SAINT BRISSON ET SES CELEBRITES

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SAINT-BRISSON ET SES CELEBRITES ColonelCHEVREAU AliceCOCEA Gérard DAMION Levillage de de Saint-Brisson (Loiret) peut s'enorgueillir de la présence dans son cimetière des tombes de deux célébrités au parcours totalement différent : celle de René CHEVREAU, enfant du pays, pilote et as de l'aviation, et celle d'Alice COCEA, d'origine roumaine, comédienne, idole de l'entre-deux guerres. Or, ces deux personnages sont inhumés dans le même caveau (celui de la famille CHEVREAU). Une question se pose : pourquoi Alice COCEA a-t-elle été inhumée dans le caveau des CHEVREAU avec lesquels il n'existe aucun lien de parenté ? En fait c'est sa grande amie France VIDAL-CHEVREAU, fille adoptive du colonel, qui a voulu qu'elle soit enterrée dans le caveau familial, à Saint-Brisson, village qu'elle lui avait connaître et aimer. L'histoiredu colonel CHEVREAU et d'Alice COCEA mérite d'être connue : Lecolonel René CHEVREAU (1879-1959) fut un pilote aviateur, pionnier de l'aviation naissante, et inventeur. En 1898 il est admis à l'Ecole Polytechnique et obtient son brevet d'ingénieur. Passionné par l'aviation débutante, le 1er juillet 1910 il passe son brevet de pilote civil (n° 132) et militaire (n° 25). La même année il est volontaire pour participer à la formation de l'aviation militaire. Toujours en 1910 il réalise un record de vitesse avec 54 Kms/h.

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Ajouté le 02 août 2018
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Langue Français
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SAINT-BRISSON ET SES CELEBRITES
 Colonel CHEVREAU Alice COCEA
Gérard DAMION
 Le village de de Saint-Brisson (Loiret) peut s'enorgueillir de la présence dans son cimetière des tombes de deux célébrités au parcours totalement différent : celle de René CHEVREAU, enfant du pays, pilote et as de l'aviation, et celle d'Alice COCEA, d'origine roumaine, comédienne, idole de l'entre-deux guerres. Or, ces deux personnages sont inhumés dans le même caveau (celui de la famille CHEVREAU). Une question se pose : pourquoi Alice COCEA a-t-elle été inhumée dans le caveau des CHEVREAU avec lesquels il n'existe aucun lien de parenté ? En fait c'est sa grande amie France VIDAL-CHEVREAU, fille adoptive du colonel, qui a voulu qu'elle soit enterrée dans le caveau familial, à Saint-Brisson, village qu'elle lui avait connaître et aimer.
 L'histoire du colonel CHEVREAU et d'Alice COCEA mérite d'être connue :
 Le colonel René CHEVREAU (1879-1959) fut un pilote aviateur, pionnier de l'aviation naissante, et inventeur. En 1898 il est admis à l'Ecole Polytechnique et obtient son brevet d'ingénieur. Passionné par l'aviation débutante, le 1er juillet 1910 il passe son brevet de pilote civil (n° 132) et militaire (n° 25). La même année il est volontaire pour participer à la formation de l'aviation militaire. Toujours en 1910 il réalise un record de vitesse avec 54 Kms/h. A la même époque, il fréquente régulièrement le terrain de l'aéro-club d'Orléans où il participe à des démonstrations sur son monoplan.
 Le 11 mai 1911, il fait à ses concitoyens de Saint-Brisson l'aimable geste d'atterrir chez eux, dans un champ entre la Quillonnière et le chemin des Chaussons. Une réception en son honneur est même organisée. Ainsi, ce jour là, pour la première fois, un avion se posait sur le sol de Saint-Brisson. Après un atterrissage un peu vif, une aile fut abîmée et c'est le menuisier du village qui se chargea de la réparation. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui la sensation et l'enthousiasme suscités alors par cet événement.
 Parmi les records de René CHEVREAU, il faut citer le raid Paris-Nice, du 28 mai au 8 juin, dont il sort vainqueur . Cet exploit lui vaut la 1ère Coupe Deutsch de la Meurthe et la Médaille d'Or de l'Aéroclub de France. Du 30 juin au 3 juillet il exécute le circuit Vincennes-Roubaix-Calais, et le 22 juillet il bat le record d'altitude à 1000 mètres au-dessus de Vincennes. Il participe également à la course Paris-Rome-Turin à bord d'un « Blériot ». René CHEVREAU, alors lieutenant, arrive le premier des militaires (sur 10 engagés).
 Pendant le guerre 1914-1918, il se fait remarquer en participant courageusement à plusieurs raids, et en accomplissant des missions de reconnaissance fort utiles pour l'Armée Française. Il devient commandant d'escadrille mixte dans la 10 ème Armée, puis chef d'escadron. Après avoir obtenu le grade de colonel, il est fait Officier de la Légion d'Honneur le 27 juillet 1923. Il est également titulaire des plus hautes dignités étrangères : mérite militaire espagnol remis par le roi Alphonse XIII lui-même, croix de guerre tchécoslovaque, médaille d'or de la ville de Paris...
