Introduction de la technique du conteneur dans l
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Introduction de la technique du conteneur dans l'industrie lyonnaise - article ; n°2 ; vol.56, pg 187-200

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Revue de géographie de Lyon - Année 1981 - Volume 56 - Numéro 2 - Pages 187-200
Introduit dans la région lyonnaise en 1965, le transport par conteneurs suscite un intérêt très inégal selon la nature des industries, le volume de leurs exportations et la nature de celles-ci, le conteneur convenant particulièrement aux envois uniformes par lots fractionnables de marchandises faciles à conserver. L'analyse de cas consacrée à France-Lait montre que la conteneurisation implique un effort d'adaptation, peut réduire de façon appréciable les coûts de manutention et d'expédition mais entraîne une révision de l'espace commercial de l'entreprise.
Transport by containers has been introduced in Lyons area since 1965 and its very inequal benefit depends on the volume and the nature of their exportations, container transport being more suitable for standardized parcels by divisible lots of goods easy to be preserved. The analysis of the France-Lait case shows that containerisation implies an effort of adaptation, can appreciably reduce store keeping and dispatching costs, but leads to modify the commercial space of the firm.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1981
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Langue Français
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Exrait

Brigitte Amar
Introduction de la technique du conteneur dans l'industrie
lyonnaise
In: Revue de géographie de Lyon. Vol. 56 n°2, 1981. pp. 187-200.
Résumé
Introduit dans la région lyonnaise en 1965, le transport par conteneurs suscite un intérêt très inégal selon la nature des
industries, le volume de leurs exportations et la nature de celles-ci, le conteneur convenant particulièrement aux envois
uniformes par lots fractionnables de marchandises faciles à conserver. L'analyse de cas consacrée à France-Lait montre que la
conteneurisation implique un effort d'adaptation, peut réduire de façon appréciable les coûts de manutention et d'expédition mais
entraîne une révision de l'espace commercial de l'entreprise.
Abstract
Transport by containers has been introduced in Lyons area since 1965 and its very inequal benefit depends on the volume and
the nature of their exportations, container transport being more suitable for standardized parcels by divisible lots of goods easy to
be preserved. The analysis of the France-Lait case shows that containerisation implies an effort of adaptation, can appreciably
reduce store keeping and dispatching costs, but leads to modify the commercial space of the firm.
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Amar Brigitte. Introduction de la technique du conteneur dans l'industrie lyonnaise. In: Revue de géographie de Lyon. Vol. 56
n°2, 1981. pp. 187-200.
doi : 10.3406/geoca.1981.3946
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geoca_0035-113X_1981_num_56_2_3946Revue de Géographie de Lyon, 1981/2
INTRODUCTION DE LA TECHNIQUE DU CONTENEUR
DANS L'INDUSTRIE LYONNAISE l
par Brigitte Amar
La typologie des utilisateurs de conteneurs que nous présentons, a été
établie à partir d'un cadre spatial correspondant à la région urbaine lyonnaise.
Les critères retenus correspondent à l'attitude des entreprises face à l'expor
tation et au pourcentage des produits conteneurisés par rapport à l'ensemble
des produits transportés. L'échantillon porte sur 25 entreprises, mais l'une
d'entre elles, France-Lait, a été retenue comme étude de cas.
DONNEES GENERALES
Présentation des industries contactées
Les vingt-cinq peuvent être regroupées en trois
branches : les biens de consommation, les biens d'équipement, la chimie et ses
dérivés (la pharmacie).
— - Le premier ensemble comprend des industries alimentaires (France-
Lait), du jouet (Majorette), de l'électroménager (Calor), du meuble (M.
Guetat), du textile (Rhône-Poulenc), des décors muraux (Inaltéra), et une
industrie métallurgique (ADG) : cette dernière est intégrée dans ce groupe
dans la mesure où elle produit du matériel de camping.
— Le second groupe d'activités englobe surtout des industries mécani
ques et électriques.
— Le troisième compte 3 industries chimiques et 3 pharmaceutiques.
