
Table des matières

Dans quelles mesures la gestion du risque de crédit est une source d’opportunités pour
optimiser l’activité de prêt d’une banque française ?

Partie I : Les techniques de gestion préventives du risque de crédit bancaire…

Chapitre I : Les outils de gestion pour identifier et évaluer le risque de crédit
1.1) L’évolution des risques dans la stratégie bancaire ★ page 13
1.2) L’identification du risque de crédit ★ page 18
1.3) L’évaluation du risque de crédit ★ page 21
1.3.1) Le scoring ★ page 21
1.3.2) Le Rating ★ page 26
1.3.3) VAR « Value At Risk » ★ page 27
1.3.4) L’analyse financière ★ page 29
1.3.5) Les autorités régulatrices ★ page 31

Chapitre II : Les techniques bancaires dans le cadre de la gestion préventive du
risque de contrepartie
2.1) La surveillance continue de l’emprunteur ★ page 32
2.2) La diversification et le partage des risques ★ page 33
2.3) La diminution des actifs à risques ★ page 34
2.4) Les contrats incitatifs et les clauses contractuelles ★ page 35
2.5) La surveillance et les prises de garanties ★ page 37
2.6) Les assurances et les contre garanties ★ page 40
3
Partie II : … qui nécessite une amélioration constante pour s’adapter à son
environnement

Chapitre III : L’analyse d’une filière du risque de crédit bancaire
3.1) La demande de prêt ★ page 44
3.2) L’analyse du dossier ★ page 47
3.3) Le processus de décision ★ page 49
3.4) Le suivi ★ page 50
3.5) L’échéance normale et la gestion curative ★ page 51

Chapitre IV : L’analyse de la gestion du risque de crédit et les recommandations
4.1) L’identification des menaces ★ page 55
4.2) L’analyse des risques ★ page 59
4.3) Les recommandations ★ page 63

Conclusion ★ page 70
Annexe ★ pages 71-74
Bibliographie ★ pages 75-83
Table des annexes et des figures ★ page 84
Abstract / Résumé ★ page 85



4
Introduction

Est-ce le déclin du crédit bancaire ? Cette question peut être choquante mais la
conjoncture actuelle n’est pas en faveur des banques pour mettre en place des prêts. La
réglementation mise en place par les autorités de régulations devient plus contraignante
pour les établissements de crédit afin sécuriser le marché. Les banques doivent constituer
des provisions importantes, sachant que les taux sont très bas, les établissements bancaires
font de faibles marges. Il faut aussi prendre en compte que les banquiers doivent gérer
des risques qui deviennent complexes à résoudre. Compte tenu de l’ensemble de ces
facteurs le marché du crédit connait un ralentissement sans précédent.
Il ne faut cependant pas oublier que les banques sont des acteurs essentiels au bon
fonctionnement de notre économie. Les établissements de crédits assurent à la fois la
stabilité et la croissance économique en soutenant les particuliers et les entreprises. Il est
peu commun qu’un acteur économique arrive à s’autofinancer en totalité. Les banques
interviennent pour soulager le budget des entreprises et des particuliers, en les aidant à
financer tout ou partie de leurs investissements.
Dans le cadre de ce mémoire nous allons analyser particulièrement le risque de
contrepartie aussi nommé risque de crédit. RANSO GP donne une définition précise pour
caractériser ce type de risque, « le risque de contrepartie représente la perte potentielle
réalisée par la banque dans l’hypothèse d’une défaillance future de sa contrepartie. Le
risque de crédit peut être défini comme la perte totale enregistrée sur une opération suite
à la défaillance de la contrepartie. On l’appelle aussi parfois risque de signature. Il est
courant d’employer le terme de risque de contrepartie pour désigner exclusivement le
1risque de crédit » . Ce risque devient intéressant à étudier car il a un poids important au
2sein des banques et il a augmenté au cours des dernières années .


