Les reliefs du versant septentrional des Pyrénées basques entre les méridiens de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Tolosa - article ; n°195 ; vol.35, pg 245-258

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Annales de Géographie - Année 1926 - Volume 35 - Numéro 195 - Pages 245-258
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1926
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Th. Lefebvre
Les reliefs du versant septentrional des Pyrénées basques entre
les méridiens de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Tolosa
In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°195. pp. 245-258.
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Lefebvre Th. Les reliefs du versant septentrional des Pyrénées basques entre les méridiens de Saint-Jean-Pied-de-Port et de
Tolosa. In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°195. pp. 245-258.
doi : 10.3406/geo.1926.8451
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1926_num_35_195_8451LE RELIEF DU VERSANT SEPTENTRIONAL
DES PYRÉNÉES BASQUES ENTRE LES MÉRIDIENS
DE SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT ET DE TOLOSA
{Premier article)
Correspondant à un abaissement sensible de l'axe du plissement
pyrénéen, les Pyrénées basques s'étendent, du pic d'Anie à la province
de Sanlander, à partir de laquelle l'axe de la chaîne, entrant en contact
avec le massif primaire des Picos de Europa, se relève pour former
les Pyrénées Cantabriques : la région qui fait l'objet de cette étude
appartient à leur moitié orientale.
Comprise entre les méridiens de Saint-Jean-Pied-de-Port et de
Tolosa, elle présente dans sa partie méridionale une zone de ban les
chaînes orientée d'Est en Ouest, très élevée à l'Est (mont Or/.anzu-
rieia : 1570 in.) et à l'Ouest (mont Inimugarieta, dans la Sierra de
Aralar : 1427 m.), mais coupée entre ces deux {joints extrêmes de ports
d'accès facile, lieux de passage des routes qui divergent de Pampelune
vers Val Carlos et Saint-Jean-Pied-de-Port (Jbaneta : 1090 m.), vers
Elizondo et Bayonne(Velate : 8(38 in.) ou vers Tolosa el Saint-Sébastien
(Huicj : 700 m., et Azpiroz : 507 m.). Au Nord de ces hautes chaînes,
une fois franchies la petite plaine de Saint-Jean-Pied-de-Port et la
riante vallée de Bazlan, on se heurte à un avant-pays montagneux
et boisé, haut de 000 à 1000 m., traversé par la Nive, la Bidassoa,
l'Urumea. C'est seulement à la sortie de ces montagnes qu'on découvre
enfin les lignes calmes d'un bas-pays mamelonné, d'une altitude géné
ralement inférieure à 200 m., et, bientôt après, c'est la nappe bleue de
l'Océan1.
1. Signalons, parmi les cartes à consulter, outre les feuilles de la carte d'État-
major à 1 : 80 000 et les géologiques correspondantes (feuilles de Bayonne,
Orthez, Saint-Jean-Pied-de-Port et Mauléon), la carte touriste de France à
1 : 400000 (Touring Club de France), feuilles de liayonne ; la carte géologique des
Pyrénées au Sud de Biarritz, àl : 200 000, par Stuart-Menteath [Bulletin de Biar
ritz-Association, juin 1912); enfin la Mapa geologico del Pais Vascongado à
1 : 400 000, de R. Adax dk Yauza {Bole tin de ta Co mm. del Mapa geol. de Espana,
ser. 2% VIII, 1905).
Nous avons consulté, outre les cartes ci-dessus indiquées, une série de docu
ments ayant pour auteurs des adversaires ou des partisans des charriages. Parmi
les premiers citons : Garez (L.), Carte tectonique des Pyrénées françaises, dans
son Résumé de la Géologie des Pyrénées françaises (Mémoires de la S. G. F.,
4e série, II, n° 7, Paris, 1912, 129 p., 1 pi., 6 cartes); — Fourniek (E.), Diverses
études sur les Pyrénées occidentales, dans B. S. G. F. (•'*" série, V, 1905, p. 699-
723; Vil, 1907, p. 138; VIII, 1908. 41 p., XIII, 1913, p. 183-211);— Stimrt-Menteath,
Sur les bassins intérieurs des Pyrénées (C. H. Ac. Se, 1917, p. 360); La Géologie,
appliquée aux Pyrénées (Bol. Soc. Iberica de Ciencias Naturales, mars, avril, 246 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
1. — Le Sol
Au point de vue géologique, et tectonique, cet ensemble diffère des
parties orientales et occidentales du versant septentrional des Pyré
nées basques. La première comprend successivement du Sud au Nord,
suivant une orientation légèrement SE-NW, une zone de Crétacé supé
rieur, dans laquelle oui élé sculptés les hauls sommets (Anie : 2504 m. ;
Orliy : 2017 m.), une zone de terrains primaires el secondaires idu
Trias au Crétacé inférieur inclus), qui a donné naissance à des bail
leurs de plus de 1000 m. i massif de Mendibelza, plateau des Arbaillesi,
une zone de Crétacé supérieur, dans laquelle ont été taillées les petites
montagnes des pays de Soule, d'Ostabaret et de Mixe, enfin, à partir
du gave d'Oloron, une zone de Crétacé supérieur à couverture plus
ou moins continue de dépôts tertiaires, — région des coteaux de
Sauve terre, Salies et Peyreborade.