Localisation dans l'espace lyonnais
La figure n" 1 localise ces entreprises dans l'espace lyonnais ; il y aurait
peut-être propension, au premier abord, à penser que seules les industries de
l'agglomération lyonnaise expédient par conteneur ; certes, le gros noyau est
1. Cet article résume les principales conclusions d'une Maîtrise de Géographie préparée
sous la direction de M. Paul Minoret, Professeur à l'Université Lyon III. Il nous est agréable
de remercier ici toutes les personnes qui ont bien voulu nous recevoir pour l'aide qu elles nous
ont apportée dans la préparation de cette étude. 188 В. AMAR
formé de Lyon et de sa proche banlieue, essentiellement l'Est et le Sud,
mais cette carte ne représente que les industries citées par les compagnies de
navigation et les transitaires, elle n'a pas la prétention d'être complète. Les
blancs sur la carte signifient absence de renseignements et non absence de
phénomènes comme vers Villefranche-sur-Saône et Genay où le conteneur
est certainement présent aussi. On peut diviser cet espace industriel en quatre
zones : Lyon, l'Ouest de Lyon, le Nord-Est, le Sud et le Sud-Est.
— Le centre de la ville regroupe 6 industries expédiant par conteneur,
deux d'entre elles (France-Lait et la société Gerland) n'ont que leurs bureaux
à Lyon, c'est-à-dire que tous les papiers (colisage, connaissement, factures,
douanes, assurances...) et les rapports avec les compagnies maritimes et quel
quefois les transitaires se font là. Le centre de décision est Lyon mais les
usines sont en dehors de l'espace lyonnais, à Saint-Martin-Belle-Roche pour
France-Lait et dans plusieurs pôles industriels français pour la société Gerland,
essentiellement Saint-Paul-Trois-Châteaux et dans le Nord près de Douai.
Inaltéra a aussi ses bureaux à Lyon, mais ils seront transférés dès la fin de
l'année à Corbas, à côté de l'usine déjà décentralisée depuis cinq ans et
participant donc elle aussi au desserrement industriel dû à l'expansion de
l'entreprise qui compte maintenant 400 employés environ. Les Câbles de Lyon,
industrie électrique, n'a pas opté pour le conteneur pour des raisons techni
ques, mais a expédié de cette façon 75 unités de mars 1979 à août 1979 vers
l'Arabie Saoudite. Ce marché ne correspond donc pas à une volonté délibérée
de l'entreprise mais à une contrainte de la clientèle.
— L'Ouest lyonnais comprend deux industries, l'une d'outillage élec
trique (Black & Decker) et l'autre métallurgique (Potain). Elles ne sont pas
elles non plus typiquement lyonnaises. La première fait partie d'un groupe
implanté dans le monde et avec lequel elle a des conventions à respecter,
c'est pourquoi toutes les expéditions ne se font que vers des Black & Decker
dans le monde et chacun d'eux a son propre service de redistribution. Ils se
sont installés en 1974 dans le Parc d'affaires de Dardilly. Potain, fabricant
de grues, a son siège administratif à Lyon, alors que les usines se trouvent
dans la Loire, en Saône-et-Loire et dans l'Allier.
— Le Nord-Est où la concentration industrielle est plus nette qu'à
l'Ouest, groupe surtout des industries de biens d'équipement : Verdol (ma
chines textiles), Seitha (industrie du bâtiment), Martin (machines à fabriquer
le carton), Colly (presses), RCS (ascenseurs), Délie Alsthom (disjoncteurs).
RCS subit le même phénomène de décentralisation qu'Inaltéra, car l'usine
vient d'être transférée à Meyzieu mais les bureaux où on s'occupe surtout des
douanes sont restés à Villeurbanne. Les trois autres usines (Majorette, Guetat
et Gifrer) ont sur le même espace bureaux et usines.
Toute cette grande zone au Nord de La Mulatière, allant de Dardilly à
Meyzieu, montre la variété des industries rencontrées. Chaque cas est à
étudier séparément car la complexité du comportement des industriels ne
permet pas un regroupement.
