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Des Écoles de pharmacie aux « Unités d'Enseignement et de Recherches pharmaceutiques » - article ; n°218 ; vol.61, pg 493-504

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Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1973 - Volume 61 - Numéro 218 - Pages 493-504
Von den Pharmazieschulen zu den pharmazeutischen Lehr- und Forschungseinheiten (U.E.R.).
Drei Schulen wurden in Frankreich 1803 gegründet, zum Zwecke eines nationalen Pharmazielehrganges : Paris, Montpellier und Strasbourg. Zuerst von der Universität ausgeschlossen, wurden sie letzterer 1840 eingegliedert und Höhere Schulen benannt. Von 1872 bis 1919 war die Schule von Strasbourg geschlossen und eine andere in Nancy eröffnet. 1919 durften diese zwei Schulen weiterbestehen, und 1920 wurden die vier Schulen zu Fakultäten. Andererseits wurden 1840 Vorschulen für Medizin und Pharmazie gegründet, welche allmählich in Vollschulen oder gemischten Fakultäten übergingen. Im Jahre 1955 wurden die letzten noch bestehenden Schulen zu Nationalschulen und, zwischen 1966 und 1968, zu gemischten medizinisch-pharmazeutischen Fakultäten. Alle diese Einrichtungen wurden zu pharmazeutischen Lehr- und Forschungseinheiten (U.E.R.) gemäss dem Richtliniengesetz vom 12. November 1968. aber einige haben die Bezeichnung « Fakultät » wieder angenommen. Es gibt mindestens eine U.E.R. in 22 Universitäten.
From Pharmacy Schools to Pharmaceutical Teaching and Research Units (U.E.R.).
For the national teaching of pharmacy, three schools were created in France, in Paris, Montpellier and Strasbourg in 1803. Incorporated in 1840 with the University from which they had been first excluded, they were shortly thereafter named Higher Schools. From 1872 to 1919 the school at Strasbourg was closed and a school was opened at Nancy. In 1919, both of these schools remained in existence and, in 1920, the four schools took the title of Faculties. In addition to these, preparatory schools of medicine and pharmacy were created in 1840, being gradually transformed from 1874 onwards either into schools providing a complete course or into mixed Faculties. In 1955, the last schools still in existence became national schools and between 1966 and 1968 they became mixed Faculties. All these institutions became Teaching and Research Units (U.E.R.) following the act (loi d'orientation) of November 12, 1968, but some of them retained the title of Faculty. Today there is at least one Pharmaceutical teaching and research Unit in 22 Universities.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1973
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Langue Français
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Georges Dillemann
Des Écoles de pharmacie aux « Unités d'Enseignement et de
Recherches pharmaceutiques »
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 61e année, N. 218, 1973. pp. 493-504.
Citer ce document / Cite this document :
Dillemann Georges. Des Écoles de pharmacie aux « Unités d'Enseignement et de Recherches pharmaceutiques ». In: Revue
d'histoire de la pharmacie, 61e année, N. 218, 1973. pp. 493-504.
doi : 10.3406/pharm.1973.8267
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1973_num_61_218_8267Zusammenfassung
Von den Pharmazieschulen zu den pharmazeutischen Lehr- und Forschungseinheiten (U.E.R.).
Drei Schulen wurden in Frankreich 1803 gegründet, zum Zwecke eines nationalen
Pharmazielehrganges : Paris, Montpellier und Strasbourg. Zuerst von der Universität ausgeschlossen,
wurden sie letzterer 1840 eingegliedert und Höhere Schulen benannt. Von 1872 bis 1919 war die
Schule von Strasbourg geschlossen und eine andere in Nancy eröffnet. 1919 durften diese zwei
Schulen weiterbestehen, und 1920 wurden die vier Schulen zu Fakultäten. Andererseits wurden 1840
Vorschulen für Medizin und Pharmazie gegründet, welche allmählich in Vollschulen oder gemischten
Fakultäten übergingen. Im Jahre 1955 wurden die letzten noch bestehenden Schulen zu
Nationalschulen und, zwischen 1966 und 1968, zu gemischten medizinisch-pharmazeutischen
Fakultäten. Alle diese Einrichtungen wurden zu pharmazeutischen Lehr- und Forschungseinheiten
(U.E.R.) gemäss dem Richtliniengesetz vom 12. November 1968. aber einige haben die Bezeichnung «
Fakultät » wieder angenommen. Es gibt mindestens eine U.E.R. in 22 Universitäten.
