Biographie universelle ancienne et moderne/FURETIÈRE (Antoine)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843Tome 15 page 297 à 298FURETIÈRE (Antoine)FURETIÈRE (Antoine), né à Paris en 1620, se livra d’abord à l’étude du droit civil et du droit canon, se fit recevoir avocat, et exerça lacharge de procureur fiscal de l’abbaye de St-Germain des Prés. Il abandonna cette profession pour l’état ecclésiastique, et obtintl’abbaye de Chalivoy. Reçu membre de l’Académie française en 1662, dans le temps que cette compagnie s’occupait de larédaction de son Dictionnaire, il entreprit d’en faire un pour son compte. L’Académie l’accusa d’avoir profité du travail de sesconfrères, et d’avoir surpris un privilège sur un faux exposé : elle opposa le privilège exclusif qu’elle avait elle-même, fit supprimercelui de Furetière, et, en 1685, vingt-trois ans après sa réception, le bannit de son sein, où elle ne le remplaça point de son vivant. Ilplaida contre elle, fit des factums et des libelles en vers et en prose, où plusieurs de ses membres étaient personnellementmaltraités. Ces divers écrits, réunis en 1694, 2 vol. in-12, eurent beaucoup de vogue dans le temps, et sont aujourd’hui dans l’oubli.Furetière ne vit point la fin de son procès et il n’eut point la satisfaction de voir paraître son Dictionnaire, qui ne fut publié en Hollandeque deux ans après sa mort, arrivée le 14 mai dans sa 68e année. Cet ouvrage, singulièrement augmenté depuis par Basnage etquelques autres savants, jouit encore de quelque estime. La dernière ...

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 Tome 15 page 297 à 298
FURETIÈRE (Antoine)
FURETIÈRE (Antoine), né à Paris en 1620, se livra d’abord à l’étude du droit civil et du droit canon, se fit recevoir avocat, et exerça la charge de procureur fiscal de l’abbaye de St-Germain des Prés. Il abandonna cette profession pour l’état ecclésiastique, et obtint l’abbaye de Chalivoy. Reçu membre de l’Académie française en 1662, dans le temps que cette compagnie s’occupait de la rédaction de sonDictionnaire, il entreprit d’en faire un pour son compte. L’Académie l’accusa d’avoir profité du travail de ses confrères, et d’avoir surpris un privilège sur un faux exposé : elle opposa le privilège exclusif qu’elle avait elle-même, fit supprimer celui de Furetière, et, en 1685, vingt-trois ans après sa réception, le bannit de son sein, où elle ne le remplaça point de son vivant. Il plaida contre elle, fit desfactumsdes libelles en vers et en prose, où plusieurs de ses membres étaient personnellement et maltraités. Ces divers écrits, réunis en 1694, 2 vol. in-12, eurent beaucoup de vogue dans le temps, et sont aujourd’hui dans l’oubli. Furetière ne vit point la fin de son procès et il n’eut point la satisfaction de voir paraître sonDictionnaire, qui ne fut publié en Hollande que deux ans après sa mort, arrivée le 14 mai dans sa 68e année. Cet ouvrage, singulièrement augmenté depuis par Basnage et quelques autres savants, jouit encore de quelque estime. La dernière édition est en 4 volumes in-fol., Amsterdam, Les autres ouvrages de Furetière sont : e 1 LeRoman bourgeoisParis, 1666, in-8°, fig. ; Amsterdam, 1704,. in-12 ; Nancy, 1715 ; in-12 ; les mœurs de la classe inférieure, de son temps y sont peintes avec une vérité assez plaisante mais il y a beaucoup d’allusions et de traits satiriques qui ne sont plus compris aujourd’hui. ; e 2 unRecueil de Poésies, Paris, 1666, in-8° ; l’on y distingue cinq satires contre les marchands, les procureurs, les poètes, etc., lesquelles sont très médiocrement versifiées ; e 3 desFables morales et nouvelles, dont les sujets sont tous de son invention, mais dont le style est sans grâce et sans force ; e 4 uneNouvelle allégorique, ou Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d’Eloquence, Amsterdam, 1702, in-12 ; plaisanterie qui a perdu presque tout son sel ; e 5 leVoyage de Mercure, satire en cinq livres, et en vers, qui est une censure des diverses conditions, et particulièrement du charlatanisme des gens de lettres et des savants, Paris, 1675, in-12 ; e [1] 6 leFuretiriana; l’un des plus mauvais recueils de ce genre, et tout à fait indigne de paraître sous le nom d’un, 1696, in-12 (1) homme d’esprit. Furetière en avait beaucoup ; mais sa malignité lui en a fait faire un fâcheux usage, il était très lie avec Boileau, Racine et la Fontaine. Un jour que le premier lui lisait une de ses satires : Voilà qui est bon, disait-il avec un rire amer et moqueur ; mais cela fera du bruit. Boileau fut frappé de ces paroles, et surtout de l’air qui les accompagnait. La Fontaine s’étant trompé sur la différence du bois de grume au bois de marmenteau, il l’en railla si impitoyablement, que le fabuliste, perdant patience, fit contre lui une épigramme où, parlant de coups de bâton que Furetière avait reçus pour ses malins propos, il lui disait : Le bâton, dis-le-nous, étoit-ce bois de grume, Ou bien du bois de marmenteau !
Furetière répliqua par une autre épigramme dont voici la fin :
Il est des bois de plus d’une manière ; Je n’ai jamais senti celui que vous citez : Notre ressemblance est entière, Car vous ne sentez point celui que vous portez.
La parodie de Chapelain décoiffé, imprimée dans les œuvres de Boileau, est presque entièrement de lui, et il eut quelque part à la comédie des Plaideurs. A-G-R.
1. ↑(1) Il y a des exemplaires dont le titre est F***ana. L’éditeur fut Guy-Marais. Le Furetiriana a été réimprimé dans le premier volume de la collection intitulée Ana, 1789 et années suivantes, vol ; in-8°. On a réimprimé à la suite les Couches de L’Académie.