Dans la partie occidentale, par suite de rabaissement de l'a\e du
plissement pyrénéen, les Lerrains secondaires et terl.ia.ires aïnVurenl
seuls, en plis parallèles orientés du SE au NW : Celle structure 1res
simple a entraîné la mise en relief de deux zones montagneuses parall
èles, l'une de hautes chaînes au Sud, l'autre de moyennes montagnes
au Nord, encadrant une dépression longitudinale que jalonneiii les
villes de Tolosa, Vergara, Durango, Bilbao.
Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Tolosa la structure du versant
septentrional est beaucoup plus complexe : ici nous avons affaire,
suivant l'heureuse expression de MM'S de Marge rie et Schrader.à une
zone de « brouillage » des plis pyrénéens1.
1. Les massifs cristallins et pr'nnaires. — La cause en est dans la
présence du massif primaire de, Val Carlos et des deux massifs cris-
tallo-primaires de Labourd-Cize et de Navarre-Guipuzcoa. Le premier
octobre 1923 el niai 1924) ; — Fourxier et Stuaht-Mentlath, Sur la géologie de
la Mine de San-Narciso [massif de la fia y a) et la tectonique des Pyrénéen basques
•B.S. G. F., 4esorie, XXIII, 1923, p. 102-1 OS).
Parmi 1rs seconds, mentionnons : Bfkth.vnd (L.). Sur la structure géologique
des l'yrc'nées occidentales el leurs relations avec les Pyrénées orientales et cen
trales ; essai d'une carte structurale des Pyrénées B. S. G. F.. 4e série, XI, 1911,
p. 122-1ÎI3, 6 fig., et coupes;; — Tekmier (P.), .Smí- la tectonique du pays,
basque français ;C. />. Ac. Se, СЫН, 1911. p. 919-920) ; — Lamake iP.), Sur quelques
particularités de la structure du pays basque espagnol et sur le caractère tect
onique de la région {B. S. G. F., 4° série, XXIII, 1923, p. 185-192. 1 cartel;— Vikn-
not (P.), Le contact anormal du ftysch Nord-pyrénéen au N. de Saint-Jean-Pied-
de Port iC.R. Ac. Se, CLXXIV, 1У22, p. 45); La nappe du Labourd [lbid .,<UXXVI,
192,4, p. 1234N ; Sur la structure du pays basque occidental français [Ibid., GLXXVIII,
1924, p. 107); Revision des feuilles de Tarbes, Maidéon, Urdos, Bayonne et Saint -
Jean-Pied-de-Port {B. Services Curlegéol. de la F., n" 146, XXVI, 1921-1922, el n° I % 1
XXVII, 1922-1923).