— Au Sud et Sud-Est les trois catégories d'activités s'équilibrent : biens
de consommation (ADG, Calor, Rhône-Poulenc-Textile), chimie (Ugine-
Kuhlmann, Rhône-Poulenc-Chimie fine) et biens d'équipement (Rep, Henne-
quin, l'Unité hermétique). 1
-
.
,
I
.
NO NE S E SO
5 5>
ч- о .« с оо О ^i INDUSTRIES et Q 00 0.
MEUBLE
TEXTILE T
j JOUET
transformation du PAPIER
ÉLECTROMÉNAGER
ALIMENTAIRE
Constructions ELECTRIQUES
MÉTALLURGIE mécanique; BATIMENT П
PHARMACIE
CHIMIEl
Dardilly
Ugine-Kuhlman Pierre-Bénite\^ .. \ of. Fons Vénissieux St.Priest
rjHennequin
La Verpillière
E P Unité Hermétique
Fig. 1 . -- Type et localisation des industries lyonnaises expédiant par conteneurs i
i

,

i
190 В. AM AR
Aucun type d'industrie ne prédomine dans un espace géographique donné,
sauf peut-être à Villeurbanne où les biens d'équipement sont seuls présents.
Si une typologie spatiale n'est pas possible, peut-être serait-elle envisa
geable en fonction de deux données :
— l'importance de l'exportation dans l'entreprise ;
— le pourcentage des expéditions par conteneur par rapport aux moyens
conventionnels.
Essai de typologie des industries expédiant par conteneur
1°) En ce qui concerne la date d'option pour le conteneur, la figure n° 2
montre qu'il n'existe pas de relation simple entre groupes d'activité et
chronologie.
1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1965 1966
1) Biens de consommation
R.P.Textile
ADG
Inaltera
Majorette
France-Lait
Calor
■•'•:'•:•:•: Guetat
2) Biens d'équipement
Délie Alsthom
R CS
Verdol
R EP
•:•:•:•:•> Martin
Potain
L'Unité Hermétique
Seitha :•:•:■:•:•:
Colly \ш
Hennequin
Cables de Lyon
Black et Decker ■XvXH
3) Chimie et dérivés
Sté Gerland
Gifrer et Barbezat
týy.-У. Labo. Aguettant
R.P: Chimie Fine
Ugine Kuhlmann еш Ciba Geigy
Tableau 1. — Date d'option роит le conteneur des industries par branches d'activités :
1
CONTENEUR ET INDUSTRIE LYONNAISE 191
II semble par contre plus intéressant de considérer l'industrie face à
l'exportation. En effet ces 25 entreprises contactées peuvent être regroupées
en trois cas :
1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980
1er groupe
Sté Gerland >>yy. :::::::::: ■::Щ
Délie Alsthom •x':°x .•.•.•.••1 Xv!v
Rh.P.Textile ■УУУУ.
AD G •:::::::::: УуШ
X\\v! X*X*X Majorette AÍVA
Verdol
yZyy. R CS Ш
R E P
France-Lait knw, XvCCC
Aguettant \
R.P. Chimie Fine 'yýýy.'-
Calor —
^ Martin x:::::x
;.;.;.;.;.; Ugine Kuhlmann
:::::x:: Potain ::•:•:•:•:
Unité Hermétique
2ème groupe
I nattera
Seitha
3ème groupe
Gifrer et Barbezat
Marius Guetat
Colly
Hennequin
Black et Decker
Tableau 2. — Date d'option pour le conteneur des industries
en fonction de leur attitude face à l'exportation
Premier cas : Une grande partie des industries dynamiques de la région
avaient depuis longtemps l'habitude d'exporter et c'est dans ce schéma d'évo
lution que le conteneur s'est intégré à des dates variables, correspondant à
un abaissement des coûts de transports vers certains pays. C'est surtout le
cas des entreprises qui expédiaient vers les Etats-Unis comme Rhône-Poulenc- 192 В. AMAR
Textile, Delle Alsthom, Verdol, ADG et REP. La plupart évaluent ce gain
sur le transport à 10 % par rapport aux modes conventionnels, toutes desti-
nations confondues, car vers les Etats-Unis, à l'heure actuelle, les prix sont
très fluctuants. D'autres causes peuvent jouer : le développement des infra
structures portuaires et terrestres dans les pays de destination et une régul
arité des départs des navires. Les entreprises faisant partie de ce groupe se
sont mises au conteneur à différentes dates qui correspondent au dévelop
pement de cette technique dans les pays où elles exportaient. Ce sont par
exemple la Société Gerland dès 1965, Majorette en 1969, RCS en 1970,
France-Lait et Aguettant en 1971, Rhône-Poulenc-Chimie fine en 1972, Calor
en 1974, Martin et Ugine-Kuhlmann en 1975, Potain en 1977 et l'Unité
Hermétique en 1978.
