Géographie et informatique, 25 ans après - article ; n°585 ; vol.104, pg 583-594

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Annales de Géographie - Année 1995 - Volume 104 - Numéro 585 - Pages 583-594
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1995
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Langue Français
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Suzanne Paré
Géographie et informatique, 25 ans après
In: Annales de Géographie. 1995, t. 104, n°585-586. pp. 583-594.
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Paré Suzanne. Géographie et informatique, 25 ans après. In: Annales de Géographie. 1995, t. 104, n°585-586. pp. 583-594.
doi : 10.3406/geo.1995.13949
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1995_num_104_585_13949NOTES
Géographie et informatique
25 ans après..
Dans une thèse de doctorat commencée en 1970 et soutenue en 1980 sur
le thème Informatique et organisation de espace nous avions cherché
mettre en évidence le rôle de espace dans les stratégies informatisation
étude portait notamment sur informatisation des entreprises et sur les Sociétés
de Services et de Conseil en Informatique S.S.C.I.)1 Vingt-cinq ans plus tard
on peut interroger sur les conclusions de époque et repenser le rapport de
informatique espace Nous nous focaliserons sur trois points
informatique et ses percées technologiques
informatisation et les régions
innovation informatique et urbanisation
informatique et ses percées technologiques
Penser essor de informatique dans son contexte technique est apprécier
avalanche innovations aboutissant la constitution un secteur économique
de plus en plus diversifié Ce secteur élabore via des strates successives de
pénétration de technologies Elles touchent successivement la grande informa
tique la mini-informatique puis la micro-informatique sans il ait substi
tution totale une branche une autre Les télécommunications domaine
seulement effleuré dans cet article participent de plus en plus ces dévelop
pements
Les années 1960-70 et la première moitié des années 1980 ont vu le triomphe
des grands ordinateurs est époque des séries 360 puis 370 I.B.M. qui font
de cette société le numéro un du marché mondial de informatique En 1985
I.B.M représente encore 45 du américain des matériels Ces annonces
engendrent des réactions en chaîne et conduisent différents états comme la
France le Japon et la Grande-Bretagne promouvoir une politique informatique
pour sauvegarder leur indépendance nationale En France essor de informa
tique accompagne la mise en place du Plan Calcul 1966 Celui-ci représentait
une politique de promotion industrielle mais aussi de promotion des applications
une part et de des secteurs formation et recherche autre part
Paré S.) Informatique et géographie Paris P.U.F Collection Le géographe 1982
221p
Ann Gèo. no 585-586 1995 pages 583-594 Armand Colin 584 ANNALES DE OGRAPHIE
Les systèmes sont cette époque complexes chers encombrants mais ils
disposent une grande variété de fonctions et de logiciels qui permettent des
traitements de masse
La deuxième vague propose des mini-ordinateurs plus simples moins chers
et de loin moins encombrants dotés aussi de moins de fonctions Ils ont un
avantage incontestable sur les grands ordinateurs Ils sont en effet particulière
ment bien adaptés des petites et moyennes entreprises qui sous-traitaient
auparavant leurs activités informatiques des S.S.C.L ou avaient pas engagé
de politique informatisation Ces mini-ordinateurs sont en outre bien adaptés
aux services décentralisés des grandes organisations souvent reliés ailleurs aux
services centraux par télématique La mini-informatique culmine au cours des
années 1980 Elle occupe 17 de la production américaine de matériels
informatiques en 80 27 en 85 mais chute en 1990 Le leader était une
société américaine D.E.C. fondée en 1957 mais dont la part de marché ne
accroît vraiment que dans les années 1980
Au début des années 80 le micro-ordinateur est encore une curiosité pour
la plupart des entreprises Il doit son existence une innovation datant de
1971 le microprocesseur qui sur un seul circuit intégré sait traiter les données
Cet événement provoque la miniaturisation des matériels auparavant il fallait