Abstract
From Pharmacy Schools to Pharmaceutical Teaching and Research Units (U.E.R.).
For the national teaching of pharmacy, three schools were created in France, in Paris, Montpellier and
Strasbourg in 1803. Incorporated in 1840 with the University from which they had been first excluded,
they were shortly thereafter named Higher Schools. From 1872 to 1919 the school at Strasbourg was
closed and a school was opened at Nancy. In 1919, both of these schools remained in existence and, in
1920, the four schools took the title of Faculties. In addition to these, preparatory schools of medicine
and pharmacy were created in 1840, being gradually transformed from 1874 onwards either into
schools providing a complete course or into mixed Faculties. In 1955, the last schools still in existence
became national schools and between 1966 and 1968 they became mixed Faculties. All these
institutions became Teaching and Research Units (U.E.R.) following the act (loi d'orientation) of
November 12, 1968, but some of them retained the title of Faculty. Today there is at least one
Pharmaceutical teaching and research Unit in 22 Universities.w
DES ÉCOLES DE PHARMACIE
AUX "UNITÉS D'ENSEIGNEMENT
ET DE RECHERCHES PHARMACEUTIQUES "
Professeur à Vice-président la Faculté de de législation, l'Université des de Sciences par la Georges Société déontologie René-Descartes pharmaceutiques d'Histoire Dillemann et histoire de Paris la et de Pharmacie biologiques la
1803. Création des écoles de pharmacie.
Jusqu'au début du xixe siècle, la formation de l'apothicaire, puis du phar
macien, a été soumise en France à des réglementations locales. C'est au
Consulat que l'on doit la première tentative d'organisation des études de
pharmacie sur le plan national et la création d'établissements publics d'ense
ignement pharmaceutique.
Ces dispositions ont été prises dans le cadre d'une profonde réforme des
professions médicales et pharmaceutiques, ainsi que des études qui en
ouvraient l'accès. Cette réforme a été l'objet de la loi du 19 ventôse, an XI
pour la médecine et de la loi du 21 germinal an XI (11 avril 1803) pour la
pharmacie.
Le projet de cette loi « contenant organisation des écoles de pharmac
ie » fut soumis au corps législatif par le décret du 9 germinal an XI, signé
par Bonaparte, Premier Consul. Fourcroy, qui avait très largement contribué
à son élaboration, ne joua pas un moindre râle pour sa défense et son
adoption.
L'article Ier de la loi prescrivait qu' « il sera établi une école de phar
macie à Paris, à Montpellier, à Strasbourg et dans les villes où seront placées
les trois autres écoles de médecine ». L'établissement de deux de ces dernières
à Turin et à Mayence fut décidé et réalisé par l'arrêté du 20 prairial an XI ;
REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE, XXI, N° 218, SEPTEMBRE 1973. 494 REVUE d'histoire de la pharmacie
mais il a été longtemps admis que seules avaient été créées par l'arrêté ,du
25 thermidor an XI les trois écoles de pharmacie prévues par la loi de
germinal avec leurs sièges dans les trois villes nommément désignées par
la loi pour l'installation d'une école de médecine, les dispositions rela
tives à ces créations n'ayant d'ailleurs pas toujours été immédiatement
suivies d'effet. Cependant, d'après une étude de C. Masino, parue en 1954 dans
Minerva pharmaceutica, l'école de pharmacie de Turin a été effectivement
constituée au mois d'août 1812, mais son existence fut d'abord plutôt difficile.
