«De la malignité d'un microbe» : l'antique et le bas-relief moderne, de Falconet à David d'Angers - article ; n°1 ; vol.105, pg 19-32

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Revue de l'Art - Année 1994 - Volume 105 - Numéro 1 - Pages 19-32
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1994
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Monsieur Guilhem Scherf
«De la malignité d'un microbe» : l'antique et le bas-relief
moderne, de Falconet à David d'Angers
In: Revue de l'Art, 1994, n°105. pp. 19-32.
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Scherf Guilhem. «De la malignité d'un microbe» : l'antique et le bas-relief moderne, de Falconet à David d'Angers. In: Revue de
l'Art, 1994, n°105. pp. 19-32.
doi : 10.3406/rvart.1994.348151
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rvart_0035-1326_1994_num_105_1_348151Guilhem Scherf
De la malignité un
microbe antique et le
bas-relief moderne de Falconet
David An sers
plus en plus les artistes modernes depuis la Re
naissance multiplier les plans afin de simuler rac pour Je Mesdames fait vais vous mourir analyser montrer Messieurs art la du quel pensée XVIIIe été siècle de le Wmckelmann microbe qui courcis et vues en perspective cherchant rivaliser
avec les effets illusionnistes de la peinture Ces
deux conceptions rivales du bas-relief se retrouvent
est par ces forres paroles que débute Ecole chez les théoriciens du milieu du XVII siècle au
du Louvre la sixième le on de la deuxième année premier quart du XIXe siècle avec des raisonne
1894-95 du cours de Louis Courajod Il précise ments qui peuvent subtilement varier ou se trans
plus loin est un cas pathologique très impor former au fil des décennies est pourquoi il
tant constater savoir la folie de Rome et ses semblé utile ici de laisser largement la parole aux
ravages scientifiquement constatés dans certains auteurs eux-mêmes afin que leurs arguments puis
cerveaux très cultivés et dans certaines âmes sim sent être appréciés en connaissance de cause
ples bonnes confiantes cet égard le choix un déroulement chro
nologique paraît imposer en partant des années La référence antiquité évoquée ici par Cou
1750-1765 où dialoguent les amateurs du relief rajod était un poncif dans les exposés académiques
de la fin du XVIIe et au XVIIIe siècles le microbe antique Mariette Winckelmann et les partisans
antique faisait ses ravages bien avant époque de du relief moderne Falconet Dandré-Bardon) jus
affermissement des principes néo-classiques Winckelmann accompagné de autre modèle
la fin des années 1780 er au début du XIXe siècle obligé du discours la belle nature La sculp
ture fut un terrain privilégié pour le critique qui Quatremère de Quincy Emeric-David Le Bre
ton et émergence de nouvelles conceptions en pouvait aisément juger les productions de son
1820-1830 Griffoul-Dorval David Angers) temps aune des anciens chefs uvre Un art
particulier le bas-relief historié attira attention La réaction des artistes ces prescriptions lit
des écrivains partir du troisième quart du téraires nous intéressera aussi Les sculpteurs leur
XVIIIe siècle Ils réactivèrent son propos une que ont-ils obéi ou bien certains entre eux ont-ils
relle des Anciens et des Modernes que nous re respecté autres règles
trouvons dans des termes souvent comparables enjeu est pas mince il agit de dé
dans les premières décennies du XIXe siècle le terminer la part de liberté de artiste face la
sculpteur doit-il suivre les exemples de art anti littérature critique
que ou créer selon des principes nouveaux Doit-
il comme les Anciens utiliser un nombre limité
de plans obtenant ainsi une épaisseur régulière des
figures ou au contraire comme ont pratiqué de
19 intérieur des palais sur des piédestaux et sur concevoir une saillie régulière en évitant que les Le parallèle des Anciens et des Modernes
les vases doivent être tenus doux figures se détachent entièrement du fond bannir réactualisé au milieu du XVIIIe siècle les effets de raccourci et se soumettre aux Regnaudin différencie ainsi deux conceptions Caylus Mariette Cochin Winckelmann contraintes du bâtiment du relief antique un relief saillant avec peu de
intention des premiers inventeurs du bas- dégradation pour une architecture monumentale Le texte sur la sculpture écrit par Charles Per été de employer dans les endroits ils et un relief doux pour des uvres visibles de rault dans le Parallèle des Anciens et des Modernes vouloient orner de figures historiques ou allé près utilisation de ce dernier relief caractérisé illustre intérêt porté la fin du XVIIe siècle es goriques mais où les groupes de figures libres par un plus grand nombre de plans permet au thétique du bas-relief auteur est précisément et détachées du fond auroient fait un mauvais sculpteur de transcrire les effets illusion que le inspiré de deux conférences renues Académie effet tant par rapport la corniche cause peintre crée sur son tableau par les sculpteurs Michel Anguier et Thomas Re- des règles de la symétrie de ensemble ... il Un an après le rappel par le comte de Caylus gnaudin en 16734 Celles-ci ne nous sont plus ensuit donc que les bas-reliefs on veut pla des deux catégories de relief Mariette6 un des connues que par la transcription du comte de Cay cer pour ornement dans cette partie du bâti proches de amateur prend nettement position lus en 1749 Cette version retouchée proposée ment ne doivent pas être composés de figures un Bas-relief qui seroit composé comme un en lecture Académie par amateur antiquaire trop saillantes puisque cela seroit non seule Tableau ne seroir pas moins défectueux un nous intéresse ici comme point de départ nul