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« Carte », « spécimen », « synthèse », « thèse » : à propos de quelques programmes d'examen pratique - article ; n°265 ; vol.73, pg 145-158

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Description

Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1985 - Volume 73 - Numéro 265 - Pages 145-158
« Chart », « Specimen », Synthesis », « Thesis », a propos some programs of practical examinations.
Following an introduction on the sense and use of the terms « chart », « specimen », « synthesis » and « thesis » for designation of the last examination preceding admission into the profession of pharmacy, the author treats 17th century theses (F. de Raffou, Montpellier, 1630 ; A. Martelly, Aix, 1684), specimens from the 18th century and syntheses from the 19th century.
« Carte », « specimen », « synthèse », « thèse » : anlässlich einiger Programme für das praktische Examen.
Nach einer Einführung über den Sinn und den Gebrauch der Termini « carte », « specimen », « synthèse » und « thèse » zur Bezeichnung des Abschluss-examens zur Zulassung zum pharmazeutischen Beruf, behandelt der Verfasser Thesen des 17. Jts (F. de Raffou, Montpellier, 1630 ; A. Martelly, Aix, 1684), Specimen des 18. Jts und Synthesen des 19. Jts.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1985
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Langue Français
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Jean Hossard
« Carte », « spécimen », « synthèse », « thèse » : à propos de
quelques programmes d'examen pratique
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 73e année, N. 265, 1985. pp. 145-158.
Abstract
« Chart », « Specimen », Synthesis », « Thesis », a propos some programs of practical examinations.
Following an introduction on the sense and use of the terms « chart », « specimen », « synthesis » and « thesis » for designation
of the last examination preceding admission into the profession of pharmacy, the author treats 17th century theses (F. de Raffou,
Montpellier, 1630 ; A. Martelly, Aix, 1684), specimens from the 18th century and syntheses from the 19th century.
Zusammenfassung
« Carte », « specimen », « synthèse », « thèse » : anlässlich einiger Programme für das praktische Examen.
Nach einer Einführung über den Sinn und den Gebrauch der Termini « carte », « specimen », « synthèse » und « thèse » zur
Bezeichnung des Abschluss-examens zur Zulassung zum pharmazeutischen Beruf, behandelt der Verfasser Thesen des 17. Jts
(F. de Raffou, Montpellier, 1630 ; A. Martelly, Aix, 1684), Specimen des 18. Jts und Synthesen des 19. Jts.
Citer ce document / Cite this document :
Hossard Jean. « Carte », « spécimen », « synthèse », « thèse » : à propos de quelques programmes d'examen pratique. In:
Revue d'histoire de la pharmacie, 73e année, N. 265, 1985. pp. 145-158.
doi : 10.3406/pharm.1985.2375
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1985_num_73_265_2375« Carte », « spécimen »,
« synthèse », « thèse » : à propos
de quelques programmes d'examen
pratique
EN présentant quelques documents je voudrais revenir sur le dernier
examen précédant l'admission au sein de la profession pharmaceutique,
l'ancien « chef-d'uvre », devenu, à partir de 1777, l'« acte pratique » et
désigné dans la loi de germinal sous le nom d'« examen ».
L'étude des règlements, des documents et des registres de réception mont
re que sous tous les régimes et sous des appellations diverses, cette épreuve
a entraîné la production d'un texte écrit servant de référence et de contrôle
a priori et a posteriori aux examinateurs.
Les termes pour désigner ces documents, qui ne sont autre chose que des
programmes d'examen, ont varié et, jusqu'au début de notre siècle, ont été
employés d'une façon anarchique et indifférenciée. En 1890 et 1894, les préfa
ces des catalogues des thèses de pharmacie soutenues à Paris et en province,
rédigées l'une par le Professeur Planchon, l'autre par l'auteur de ces catalo
gues, Paul Dorveaux, ont clarifié la terminologie et son évolution. Enfin, M.
le Doyen Dillemann a fait la lumière sur l'emploi du mot « thèse » dans son
article intitulé Des thèses pharmaceutiques sans doctorat à la multiplication
des doctorats en pharmacie.
Des quatre termes rencontrés : « carte », « spécimen », « thèse »,
« synthèse », seul ce dernier est d'essence pharmaceutique. En 1704, le dic
tionnaire dit de Trévoux, dans sa première édition, en donne en première
place (sur cinq) la définition suivante : « Synthèse : terme de pharmacie.
Composition des médicaments. » La même définition se retrouve, mais en
seconde place, dans Littré en 1862. Donc « synthèse » nous appartient bien
et le mot restera d'un usage courant dans la profession encore au début de
notre siècle avec la double acception d'exécution de formules médicamenteus
es et de programme des préparations à effectuer. En 1903, dans le Livre du
centenaire del' École de Pharmacie de Paris, un paragraphe détaillé est consacré
Communication présentée à la Société d'Histoire de la Pharmacie le 4 mars 1984.
REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE, XXXII, N° 265, JUIN 1985. 146 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
au « laboratoire des synthèses » : il succédait dans les locaux d'enseigne
ment à un petit laboratoire appelé « laboratoire des thèses », qui figure sur
le plan de 1868 de l'École de la rue de l'Arbalète et auquel Bussy faisait
allusion en 1842 à l'occasion de la remise des prix en incitant les étudiants à
y faire des recherches personnelles. Vers 1875, l'École de Montpellier comport
ait, elle aussi, un « laboratoire des synthèses » qu'un de nos membres a
décrit avec humour en publiant ses « souvenirs d'étudiant » dans notre
Revue.
Quant aux autres appellations « carte », « spécimen », « thèse » ,
il convient de leur garder leur sens étymologique : « carte » ou « charte »,
dérivé de charta : feuille de papier ; « spécimen », dans le sens usuel de
modèle ou d'échantillon, appelant donc un complément de nom ; enfin,
« thèse » signifiant étymologiquement l'action de poser et pouvant se tra
duire en langage scolaire par question à poser ou opinion sur un problème.
Le XVIIe siècle seul utilise le terme de « carte ». Au XVIIIe siècle « spéc
imen », « thèse », puis « synthèse » sont employés, tandis qu'au XIXe seuls
ces deux derniers cohabitent. Mais si « synthèse » n'a pas varié et signifie
toujours programme obligatoire de l'examen pratique, « thèse » désigne des
travaux signés et facultatifs de valeur très inégale. Seule la création en 1898
du titre de docteur d'Université, mention Pharmacie, mettra fin à la confu
sion : les candidats au doctorat seront dorénavant les seuls à utiliser le mot
« thèse », mais en contrepartie d'un an au moins de travaux personnels.
Cela dit, j'en viens à la présentation chronologique des documents.
XVIIe siècle
En 1631, dans le concordat passé entre la Faculté de médecine de Paris
et les gardes jurés et maîtres apothicaires parisiens, il est convenu : « Pour
ce qui est du chef-d'uvre, les gardes enverront la carte d'icelui aux sieurs
députés quinze jours avant la confection d'icelui, pour voir s'il y aura quelque
chose à corriger, augmenter ou diminuer ».
Les statuts de Paris de 1638 confirment ce point : selon l'article II, si le
candidat « est trouvé capable, lui sera baillé chef-d'uvre par les gardes, qui
sera de cinq compositions comme il est accoutumé, lequel chef-d'uvre il en
fera les préparations et mélanges en présence de tous les maîtres à chacun
desquels sera baillé une carte imprimée pour connaître si toutes choses y
seront bien observées ».
Aucun de ces programmes du XVIIe siècle ne nous est parvenu. Leur usage
à Rouen est cependant attesté par un incident rapporté dans le Bulletin de la
Société d'Histoire de la Normandie. « Le vendredi 14 décembre 1656, en la
grande audience du Parlement, y eut arrêt de règlement entre les médecins
et les apothicaires, après trois audiences de plaidoiries, par lequel il fut
ordonné « que dans les thèses et programmes que doivent soutenir les aspi- .|
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IN JEDIBUS PHARMACEUTIC! S.
1O1H0M
Spécimens de Richard Blondel
Rouen, 9 juillet 1762
53 x 42 cm PROGRAMMES D'EXAMEN PRATIQUE 148
" rants Celeberrimo à la maîtrise coetui d'apothicaire pharmacopoeorum on n'y pourrait ", ni autre employer semblable ce titre ». En d'honneur plaidant
la cause, les avocats rapportèrent en l'honneur des médecins les paroles
de l'Écriture Sainte (Ecclésiastique, chap. 38) : « Honora medicum propter
necessitatem, et enim illum creavit Altissimus » et, pour montrer aussi que
l'apothicaire était nécessaire, furent citées ces autres paroles tirées de la
même source : « Unguentarius faciet pigmenta suavitatis et unctiones confi-
ciet sanitatis et non consummabuntur opera ejus ».
Cet arrêt, digne du meilleur Molière, sous-entend dans son libellé la
soutenance de thèses par les aspirants. Le fait est confirmé, au moins dans
les villes universitaires du midi de la France, par deux documents.
Depuis les travaux de Louis Irissou, on sait combien, à Montpellier,
l'enseignement pratique associé à la vie universitaire était en avance sur le
reste du royaume. L'organisation de « lectures » faites par des universitaires
y est attestée depuis 1550 et, une fois par semaine, des thèses étaient mises « à
la dispute ». Imprimées en français, elles ne constituaient pas une épreuve de
fin d'études, mais, selon la tradition médiévale, un exercice oratoire sur un
sujet imposé débattu en public.