des dizaines voire des centaines de composants pour effectuer les mêmes
traitements
En France naît le premier micro-ordinateur le Micral de R.E.E. précédant
les inventions dans des garages des américains Altair et Apple est dire le
caractère peu industriel des débuts de la micro-informatique. Le progrès
technique des microprocesseurs est fantastique puisque tous les cinq ans et
demi leur puissance de traitement est décuplée En 1981 une borne est franchie
La puissance devenue disponible est telle on peut offrir en sus la facilité
usage les faibles prix un volume très réduit Le P.C I.B.M engouffre dans
la voie avait commencé tracer Apple et en 1985 I.B.M est devenu le
premier mondial dans ce domaine avec un chiffre affaires supérieur 000
et plus de 40 du marché Mais le jeu de la concurrence va bientôt modifier
les règles du marché et redistribuer les rôles autres entreprises apparaissent
comme Compaq Dell Packard Bell et Zénith Elles utilisent les mêmes tech
nologies I.B.M Intel pour le micorprocesseur Microsoft en particulier pour
les logiciels et peuvent fabriquer plus économiquement et commercialiser plus
efficacement des produits tout fait similaires des clones de P.C
autres gammes de microprocesseurs les R.I.S.C qui sont très puissants
pour les applications graphiques apparaissent au cours des années 1980 Ils
vont permettre de créer des stations de travail utilisées dans toutes les
applications techniques où le dessin le graphique et le calcul scientifique jouent
un rôle important usage des R.I.S.C va aussi permettre de renouveler le
marché des grands systèmes et des mini-ordinateurs dès le début des années
1990
En 1995 inflation des ordinateurs personnels prouve que informatique est
réellement devenue un phénomène de consommation de masse I.B.M perdu
son empire tel point elle occupe moins de 20 du marché mondial en
1992 Par ailleurs est une société de logiciels Microsoft qui dépasse I.B.M
pour la capitalisation boursière
Les travaux porteurs de futur élargissent les perspectives au confluent de NOTES 585
informatique et des télécommunications On pense alors aux autoroutes de
information aux serveurs images et de films ou aux agents intelligents de
General Magic permettant un outil mixte informatique-télécommunications de
se substituer un individu en communiquant et en traitant avec importe qui
importe quand
Ce rapide aper permet apprécier comment depuis trois décennies le
monde de informatique évolué sous effet une cascade innovations Aussi
est-il pas surprenant de parler de ère informatique comme on parlé de
ère de électricité de ère de automobile voire de celle de aviation Le
phénomène de informatique constitue une aventure technologique indissociable
de son corollaire societal le processus de informatisation est dans cette
direction notamment que on peut envisager sa composante géographique Nous
nous pencherons tout abord sur le thème des régions
informatique et les régions
Le dernier Festival International de la Géographie de Saint-Dié-des-
Vosges en abordant le thème Régions et mondialisation donné la mesure
du débat actuel orienté dans quatre directions essentielles identité culturelle
les répartitions et les dynamiques socio-économiques et enfin les échelles
appréhension informatique dans sa fonction industrielle et tertiaire est
pas étrangère ces préoccupations Il 25 ans nous nous étions intéressés
aux fonctions tertiaires relayant les travaux menés sur les grands constructeurs
de matériels Nous tenterons apprécier les mutations opérées échelle de
hexagone après avoir rappelé le sens des logiques régionales mises en uvre
antérieurement
2.1 Le contexte du développement
Analyser le développement de informatique échelle de hexagone conduit
poser la question des disparités régionales Notre recherche initiale orientait
autant plus dans cette direction que le débat public était déjà centré sur le
processus de délocalisation informatique était même présentée comme le levier
de la déconcentration En 1977 le colloque Informatique et développement
régional confortait cette stratégie spatiale intitulé de la table ronde In
formatique et équilibre fran ais en témoigne
La Mission Informatique initiative de ce colloque abordait le problème
des disparités en se donnant comme objectif au sein du secteur public le