ment contraire au caractère de la corniche et dont la composition imiteroit celle doute en effet elle ait eu un rôle important dans utilité on en attend mais que cela ex- un Bas-relief est donc avec justice on la réactualisation au milieu du XVII siècle du poseroit aussi trop ces figures aux injures de reproche aux Graveurs de pierres modernes débat sur le relief après Anguier air avoir fait régner trop souvent dans leurs ou selon les règles de la perspective les princi La plupart des anciens bas-reliefs que nous vrages une manière qui effectivement tient plus pales figures qui sont posées sur le devant du connoissons ont des figures fort saillantes et du Peintre que du Sculpteur Ils ont voulu relief doivent être petites et beaucoup plus dé dont le contour est pour ainsi dire entière observer des dégradations et des distributions tachées du fond celles qui sont plus éloignées ment détaché du fond Cependant le bas-relief de plans et mettant figure sur figure former diminuent proportion ... Cet ordre de bas- est une espèce de sculpture factice ou une des grouppes qui se développent toujours mal reliefs quoique naturel aucun rapport avec imitation de la sculpture par conséquent les dans la sculpture en Bas-relief où il faut tâcher les bas-reliefs des sculpteurs antiques ils ont figures des bas-reliefs ne sont pas suivant in autant il est possible que les figures soient voulu faire aucunes figures inutiles ni qui fus tention de cet art des figures réelles ou en isolées Les Anciens mieux conseillés que les sent perdues par la distance de laquelle on de- ronde bosse mais seulement la représentation Modernes ne se sont presque jamais écartés de vroit les voir ... les anciens sculpteurs ont de figures Tout ce qui dans le bas-relief est cette louable pratique apporté tous leurs soins ne pas charger leurs représenté une manière aussi saillante er aussi Même il faut nuancer la portée de ce texte sujets et bien disposer leurs figures sur la pre marquée proportion gardée que est objet Mariette ayant écrit dans le contexte de son ana mière ligne du devant les autres sur la seconde même par sa nature est donc contraire aux rè lyse des pierres gravées qui nécessitent pour et la troisième lignes de la dégradation et si gles de cet art le bas-relief doit faire paroître videntes commodités de lecture des compositions le fond doit indiquer de architecture elle doit saillant ce qui ne est pas et plat ce qui est simples la condamnation du relief moderne vou être posée sur une quatrième ligne sans il en effet saillant
lant rivaliser avec la peinture est nette puisse en avoir davantage est par cette raison que les figures en ronde
opinion de Cochin est moins précise Il sem bosse et entièrement détachées du fond un Anguier conclut il faut engager nos élèves ble désapprouver comme Mariette la tentation bas-relief font un aussi mauvais effet que le étudier que les bas-reliefs antiques ceux-ci
feroient dans une décoration de théâtre des co utiliser le bas-relief pour des effets illusion évitant les effets de perspective
lonnes solides et véritablement massives qui un bas-relief est un dessein rehaussé de Regnaudin de son côté rapproche le bas-relief pour plaire ne doivent paroître nos yeux saillies au défaut de couleur pour représenter de la peinture et insiste sur la destination de oeu une agréable illusion de art ... Nous re des ombres ainsi il point de prétention vre qui doit commander le parti esthétique faire aucune illusion au lieu que la sculpture marquerons encore au sujet des bas-reliefs que
le bas-relief réunit la peinture et la sculpture toutes les attitudes et toutes les actions ne de ronde bosse ne néglige rien de ce qui peut
il prend de ces deux arts ce ils ont de plus conviennent pas aux figures de cette espèce de représenter exactement la nature exception
beau Il marie le dessin geometral du sculpteur travail il faut sur-tout éviter les trop grands de ses couleurs
dans les figures posées sur le devant avec le raccourcis ... Plus le diamètre aplati des fi Cependant dans un commentaire sur les bas- dessin perspectif du peintre dans les figures po gures offre de relief plus art est grand est reliefs modernes ornant les monuments Farnese
sées sur le fond ... est un ouvrage plat dont en général par la perspective que pèchent les de Plaisance Cochin semble regretter absence de ouvrages en bas-relief et est ce défaut ordi la saillie est médiocre mais le plus ou le moins dégradation de saillies entre les figures du premier de saillie dépend de la volonté de artiste et naire qui fait ils obtiennent si rarement no plan et celles du fond révélant ainsi sa sensibilité tre approbation 11 principalement du lieu où ouvrage doit être de dessinateur illusionniste placé ... Suivant histoire que on veut tra les bas-reliefs ... sont drapés dans le goût vailler on doit donner son bas-relief au antique et un relief peu saillant mais ils moins trois degrés de diminution et est ce Apologie du bas-relief moderne vers sont une manière sèche et par une mauvaise que nous appelons dégradation Si le bas-relief 1760 Falconet andre-B ardo invention les grouppes du devant sont entiè se voit de près comme un piédestal il faut aug rement détachés de ceux qui leur font fond et menter la diminution un ou deux degrés car Le sculpteur Etienne Falconet en 1761 12 va étant coupés plats et minces laissent un espace on peut faire en bas-relief tout ce un peintre amplifier le débat Proposant de nettes définitions vuide eux et le reste Ces découpures font peut exécuter dans un tableau il réhabilite le bas-relief un moyen expression un mauvais effet vues de côté et ailleurs pro