1
http://www.pandat.fr/assets/images/blog/article-expert/2012/GESTION-RISQUES-CONTREPARTIESBANCAIRES-GP-Ranson.pdf GESTION des RISQUES de CONTREPARTIES, G-P. RANSON, Conseiller en
Investissements Financiers (CIF), Membre de la CNCIF n° D011862, agréée par l’AMF.
2
https://acpr.banquefrance.fr/fileadmin/user_upload/banque_de_france/archipel/publications/cb_ra/etudes_cb_ra/cb_ra_1
995_01.pdf Etude du rapport annuel de la commission bancaire page 116 à 125
5
Le risque de contrepartie génère des impacts bien précis au sein des banques :
- Des impacts financiers directs (non restitution du capital prêté, moins-value,
détournement de fonds)
- Des impacts financiers indirects (provision élevée sur les bénéfices, anticipation
de perte probable, charges supplémentaires)
- Des impacts commerciaux (perte de clientèle, dévalorisation de l’image de la
banque)
On constate qu’il a un point commun avec un impact sur la rentabilité des établissements
bancaire concernés. Le crédit est obligatoirement lié à une notion de profitabilité et de
risque. Ces deux éléments restent indissociables dans le cadre de l’activité bancaire. La
recherche d’une plus-value toujours plus importante sur les prêts bancaires n’est pas
toujours un choix judicieux car cela implique de lourdes précautions. En fonction de la
politique de chaque établissement de crédit, un choix se porte entre une préférence de
qualité ou de volume pour l’octroi de crédit. Cette décision stratégique engendre des
conséquences car elle définit la ligne directrice de la banque et sa politique de prêt. Il
3devient nécessaire de gérer de façon optimale le couple risque, rentabilité pour que la
4banque puisse réaliser un maximum de plus-value avec un minimum de pertes .
La question de la gestion du risque du crédit bancaire a déjà été largement débattue dans
de nombreuses études. Pour établir un constat des recherches actuelles, nous avons lu et
analysé une large quantité de documents, traitant des risques bancaires afin d’avoir une
vue globale. Nous avons collecté des données à travers des références académiques telles
que des mémoires ou des thèses, des références livresques, webographiques et
périodiques. A ce jour les analyses se sont portées soit sur le marché des professionnels
ou celui des particuliers. Ce mémoire prend en compte ces deux types de clientèles car
même si elles ont des caractéristiques différentes, elles supportent des risques qu’il faut
impérativement gérer. Au sein d’une filière du risque, les menaces de chacun de ses
portefeuilles sont gérées séparément mais elles sont traitées de manière globale pour
mener des actions correctrices. De plus ce mémoire propose une actualisation
réglementaire et de gestion. Les études précédentes ont été réalisées il y a plusieurs années
sous Bâle I ou Bâle II et avec les outils de gestion de cette période. Ce mémoire prend en

3 http://www.bis.org/publ/bcbs237_fr.pdf Page 1 à 5
4 http://lpb.u-bordeaux4.fr/PDF/Support%20de%20cours/risquecredit.pdf page 1 à 19
6
compte les changements avec les incidences de Bâle III sur le marché bancaire et les
nouveaux outils de gestion des risques. Ces évolutions ne sont pas sans incidence car elles
modifient profondément l’organisation des établissements bancaires. Cette étude se
différencie des autres en analysant le fonctionnement d’une filière d’une grande banque
commerciale française la « Société Générale ». Enfin à ce jour de nombreux mémoires
sur la gestion des risques bancaires analysent l’ensemble des risques bancaires pour
apporter des solutions globales. Cela révèle des incohérences car il semble plus pertinent
de se focaliser sur un risque bancaire en particulier afin de mener une réflexion précise et
approfondie. Ce mémoire se concentre sur le risque de contrepartie « ceteris paribus ».
Dans le cadre d’un prêt il faut connaitre les différentes parties au contrat ainsi que leurs
obligations. BONNEAU T se base sur l’article L.313-1 du code monétaire et financier
pour donner la définition suivante : « Constitue une opération de crédit tout acte par lequel
une personne agissant à titre onéreux met ou promet de mettre des fonds à la disposition
d’une autre personne ou prend, dans l’intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel
5 qu’un aval, un cautionnement ou une garantie » .
Le mot crédit provient du latin « creditum » « de credere » qui signifie croire ou avoir
6confiance . Selon Charles Petit-Dutaillis « faire crédit, c’est faire confiance, mais c’est
aussi donner librement la disposition affective et immédiate d’un bien réel ou d’un
pouvoir d’achat, contre la promesse que le même bien ou l’équivalent vous sera restitué
dans un certain délai, le plus souvent avec la rémunération du service rendu et du danger
7couru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service » .
Une opération de crédit repose sur trois variables représentées par la confiance, le temps,
le remboursement. Comme toute activité commerciale, l’activité de crédit reste sujette à
des risques :
- La confiance est la base de la relation bancaire. Cependant elle peut évoluer en
fonction des rapports avec la banque.
- Le temps, synonyme d’incertitude car la solvabilité d’un emprunteur peut se
dégrader sur la durée. Le risque devient d’autant plus important sur le long terme.

