Rejoindre la brigade de sapeurs-pompiers de Paris
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PROTÉGER ET SECOURIR 1 VALEURS L’ORDRE ET LA MORALE Intégrer la prestigieuse brigade de sapeurspompiers de Paris (BSPP), c’est souvent réaliser un rêve d’enfant. On devient pompier par vocation, animé par le désir de combattre le feu, de porter secours et assistance, mais aussi de donner un sens à son existence. Ces soldats d’élite, rattachés à l’Armée de terre, respectent une éthique et un code d’honneur rigoureux, aux fondements du métier. POMPIER ET MILITAIRE Au front dans les rues de la capitale, mais aussi des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-deMarne,les sapeurs-pompiers de Paris exercent leurs missions sous le statut 2 de militaires. L’expression «soldats du feu» prend ici tout son sens. La BSPP est placée sous l’autorité d’une double tutelle : celle du ministère de la Défense, par son rattachement à l’arme du génie de l’Armée de terre, celle du préfet de police pour sa mission d’assistance et de protection des biens et des personnes. En coiffant le casque, le jeune enrôlé rejoint un cadre de travail caractérisé par une discipline, une hiérarchie pyramidale (avec les militaires de rang, les sous-officiers et les officiers) et des règles d’avancement bien spécifiques. ALTRUISME, EFFICIENCE, DISCRÉTION Accrocher l’insigne (surnommé la «pucelle» du fait que l’on perfore sa boutonnière) à sa poitrine, c’est aussi adopter une éthique professionnelle incarnée par trois valeurs emblématiques : l’altruisme, l’efficience, la discrétion.

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Publié le 04 juillet 2016
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Langue Français
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Exrait

PROTÉGER ET SECOURIR
1
VALEURS L’ORDRE ET LA MORALE
Intégrer la prestigieuse brigade de sapeurs pompiers de Paris (BSPP), c’est souvent réaliser un rêve d’enfant. On devient pompier par vocation, animé par le désir de combattre le feu, de porter secours et assistance, mais aussi de donner un sens à son existence. Ces soldats d’élite, rattachés à l’Armée de terre, respectent une éthique et un code d’honneur rigoureux, aux fondements du métier.
POMPIER ET MILITAIRE Au front dans les rues de la capitale, mais aussi des HautsdeSeine, de SeineSaintDenis et du Valde Marne,les sapeurspompiers de Paris exercent leurs missions sous le statut
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de militaires. L’expression «soldats du feu» prend ici tout son sens. La BSPP est placée sous l’autorité d’une double tutelle : celle du ministère de la Défense, par son rattachement à l’arme du génie de l’Armée de terre, celle du préfet de police pour sa mis sion d’assistance et de protection des biens et des personnes. En coiffant le casque, le jeune enrôlé rejoint un cadre de travail caractérisé par une disci pline, une hiérarchie pyramidale (avec les militaires de rang, les sousofficiers et les officiers) et des règles d’avance ment bien spécifiques.
ALTRUISME, EFFICIENCE, DISCRÉTION Accrocher l’insigne (surnommé la «pucelle» du fait que l’on perfore sa boutonnière) à sa poitrine, c’est aussi adopterune éthique professionnelleincarnée par trois valeurs emblé matiques : l’altruisme, l’efficience, la discrétion. Au service d’autrui, le sapeurpompier de Paris fait passer l’intérêt des
victimes, tout comme celui de ses camarades, avant le sien. Dans le feu de l’action, il doit savoir analyser très rapidement la situation et faire preuve d’une efficacité sans faille. Enfin, qu’il secoure une personnalité de premier plan ou un sansabri, il observe une même égalité de traitement, tout en respect et discrétion. Et comme n’importe quel militaire, il est soumis au devoir de réserve. S’engager à la BSPP, c’estadhérer plei nement aux deux codes qui forgent l’esprit de corps et l’identité du métier. «Je ne veux connaître ni ta philosophie, ni ta religion, ni ta tendance politique, peu m’importe que tu sois jeune ou vieux, riche ou pauvre, français ou étranger», énonce la première phrase duCode de l’éthiquerédigé par le général Casso à la fin des années 1960. LeCode d’honneurdu général Lefèvre consacre quant à lui les dix comman dements du pompier de Paris. «J’accomplis la mission reçue jusqu’au bout. Je respecte mes chefs, mes subordonnés, mes camarades.»