privilégié des artistes modernes qui sur ce point Cependant les bas-reliefs antiques étaient prin duisent des noirs trop durs dans le bas-relief
surpassent les modèles antiques cipalement con us comme décors architecture approche de Winckelmann est plus tranchée
les ouvrages étant faits pour être élevés la Il est significatif de constater que dans ses grands Il préconise dans un premier temps usage
textes publiés en fran ais en 1756 et en 1766 10 perspective auroit pas produit un bel effet un principe précis selon la destination de oeu
... dans antique tous les bas-reliefs qui sont il traite peu du relief et uniquement sous sa forme vre reprenant le commentaire de Regnaudin mais
élevés ou qui sont placés dans un lieu vaste de décor monumental De toute fa on il agit en utilisant différemment son vocabulaire Pour
doivent être de relief pour faire leur effet une pour lui un genre mineur Il en méfie car il Falconet le relief doux caractérisé par un petit
distance éloignée et avoir peu de dégradation est susceptible être un support illusion et de nombre de plans et une saillie égale est étroite-
et au contraire ceux on voit de près dans rivaliser avec architecture Le sculpteur doit donc ment subordonné un type architecture monu-
20 mentale avec lequel il ne rivalise pas Le relief
saillant en revanche jouant sur la dégradation
des saillies sur plusieurs plans vocation imiter
la nature en permettant raccourcis et effets de
perspective égal de la peinture
il faut principalement distinguer deux sortes
de bas-reliefs est-à-dire le bas-relief doux et
le bas-relief saillant Dans une table Archi
tecture un panneau un fronton parties qui
sont censées ne devoir point être percées un Illustration non autorisée à la diffusion bas-relief saillant plusieurs plans et dont les
figures du premier seroient entièrement déta
chées du fond seroit le plus mauvais effet par-
il décruiroit accord de Architecture
parceque les plans reculés de ce bas-relief sup-
poseroient et feroient sentir un renfoncement
où il en doit point avoir ils perceroient
le bâtiment au moins il Il faut donc
un bas-relief doux et de fort peu de plans
ouvrage diff cile par intelligence et la douceur
des nuances qui en font accord Ce bas-relief
Rossi Canonisation des cinq saints marbre Rome basilique Saint-Pierre autre effet que celui qui résulte de Ar
soubassement du tombeau Alexandre VIII Vers 1706 chitecture laquelle il doit être entièrement su
bordonné Mais il des places où le bas-relief
saillant peut être très-avantageusement em les Anciens ont pratiqué plusieurs sortes de Spectateur les grâces du Coloris Il paroit ployé et où les plans et les saillies loin de pro bas-reliefs mais la plupart de ceux que le tems cet égard les Sculpteurs modernes ont été di duire quelque désordre ne font ajourer nous conservés ont un saillant très rigés par des vues plus justes et par des air de vérité que doit avoir toute imitation doux et les objets sont entièrement attachés connoissances plus étendues que les Anciens de la nature Ces places sont principalement sur le fond Si on demande quelle est la Ils ont réuni sous un même point de vue les sur un Autel ou telle autre partie architec diverses beautés du bas-relief que Antique a- nuance de saillie on peut donner ces sortes ture que on supposera percée et dont éten ouvrages nous répondrons est la place voit exposées que séparément Par cet ingé due sera suffisamment grande puisque dans un pour laquelle les bas-reliefs sont destinés qui nieux assemblage réunissant les principes des grand espace un bas-relief doux ne feroit aucun la décide La règle la plus usitée et la plus sculptures de bas-relief et de demi-bosse ceux effet quelque distance ... est aussi ou convenable laquelle le saillant est soumis est des bas-reliefs de ronde-bosse plusieurs plans vrage par où on peut reconnoitre plus aisé celle de ne pas excéder ce qui lui sert de bor ils ont enrichi Art un nouveau genre ou ment les rapports de la sculpture avec la dure est-à-dire que le bossage dont le bas- vrages qui le met portée imiter avec le ci Peinture et faire voir que les principes que relief est formé doit être arrasé avec elle ... seau tous les effets de la Nature que le pinceau une et autre puisent dans la nature sont ab les Modernes ont senti il manquoit aux An peut retracer solument les mêmes ... Les sculpteurs anciens ciens avoir rassemblé dans des compositions Un des modèles du relief moderne que on sont nos Maîtres sans doute dans les parties plus étendues les divers saillans des figures dis trouve souvent cité en référence est la Canonisa de leur Art où ils ont atteint la perfection mais tribuées sur des plans variés Dès-lors leur in tion des cinq saints Angelo de Rossi composition il faut convenir que dans la partie pittoresque dustrie inventa les bas-reliefs de ronde-bosse en marbre ornant le soubassement du tombeau du des bas-reliefs nous ne devons aucun égard plusieurs plans Ils assortirent sur des sites di pape Alexandre VIII Saint-Pierre de Rome vers leur autorité ... Je ne veux laisser aucune équi vers les figures presque entièrement isolées avec 1706 16 fig Ce relief eut une remarquable cé voque sur le jugement que je porte des bas-re celles de demi-bosse opposées autres du re lébrité Il fut moulé sur ordre de Nicolas Vieughels liefs antiques retrouve ainsi que dans les lief le plus bas Cette combinaison est en effet afin de servir étude des pensionnaires de belles statues la grande manière dans chaque très propre produire des accidens pittores cadémie de France Rome on en trouve un plâtre objet particulier et la plus noble simplicité ques et jetter une sorte de coloris dans ces dans