i. De Maugerie et Schiiader, Aperçu de la structure géologique des Pyrénées
(Annuaire du Club Alpin Français, 1891, p. 618). LE RELIEF DES PYR ES nASSuVS 247
étend de abbaye Boaeevau-x au Sud de Bidarray de forme
iriASflsdaarv est séparé des deux autres par une dépression sinueuse
comblée de dépôts secondaires ei jalonnée par les localités de Saint-
Jean-Pied-de-Port Saint- tienne-de-Baïgorry Bidarray Elizondo
De forme amygdaloïde le massif de Navarre-f uipuzcoa est soudé
celui de Labourd-Cize aux contours irréguliers dépression Ossos)
par isthme primaire de Maya au Nord duquel le pédoncule primaire
Espelette-Nivelle isole presque complètement du bas-pays la dépres
sion de Sare-Ainhoa-Zugarramurdi
Jes trois massifs sont constitués surtout de terrains primaires
schistes siluriens noirs et satinés passant souvent des quartzites
calcaires dévoniens noirs ou gris parfois marmoréens schistes car
bonifères injectés de filons de quartz poudingues permiens rougeâ-
tres En outre les massifs de Labourd-Cize et de Navarre-Guipuzcoa
comprennent chacun un important noyau de roches cristallines gneiss
et pegmatite dans le Nord du premier Ursouia) granité dans le
Nord du second Haya)
Les auréoles secondaires et tertiaires Autour de ces trois
massifs sous forme auréoles épousant leurs contours affleurent les
sédiments secondaires et tertiaires est abord une auréole triasique
assez régulière surtout constituée par les grès rouges et micacés du
Trias inférieur aux couches particulièrement puissantes entre Elizondo
et Bidarray région où ils atteignent une épaisseur de 50
Aux grès infratriasiques se superposent les calcaires marneux et les
argiles gypsifères du Trias moyen et supérieur dépressions de Saint-
Jean-Pied-de-Port Saint- tienne-de-Baïgorry et Sare)
La seconde auréole est formée par les calcaires et les marnes du
Jurassique et de Infracréfcacé elle est large et régulière que Oyar-
zun Erreozu par Leiza et Elizondo
La troisième auréole formée de Crétacé supérieur est très large au
Nord elle amincit et se disloque Ouest et au Sud du massif de
Navarre-Guipuzcoa mais au Sud des ports Azpiroz de Velate et
Ibaneta elle reparaît avec ampleur et se poursuit en direction du pic
Orhy On trouve la base les dépôts cénomaniens tantôt calcaires
schisteux et noirâtres tantôt calcaires marmoréens tantôt conglomérats
Viennent ensuite de très épaisses formations turoniennes calcaires
Rudistes dans la partie méridionale ailleurs marnes schisteuses entre
mêlées de bancs calcaires et fréquemment appelées flysch par les
géologues en certains points elles sont surmontées de calcaires séno-
niens et daniens
Au delà des zones crétacées du Nord et du Sud apparaissent finale
ment les sédiments tertiaires composés surtout de calcaires faciès
nummulitique Affleurant déjà en quelques points sur la rive gauche
de Adour ils forment presque eux seuls le sous-sol du pays de la 248 ANNALES DE OGRAPHIE
rive droite du ueuve mais ils sont le plus souvent recouverts de
dépôts miocènes et pliocenes bientôt même ils disparaissent complè
tement sous le sable des Landes Au NW auréole tertiaire subsiste
état de fragments très réduits abord Biarritz) plus importants le
long de la côte du Guip zcoa
Secondaires ou tertiaires tous ces sédiments ont été plissés lors de
la formation de la chaîne pyrénéenne mais dans des proportions bien
différentes suivant on considère le versant septentrional ou le ver
sant méridional Sur celui-ci ils ont été assez peu au Sud de Ronce-
vaux commence une aire synclinale ridée de quelques brachyanticlinaux
Sur le versant septentrional au contraire ils ont été très violemment
suivant des directions qui reflètent les contours des massifs cristallo-
primaires et abondance des épanchements ophite témoigne de im
portance des phénomènes orogéniques qui les ont affectés
nterprétalion Quelle estv origine exacte de cet ensemble
tectonique Ce problème après avoir provoqué de longues et âpres
discussions est maintenant en voie de solution grâce des travaux
récents1 En adoptant ceux-ci comme base on est amené penser que
les massifs cristaUo-primaires loin être des horsts en place contre
lesquels les plis pyrénéens seraient venus écraser sont en réalité des
nappes de charriage flottant sur les sédiments crétacés les dépressions
dont il été question plus haut devant être envisagées non comme
des synclinaux mais comme des fenêtres la région qui nous occupe
présente donc les mêmes caractères tectoniques que tout le reste de la
chaîne
En résumé lors de émersion de nitive des Pyrénées les massifs
cristallo-primaires déformés parles charriages les fractures intérieures
ou périphériques étaient encapuchonnés sous un épais manteau de
sédiments secondaires et est aux dépens de ceux-ci que exer
tout abord activité des eaux courantes Le moment est donc venu
de se demander quelles formes elles ont modelées dans cette surface
originelle quelles ont été les étapes de ce travail de sculpture
II FAMILLES ET RATIONS DE FORMES
Les familles de formes Si on va successivement de Burguete
Urt sur Adour de la Sierra de Aralar embouchure de la Bidassoa
Irissarry Est Ossès Hendaye on observe des altitudes très