« Je fais preuve d’humilité, mais aussi d’un dévouement, et d’une disponibilité sans faille. »
EN CHIFFRES 8 500emmes et hommesf militaires d’active réservistes opérationnels 350 et citoyens 300 volontaires au service civique 76 centres de secours 7 MILLIONSde Franciliens vivent sur le périmètre de la BSPP
BAL TRAGIQUE SOUS ER NAPOLÉON I Juillet 1810 : Paris célèbre le mariage de l’archiduchesse MarieLouise avec l’empereur er Napoléon I , sous les ors de l’ambassade d’Autriche. La fête vire au cauchemar lorsque la salle de bal, mince construction de bois, s’embrase, faisant de nombreuses er victimes. Napoléon I décide alors de restructurer les services de lutte contre le feu à Paris. Les gardespompes civils, datant de 1716, sont dissous. En lieu et place est créé, par décret impérial du 18 septembre 1811, le bataillon de sapeurspompiers de Paris, un corps militaire, d’emblée placé sous l’autorité du préfet de police.
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REPORTAGE 24 HEURES DANS LA VIE D’UNE CA
Rassemblement
Rayonnant sur un périmètre de 110 000 habitants, la caserne de Nativité, située dans e le 12 arrondissement parisien, est typique des casernes de la capitale, avec ses quatre porches rouges et ses murs de brique. À l’intérieur se relaient jour et nuit 55 sapeurspompiers, par gardes de 24 48 heures. Entre les séances de sport, les manœuvres ou les tra vaux d’entretien, leur quotidien obéit à un rituel bien huilé, régu lièrement interrompu par l’alarme qui pré vient d’une opération de secours ou d’incendie. Chronique d’une journée ordinaire. 4
La planche
7 H 45 RELÈVE DE LA GARDE Les chefs se transmettent les consignes et font le point sur les opé rations de la veille. Premier rassemblement : l’équipe «montante»est alignée sur deux rangs devant le chef de garde, qui distribue les consignes et les affectations.
8 H 3010 H PREMIÈRE SÉANCE DE SPORT Au programme selon les jours, course à pied aux alentours de la caserne ou piscine. Dans tous les cas, une équipe reste en veille.
8 H 44 UNE MINUTE POUR « DÉCALER » L’alarme retentit. Branlebas de com bat! Un ordre de départ lapidaire est tombé au poste de veille opérationnelle. Un scooter s’est encastré sous les roues de deux véhicules. Les équipes ont une minute pour «décaler». En clair, pour partir. L’expression remonte au temps où les pompiers ôtaient les cales qui rete naient les engins tirés par des chevaux. Deux camions franchissent le porche, sirènes hurlantes.
Séance de sport
9 H 22 NOUVEAU DÉPART Le bruit assourdissant de l’alarme résonne de nouveau. Un véhicule de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) se rend sur les lieux, en moins de dix minutes, comme le stipule le règlement de la Brigade. Dans la rue, un homme a été agressé à coups de poing et de bombe lacrymogène. Après lui avoir fait un bilan secouriste, les pompiers le transportent aux urgences hospitalières.
10 H L’ÉPREUVE DE LA PLANCHE Deuxième rassemblement. Les pom piers présents se livrent au rituel de la planche. En tenue de feu, ils doivent rester suspendus plusieurs secondes à une planche fixée à 2,40 m du sol, puis se hisser dessus à la force des bras. Un bon baromètre de la condition physique : celui qui échoue ne part pas au feu. Une situation rarissime tant les sapeurspompiers de Paris sont entraînés.
NE CASERNE
Départ sur intervention
10 H L’APPEL DES MORTS AU FEU Le rituel de la planche est repoussé chaque lundi matin, car, à cette même heure, la vie se fige dans toutes les casernes de la Brigade. En tenue de feu, les soldats se tiennent au gardeàvous devant une plaque de marbre noir commémorant les pom piers morts en exercice. Ils égrènent les noms des disparus. Le cérémonial honore leur mémoire et rappelle à tous la dangerosité du métier.