atelier de Paul-Ambroise Slodtz puis de son dans la composition mais quelque noble que ouvrages Pour donner un air de vérité aux re frère Michel Ange 17 également parmi les plâtres soit cette elle ne tend en aucune présentations ainsi traitées les ingénieux créa provenant de ancienne église Sainte-Geneviève sorte illusion un tableau et le bas-relief teurs de ce genre ont voulu que les objets conservés au Panthéon18 Il fut unanimement doit toujours prétendre est par le vague grouppés sur divers plans fussent asservis aux loué aussi bien par Mariette 19 Diderot 20 et Fal et indécis de la touche joints la proportion loix de la pespective que la forme la saillie conet 21 que par le Dictionnaire de Watelet et Lé- diminuée selon les règles de la Perspective que et la man uvre en fussent raisonnablement dé vesque 22 le Sculpteur approchera davantage de la vérité gradées Ils ont hazarde de prêter aux figures est dans ce contexte il convient appré et de effet que présente la nature 13 un fond de ciel sur lequel on pût les isoler et cier les décors exécutés vers 1785 par deux jeunes Pour illustrer sa théorie Falconet exposa au Sa de ménager la composition des enfoncemens artistes élèves de Pajou Pierre-Nicolas Beauvallet lon de 1765 sa composition Alexandre et Cam- convenables Ils ont donné exclusion au et Philippe-Laurent Roland Le premier ensemble paspe collection privée) une oeuvre raffinée de cun des corps qui tombent sous les sens pay est une suite de reliefs ornant une pièce intérieure format réduit longuement commentée par Dide sages nuées rayons de lumière tout ce qui est le deuxième orne une fa ade extérieure rot qui souligne objectif du sculpteur de réduire objet du beau visuel est introduit dans ce nou
le bas-relief la vérité du tableau 14 veau genre de sculpture ... La pierre est
Décors Compiègne et hôtel de Salm muette insensible ce est que par artifice Le peintre Dandré-Bardon15 reprenant le
des lumières et des nuances de tons que le ci commentaire de Falconet quelques années plus vers 1785 Beauvallet Roland Moitié
seau peut lui donner esprit et le mouvement tard oppose nettement son tour les Anciens et Un bas-relief qui ne fait point tableau est les Modernes avec un vif penchant pour ces der on Le peur superbe admirer ensemble dans la Salle injustement des Gardes oublié du châ que un ouvrage de marbre Tout anime rout niers dont le bel enthousiasme permet des ef
se peint sous un outil qui sait prêter au corps teau de Compiègne consacré Histoire Alexan fets de virtuosité rivalisant avec ceux de la
les charmes du clair-obscur et faire sentir au peinture dre été sculpté par un artiste de trente-cinq ans
21 Pierre-Nicolas Beauvallet 1/50-1818 Quelques
informations préalables ordre historique sur ce
décor peu connu ne sont peut-être pas inutiles
Le 15 janvier 84 Beauvallet apparali pour
1ë première fois en rapport avec le chantier de
Compiègne23 En juillet et en août 1784 il n-a-
vaille aux deux frontons curvilignes de la colon Illustration non autorisée à la diffusion nade fermant la cour honneur24 Cependant
une lettre de Pajou Angiviller du octobre
1784 nous informe que Le Dreux pris quelque
liberté en choisissant pour sculpter ces rronrons
un artiste qui était pas agréé Académie2
Avec une certaine duplicité Pajou se fait inter
prete des intérêts de cette institution et selon le
principe que intérêt de mon corps doit am-
porter sur un particulier il se met en po P.-N Beauvallet Entrée Alexandre Babylone stuc Compiègne château sition de ne pouvoir refuser offre on lui fait salle des Gardes 178
de participer lui-même aux travaux Pajou ce
pendant élimine pas Beauvallet mais il le can-
ronne insidieusement dans le rôle subalterne de
sculpteur ornements27 En rait la part de Pajou
maigre obtention de la commande 28 et ses pro
jets29 fut quasiment inexistante est Beauval
let que revint exécution du fronton du corps
central sur la cour honneur et des quatre rigures
en haut relief surmontant les portes de la Salle
des Gardes 30 Tout indique ailleurs que ce der
Illustration non autorisée à la diffusion nier donna entière satisfaction il est bientôt
chargé de ce il faut considérer comme son chef
oeuvre les dix scènes de Histoire Alexandre de
la Salle des Gardes31
Dans ce dernier décor le propos inscrit dans
une iconographie générale dévolue au triomphe
guerrier et exaltant implicitement le souverain
Louis XVI apparaissant alors comme le vainqueur
des Anglais lors de la guerre indépendance amé
ricaine Les sujets des bas-reliefs sont tirés de His P.-N Beauvallet Alexandre protège la famille de Darius smc Compiègne châreau salle des Gardes 1785
toire ancienne de Charles Rollin 32 manuel de base
des artistes du romps
Illustration non autorisée à la diffusion
Illustration non autorisée à la diffusion
P.-N Beauvallet Alexand s.;nt le siège de Tyr soie Compiègne château salle Tàmpesca Alexandre faisant de Tyr
des Gardes 1785 gravure du re iiril Alexand Magni Praecip!:.;i es gestae. 1608
22 Au premier regard influence des modèles of
ferts par la peinture histoire est flagrante Dans
Entrée Alexandre Babylone fig 2) le cavalier
vu de dos est proche de ceux de Raphaël Bataille
de Constantin Vatican et de Charles Le Brun
toiles de Histoire Alexandre Louvre) grands
exemples épiques diffusés par la gravure qui sont
naturellement une des sources inspiration obli
gée de artiste confronté la réalisation un tel Illustration non autorisée à la diffusion
sujet héroïque La transcription sculptée par Beau-
vallet reproduisant multiplication des plans et ef
fets de raccourci relève pleinement du genre
pictural Le groupe de gauche Alexandre protège