En réalité, la loi ne réalisait pas encore l'identité de formation des phar
maciens que prévoyait son exposé des motifs, puisqu'il demeurait possible
d'être reçu pharmacien sans suivre l'enseignement des écoles et même sans
faire la preuve de ses connaissances devant leurs professeurs. On pouvait,
en effet, choisir entre un stage de trois ans avec scolarité de trois ans dans
une des écoles et une formation entièrement professionnelle par un stage
de huit ans, avec examen de réception devant un jury départemental formé
de médecins auxquels s'adjoignaient quatre pharmaciens.
1808. Les écoles hors de l'Université.
Par la loi du 10 mai 1806, Napoléon instituait l'Université de France,
dont le décret du 17 mars 1808 fixait la composition. Les écoles de médecine,
qui reprenaient leur ancien nom de facultés, en faisaient partie à côté des
facultés de théologie, de droit, de sciences et de lettres. Mais ce décret, de
même que celui du 4 juin 1809 qui réglait le nouveau régime des facultés, ne
mentionnait même pas les écoles de pharmacie ! Elles continuèrent donc
sans doute à être régies par les dispositions de l'arrêté du 25 thermidor an XI.
On peut admettre toutefois avec l'ouvrage du Centenaire de l'Ecole supé
rieure de pharmacie de l'Université de Paris (p. 135) qu' « il est plus que
probable que la loi du 10 mai 1806 qui confiait à l'Université le soin exclusif
de donner l'enseignement public dans tout l'Empire, n'avait pas entendu
excepter les écoles de pharmacie ».
Cette opinion se trouve confirmée par le fait que les textes concernant les
écoles de pharmacie à vrai dire, fort peu nombreux ont été recueillis
par de Beauchamp à côté de ceux qui se rapportent aux divers ordres de
facultés.
On remarquera que ces textes dénomment généralement « écoles spécial
es », les trois écoles de pharmacie. Ainsi, à la date du 21 mai 1812, le recueil
de Beauchamp donne le « Modèle de liste des pharmaciens établis dans les
départements » dans lequel, au paragraphe des « Réceptions d'après les formes
nouvelles », on distingue les « Pharmaciens reçus par les écoles spéciales » 1.
De même, à la fin de cette période, on peut lire dans le Rapport sur
1. De Beauchamp, Lois et règlements de l'enseignement supérieur, t. I, p. 353. LES ÉCOLES DE PHARMACIE 495
l'ordonnance du 27 septembre 1840 portant organisation des écoles de pharmac
ie : « La loi du 11 avril 1803 a créé trois écoles spéciales de pharmacie... »2.
Ces écoles spéciales, si elles n'étaient pas rattachées à l'Université, en
dépendaient bien cependant, ainsi qu'on peut le constater, par exemple, par
les ordonnances du 1er juin 1822 et du 28 décembre 1830 qui font référence
aux attributions du grand maître de l'Université pour les présentations aux
places vacantes de ces écoles.
1840. Rattachement des écoles a l'université et création de nouveaux établis-
mements d'enseignement pharmaceutique.
L'ordonnance du 27 septembre 1840 décidait que « les écoles de pharmacie
feront à l'avenir partie de l'Université ». Elles seront donc soumises désormais
au régime universitaire. Le rapport précise que «îles écoles de pharmacie
sont des établissements publics conférant des grades et percevant des droits
comme les facultés ». Il ne subsistait guère comme différence que la dénomin
ation, puisqu'à une demande adressée au Conseil royal de l'Instruction publi
que, celui-ci répondit simplement, le 19 février 1841, « qu'il n'y a pas lieu
de donner aux écoles de pharmacie le titre de faculté ».
Si ce titre leur était refusé, du moins les écoles étaient-elles traitées
comme les facultés du point de vue honorifique, avec participation aux céré
monies universitaires, pour lesquelles leurs professeurs étaient autorisés, par
ce même Conseil royal, à porter un « grand costume » constitué par une robe
en soie, tandis que l'école de Paris commandait une « masse » d'apparat.