10 H 5511 H 35 L’ESPRIT DE CORPS CHEVILLÉ AU CASQUE Sous la direction du chef de garde, les pompiers exécutent les manœuvres du scénario du jour : un feu de cage d’escalier, avec une victime au premier étage. L’objectif ? Travailler les automa tismes, car le jour J, ils devront agir très rapidement. Chacun exerce son savoir faire en fonction de son affectation.Deux pompiers«crachent» l’eau pour éteindre l’incendie. Deux autres montent à l’étage pour encorder la victime et la faire descendre. Chronomètre en main, le chef de garde observe la descente, réalisée dans les temps, en 3 minutes et 22 secondes.
Sur la route
12 H DÉJEUNER Un pompier coiffé d’une charlotte s’active aux fourneaux pour préparer le repas que ses camarades par tagent dans un réfectoire repeint par leurs soins. Puis, c’est la reprise des travaux d’intérêt général : entretien des bâtiments, des engins ou encore des équipements, inventaire de la remise…
16 H 12 URGENCE Un jeune homme de 25 ans est victime d’une crise d’épilepsie. Un VSAV lui porte assistance.
17 H18 H 30 DEUXIÈME SÉANCE DE SPORT Un pompier a préparé pour ses camarades un parcours aux petits oignons, avec séances d’abdominaux, montée à la corde, mannequin de 75 kilos à tirer, disques de 10 kilos à soulever… Et un, et deux…
Secours à personne
19 H RELÂCHE Tout en restant à la caserne, chacun peut souffler, regarder la télévision au foyer décoré façon pub anglais par les pompiers, se muscler dans une salle à l’étage, bouquiner dans sa chambre.
22 H 38 ANGOISSES NOCTURNES Une jeune femme, visiblement sous l’emprise des médicaments et de l’alcool, menace de se jeter dans le vide. Le camion premier secours évacuation (PSE), un engin hybride bon à tout faire, décale. La grande échelle l’accompagne.
3 H 34 DÉPART NORMAL «Ronfleur, long coup…»L’alarme qui retentit cette fois avertit d’un départ en intervention pour feu. Quatorze hommes, encadrés par un chef de garde, partent précipitamment à bord de trois véhicules.
En 24 heures, la caserne de Nativité a mené 22 interventions.
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MISSIONS UNE DEVISE :SAUVER OU PÉRIR
Au cœur des villes, les sapeurspompiers de Paris sont en première ligne pour accompagner les évolutions de la société. Confrontés quotidienne ment à la précarité et à la détresse, ils doivent main tenir la bonne distance, avec mesure et empathie. Sauver une vie, tous les pompiers en rêvent. Réconforter et rassurer, ils le font tous, chaque jour. 6
SOLDATS DU FEU Combattre le feu, maîtriser les flammes… Même si la lutte contre l’incendie ne représente que3 à 5 % des interventions de la Brigade, elle reste LA mission pour laquelle les pompiers s’engagent souvent. Selon leur périmètre d’action, les pompiers sont confrontés à des incendies de différente nature : des feux d’usines et d’entrepôts dans les zones indus trielles, de voitures ou de poubelles dans certains quartiers sensibles, d’immeubles et de commerces dans Paris intramuros, de gratteciel dans le quartier d’affaires de La Défense... Selon les risques de propagation aux habitations voisines, la présence ou
non de personnes à l’intérieur des bâtiments embrasés ou encore de la structure de l’immeuble, les pompiers vont adapter leurs techniques et atta quer le feu en conséquence. Dans tous les cas, les soldats du feu travaillent en binômes indissociables, attachés parfois par une corde.
À chaque mission, le pompier doit savoir écouter la victime, rassurer, réconforter…
Savoirfaire particulièrement requis : efficience, technicité, rigueur, force, gestion du stress.