la famille de Darius fig dérive du tableau de
Le Brun Les reines de Perse aux pieds Alexandre
1660-61 musée du château de Versailles) sur
toute la composition éloignement des figures en
tre elles est marqué par les différences de nivelle
ment du sol et la disposition des pieds vus en P.-N Beauvallet Bataille de Cheronee stuc Compiègne château
salle des Gardes 1785 perspective les figures se disposent sur plusieurs
plans créés par des gradations de saillies certains
membres sont presque en ronde bosse alors que
autres se silhouettent sur le fond Une autre
preuve de la recherche de modèles par Beauvallet
vraisemblablement impressionné par sa respon
sabilité de décorateur un château royal est un
emprunt direct il au recueil gravé de His
toire Alexandre Antonio Tempesta Alexand Illustration non autorisée à la diffusion Magni Praecipuae res gestae 1608 fig et La
composition de La Bataille de Cheronee fig est
pittoresque avec des effets de perspective le
tronc et le casque puis le raccourci saisissant du
cadavre gauche enfin les soldats combattant
et entremêlement des arbres évoquant une forêt
droite Donnons un dernier exemple avec la Re
mise du butin Alexandre après la bataille Ar bêles P.-N Beauvallet Remise du butin Alexandre après la bataille Arbeles stuc Compiègne château salle des fig 7) deux figures repoussoir un cavalier Gardes Garrlp 1785 178S et un homme barbu penché sur un paquet pres
que en demi ronde bosse attirent il vers la
scène centrale placée en retrait des figures se dans le livret du Salon de 1783 no 266 où fut guste Son âme fortement trempée identifiait
condaires se chevauchent pour simuler éloigne exposée Une partie de Bas-relief de 21 pieds de naturellement avec le mâle génie de cette épo-
ment le fond de la composition est dense rempli que 35 long sur de haut représentant un Sacrifice des
de personnages apparaissant comme gravés don Anciens et destiné pour Hôtel de S.A.S Mon II est vraisemblable que artiste connut la Pro nant une impression confuse de foule instar du seigneur le Prince régnant de Salm-Kirbourg cession des Suovetaurilia fig 9) visible Venise relief Angelo Rossi Cette indication de Roland était évidemment pas avant son entrée au Muséum et de toute fa on On remarque ainsi chez Beauvallet le souci neutre et avait valeur de manifeste elle indique gravée mais un autre modèle antique pu aussi constant de rappeler la peinture histoire et en clairement son objectif recréer antique bien inspirer reproduire les critères de composition Les deux frises fig obéissent strictement La volonté archéologique de Roland que Les deux reliefs que Philippe-Laurent Roland aux caractères des reliefs antiques les figures en on vu bien présente dans son mémoire doit 1746-1816 exécuta la même époque pour la nette saillie se découpent sur un fond nu les effets aussi apprécier dans le contexte des autres fa ade extérieure de hôtel de Salm révèlent en de perspective et les différences échelle entre les commandes décoratives pour hôtel de Salm On revanche une esthétique toute différente personnages sont évités Suivons le commentaire peut penser en effet il existait une rivalité en Nous ne reviendrons pas en détail sur le décor de son élève David Angers tre Roland et Jean-Guillaume Mokte 1746- de hôtel de Salm33 plus célèbre que celui de dans ces bas-reliefs on voit il avait su se 1810) agréé Académie en 1783 un an après Compiègne Le sculpteur était bien plus en vue débarasser des funestes influences de école du lui Moitié était auteur entre autres sculptures que Beauvallet élève favori de Pajou il revenait dernier siècle ... Les bas-reliefs par leur des pour hôtel du relief monumental des Fêtes Pa Italie où il avait séjourné cinq ans ses frais tination attachés la muraille des monuments ies installé au fond de la cour honneur sous le avant être agréé Académie en mars 1782 puis sont une sorte écriture inscriptions histo péristyle36 dont esquisse en terre cuite fig 10 avoir épousé la fille de influent contrôleur des riques Ils ne peuvent ni ne doivent avoir la fut elle aussi montrée au Salon de 1783 274 Bâtiments du Roi Potain esquisse pour son mor prétention de jouer le oeil de cher Fête Cybèle la composition et le style ap ceau de réception avait été acceptée trois mois cher représenter apparence de la réalité partiennent plus ici esthétique du relief pit avant ouverture du Salon de 1783 comme fait la peinture qui la couleur en toresque celle des anciennes processions Son mémoire récapitulant les travaux faits donne les moyens Roland dut secouer le romaines hôtel de Salm en 1783 34 indique Fait deux joug de ses premières impressions est là ce
Bas-reliefs de 21 pieds de longueur sur de hau qui rehausse encore son mérite comme un des Ainsi les uvres presque exactement contem
teur représentant une marche de Sacrifices dans restaurateurs de arr Il était éminemment sta poraines de Beauvallet Roland et Mokte reflètent
le genre des anciens pour être posé la fa ade tuaire monumental ... La sculpture de Roland les deux aspects du bas-relief monumental un
du côté de la Rue de Bourbon On ne retrouve offre un air de parenté incontestable avec la moment médian le milieu des années 1780
pas la précision dans le genre des anciens sculpture romaine de la belle époque Au du néo-classicisme un rivalisant avec les effets
23 architecture admit emploi du bas-relief
autant que celui-ci altéreroit point le plan
sur lequel il pouvoit introduire et ne détrui-
roit ni de fait ni en apparence la forme des
objets Subordonné encore effet que archi
tecture en attendoit il devoit se conformer
épaisseur ou la saillie qui lui étoit comman
dée suivant les parties où il se trouvoit ...