développement informatique des régions
Il est ailleurs intéressant de souligner les différences de comportement des
deux partenaires du secteur public sur la décennie 1970-1980 Seule adminis-
Festival International de la Géographie de Saint-Dié-des-Vosges 1994 Régions et
mondialisation Sciences humaines hors série 1995 no
Colloque Informatique de développement régional 20-21 octobre 1977 Centre culturel
de Ouest de Fontevrault Mission Informatique Paris La Documentation Fran aise
Informatisation et société 1978 323 586 ANNALES DE OGRAPHIE
TABLEAU volution de la part de Ile de France
dans le parc informatique du secteur public
en valeur 1970 1972 1974 1976 1978
Secteur Public 606 594 559 523 506
46.8 446 411 Administration 507 368
Entrepnses Publiques 693 657 637 623 684
tration joué un rôle particulièrement moteur dans la déconcentration pari
sienne les entreprises publiques ayant maintenu une structure centralisée
rappelant certains égards celle du secteur privé
La Mission Informatique ne était pas limitée ces seuls domaines Sa
politique de promotion menée sur les applications informatiques sociétés de
logiciels) la recherche la formation engageait aussi une réflexion territoriale
Dans ce contexte la région était per ue comme un ensemble acteurs écono
miques et sociaux et de partenaires institutionnels autres institutions asso
ciaient aussi aux objectifs du ministère de Industrie La D.A.T.A.R engageait
sa politique de décentralisation Les Télécommunications mettaient en place des
réseaux de transmissions de données
Comment dans ce contexte ne pas interroger plus généralement sur
évolution des inégalités régionales
2.2 informatique conforte-t-elle ou non les héritages
de hexagone
Répondre cette question supposait la constitution un corpus statistique
dans le domaine étudié et la mise en corrélation avec des indicateurs écono
miques significatifs Or et il est important de le souligner si paradoxal que
cela puisse paraître informatique qui de loin bouleversait les modes appré
hension des données était pauvre en informations sur elle-même Elle était
encore plus pauvre en informations spatiales La réalisation un atlas projet
ambitieux pour pallier cette pénurie avait échoué en raison de la non-prise en
compte de la dimension locale voire de celle de site productif
partir de la restitution de données fiables homogénéisant ce secteur parc
ordinateurs sites informatisés emplois et prestations de services informatiques
installations terminales nous avons pu établir un bilan des différenciations
régionales La conclusion générale qui est alors imposée indiquait que infor
matique avait perpétué les équilibres ou les déséquilibres sous-jacents de
espace fran ais Pour en convaincre référons-nous au tableau ci-après corrélant
les indicateurs de développement informatique une part et économique autre
part
En outre le binôme Paris-Province confirmait le caractère séculaire de
hégémonie parisienne Il exprimait un phénomène de confiscation de masse
près de la moitié des informaticiens et plus de 50 des ordinateurs
trouvaient rassemblés Mais il traduisait encore plus une hiérarchie de niveaux
de service Paris après une enquête de A.F.C.E.T. la proportion des
analystes ou concepteurs de logiciels était deux fois et demi plus élevée en NOTES 587
TABLEAU volution des indicateurs informatiques 1975-1990
Années 1975 1990
Moyens Sièges Moyens Cadres Régions tablissements Gros 500 employés Gros Miaos informatiques 200 employés
473 544 Alsace 354 570 5.16 415
Aquitaine 607 380 522 536 364 490
220 202 176 210 141 Auvergne 222
260 Basse-Normandie 131 263 207 289 138
Bourgogne 273 310 377 294 456 1.57
425 450 543 616 476 444 Bretagne
Centre 546 420 555 570 712 626
Champagne-Ardennes 334 320 327 304 443 121
Franche-Comté 162 280 245 181 266 130
Haute-Normandie 334 410 423 526 558 315
Languedoc-Roussillon 273 330 269 281 161 419
Limousin 131 150 121 099 161 058
Lorraine 667 610 512 446 669 325
Midi-Pyrénées 597 360 421 446 302 767
Nord-Pas-de-Calais 1203 1090 1059 977 948 780
P.A.C.A Corse 961 880 710 841 285 1488
Pays de la Loire 516 630 691 645 817 710
Picardie 233 320 444 419 587 209
Poitou-Charentes 182 330 270 289 348 202
Rhône-Alpes 1850 1680 1530 1673 1407 2063