Deuxième cas : Cet ensemble beaucoup plus réduit englobe deux indust
ries : Inaltéra et Seitha qui ont commencé l'exportation avec le conteneur ;
la première en 1968 en direction des Etats-Unis et la deuxième en 1978 vers
les pays en voie de développement (Afrique, Moyen-Orient).
Troisième cas : II correspond à un groupe d'entreprises qui a peu l'habi
tude de l'exportation ou qui produit de la marchandise difficilement conte-
neurisable. Les meubles Marius Guetat, par exemple, qui étaient jusqu'en
1977 beaucoup plus tournés vers la métropole ont eu un marché vers les
Etats-Unis et, à cette date, seul le conteneur était valable vers ce pays.
Colly, Hennequin, Ciba Geigy ou Black & Decker exportant peu, se sont
mis très tard au conteneur, en 1978 et 1979 surtout. Les Câbles de Lyon,
comme nous l'avons vu plus haut, y sont venus par obligation pour emporter
un marché en Arabie Saoudite en 1979. Quant à Gifrer et Barbezat, leur
exportation par conteneur est réduite, surtout à cause des faibles commandes
difficilement ajustables avec les dimensions du conteneur. Vers certaines
destinations comme les Antilles, la marchandise est conteneurisée car les
départs sont plus réguliers qu'en conventionnel. Dans ce cas c'est le transi
taire qui groupe cette marchandise avec celle d'une autre industrie au port
d'embarquement. Ces entreprises font en général appel à des transitaires qui
s'occupent de toutes les formalités et qui sont à même de les conseiller sur
les moyens de transport à employer. D'une manière générale, ce groupe s'est
mis très tard au conteneur (1977-1979) sauf Gifrer et Barbezat qui était,
dès 1965, en rapport avec des compagnies de navigation étrangères, pour
expédier une part, certes infime, de sa production en conteneur.
2°) La deuxième donnée intéressante à étudier est celle du pourcentage
de marchandises conteneurisées dans l'exportation maritime totale, et en
fonctions des trois branches d'activités.
La figure n° 2 montre que les biens de consommation ont des pourcentages
très élevés, supérieurs à 40 % et allant jusqu'à 100 %. La moyenne est de
61,50 %, seule l'industrie du meuble ne représente que 1 % car elle vient
tout juste de s'implanter aux Etats-Unis et depuis le mois de mars 1980,
un projet est en cours pour le Canada.
Les autres industries de ce premier groupe sont très dynamiques à
l'exportation, elles ont un marché mondial très étendu. Majorette par exemple, CONTENEUR ET INDUSTRIE LYONNAISE 193
exporte dans 80 pays, ADG dans 126. Ce facteur ne suffit pas et il faut
d'autre part que les commandes soient conséquentes pour pouvoir remplir un
conteneur de 20 pieds. D'autres industries, comme Lenzbourg pour les pro
duits alimentaires ou Paris-Rhône et Indésit pour l'électroménager exportent
1 à 4 % de leurs marchandises en conteneur.