La thèse de François de Raffou, soutenue en 1630, entre dans cette catégor
ie. Elle débute par une dédicace « à mon Sieur et très honoré Père Maître
Pierre de Raffou, docteur en médecine de la très fameuse Université de
Montpellier » et continue par quatre pièces en vers de la pire espèce. Arrive
alors la question : « Savoir si le mercure est un vrai métal ? » En quatre
propositions, de Raffou répond par l'affirmative. Sont ensuite énoncés
assertions, quatre paradoxes et quatre problèmes sur lesquels le candidat
devait être argumenté oralement. La poésie de circonstance réapparaît en
force avec cette fois quatre pièces dédiées « à mon intime ami F. de Raffou,
lieutenant de l'abbé des étudiants en pharmacie ».
Du XVIIe siècle encore les Thèses données pour les points par les Maîtres
apothicaires jurés de la très célèbre Université de la ville d'Aix... auxquelles répon
dra, Dieu aidant, Amand Martelly pour son dernier examen de maîtrise le neu
vième jour du mois de juillet 1684. Disposées sur trois colonnes, une par juré,
les questions posées sont les suivantes.
Qu'est-ce que le tabac ? Quelles sont les raisons de sa faveur ? Laquelle
des trois façons de l'employer (en fumée, en prise ou en chique) est la meilleure
pour la santé ?
Qu'entendent les modernes par le mot fermentation ? De combien de
sortes en connaît-on ? Quels sont les médicaments qui sont les plus capables
de fermentation ?
Enfin, le troisième juré pose des questions sur les remèdes des iatrochi-
mistes, sur ceux de Paracelse en particulier. Le début de son discours « Tout
est plein en ce siècle d'imposteurs... » suffisait pour dicter à Martelly la
réponse capable de satisfaire les traditionalistes, Guy Patin et ses juges. '
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SPECIMINA
A PHARMACOPmiS CLARISSIxMISQUE c SEC o n SOS / C m II E Y P p ItJRMJCO M X /t P l C. k P AD II O i O - k P r EXAMINANDUM N DOCTORIBUS II P POtiS t A O o E R S MA r N n R I C D O a T E is V H A A. 0 T M p î A C n C A ass M MEDICIS, SS t NOMINATIS l d B L'S r,
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Spécimens de Nicolas-Guillaume-PTerre Bertout
Rouen, 30 floréal an X (20 mai 1802)
54 x 42,5 cm REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE 150
Toujours sous forme d'un grand placard imprimé, une autre thèse du
XVIIe siècle a été signalée : celle de Jacques Peltre, soutenue à Metz en 1677,
mais je n'en ai pas rencontré de reproduction.
XVIIIe siècle
XVIIIe siècle les documents qui survivent sont plus nombreux. Du
Le caractère réglementaire du programme persiste. A Rouen, d'après
Poussier, lors d'une réception, le candidat devait porter à chaque garde et
ancien garde, ainsi qu'aux deux médecins présents, son programme imprimé.
Il était tenu de le faire imprimer, comme, précise Poussier en 1902, nous le
faisons encore pour nos synthèses.
A Toulouse, l'article XXI des statuts de 1750 dispose : « Après que l'aspi
rant aura distribué au Professeur de pharmacie (de la Faculté) et aux maîtres
apothicaires une thèse imprimée contenant la nature des compositions... »
Ces programmes du XVIIIe siècle se présentent soit sous la forme de pla
quettes in-4° de format 20 x 25 cm environ, de dix à douze pages, soit sous
forme de grands placards de 60 x 70 ou 60 x 80 cm, manuscrits ou imprimés,
tirés à 200 exemplaires selon Dorveaux. Dans l'une ou l'autre de ces présenta
tions la maquette est la même.
Le titre, en latin bien entendu, peut se traduire ainsi : « Specimens de
l'une et l'autre pharmacie qui seront exposés devant le médecin du Roi (ou
sous la présidence du médecin du Roi) et les gardes et anciens gardes des
pharmaciens de... », chacun accompagné des qualificatifs et des superlatifs
adéquats. A Paris, après 1777, l'organisation du Collège se traduit par l'appa
rition dans le titre de la formule « Parisiensium Pharmacopoeorum Ordini » .
En fin de titre se trouvent la date et l'heure de l'examen, puis le nom du
« conducteur ». Le corps du texte est la reproduction littérale des formules
et du mode opératoire des préparations proposées avec indication de leur
origine. Le nombre des épreuves permet de distinguer le mode de réception
par la voie du chef-d'uvre et celui de fils de maître. Le document se termine
par la formule traditionnelle : « Ce que, Dieu aidant, ..., de la ville de...,
s'efforcera de parfaire, dans la maison des pharmaciens ».