 A la retraite, ne pouvant rester inactif, il se lance dans la mécanique rationnelle et effectue des recherches dans le domaine de l'aérodynamique. A la suite de quoi, il met au point le pylône hyperbolique, une éolienne de type inédit.
 En 1924 il est membre titulaire de l'Association Amicale des Pilotes d'Avant-Guerre (« Les Vieilles Tiges »).
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 Après une vie bien remplie, le Colonel CHEVREAU décède le 4 mai 1959 dans sa maison de Saint-Brisson, au n° 5 de la rue qui porte son nom.
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 Cette plaque en carreaux de faïence de Gien a été inaugurée le 11 novembre 1961.
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 Le 11 novembre 1961 un hommage solennel a été rendu au colonel René CHEVREAU. Après la cérémonie traditionnelle au monument aux Morts, un cortège impressionnant s'est formé pour se rendre dans la rue à laquelle la municipalité vient de donner le nom de « Rue du Colonel CHEVREAU », et s'est arrêté au n° 5, devant la maison où a habité et où est décédé le célèbre aviateur. La plaque qui devait être inaugurée était recouverte d'un drapeau tricolore. Monsieur le Marquis de RANST, placé sous cette plaque, portait le coussin avec les nombreuses décorations du héros.
 Monsieur l'Inspecteur Général FAUCHON qui préside la cérémonie prend alors la parole et explique comment le souvenir d'une longue amitié avec le colonel CHEVREAU lui fit un devoir d'accepter ce redoutable privilège, sur la demande de sa fille adoptive, Mlle France VIDAL-CHEVREAU dont l'ardente et touchante fidélité à la mémoire d'un père vénéré forcent l'admiration et le respect.
 L'Inspecteur Général retrace ensuite la brillante carrière de René CHEVREAU, depuis son entrée à Polytechnique jusqu'à ses exploits aéronautiques, en passant par sa rencontre avec le Président de la République, Monsieur FALLIERES qui félicita chaleureusement le jeune aviateur devenu de plus en plus célèbre.
 Après un remarquable discours, l'Inspecteur Général FAUCHON conclut en ses termes : « Toujours plus haut, toujours plus loin pour la France, oui, telle a été la devise du Colonel CHEVREAU à laquelle il n'a jamais failli : Honneur, amour de la Patrie, droiture, probité et désintéressement, une intégrité qui ne s'accommodait d'aucune compromission, dut-il renoncer à ses plus légitimes ambitions ».
 Ainsi donc, le Colonel CHEVREAU, l'enfant du pays, a reçu en ce jour du 11 novembre 1961 l'hommage qu'il méritait bien.
 Je voudrais conclure par un article de Charles DUBRAY paru le 12 septembre 1959 dans la revue « Les Ailes » : « Le Colonel CHEVREAU avait la réputation d'être un travailleur acharné, réputation que les faits ont justifié. Son nom mérite de rester dans l'histoire de l'aviation militaire au nombre de ses incontestables pionniers. Il est mort 11 jours avant d'avoir franchi le cap...des 80 ans ».
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René CHEVREAU aux commandes de son avion
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René CHEVREAU : 2 ème à partir de la gauche
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Plaque sur la tombe du colonel CHEVREAU
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Tombe de France VIDAL-CHEVREAU l'amie d'Alice COCEA
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 Alice COCEA (1899-1970). Elle est née le 28 juillet 1899 à Sinaïa (Roumanie) dans une famille de la grande bourgeoisie roumaine (son père était un général qui fut même précepteur du roi).
 Très jeune, elle se passionne pour le théâtre et la littérature française. Après son admission au Conservatoire d'Art Dramatique de Bucarest, et après avoir suivi les cours de la célèbre tragédienne roumaine Aristizza ROMANESCU, elle obtient des petits rôles dans des pièces jouées au Théâtre National de Bucarest .
 Mais c'est en France, un pays qu'elle adore, qu'elle va véritablement devenir célèbre : c'est d'abord dans un film muet « Le Délai » qu'elle fait ses débuts. Puis, Sacha GUITRY qui l'avait remarquée lui donne un rôle dans « Le scandale de Deauville ».
 C'est en 1918, juste avant l'Armistice, qu'elle est contactée par WILLEMETZ et CHTISTINE pour jouer le personnage pétillant d'ASPASIE dans l'opérette PHI-PHI. Et là c'est le triomphe. Les parisiens découvrent une adorable jeune fille de tout juste 19 ans, aux airs d'ingénue, chantant à ravir les airs de PHI-PHI sans en comprendre la plupart du temps les sous-entendus grivois...
 Après l'immense succès de PHI-PHI, elle va être sollicitée pour d'autres opérettes dont celle de DEDE aux côtés de Maurice CHEVALIER avec qui l'entente est parfaite.