diverses trois familles-types de formes2 les surfaces érosion les
surfaces structurales les terrasses alluviales fig l)
Surfaces érosion Les premières se rencontrent dans tous
Voir particulièrement les travaux de VIEKNOT et LAMARE cités plus haut
246)
Voir les coupes fig et la carte fig Coupe B- De la Sierra de Aralar au Mont Jaizquibel
-A
.B
-c
Coupe -issarry la Pointe de Anne
Fro COUPES SCH MATIQUES MONTRANT LtS RAPPORTS DES SURFACES STRUCTURALES et ET DES SURFACES ROSION et et
ocène-Oligocène et Miocène-Pliocène Quaternaire
Signification des figurés géologiques Primaire Trias inférieur Trias supérieur et moyen Jurassique le figuré omis
dans le caisson est onstitué par des traits discontinus Turonien et Cénomanien Sénonien Ophites Gneiss 2f5ö ANNALES DE OGRAPHIE
les terrains depuis plus de moins de 100 usure
avancée elles sont très morcelées Au-desses <ie äà- se trouvent les
plus élevées entre elles établies dans les roches primaires et cristal
lines coupant obliquement les plis hercyniens elles diminuent éten
due et altitude du Sud au Nord
Dans le massif de Val Carlos les plus hautes sont situées au SE de
la plaine de Burguele on aper oit leur profil imposant Pour les
dominer du regard il suffît de suivre antique sentier de montagne
qui contournant Altabiscar 1498m.) aboutit en France ancienne
route artillerie qui mène la capitale du Pays de Cize par Château-
Pignon et le pic Orisson Du port Ibaneta la frontière fran aise
étend une sorte de bastion que les Basques appellent fort justement
le dos du Pays de Cize une altitude généralement supérieure
1200 m. il culmine au mont Orzanzurieta 1570 m. Partout les
couches fortement plissées sont nettement tranchées par les surfaces
érosion Coupe A)
Dans le massif de Navarre-Guipuzcoa Coupe B) les surfaces éro
sion les plus élevées se rencontrent dans les parties de la zone méri
dionale constituées par les schistes siluriens et les calcaires dévoniens
Mendoegui 1050 urepel 1062m. Vers le Nord altitude abaisse
mais dans la zone granitique des restes de hautes surfaces ont subsisté
Haya 816 m.)
Le massif de Labourd-Cize Coupe présente beaucoup moins de
niveaux érosion élevés que les deux autres Le principal est celui du
massif de Baïgoura dont la surface se maintient du Nord au Sud aux
altitudes de 865 m. 897 m. 823 m. tranchant successivement les couches
siluriennes et dévoniennes qui plongent vers le Sud et le Sud-Ouest
Au Nord du Baïgoura un dernier reste de haute surface apparaît est
la montagne gneissique Ursouïa 678 m.)
Au-dessous de ces hautes surfaces en existent autres comprises
entre 400 et 150 Ce niveau est représenté sur la périphérie de la
dépression de Saint-Jean-Pied-de-Port par des surfaces recouvertes de
cailloutis pliocenes et coupant indifféremment les marnes du Trias supé
rieur les calcaires marneux du Jurassique et du Crétacé cotes 251 m.
348 m. etc. Pareillement au pied du versant Sud-oriental du massif
de Baïgoura versant étonnamment raviné on remarque sculptés
dans les mêmes calcaires dévoniens que les sommets une série de
mamelons de 400 300 de haut restes une surface de forma
tion postérieure celle du massif de Baïgoura mais déjà fortement
morcelés par des ruisseaux qui travaillent en fonction un niveau de
base bien inférieur celui de la rivière Ossès situé environ 100
En basque Garaz-Vizcay Garaci pays de Cize Remarque empruntée
COLAS La voie romaine de Bordeaux Astorga Revue des études anciennes 1912
ä) LE RELIEF DES PYR ES BASQUES 251
Coupe Plus au Nord la base de la montagne Ursouïa repose sur
une surface érosion de 200 300 établie elle aussi dans le gneiss
et sillonnée de vallées extrêmement mûres
Dans la zone des terrains secondaires on voit la surface érosion
400-150 m. tranchant partout les plis se poursuivre avec régularité
en direction de la Bidouze partir Irissarry) de Adour partie des
Landes de Hasparren) de Océan entre Espelette et Ascain) mais
partout profondément disséquée par des vallées raminées et réduite
état de croupes allongées En Guip zcoa les couches de calcaire num-
mulitique fortement plissées et plongeant vers la mer sont également
coupées par des surfaces érosion comme on peut le constater en
montant au mont Ulia 200 m.) Est de Saint-Sébastien
Au-dessous de ces surfaces altitude moyenne on en trouve autres
encore comprises entre 100 et 15 m. reconnaissables des plaques
alluvions anciennes que la carte géologique 80000 porte par
erreur comme sable des Landes Elles se prolongent Océan et
leur front battu par les vagues laisse apparaître le plongement rapide
des couches crétacées complètement arasées
Les surfaces structurales Les surfaces structurales mieux
localisées que les surfaces érosion se répartissent en trois groupes
Un certain nombre entre elles se rencontre sur le pourtour des
massifs cristallo-primaires constituées par des couches de terrains
secondaires reposant sur la bordure de ces massifs et plongeant plus ou
moins rapidement vers les dépressions périphériques elles se terminent
vers intérieur des massifs par un abrupt tandis que vers extérieur
elles abaissent avec régularité Sur le nane oriental du massif de Val
Carlos elles sont formées de calcaire cénomanien Orculu 1404 m.)