Par ailleurs, l'ordonnance décidait que « nul ne pourra être nommé pro
fesseur titulaire (de ces écoles) s'il n'est docteur es sciences physiques », alors
que le doctorat n'était pas exigé jusqu'alors pour ces fonctions. Un peu plus
tard, le traitement de ces professeurs fut aligné sur celui de leurs collègues
des facultés.
En fait, les écoles de pharmacie avaient un régime si voisin de celui des
facultés que de nombreux textes d'intérêt général concernent aussi bien les
unes que les autres.
A défaut du titre de « facultés », les écoles de pharmacie prirent bientôt
celui d' « écoles supérieures ».
D'après les affiches des cours de l'école de Strasbourg, encore simplement
désignée ainsi pour l'année 1854-1855, alors qu'elle était dénommée « école
supérieure » pour les cours de l'année 1855-1856, le doyen Duquénois avait
admis que la création des écoles supérieures était due à un décret du 22 août
1854 3. L'ouvrage du Centenaire de l'Ecole supérieure de Paris faisait remonter
2. Ibid., t. I, pr 876.
3. Bull. Soc. Pharm. Strasbourg, 1959, n, p. 32-37. 496 revue d'histoire de la pharmacie
cette désignation au décret du 9 mars 1852, qui fait référence aux écoles supé
rieures (p. 161). En réalité, l'ordonnance du 1er novembre 1846, concernant les
titres universitaires, emploie déjà cette dénomination en citant les professeurs
des écoles supérieures de pharmacie 4. On la retrouve ensuite dans un arrêté
du 15 octobre 1847 5, ainsi que dans le modèle officiel de 1850-1851 du diplôme
de pharmacien. Cependant, pendant la période de 1847 à 1854, certains textes
ne qualifient pas toujours de « supérieures », les écoles de pharmacie. Il en
est ainsi dans le titre du Rapport sur l'organisation des écoles de pharmacie
du 27 avril 1850, dans le texte duquel cependant sont citées les écoles supé
rieures 6. Plus tard, un arrêté du 16 mars 1854 nomme M. Beauchamp, profes
seur adjoint à l'école de pharmacie de Strasbourg.
Il semble ainsi qu'aucun texte réglementaire n'ait jamais décidé officiell
ement que les écoles de pharmacie recevraient le titre d' « écoles supérieures ».
On a sans doute pris l'habitude de les qualifier ainsi pour les distinguer des
écoles préparatoires, créées à partir de 1840. Cela avait aussi l'avantage de
combler en partie la différence de prestige dans les appellations entre ces
écoles et les facultés.
Les écoles de Strasbourg et de Nancy.
Créée en même temps que les deux autres par l'arrêté du 25 thermidor
an XI, l'école de Strasbourg, à laquelle ne fut « alloué ni bâtiment, ni local,
ni laboratoire, ni matériel nécessaire, ne put ouvrir ses cours qu'après 1834 ».
A la suite de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, le décret du l*r octobre 1872
transféra cette école à Nancy, en même temps que la faculté de médecine,
tandis que l'école préparatoire de médecine et de pharmacie de Nancy, ins
tituée par l'ordonnance du 17 octobre 1843, était supprimée. D'abord administ
rée par la faculté de médecine, l'école supérieure de pharmacie obtint son
autonomie par le décret du H janvier 1876. Après la victoire de 1918 et le
retour de l'Alsace-Lorraine à la France, l'école de pharmacie de Strasbourg
ouvrait à nouveau ses portes en novembre 1919, mais l'école de Nancy était
maintenue, ce qui porta à quatre le nombre des écoles supérieures.
1840-1954. Ecoles préparatoires, écoles de plein exercice et facultés mixtes
de médecine et de pharmacie.
Trois écoles de pharmacie pour toute la France, c'était tout à fait insuf
fisant pour réaliser l'identité de formation des pharmaciens, souhaitée dans
l'exposé des motifs de la loi de germinal. Il en résultait que de nombreux
4. De Beauchamp, op. cit., t. I, p. 988.
5. Ibid., t. I, p. 1016.
6.t. II, p. 132. ÉCOLES DE PHARMACIE 497 LES
pharmaciens se faisaient recevoir par les jurys départementaux après une
formation exclusivement professionnelle de huit ans.