les fonds de presque tous les bas-reliefs anti
ques appartenant point si on peut dire
la sculpture mais étant une propriété de ar Illustration non autorisée à la diffusion chitecture art du bas-relief ne put ni ne dut
les regarder comme la toile un tableau dont
il pouvoit disposer en propre
Heureusement influence de la peinture sur
le bas-relief ne parvint pas en Grèce comme dans
les temps modernes en altérer le véritable es
prit Voué au décor du monument et en étroite
convenance avec lui le bas-relief historique
tilise pas la puérile illusion de la perspective
on ne voit pas dans les plus belles composi
tions en bas-relief des anciens dans ces ou
vrages qui auroient dû servir de règle immuable
P.-L Roland Scènes de sacrifice pierre Paris Hôtel de Salm fa ade sur rue 1783 art que jamais la sculpture ait multiplié
les plans comme ont fait les modernes Il ne
paroît pas que on en ait employé plus de
trois et peut-être art risque-t-il il veut
enchérir sur ce nombre de perdre par la faus
seté trop évidente dont il avertit oeil espèce
illusion on ne lui conteste pas il
reste dans les bornes une modeste vraisem
blance
Illustration non autorisée à la diffusion est hélas le parti des sculpteurs modernes qui
ont voulu rivaliser avec la peinture
Algardi osa tenter cette entreprise il osa faire Rome 1er siècle un bas-relief un vaste tableau histoire ... ap J.C. Sacrifice Proces Il essaya de approprier par art des grouppes sion des Siioveta.ti.rilia et une dégradation calculée dans la saillie des marbre Paris musée du objets ces moyens puissans que la peinture Louvre doit la magie de ses couleurs et entente
du clair-obscur ... Dès ce moment la sculp
ture associée en apparence la peinture fit illusion de la peinture en jouant sur la dégrada Apologie du bas-relief antique du bas-relief une nouvelle manière de peindre tion des plans et des saillies autre voulant rap ... On pourroit suivre ainsi nos jours 1788-1800 Quatremère de Quincy peler les frises antiques en évitant les différences histoire du bas-relief et on le verroit toujours Em eric-David épaisseur entre les figures Ces deux conceptions esclave de la peinture recevoir de celle-ci son du relief ont évolué parallèlement tant pour les goût et ses principes ... Il est visible que la Quatremère de Quincy dont la renommée est critiques que pour les artistes Vers la fin du siècle plupart de tous ces bas-reliefs ne sont que des croissante la fin des années 1780 37 écrivit en un changement se fait jour esthétique privilé tableaux isolés indépendans de architecture 1788 un long article38 qui est une vibrante apo giant la référence antique tend devenir ex sans liaison avec ses formes susceptibles enfin logie du bas-relief selon les anciens clusive tout au moins chez les théoriciens les plus être déplacés et qui ne forment dans les édi Développant argument essentiel de Winckel- influents fices une décoration locale mann il affirme que le relief antique fait corps
avec architecture Quatremère conclut
Illustration non autorisée à la diffusion
10 J.-G Moitte Fêtes Paies terre cuite Philadelphie Muséum of Art 1784
24 bas-reliefs modernes ne doivent em ces
ployer que comme les tableaux est-à-dire
ils ne doivent avoir lieu que dans les en
droits où ils peuvent devenir indépendans de
architecture Par-tout où le bas-relief devient
adhérent aux membres de architecture par
tout même où il fait partie un mur sans il
ait de raisons de pouvoir supposer de per
cées le système des anciens est préférable
parce que ces effets qui tendent enfoncer ce
que architecture intérêt de faire croire plein
nuisent harmonie de la construction
Le théoricien qui avait re une formation de
sculpteur dans atelier de Guillaume II Coustou
eut la possiblité de faire réaliser sous la Révolu
tion le décor correspondant ses aspirations
Chargé en qualité de commissaire du Directoire
de la direction et de administration du Pan
théon39 il en supprime le décor exécuté surtout
ironie de la conjoncture par son ancien maître
Coustou et ses élèves 40 Il remplace en particulier Illustration non autorisée à la diffusion
le fronton un modèle con sur le type de
compositions antiques fut exécuté par Mokte dès
179l41 et les cinq compositions qui ornaient
le péristyle42 en regrettant de ne pouvoir leur
substituer un long bas-relief continu
Les uvres exécutées sous sa direction illus
trent ses conceptions Par exemple Instruction
publique fig 11 de Jacques-Philippe Lesueur
1759-1830 présente des figures nettement indi
vidualisées se détachant sur un fond laissé en ré
serve le relief est con avec un nombre limité
de plans et la ligne des têtes sauf celles des
enfants obéit au principe de isocéphalie
En 1800 Emeric-David44 défend une esthéti
que du bas-relief conforme celle de son rival
Qtiatremère 11 J.-P Lesueur Instruction publique pierre 1792 Paris Panthéon esprit peut se prêter supporter dans un
bas-relief deux plans voisins un de autre il
peut admettre trois plans antique en