A quelques variantes près, on retrouve ces mêmes formules jusqu'en
l'an XI, mais, bien entendu, l'appel à l'aide divine disparaît à la période
révolutionnaire .
Notre Revue a reproduit à plusieurs reprises quelques-uns de ces spec
imens, à commencer par ceux, illustrés, de Claude-Joseph Geoffroy et de
Chéradame.
La bibliothèque de la Faculté de Pharmacie de Paris possède, dispersés
dans un recueil factice, quatre specimens de 1719 et 1720 et parmi les archives
de l'École de Pharmacie, un dossier contenant sept synthèses imprimées in- <
f
.
.
SPECIMINA
A MERITISSIMIS CHYMICO-PHARMACEUTICA REI PHARMACEUTICS PRiEFECTIS
PROPOSITA
CORAM SAPÏENTISSIMIS VIRIS DOCTORIEUS MEDICIS,
NEC NON PERITISSIMÏS PHARMACOPCEIS ROTHOMAGENSIBUS
EIIOHENBÂ,
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Spécimens de René-Charles Josseaume
Rouen, 28 floréal an XI (18 mai 1803)
52,5 x 41,5 cm REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE 152
4° et quarante-huit specimens manuscrits in-folio couvrant la période de
1778 à 1788. Quelques candidatures se retrouvent dans l'une et l'autre série.
Beaucoup de noms de candidats nous sont bien connus par les travaux de nos
membres : en 1779, Derosne, Moringlane, Trusson ; en 1780, Simon Morelot ;
en 1781, Pia; en 1784, Bertrand Pelletier; en 1787, Bouillon-Delagrange,
Cozette, Nachet ; en 1788, Guiraudet. Il est intéressant de noter que pour
chaque candidature, l'une des présentations de son programme porte la ment
ion manuscrite « Didimus et vidimus » ou « Vidimus et probavimus »
« D.D. Saluberrimae Facultatis Parisiensis Decano et Pharmacopoerum Pro
fessoribus », suivie des signatures correspondantes.
A la bibliothèque de la Faculté de Montpellier existent aussi quelques
synthèses.
Enfin, j'ai le plaisir de vous présenter aujourd'hui une série de ces spéc
imens concernant Rouen. En voici la liste par ordre chronologique :
1762, Richard Blondel, de Pont-Audemer (reçu pour Pont-Audemer) ;
1781, Guillaume- Jacques Hue, de Pont-1'Évêque (reçu pour Rouen) ;
1783, Jean- Auguste Jaillot, de Gournay-en-Bray (reçu pour Gournay) ;
1785, J.-L. Pelvey, de Caen (reçu pour Bernay) ;
an X (1802), Nicolas-Guillaume-Pierre Bertout, de Rouen (reçu pour
Saint-Saens) ;
an XI (1802), Louis-François Dalmenesche, d'Almenesche ;
an XI René-Charles Josseaume, d'Avranche (reçu pour Gournay).
Seules remarques à faire : la mention, en floréal an X, pour la réception
de Bertout, de l'intervention des pharmaciens désignés pour les réceptions au
sein de la Société libre des de la Seine-Inférieure nouvellement
instituée et, dans le même document, la présidence éphémère du maire de la
commune, enfin l'évolution de la formule « Pro Laurea Magistrali », qui
devient « Pro Laurea Pharmaceutica ».
Pour en terminer avec la période d'avant la loi de germinal, ajoutons que
les statuts de Nancy de 1764, cités par Bouvet, imposent au candidat un
travail supplémentaire : « après avoir terminé examen et chef-d'uvre, il
doit demander au président du Collège de Médecine les sujets d'une disserta
tion écrite sur quatre sujets de pharmacie. Il la lira un mois plus tard, avant
de prononcer son serment ». Un document de cette nature a été reproduit in
extenso dans notre Revue. Le titre en est : Conclusions chimiques et pharmac
eutiques. Les questions ont été posées par M. Humbert, médecin stipendié
de la ville de Metz, à Daniel Beaudoin, aspirant à la maîtrise de pharmacie,
sous la conduite de M. Chevreuse, l'un des maîtres.
Les questions posées ont été les suivantes et ne manquent pas d'intérêt :
Quels sont les sels neutres vitrioliques que peuvent fournir les trois
règnes de la nature ? u ï JM I H L ij L b
PHARMACEUTICS ET CHYMICAE .
A PROFESSORIBUS
TUM FACULTATIS MEDICI,
TUM SCHOL1 PHARMACEUTIC!,
DESIGNATE ET PUBLICÊ EXPONENDyE.
f A RISIIS,
E Typw Couturier» Scholae Pharmaceutic* Typographic
via vulgô dicta Sancti Jacobi, N°. 5i.
II. »CCC XVII.
Synthèses de Pierre-Grégoire Mesaize
Paris, 9 décembre 1817
(24,5 x 19,5 cm)
Page de titre