Total Province 10000 10000 10000 10000 10000 10000 4834 5266 6923 5058 8155 3462
Ile-de-Fran 5166 4734 3077 4942 1845 6538
Total France 10000 10000 10000 10000 10000 10000
province inverse le personnel exploitation représentait près des deux tiers
des informaticiens provinciaux Dans cette disparité pouvait se reconnaître
impact de la décentralisation des grands services de gestion de tat menée
par la D.A.T.A.R E.D.F. P.T.T. I.N.S.E.E. etc. Comme indiquait Lemoine
au colloque de Fontevrault la province devenait le fief des traitements quasi
industriels de information employant une main-d uvre féminine peu qualifiée
Ces constatations effectuées au niveau spatial avaient rien original en
soi Elles rejoignaient des conclusions relevant de la sociologie du travail
Balle1 analysant introduction de informatique dans les grandes organisa
tions soulignait cette même conclusion elle perpétue les équilibres sous-jacents
Balle C.) Les effets de informatique sur les grandes organisations Les réseaux
pensants Paris Masson 1972 166p 588 ANNALES DE OGRAPHIE
de organisation De ce fait le rôle des structures économiques prenait encore
plus de sens dans le processus informatisation
2.3 Quelle évolution peut-on saisir dans la période 1970-1995
en termes de disparités
Il ne agit pas de donner un panorama complet des composantes de
informatisation Nous chercherons davantage saisir la diffusion technique
passage de la grande informatique la micro-informatique pour appréhender
le sens des reproductions spatiales
Les analyses menées pour 1975 sur la répartition des parcs régionaux
ordinateurs avaient montré que les disparités étaient importantes mais que les
structures économiques régionales expliquaient une part notable des écarts
Ces écarts se sont-ils atténués ou au contraire se sont-ils amplifiés Leur
évolution est-elle en ligne avec les évolutions différenciées des caractéristiques
économiques régionales Des statistiques établies par 01 Informatique1 per
mettent apporter ces questions des réponses partielles
Le principal phénomène trait la répartition des ordinateurs entre Paris
et la Province En 1975 52 des ordinateurs fran ais de grande et de moyenne
taille étaient situés en Ile-de-Fran La proportion chute moins de 31 en
1990 Nous avions époque mis en évidence le mouvement de délocalisation
en province des centres de traitement La Source Sophia Antipolis... Un tel
renversement de situation devrait évidence faire objet études approfondies
En revanche le parc de micro-ordinateurs perpétue hégémonie parisienne
telle elle pouvait être constatée pour les ordinateurs moyens et grands en
1975 Ile-de-Fran est en effet très largement surreprésentée avec près de
50 des micro-ordinateurs de 1990 proportion équivalente celle des moyens
et grands systèmes en 1975 Est-il possible que la déconcentration de infor
matique ait touché que les activités de production et non pas les activités de
conception désormais liées en partie la possession un P.C La répartition
des cadres informaticiens 65 en Ile-de-Fran en 1990 semble apporter
quelque crédit cette thèse
Au niveau régional de la province des divergences apparaissent par rapport
la situation de 1975 cette époque les trois régions suréquipées par
leur proportion de sièges étaient Midi-Pyrénées le Centre et Aquitaine En
1990 ajoutent Azur et Languedoc-Roussillon informatique
classique est déplacée vers le sud Quant aux micro-ordinateurs ils semblent
être davantage implantés dans des régions plus spécifiquement industrielles
Alsace Rhône-Alpes Pas-de-Calais sont particulièrement bien placés plutôt que
dans les régions méridionales beaucoup moins bien équipées
01 Informatique Références Atlas informatique 1992 no 19 130p NOTES 589
innovation informatique et urbanisation
Traiter de informatisation et de organisation de espace dans la décennie
70-80 soulevait impérativement un débat sur la meilleure preuve
résultait de la simultanéité des politiques aménagement mises en uvre
armature urbaine une part et informatisation autre part Le terme ur
banisation étant pris dans sa plus large acception informatique pouvait avoir
un double effet Soit la grande informatique érigeait comme un phénomène
de siège renfor ant le pouvoir de commandement des organisations symbole