Ces industries ne tirent que des avantages de cette nouvelle technique
de transport, essentiellement la réduction des vols, et des emballages mari
times. C'est pourquoi le nombre de conteneurs expédiés par mois et assez
élevé (de 4 à 80).
Les biens d'équipement englobent deux types d'industrie : la mécanique
et l'électrique. Les deux réunies donnent une moyenne de 30 % de produits
conteneurisés, mais le matériel électrique fait baisser ce chiffre car si l'on
considère uniquement la mécanique, on arrive à une moyenne de 42,5 %.
Alors que les biens de consommation sont exportés à peu près uniformément
dans tous les pays du monde avec un pourcentage un peu plus fort pour le
Moyen-Orient, les machines lyonnaises (ascenseurs, presses diverses...) ont
surtout conquis le marché du Moyen-Orient, des Emirats arabes et de
l'Extrême-Orient. Les conteneurs sont en général envoyés en série sur une
période déterminée pour un chantier, par exemple palais d'un émir ou
construction d'un hôpital. A la différence du premier groupe, les dimensions
du conteneur ne posent pas de problème dans la mesure où il est quelquefois
nécessaire d'en commander deux pour expédier une seule machine (à fabri
quer le carton par exemple). Le pourcentage assez élevé (30 %) correspond
à une volonté des industries mécaniques d'utiliser ce moyen de transport
pour réduire les avaries, surtout la casse. Cette plus grande sécurité entraîne
une baisse des taux de prime d'assurance, qui se répercute sur le prix final
de la marchandise, dans le cas, bien évidemment, où le chargeur vend CAF
(coût, assurance, fret). Pour le matériel électrique, le pourcentage est faible
car soit les commandes ne sont pas assez importantes pour remplir un conte
neur, soit la marchandise n'est pas conteneurisable (ex.: les câbles).
Le troisième groupe, chimie et pharmacie, affiche une moyenne plus
faible (27 %). Les industries chimiques ont opté pour cette technique car au
niveau de l'investissement, le conteneur coûte moins cher : de 8 à 15 millions
d'anciens francs alors qu'un wagon-citerne 2 essieux pesant 27 tonnes coûte
au minimum 15 millions de centimes.
D'autre part les risques sont limités par la réduction des ruptures de
charge.
Le conteneur s'est peu introduit dans l'industrie pharmaceutique, dans
la mesure où peu de clients ont besoin d'un coteneur entier de médicaments.
Mais, quelquefois, il a permis un accroissement de la capacité de vente à
l'exportation par des prix réduits pour les grosses commandes. C'est le cas
pour le laboratoire Aguettant.
D'autres industries, comme Mérieux, expédient par avion des produits
fragiles, comme le sérum par exemple.
D'une manière générale, les biens de consommation ont un pourcentage
plus fort mais le conteneur s'est introduit plus facilement et plus fréquem
ment dans les industries mécaniques. Cependant aucune entreprise contactée
n'a l'ampleur de France-Lait, qui mérite une étude particulière. 194 В. AM AR
EXEMPLE D'UNE INDUSTRIE EXPEDIANT PAR CONTENEUR:
FRANCE-LAIT
Données chiffrées
France-Lait n'est pas une société anonyme mais une union de coopérat
ives agricoles, c'est-à-dire que les paysans lui envoient le lait par camions-
citernes, ce lait est ensuite conditionné par déshydratation et mis en poudre.
Cette industrie a été créée en 1948 à Saint-Martin-Belle-Roche. Il était assez
facile à l'époque de trouver de la main-d'œuvre dans la région de Mâcon,
par contre le personnel d'encadrement technique ne voulait pas s'expatrier
dans cette ville. Le problème a été résolu par la création de bureaux à Lyon.
Débutant avec 350 employés en 1948, l'entreprise en compte 700 en 1980.
Elle est maintenant classée comme une PMI agricole. Malgré ce doublement
de la main-d'œuvre en 30 ans, il faut tenir compte aussi d'une automatisation
de plus en plus poussée, ce qui correspond à une expansion considérable de
France-Lait, se traduisant par une augmentation du chiffre d'affaires qui a
atteint pour 1979 50 milliards de centimes, total partagé entre la métropole
et l'exportation. France-Lait a commencé à exporter en conteneur en 1971
vers les Antilles ; jusqu'en 1976, ce sera le seul pays desservi de cette façon.