 Le 11 novembre 1925, Alice COCEA est naturalisée française. La même année elle fait un mariage de rêve en épousant le comte Stanislas de la ROCHEFOUCAULD et devient par ce fait comtesse. Mais il n'est pas question pour elle d'abandonner la scène.
 Après l'opérette, c'est le théâtre qui l'appelle. Elle va jouer dans « Rien que nous deux », « Je t'attendais », « La petite Catherine », « La route des Indes », « Les Amants terribles », « Les Parents terribles » etc...etc... avec pour partenaires des comédiens prestigieux comme Pierre BRASSEUR, Pierre FRESNAY, Pauline CARTON, Albert PREJEAN, Michel SIMON, Pierre LARQUEY, Jean-Louis BARRAULT, Jean MARAIS et bien d'autres tout aussi connus.
 Durant cette période des années 1920-1930, elle obtient un succès considérable, et fait la une des journaux et des magasines. Chanteuse, elle donne un récital au Théâtre des Arts et enregistre quelques 78 tours de ses plus grands succès. Toujours très élégante, elle s'habille à la dernière mode et elle est l'égérie des plus grands couturiers. Certains ont voulu voir en elle la Brigitte BARDOT de l'époque...
 Après son divorce et l'épisode douloureux du suicide de son ex-fiancé le lieutenant de vaisseau Victor POINT, héros de la Croisière Jaune CITROEN, il y a une période de flottement , mais très vite elle se ressaisit et elle se lance à nouveau dans le théâtre et le cinéma (elle va tourner dans une dizaine de films). Pendant l'Occupation elle va prendre la direction du Théâtre des Ambassadeurs laissé vacant par M. BERNSTEIN, juif parti s'exiler aux Etats-Unis. On lui en fera le reproche à la Libération, mais elle sera innocentée.
 Dans les années 1950 elle va triompher dans « O MA MAITRESSE », puis dans « GIGI » de son amie COLETTE, « Les AMANTS NOVICES », « LA REINE DE CESAREE » (Bérénice) etc...
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 Les années 1960 voient la fin de sa carrière. Au cinéma on la verra pour la dernière fois en 1963 dans « LA RONDE » de VADIM et au théâtre en 1964 dans « BONHEUR IMPAIR ET PASSE » de Françoise SAGAN, aux côtés de Daniel GELIN, Juliette GRECO, Michel de RE et Jean-Louis TRINTIGNANT.
 Dès lors, elle va pouvoir se consacrer à son autre passion : la peinture. Elle va présenter ses toiles dans plusieurs expositions à Paris, à Cannes etc... et obtenir quelques belles récompenses.
 C'est à cette période qu'elle va se rendre fréquemment à Saint-Brisson, à l'invitation de sa grande amie France VIDAL-CHEVREAU. Elle aimait venir à Saint-Brisson pour se reposer (elle était de santé fragile) en profitant du bon air de la campagne, et pour peindre quelques tableaux représentant le plus souvent des fleurs, et des paysages du bord de Loire.
 En 1970 elle tombe gravement malade. Elle est toujours veillée par sa fidèle amie France VIDAL-CHEVREAU (dont elle fera sa légataire), et le 2 juillet 1970 elle décède dans son appartement de Boulogne-Billancourt. Après des obsèques religieuses en l'église Sainte Cécile de Boulogne-Billancourt, son corps est transporté à Saint-Brisson où elle est inhumée dans le caveau de famille des CHEVREAU, près de sa sœur Florica.
 C'est donc le samedi 4 juillet 1970 qu'eurent lieu à Saint-Brisson les obsèques d'Alice COCEA. Une foule nombreuse attendait le convoi funèbre. Dans l'assistance, on notait la présence de :
M. Marcel PIGEON, 1er adjoint au maire de Gien M. GAILLARD maire de Saint-Brisson et les membres du Conseil municipal M. AGOGUE maire de Saint-Martin-sur-Ocre M. le colonel METIER Président honoraire de la Sté de la Légion d'Honneur M. Raymond RAGU Président des « Amis des Vieux de Gien » (alias Pierre ANCELEU) M. André BARBIER Président d'Honneur de la Sté Historique, Archéologique et Artistique Mlle COINTREAU Mme SALGUES-DEROUIN Mlle Brigitte de RANST fille du marquis de Saint-Brisson etc...
 A l'arrivée du convoi, Mlle France VIDAL-CHEVREAU, fille adoptive du colonel CHEVREAU conduisait le deuil. Elle était l'amie de tous les instants d'Alice COCEA, l'amie la plus dévouée, la compagne fidèle au cœur admirable qui resta au côté de la comédienne jusqu'à son dernier souffle. Près d'elle se tenaient :
Mme Ladmilla VLASTO, directrice du théâtre La Bruyère Mme Christiane WIEGANT, comédienne et amie d'Alice M. René LABATTE, artiste dramatique M. Pierre ANCELEU poète et chansonnier
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