de la société post-industrielle mais aussi de la centralité urbaine Soit la
télématique permettant une gestion en temps réel projetait une nouvelle alliance
ville-campagne et inscrivait comme le véritable outil du développement rural
et local
Notre approche géographique permettait aisément de sortir de cette situation
ambivalente Nous nous étions bien gardés adopter une démarche économique
prospective fondée sur des scénarios spatiaux qui neutralisaient la pesanteur de
espace géographique Nous avions au contraire adopté une autre problématique
Elle pouvait se formuler en ces termes comment informatique inscrivait-elle
réellement dans le système urbain de hexagone
La question reste toujours actualité mais le rapport ville/société impose un
autre regard identifiant la territorialité
3.1 Système urbain vecteur informatisation
La recherche urbaine fondamentale et appliquée étendu partir de la
décennie 1960 ses investigations sur le système urbain investigations fondées
sur importance croissante dévolue aux activités tertiaires Il était alors logique
de inscrire dans ce champ en cherchant évaluer la relation de informatique
avec la hiérarchie urbaine Les deux indicateurs utilisés étaient la répartition
des ordinateurs et évolution des S.S.C.I
3.1.1 Répartition du parc ordinateurs
On pu constater que informatique est comportée comme un régulateur
spatial urbain
TABLEAU Répartition du parc ordinateurs
par taille de villes en province 1975
Milliers habitants 200 100 200 50 100 20 50 20 Total
7509 Parc en M.F 46475 0873 4020 5458 4335
73 Parc en 625 146 101 54 1000
Les niveaux de concentration du parc ordinateurs sont apparus comme
étroitement rreles avec les niveaux de concentration urbaine ce qui confirme
en partie la thèse une pérennité du réseau urbain Toutefois deux distorsions 590 ANNALES DE OGRAPHIE
non négligeables dans la répartition par taille de villes se sont imposées La
première dissociait la strate urbaine supérieure érigeant les villes de plus de
200 000 habitants comme les pôles-pivot de informatisation La politique des
métropoles équilibre prenait un sens dans cette diffusion La seconde distorsion
touchait le groupe des villes moyennes et tendait homogénéiser le niveau
informatisation de la strate inférieure 20 000 50 000 habitants sur celui des
petites villes
Cette constatation pas une valeur factuelle En effet histoire du
peuplement fran ais traduit deux ruptures majeures dans les rythmes urbani
sation Le changement institutionnel la révolution de 1789 création des
départements engendré la promotion des villes moyennes au détriment des
grandes villes Un siècle plus tard la industrielle opéré un
retournement démographique générateur de migrations vers les grandes villes
Une focalisation orientée sur un indicateur de dynamisme urbain la crois
sance démographique aussi permis de mieux apprécier le rôle de informa
tique En intéressant aux deux extrêmes villes faiblement informatisées et villes
fortement informatisées on pouvait montrer que croissance démographique et
niveau équipement informatique étaient assez fortement liés Certes des contre-
exemples pouvaient être trouvés dans les grandes villes mais il agissait de
situations géographiques particulières fortes croissances démographiques de
Nice Toulon et Cannes-Grasse associées des faibles voire des très faibles
niveaux équipement informatique Ce phénomène était encore plus accentué
dans les villes moyennes
Les chaînes de causalité sont toujours difficiles démontrer mais ce résultat
est conforme ce que on pouvait attendre des théories sur la société
informationnelle le traitement de information deviendrait ainsi une des causes
majeures de la création de richesses et plus généralement de la croissance
Enfin les niveaux informatisation rreles aux dominances économiques
favorisaient les fonctions tertiaires supérieures pour les grandes villes contra
rio pour les villes inférieures 200 000 habitants équilibre se renfor ait au
sein du système productif entre secondaire et tertiaire
Une détermination de la hiérarchie des facteurs expliquant informatisation
aurait sans doute permis aller plus loin mais cela imposait de mieux maîtriser
les indicateurs plus précis cette échelle locale Cette piste de recherche reste