mais presque partout ailleurs elles sont constituées de grès infratria-
siques telle est la Rhune2 haute de 900 Coupe C. De même
Arsamendi 923 m. est une partie du fond du synclinal de Bidarray-
Errazu et ses couches degrés infratriasiques se raccordent parfaitement
celles du pic de Hadaïrca 567 m. qui forme sur la rive droite de la
Nive un témoin de la lèvre orientale du même synclinal Coupe
Plus au Sud les mêmes grès constituent une vraie muraille qui domine
la bordure Nord-occidentale du massif de Val Carlos pic de Hausa
1304 m. Les monts Jarra et Arradoy qui flanquent le rebord méri
dional du massif de Labourd-Cize les monts Alcorrunz Mendaur
Adarra Urdaburu qui bordent le massif de Navarre-Gruipuzcoa sont
Cf PASSEMARD Les terrasses alluviales de la Nive ei leurs rapports avec abri
moustérien Olha Ac Sc. CLXXII 1921
Larrun est le vrai nom de cette montagne basque la Rhune est une
orthographe incorrecte qui provient de ce que la première syllabe du nom basque
fut originairement interprétée comme un article Néanmoins elle est devenue un
usage tellement courant même dans le pays que nous nous sommes rallié 252 ANNALES DE OGRAPHIE
également des fragments de surfaces structurales taillées dans les grès
infratriasiques
Primitivement toutes ces surfaces devaient se prolonger bien avant
intérieur des massifs comme le prouve la présence un certain
nombre de témoins de grès infratriasiques tels que le Hizo 833 m. dans
le massif de Navarre le Lohiluz 1211 m. et le Ahaddi 1455 m.
celui de Val Carlos
Une seconde série de surfaces structurales se rencontre dans la
partie des hautes chaînes située Ouest du port de Velate et constituée
exclusivement par des terrains secondaires fortement plissés Or quand
on examine la structure des différentes sierras qui allongent Est en
Ouest en cette partie de la chaîne on constate elles sont générale
ment formées de fonds de synclinaux mis en saillie par inversion de
relief Coupe Ainsi se succèdent du Nord au Sud trois synclinaux
crétacés jalonnés respectivement par le mont Huici 960 m.) le mont
Aritz 1065 m. et le mont Irumugarieta 1427 Sierra de Aralar)
En au pied du versant méridional des hautes chaînes Est
comme Ouest du port de Velate étendent une série de surfaces
uniformes comprises entre 900 et 600 m. et dont la présence est pas
un sujet de mince étonnement pour le voyageur qui vient du versant
septentrional signalons celle qui étend de Lecumberri Latasa au
Sud-Est du port Aspiroz et celle de Burguete on découvre avec
surprise au débouché du port dTbaneta Ce sont des plates-formes struc
turales dues existence de aire synclinale du Sud de Roncevaux
Les terrasses alluviales Les terrasses se rencontrent dans
toutes les parties inférieures des vallées mais surtout dans les dépres
sions et le bas-pays qui abaisse vers Adour et Océan des recher
ches récentes ont permis de constater elles se répartissent dans le
bassin inférieur de la Nive en quatre niveaux situés respectivement
90 m. 50 m- 25 m. et 15 m. correspondant ceux qui ont déjà été
observés en autres régions par MM Chaput Depéret Gignoux le
Général de Lamothe et le Colonel Romieux
Les générations de formes Si on confronte ces différents
types de formes avec la structure et le passé géologique du pays on est
amené les répartir en trois générations correspondant chacune un
stade du modelé fig 2)
Formes du stade éocène-oligocêne il est légitime de penser
que les massifs crisi allo-primaires ont été transformés en pénéplaines
pendant la fin du Primaire et le Secondaire il est toutefois impossible
identifier des témoins authentiques de ces pénéplaines prétertiaires
déjà profondément déformées par le plissement pyrénéen lui-même elles
Cf PASSEMAHD Note citée