LE GOÛT DES AUTRES Plus axés sur le quotidien, les secours à victime et l’assistance à personne constituent aujourd’huiun peu plus de80 % des interventions de la Brigade. Une augmentation qui reflète notam ment la pauvreté d’une frange de la population ou encore l’isolement des personnes âgées. Malaises multiples, arrêts cardiaques, chutes de grande hauteur, tenta tives de suicide, accouchements en urgence… ces interventions sont extrê mement variées. Lorsque les pompiers grimpent dans leurs engins après avoir reçu leur ordre de départ, ils ne savent jamais précisément ce qui les attend. Quoi qu’il advienne, à chaque mission, le pompier doit savoir écouter la victime avec bienveillance, trouver les mots pour rassurer et réconforter, tout en respectant scrupuleusement son intimité.
Savoirfaire particulièrement requis : empathie, discrétion, sérénité.
ACCIDENTS DE CIRCULATION S’inscrivant dans les missions de secours à victime et d’assistance à personne, les accidents de circulation représententenviron 5 % des inter ventions. Là encore, les scénarios sont multiples : une moto percute un car, un scooter s’encastre sous les roues d’une voiture, un carambolage se produit sur le périphérique… En plus de secourir les victimes, les pompiers doivent en particulier veiller à ce que les véhicules ne prennent pas feu. En certaines cir constances, ils devront faire appel aux services d’un camion de désincarcéra tion pour libérer les passagers bloqués à l’intérieur des véhicules. Savoirfaire particulièrement requis : rapidité, efficacité, rigueur.
SPÉCIALISTES RECHERCHÉS
La BSPP recrute aussi une quarantaine de spécialistes par an. Parmi les profils recherchés, ceux de développeur informatique, d’électricien, de mécanicien ou encore de plombierchauffagiste… Pour ces postes, les candidats sont sélectionnés selon leur diplôme et leur expérience professionnelle. Les prérequis en termes d’apti tudes sportives sont nettement moins exigeants. Ces pompiers au service du soutien suivent une formation allégée de deux mois. Comme leurs camarades sur le ter rain, ils signent un contrat d’enga gement de cinq ans et obéissent aux mêmes valeurs. Ils travaillent aux heures de bureau, du lundi au vendredi.
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EN CHIFFRES 6 000 APPELSpar jour, 2 t plus d d’appels soi eMILLIONSpar an au 18/112 450 000interventions par an, soit plus de 1 200interventions par jour 340 000Plus de victimes secourues sur une année 1DÉPARTtMINUTES outes les
RECRUTEMENT DEVENIR SAPEURPOMPIER DE PARIS Nul besoin de passer un concours pour intégrer la brigade de sapeurspompiers de Paris. Tout le monde peut tenter sa chance, à condition de réussir l’ensemble des épreuves de sélection (médicale, sportive et de personnalité). L’école du sapeurpompier est une formation exigeante.
PREMIÈRE ÉTAPE : LE CIRFA La Brigade recrute en moyenne70 jeunes par mois. Le candidat ou la candidate désireux(se) de devenir pompier de Paris doit d’abord rencontrer un conseiller au Centre d’infor mation et de recrutement des forces armées (CIRFA) le plus proche de son domicile. Puis, pendant deux jours et demi, il/ elle va passer une batterie de tests médicaux, théoriques et sportifs pour évaluer son comportement (en groupe notam ment), sa condition physique et son profil. À l’issue de ces tests, où desminimasont requis par épreuve, un évaluateur le/la reçoit en entretien pour faire le bilan.
AU FORT DE VILLENEUVESAINTGEORGES, L’ÉCOLE DU SAPEURPOMPIER DE PARIS En cas de succès, et si sa motivation est toujours intacte, la recrue devra patienter plusieurs mois avant de fran chir le porche du fort de VilleneuveSaintGeorges, l’école des sapeurspompiers de Paris. La formation, sur six mois (quatre mois au fort, puis deux mois d’adaptation en caserne), est très rigoureuse. Le jeune pompier va découvrir le cadre militaire et l’éthique propre au métier, s’entraîner lors des exercices de secourisme, d’incendie, etc., faire plusieurs heures de sport par jour… Les jeunes sont soumis à rude épreuve. L’objectif est de les préparer à la vraie vie de sapeurpompier de Paris. À l’issue des six mois, le pompier se voit décerner un diplôme d’aptitude au service d’incendie et de secours (ASIS). Son casque et son insigne de corps lui sont remis en fin d’ins truction. Moment magique. Le jeune peut alors signer un contrat d’engagé volontaire de l’armée de terre (EVAT) de cinq ans, rémunéré 1750 € net par mois. Il bénéficie par ailleurs des avantages liés au statut de militaire (réduction SNCF, retraite à taux plein au bout de 19,5 ans de service) et d’un logement de service une fois devenu sousofficier ou officier.