explorer en affinant les critères au niveau du système productif
Le système urbain régit la répartition des villes de ensemble du territoire
Mais pour gagner en pertinence il est nécessaire de réajuster le monopole
parisien dans une logique spatiale plus urbaine que régionale effet de
concentration que nous avions mis en valeur dans le domaine de informatique
participait alors de la constitution une métropole est dans ce contexte que
le concept de hiérarchie alors pris tout son sens interprétration de la
répartition Paris/Province des prestations des S.S.C.I était déjà éclairante Mais
le processus évolution économique et spatial de cette activité tertiaire supérieure
est encore plus Il est ailleurs pas inutile en faire un bref rappel historique
pour en mesurer la portée
3.1.2 volution des S.S.C.I
origine les émanaient un double processus Tout abord les
grands groupes publics ou para-publics filialisaient leurs services informatiques NOTES 591
pour optimiser leurs investissements lourds tant en matériels en logiciels
C.E.A. C.G.E... Ces sociétés avaient leurs sièges Paris et bénéficiaient de la
concentration de services tertiaires clients Parallèlement le dynamisme de la
profession associait aussi au développement de petites sociétés cabinet de
conseil ou société locale implantées tant dans la région parisienne en
province Ces S.S.C.I avaient plusieurs fonctions Elles faisaient office de sous-
traitants pour les entreprises non équipées participaient leur informatisation
et constituaient même une structure relais par rapport aux constructeurs
Sur le plan des applications la profession gagné en complexité Sans
abandonner sa fonction origine elle est orientée vers une informatique plus
évoluée confirmant insertion du tertiaire autonome dans le tissu productif
livraison de produits spécifiques fourniture équipements lourds tels que
ingénierie ou un service continu matériel et logiciel relevant du télétraitement
ou de la gérance exploitation Ce contexte de mutation professionnelle
généré une mutation économique de grande portée En effet outre la concen
tration technique un phénomène de capitalisation lié des groupes industriels
ou bancaires est engagé est également dans ce mouvement que la polarisation
parisienne est confortée Mais le pôle parisien acquis un autre statut Les
activités de conception et études se sont vues capter par le siège tandis que
les agences de province tendaient davantage se constituer comme des succur
sales
Paris est devenu la tête un réseau échelle de hexagone autant plus
structuré il pouvait appuyer sur la télématique Mais désormais la capitale
appartient aussi un réseau international élaboré sur deux bases européenne
une part et francophone autre part exemple le plus probant cet égard
est représenté par CAP-GEMINI-SOGETI partir une société constituée
Grenoble elle étendu son réseau agences locales en Rhône-Alpes puis est
implantée Paris avant affronter les marchés européens Aussi est il pas
surprenant un expert J.F Carrez1 constate dans un rapport officiel récent
traitant des fonctions tertiaires supérieures internationales La contrepartie de
la concentration parisienne est que Lyon représente seulement l/SOe de activité
du secteur et Toulouse IMOe On retrouve ici le problème de la concentration
des fonctions de choix et de commandement Cette concentration est
rapporter selon le même auteur la concentration physique des matériels qui
aurait créé contrairement la R.F.A. un marché dynamique
3.2 Territorialité urbaine et informatique
Considérée dans optique du système urbain informatique permettait ap
précier la pesanteur de organisation de espace Et pourtant informatique
entretient des rapports plus complexes avec la ville Déjà les nouvelles techno
logies de information ont gagné les collectivités locales sur le plan de la gestion
et comme enjeu une politique urbaine comme le montre Dupuy2 Essayons
de positionner ce thème de la territorialité urbaine en se référant ce propos
Carrez J.F.) Le développement des fonctions tertiaires supérieures internationales
Paris et dans les métropoles régionales Paris La Documentation Fran aise Collection des
rapports officiels 1994 112p
Dupuy G.) informatisation des villes Paris P.U.F. Collection Que sais-je 1992
126p