auteurs étouffer les différences stylistiques et cer La face principale de ce monument est-à-dire donné exemple mais le goût défend aller
tains choix personnels artistes Si le décor des celle qui regarde la voie publique est ornée de au-delà Si le sculpteur veut composer un bas-
nouvelles fontaines de Paris où nous retrouvons deux statues sculptées dans la pierre qui re relief comme un tableau les invraisemblances
Beauvallet attache dans de nombreux cas présentent Mars et la déesse de la Sanré ces se multiplient avec les difficultés ... Un bas-
la recréation du relief antique autres exem deux figures sont debout placées sur le même relief est le plus souvent destiné décorer un plan On pourrait étonner de voir ces attri ples nous prouvent que art de cette époque en monument architecture ... on ne doit pas
ce qui concerne le bas-relief historié permet des buts sur une fontaine si on ne savait que celle représenter des plans trop variés des loin
variantes hors du cadre néo-classique strict du Gros-Caillou est située devant un hospice tains de grandes profondeurs premièrement
militaire et même encore après cela serait-il parceque cette recherche nuirait au grand effet
permis de ne pas les trouver très-convenables que doit produire ensemble de édifice se Les nouvelles fontaines de Paris puisque ce est pas pour le service spécial de condement un bas-relief attaché un 1806-1810 Beauvallet Fortin hospice que la fonraine été construite ... monument étant ordinairement vu de loin il
Les sculptures de cette fontaine sont une exé contient plusieurs plans la variété se perd Espercieux
cution ferme et hardie artiste Beauval cause de la distance les objets sont moins pro
Le mai 1806 un décret impérial ordonnait let qui en été chargé dispose habilement de noncés les ombres sont moins fermes elles se
la création de quinze nouvelles fontaines Paris sa matière mais il peut-être pas au même confondent ouvrage offre un moins grand ca en des endroits désignés45 Ces furent degré la science du dessin les principales fi ractère ... Les anciens dans les bas-reliefs peu
publiées en 1812 dans un ouvrage enrichi de ma gures sont courtes et ramassées le Mars man saillants et dans les ouvrages de demi-relief que 46 que de noblesse et la pose en est tourmentée on voit sur les monuments sur les vases sur gnifique gravures
Au reste vu dans son ensemble le monument les camées ont laissé extrémité du contour Voici comment Amaury Duval commente dans produit de effet 47 des figures élevée on pourrait dire carrée dé ce livre la fontaine du Gros-Caillou fig 12) rue
tachée du fond Cette saillie produit une ombre Saint-Dominique composée par architecte Bralle Cette remarque critiquant le dessin de la
ferme qui donne plus de relief apparent la comme la plupart des fontaines de 1806 et dont composition er les proportions des figures tout
figure et tout la fois plus de grandeur au le décor sculpté fig 13 fut confié Beauvallet en soulignant que ces dernières sont exécutées sur
bas-relief plus de caractère au monument celui-là même qui avait travaillé Compiègne sous le même plan se retrouve ailleurs dans le recueil
Ces théories si elles fécondèrent durant la pre Louis XVI er dont on peut remarquer au passage Amaury Duval note en effet propos du relief
mière décennie du XIXe siècle des uvres transpo évolution stylistique ornant la fontaine de la rue Popincourt fig 14)
sant fidèlement leurs principes ne purent malgré cette fontaine est une de celles qui viennent la Charité Augustin-Félix Fortin 1763-1832
leur impact et le rayonnement personnel de leurs être élevées par ordre de S.M Empereur ... fig 15
25 Illustration non autorisée à la diffusion
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12 Moisy la Fontaine du Gros-Cailloit 13 P.-N Beauvallet Mars et Hygie pierre Paris
gravure du livre les Fontaines de Paris 1812 rue Saint-Dominique détail de la fontaine du Gros-Caillou 1807
la sculpture est un style un peu mou les un monument un très-mauvais style dans sa mère La figure de la Charité dont le contrapposto
figures en sont lourdes et rondes celle de la masse comme dans sa décoration 50 alors il appuyé accentue une grâce maniérée est vêtue de
femme sur-tout les cuisses trop courtes Du est plus indulgent pour la fontaine du Trahoir drapés ménageant une quantité de petits plis traités
reste la figure est bien ajustée et les enfants dont la Nymphe qui verse ses eaux dans une cu avec minutie presque graphiquement élégance de
ne manquent pas expression 48 vette de Boizot est bien exécutée 51 Il est vrai ensemble de la composition les poses diverses et
que la figure de Boizot assez monumentale aux écrivain critique ici chez Beauvallet et Fortin pleines de vie des enfants rappellent la manière de
contours secs se détache nettement du fond alors Félix Lecomre oncle et le maître de Fortin nous des défauts il signalait dans les travaux du siècle
que la naïade de Mignot allongée sensuellement précédent Il est en effet sévère sur la fonraine de renvoyant au style des décennies précédentes