CRITÈRES D’ADMISSION
Nationalité française
Avoir entre 18 et 25 ans
Du brevet des collèges à bac + 2
Casier judiciaire vierge
Très bonne condition physique
Être titulaire du permis B
INFORMATIONS UTILES Pour connaître les CIRFA à proximité : www.recrutement.terre.defense.gouv.fr/ounousrencontrer. La BSPP sur Internet :www.pompiersparis.fr. Sur Facebook:www.facebook.com/recrutementpompiersparis.
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PERSPECTIVES UNE CARRIÈRE À LA FORCE DU MÉRITE
Le métier de pompier de Paris offre de belles opportunités de carrière, qui obéissent au cadre militaire. Au sein de la Brigade, le jeune pompier motivé peut gravir un à un les échelons, du grade de sapeur de première classe au rang d’officier.
UN ESCALIER SOCIAL Les grades, correspondant à un niveau hiérarchique et à un niveau de respon sabilités, se subdivisent en trois caté gories : les militaires du rang (sapeur, caporal, caporalchef), les sousoffi ciers (sergent, sergentchef, adjudant, adjudantchef, major) et les officiers (aspirant, souslieutenant, lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant colonel, colonel). À chaque passage au grade supérieur correspondent un examen et une formation spécifiques. Il s’agira à chaque fois d’une masse de travail conséquente et d’épreuves sportives. En moyenne,10 % environ d’un contingent deviennent sous officiers dans les cinq à sept ans.
CHOISIR DE SE SPÉCIALISER Après sept ou huit années de service, les sapeurspompiers de Paris peuvent aussi choisir de rejoindre lesunités élémentaires spécialisées. Quelque 550 personnels sont ainsi détachés de la Brigade pour assurer la protection des biens et des personnes au musée du Louvre, au ministère de la Défense à 9
Balard, à la Bibliothèque nationale de France, au Centre d’essais des Landes à Biscarosse ou encore au Centre national d’études spatiales à Kourou. Autres possibilités : rejoindre les équipes spécialisées cynotechniques (qui travaillent avec les chiens), de plongée, NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique), le groupe d’in tervention en milieu périlleux (GRIMP), véritables spécialistes de la verticalité des villes. Chaque fois, à l’issue d’une sélection spécifique, l’intéressé suit une formation spécialisée au fort de VilleneuveSaintGeorges.
EN VOIE DE RECONVERSION Difficile et exigeant, le métier de pom pier de Paris n’est pas une profession
«Nos engagés peuvent devenir sousofficiers en trois ou quatre ans pour les plus *. rapides »
où l’on vieillit. Les limites d’âge et les seuils d’éligibilité pour une retraite à taux plein varient selon les grades. Par exemple, un sapeur de première classe peut partir en retraite au bout de 17 ans de service, un caporal au bout de 19,5 ans, un caporalchef au bout de 27 ans. Pour accompagner ses militaires dans leur seconde vie professionnelle, l’institution leur propose d’ordinaire de faire un point de situation avant l’échéance de leur contrat. Généralement, les sapeurs pompiers de Paris peuvent sans diffi culté s’appuyer sur leurs expériences, leurs compétences, pour se réorienter dans la sécurité des biens et des personnes, la prévention, etc.
* Le chef du bureau organisation ressources
humaines de la BSPP.