5
https://books.google.fr/books?id=6DmfCgAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
(II Les opérations de crédit, A l’unité du concept, point 56, problématique, BONNEAU THIERRY, Droit
bancaire, Edition LGDJ)
6 Encyclopédie Larousse
7 Charles Petit-Dutaillis, Le risque de crédit bancaire, Edition scientifique Ribier, Paris, 1967, p18
7
- Le remboursement qui peut être retardé en cas d’insolvabilité partielle de
l’emprunteur, ce qui allonge la durée du crédit ou le non remboursement en cas
d’insolvabilité total du débiteur.
On constate ainsi qu’il y a toujours une part de risque car le risque zéro ne peut pas être
atteint compte tenu de la complexité et de la diversité des risques liées au crédit. La notion
de risque du crédit bancaire présente différentes approches en fonction de son analyse.
Selon SAMPSON A, il s’agit de « la tension qui habite les banquiers est inséparable de
leur métier, ils veillent sur les économies d’autrui et pourtant ils font des bénéfices en les
prêtant à d’autres, ce qui comporte inévitablement des risques. Un banquier qui ne prend
8pas de risque n’en est pas un » .
NALLEAU G et ROUACH M désignent le risque comme « un engagement portant une
incertitude dotée d’une probabilité de gain et de préjudice, que celui-ci soit une
9dégradation ou une perte » .
La conjoncture rend la rentabilité bancaire de plus en plus difficile. En effet la rentabilité
générée sur la marge d’intermédiation devient complexe notamment en raison du
phénomène de désintermédiation. Ces dernières années les marges sur les crédits ont
fortement diminué. La rentabilité bancaire peut se définir de la manière suivante « La
rentabilité d’un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son
exploitation des gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette
10exploitation, pour poursuivre durablement son activité » .
Compte tenu des variables précédemment citées et dans le cadre de notre étude une
interrogation fondamentale se pose pour savoir comment les banques s’organisent pour
avoir une bonne gestion du risque de contrepartie. On peut dès lors se demander :
Dans quelles mesures la gestion du risque de crédit est une source d’opportunités pour
optimiser l’activité de prêt d’une banque française ?