De 1971 à 1976 le trafic a augmenté régulièrement, passant en cinq ans de
20 à 57 conteneurs.
La courbe est ascendante, mais si le démarrage est net à partir de 1.976,
il semble cependant y avoir un certain tassement en 1979, puisque 96 conte
neurs ont été expédiés contre 94 en 1978, alors que jusqu'à cette date 10
ou 20 conteneurs s'ajoutaient par an. La clientèle de France-Lait s'est diver
sifiée à partir de 1976, elle s'est en effet étendue à la Grèce et à La Réunion.
Depuis 1977, le marché a gagné principalement le bassin méditerranéen, le
Moyen-Orient et les Emirats arabes (fig. 3).
L'entreprise a deux concurrents principaux : Nestlé et Gloria. Ce dernier
s'est implanté au Koweit en pratiquant du dumping, c'est ce qui explique
qu'un seul conteneur ait été expédié par France-Lait dans ce pays en 1978 et
1979. France-Lait a aussi d'autres concurrents hollandais, allemands et irlan
dais qui n'ont certes pas l'envergure de Nestlé ou Gloria, mais qui entraînent
une réduction des commandes de certains pays où France-Lait pourrait s'im
planter. Malgré cette concurrence, le nombre de conteneurs a plus que doublé
d'une année sur l'autre, passant de 97 en 1976, à 247 en 1977, 531 en 1978
et 1 004 en 1979. On peut finalement définir les ventes sectoriellement, d'une
part le Moyen-Orient (Israël, Egypte, Liban, Syrie, Irak), d'autre part les
Emirats arabes (Arabie Saoudite, Abu Dhabi, Koweit, Yemen), les Canaries
et le bassin méditerranéen, les départements d'Outre-Mer, et enfin l'Afrique
(Maroc, Sénégal). Il faut cependant ajouter une précision pour le groupe que
forme le Moyen-Orient : en effet, géographiquement, Israël y est intégré
mais la dimension politique n'est évidemment pas absente des échanges com
merciaux. La direction de France-Lait a dû choisir entre l'exportation vers
les pays arabes et celle vers Israël ; elle a choisi la première, bien que le
marché israélien aurait pu à lui seul équivaloir toutes les commandes des I
Fig. 2. — Pourcentage de production expédiée par conteneurs par les industries lyonnaises
(en 1979)
% de la PRODUCTION expédiée par CONTENEURS
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Guetat
! R -P textile BIEI VS de Cl ШОМЬ VA 770Л
Majorette
Inaltéra I Calor =1
A D G
France-Lait
Câbles de Lyon Í Hennequin
Black et Decker BIEI VS d'ÊQ UIPEME NT
Unité Hermétique
Colly
Delle-Alsthom
Verdol I
Potain
R E P
R CS
Martin
Seitha
Gifrer et Barbezat i
Aguettant
Ciba-Geigy CHIh 4/EetP 4ARMA CIE
S. С de Gerland i R -P Chimie
Ugine-Kuhlmann
1976 1977 1978 1979
т "I I
1 MÉDITERRANÉEN ARABES ÊMIRA MOYEN-ORIENT AFRIQUE DOM BASSIN TS CONTENEURS Arabie Côte CANARIES Abu Saoudite DIVERS Réunion d'Ivoire Antilles ChVPre Sénégal Koweit Yémen Egypte Maroc Dhabi Grèce Malte Liban Syrie Israël Irak if
=
г
1 i ■ii ■■ им п а-
г
-
50^ to 50 1 00 1о í )0 1'00 1 то
Fig. 3. — Nombre (20 pieds! de conteneurs 20 AUGMENTATION pieds expédiés par dans rapport le 10 monde à 50 I l'année 100 par précédente France-Lait 200 Г