PORTRAITS LE FEU SACRÉ EN HÉRITAGE
Dans la famille du commandant retraité Claude Pommier, on est pompier de père en fils. Avant lui, son père était volontaire dans son village natal ; après lui, son fils a suivi sa trace à la BSPP. Lui a intégré la prestigieuse Brigade à sa majorité, en 1966. Il y a gravi patiemment un à un les grades, de sapeur de première classe au rang d’officier supérieur avec le grade de commandant.
ORDRE, MÉTHODE, RIGUEUR ET HUMILITÉ Une carrière exemplaire, construite avec «ordre, méthode, rigueur et humilité». Ce sont ces valeurs, inhé rentes au métier, que Claude Pommier souhaite transmettre aux jeunes qu’il parraine dans le cadre de l’Association nationale des anciens cadres d’active des pompiers de Paris (ANACAPP). L’association, dont il est vicepré sident, regroupe près de 600 anciens pompiers de Paris. Elle coordonne notamment l’accueil de volontaires qui rejoignent la Brigade dans le cadre du service civique pour expérimenter le métier de secouriste.
Depuis 2011, l’association a parrainé 500 jeunes de 18 à 25 ans. Cet engagement lui permet de conserver un lien précieux avec la BSPP, qu’il a quittée en 2000, à l’âge de 52 ans. Les compétences acquises dans son métier l’aident alors à se réorienter dans la sécurité à la Cité internationale des arts à Paris, qui abrite plus de 300 atelierslogements.
TROIS DÉCENNIES AU SERVICE DE LA POPULATION Pendant ses trois décennies au service de la population, Claude Pommier a vu le métier et les conditions d’exercice évoluer. «À mon époque, nous faisions des feux surtout, des accidents sur voie publique aussi, des fuites de gaz, mais très peu de secours à victimes», racontetil. Son souvenir encore vivace ? Le tragique incendie du e collège Pailleron, dans le 19 arrondis
sement, le soir du 6 février 1973. Une soixantaine d’enfants sont bloqués à l’intérieur du bâtiment en feu. Plu sieurs vont réussir à sortir grâce à leurs enseignants et la gardienne, qui y perdront la vie. Sous le regard des parents morts d’angoisse, les équipes de la Brigade vont sauver 24 enfants. Les images de cette nuit vont d’autant plus le hanter que Claude Pommier est père depuis quelques mois, du fameux gaillard devenu pompier à son tour. «La Brigade m’a tout apporté, y compris ma reconversion», conclutil. «Le métier de sapeurpompier m’a tout donné.»
VINCENT ALMARCHA, SAPEUR DE PREMIÈRE CLASSE
Vincent Almarcha a débarqué de ClermontFerrand en août 2015 pour attaquer sa formation. Un bac professionnel en poche, il a signé son premier contrat de cinq ans et a intégré sa compagnie en décembre 2015. Vincent Almarcha avait déjà éprouvé sa vocation en étant pompier volontaire dans sa région natale. D’apparence timide, il s’est facilement habitué à la vie en groupe, plus difficilement au rythme. « Le rugby m’a déjà incul qué l’esprit de groupe. Le plus dur, c’est de rester vigilant et lucide pendant 48 heures. On s’habitue à dormir de manière hachée. Comme beaucoup, je réalise un rêve de gosse. Je veux aider les gens, sauver des vies, me sentir utile », témoignetil.
Remerciements :Lieutenantcolonel Claude Morit ; Commandant Claude Pommier ; Capitaine David Peneaud ; Capitaine Emmanuel Ranvoisy ; Adjudantchef Vincent re re Lecomte ; Adjudant Benoît Roussarie ; Caporal Stéphane Piguet ; Sapeur de 1 classe Myriam Jaballah ; Sapeur de 1 classe Vincent Almarcha et le personnel du centre de secours Nativité. Une publication de la brigade de sapeurspompiers de Paris en partenariat avec. L’Etudiant 29 rue de Châteaudun 75308 Paris cedex 09, tél. 01 75 55 40 40. Coordination : Sophie Périès – Rédaction : Sarah Delattre – Secrétariat de rédaction : Myriam Blanc – Conception Graphique : Sophie Guéroult. Photos : © BSPP Groupe Production Image. P.2 : © GFIS /Patrick Graff.
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