8 SAMPSON A, Les banques dans un monde dangereux, R.Laffont, 1982, p.38
9 NAULLEAU Gérard et ROUACH Michel (1998), le contrôle de gestion et financier, Revue bancaire, page
30
10 Nouy Danièle. La rentabilité des banques françaises. In: Revue d'économie financière, n°27, 1993.
L’industrie bancaire. pp. 465-486.
8
Cette problématique principale sous-entend plusieurs problématiques secondaires afin
d’approfondir en détail le sujet :
Comment une banque peut avoir assez confiance en un tiers pour lui prêter des fonds ?
Une banque a-t-elle un retour sur investissement suffisant pour mettre en place un
prêt ?
A partir de cette problématique nous pouvons formuler des hypothèses. En effet la gestion
du risque de crédit est en constante amélioration, compte tenu de la complexité des
menaces de l’activité de prêt. Les établissements de crédit ont un intérêt fondamental à
maximiser la gestion des risques pour limiter les pertes monétaires et temporelles. Des
améliorations peuvent être décelées au niveau des procédures. Parfois le traitement de
certaines informations n’est pas optimisé, ce qui peut générer des dysfonctionnements.
De plus les banques développent des méthodes innovantes dans le cadre de la gestion du
risque de contrepartie. Ces nouvelles techniques permettent de mieux identifier les
menaces et de les gérer avant qu’elles ne prennent des proportions trop importantes. Nos
principales hypothèses vont se fonder sur les procédures de crédit et les innovations de
gestion des risques.
Nous allons aborder la méthodologie utilisée pour structurer notre recherche sur la gestion
du risque de contrepartie liée à l’activité de prêt.
« La méthode est constituée de l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles
une discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les démontre, les vérifie.
C’est une conception intellectuelle coordonnant un ensemble d’opérations, en général
11plusieurs techniques » .
Cette étude présente un réel intérêt car elle permet à la banque d’avoir une vue d’ensemble
sur sa gestion du risque de crédit. Cela met en évidence à la fois les points positifs qui
doivent être maintenus ainsi que les points négatifs qui devront être corrigés. Cette
recherche s’inscrit concrètement dans un processus d’amélioration de gestion des risques
de contrepartie.
Le modèle d’analyse est notre démarche qui a été réalisé dans la gestion du risque de
crédit bancaire. Il peut être représenté par un schéma qui résume les grandes étapes de

11 Grawitz Madelaine, Méthode des sciences sociales, 2001, page 35
9
l’analyse (Annexe 1 page 70). Pour mener à bien cette étude, nous utiliserons la démarche
12déductive de THIETART . Nous débuterons à partir d’une théorie générale pour établir
des hypothèses de recherches que nous utiliserons dans le secteur bancaire. Nous
accompagnerons cette démarche de la méthodologie de RENARD J (préparation,
réalisation, conclusion) afin d’avoir une ligne directrice dans nos recherches et contrôler
13nos résultats selon le modèle suivant :
Mise en place : Nous mettrons en avant la découverte et l’analyse du processus de gestion
des crédits. Nous verrons la vie d’un crédit à partir de la demande du client jusqu’à son
échéance. Ce point de vue interne dans une filière du risque va nous permettre de
visualiser le fonctionnement d’une cellule spécialisée pour maitriser les menaces de
l’activité de crédit.
Concrétisation : Nous identifierons et évaluerons les nouvelles techniques de gestion du
risque de contrepartie. Les outils pour maitriser les risques sont sujets à une évolution
constante pour obtenir une efficacité toujours supérieure. Nous verrons ses méthodes
innovantes et ce qu’elles peuvent apporter en termes de valeur ajoutée aux banques.
Finalisation : Nous proposerons des analyses et des recommandations afin d’améliorer le
système actuel. Nous établirons un bilan pour faire un constat de la performance actuelle
des outils de gestion de risque de crédit. Puis nous nous pencherons sur les faiblesses du
système pour tenter de les optimiser.
Pour mobiliser et analyser les données, nous avons utilisé différentes techniques, pour
collecter des informations afin de mieux comprendre le milieu de la gestion du risque de
crédit. Nous avons à la fois rassemblé des données théoriques et pratiques, pour obtenir
une vue d’ensemble globale afin de mener une analyse claire et précise. Pour mobiliser
les informations, nous avons choisi de nous concentrer sur quatre méthodes : l’entretien,
l’observation, l’analyse documentaire et le questionnaire. Ces éléments sélectionnés
semblent être les plus pertinents pour obtenir une quantité d’informations suffisante et
fiable.
L’entretien aussi appelé interview, est la méthode qui nous a permis de collecter le plus
de données pour répondre à nos interrogations. « Il s’agit d’une technique de recueil
d’informations qui permet l’explication et le commentaire, et donc apporte une plus-value

12 Thiétart, méthodes de recherche en management, 2003, p.28
13 Jacques Renard, Théorie et pratique de l'audit interne, Editions Eyrolles, 2011, page 205-309
10