sur le côté toute en lignes suaves et présentant Grenelle de Bouchardon soulignant le style rond Cependant parmi les nouvelles fontaines de un profil perdu est composée comme un tableau et maniéré des figures et ironisant sur les reliefs Paris il en est une dont les reliefs sculptés avec de Boucher pittoresques les petits bas-reliefs allégoriques une assurance virile peuvent obéir plus profondé on voit en-dessous se rattacher idée princi Les oeuvres de Beauvallet et de Fortin si elles ment que ceux de Beauvallet et de Fortin une pale le thème des quatre saisons illustré par des suivent les principes du relief antique définis esthétique préconisant la recréation archéologique Génies en ronde bosse Telle était alors la manière par les théoriciens les figures se détachant net Il agit de la fontaine de la Paix 52 fig 16) des dont on envisageait la sculpture on la croyait tement sur le fond nu dans une composition sim tinée orner la place Saint-Sulpice dont les quatre propre offrir de vastes tableaux représenter des ple sans effets de perspective gardent cependant reliefs furent exécutés par Jean-Joseph Espercieux scènes entières 49 Le critique est encore plus dur une certaine liberté de style Mars sculpté qua 1757-1840) pour la fontaine des Haudriettes construite siment en demi ronde bosse sort son pied hors
dans la période de la plus grande décadence des du cadre défini par architecture un effet de Alors Amaury Duval ne commente pas les
arts elle ne pouvait offrir et offre en effet puérile illusion qui pu scandaliser Quatre- bas-reliefs Espercieux fig 17) ceux-ci attirent
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14 Moisy Fontaine de la rue Popincoin
gravure du livre les Fontaines de Paris 1812
signif cadvement attention de David Angers
leur composition
est tout fait basée sur les principes des
Grecs figures séparées et traitées dans le style
méplat contours soutenus sur le fond portant
par cette raison une ombre vigoureuse qui des
sine énergiquement les figures sur lesquelles
est répandue une large lumière qui est pas
interrompue par des membres saillants comme
dans les bas-reliefs des mauvais temps de art
Espercieux est le seul statuaire après Jean Gou
jon qui ait compris le bas-relief monumental
et la sculpture de cette fontaine peut servir
exemple aux sculpteurs 53
Ce commentaire de David Angers propos
Espercieux avec cette insistance donnée au rôle
du méplat reflète une constante de la théorie du
bas-relief et dans art une nouvelle génération 15 A.-F Fortin La Charité pierre Paris rue de Sévigné fragment de la fontaine
de la rue Popincourc 1808 de sculpteurs durant le premier quart du XIXe siè
cle54
toile 59 exécutées au début des années 1830 ne finalement non réalisé 56 fig 18) si elles ap Permanence du relief pictural au partiennent pas un décor mural auraient néan sont-elles pas plus héritières des reliefs historiés de premier quart d-u XIXe siècle Boizot moins fait partie un ensemble architecture défini la porre Saint-Denis que de ceux de arc de
par des encadrements Le parti esthétique ici est Constantin Lemot
de rester fidèle la tradition des batailles sculptées Ainsi en dépit de énoncé répété de principes En dépit des principes strictement néo-classi ornant les héroïques monuments funéraires des voulant régénérer art du bas-relief historique ques le bas-relief pictural jamais été aban XVIe et XVIIe siècles ceux de Fran ois 1er du duc rappelant les erreurs du passé récent et fournis donné et coexisté avec le relief antique de Guise ou de Turenne) composées avec foule sant les recettes une parfaite réalisation durant les premières décennies du XIXe siècle On de combattants évocation de paysage et effets de mage des modèles antiques il est cependant en trouve des exemples dans les décors de fon perspective impossible pour les artistes effacer le poids de taines de mausolées et de monuments publics En 1820 les bas-reliefs de Fran ois-Frédéric la tradition Si un style particulier peur être
Quelques années avant la réalisation des fon Lemot 1771-1827 ornant le piédestal de la sta adopté par le sculpteur tenant compte de la
taines parisiennes Barthélémy-Fran ois Chardigny tue équestre Henri IV sur le Pont-Neuf sont théorie dominante et de divers impératifs décou achevés 57 la composition Henri IV laissant en 1757-1813 sculpte en 1802 les reliefs de la fon lant de emplacement de son oeuvre dans ar trer des vivres dans Paris dont il faisait le siège taine du Commerce Marseille qui sont de vé chitecture ou de modèles qui lui sont
fig 19 enfreint sur de nombreux points les règles ritables tableaux imposés60 sa liberté se manifeste aussi dans
du relief classique autres cas fidélité au souvenir un maître ou Les quarre compositions exécutées par Louis-
Enfin parmi bien autres exemples:)8 les volonté personnelle de se mesurer des exemples Simon Boizot 1743-1809 en 1799-1800 en pré
scènes de bataille ornant arc de triomphe de prestigieux sur leur propre terrain stylistique vision un monument funéraire de Hoche
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