La situation était encore pire pour la médecine, ce qui incita le gouverne
ment à créer d'autres établissements, les « écoles secondaires », par un arrêté
du 7 novembre 1820. Leurs résultats paraissent avoir été médiocres pour la
médecine et à peu près nuls pour la pharmacie.
Aussi, vingt ans plus tard, l'ordonnance du 12 mars 1840, les remplaça-t-elle
par des « écoles préparatoires de médecine et de pharmacie » dont d'organisa
tion fut réglementée par l'ordonnance du 13 octobre 1840. Diverses ordonnanc
es installèrent ensuite ces écoles dans vingt-trois villes : Alger, Amiens,
Angers, Arras, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy^ Nantes, Orléans, Poitiers, Reims, Renn
es, Rouen, Toulouse et Tours. On passait ainsi d'un extrême à l'autre, de trois
à vingt-six établissements d'enseignement de la pharmacie. Deux de ces écoles
eurent, d'ailleurs, une existence éphémère : celle d'Orléans, qui fut fermée en
1849, et celle d 'Arras, qui ie fut en 1880.
La création de ces écoles permit de réaliser une importante réforme dans
la formation des pharmaciens par le décret du 22 août 1854. Désormais, tous
devaient recevoir une formation théorique, ce qui eût comme conséquence la
suppression des jurys départementaux à partir du l*r janvier 1855. Néanmoins,
le décret distinguait deux classes de pharmaciens : ceux de 1 classe qui,
comme auparavant, devaient accomplir un stage de trois ans et faire trois
années d'études dans une école supérieure et ceux de 2* classe, qui avaient
ue choix entre, soit un stage de six ans avec une année d'études dans une
école supérieure ou dix-huit mois dans une école préparatoire, soit un stage
de quatre ans avec deux années d'études dans une école supérieure ou deux
ans et demi dans une école préparatoire. Ce régime demeura en vigueur
jusqu'au décret du 12 juillet 1878 qui imposa la même durée de trois ans
pour le stage et pour les études à tous les candidats aux diplômes de pharmac
ien, de 2e classe aussi bien que de 1", en attendant que la loi du 19 avril
1898 supprime le diplôme de 2e classe.
Entre-temps, il avait paru opportun d'instituer deux nouveaux types d'éta
blissements, mixtes comme les écoles préparatoires, comportant ainsi une
section de médecine et une section de pharmacie avec une administration
commune. La loi du 8 décembre 1874 établissait à Bordeaux et à Lyon deux
« facultés mixtes de médecine et de pharmacie » qui recevaient les mêmes
pouvoirs que des écoles supérieures, en ce qui concerne la collation des
diplômes. Dès cette époque, des pharmaciens ont donc été chargés de l'ense
ignement de la pharmacie, avec le titre de professeurs de faculté. Quelques
jours plus tard, le décret du 19 décembre 1874 érigeait l'école préparatoire
de Lille en école de médecine et de pharmacie de plein exercice, laquelle
devait bientôt être transformée en faculté mixte de médecine et de pharmacie
par le décret du 12 novembre 1875. 498 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
Cependant, le décret du 14 juillet 1875 instituait les « écoles de médecine
et de pharmacie de plein exercice », nouveau type d'établissement où il était
possible d'effectuer la totalité de la scolarité et de subir tous les examens,
à l'exception du dernier. Les sessions d'examens de ces écoles, comme celles
des écoles préparatoires, étaient toutefois présidées par les professeurs d'une
école supérieure ou d'une faculté mixte, désignées pour chaque école par un
arrêté du 22 juillet 1878. De telles écoles furent d'abord instituées à Marseille,
le 26 novembre 1875, et à Nantes, le 28 janvier 1876. Il en fut ensuite créé une
à Toulouse par le décret du 16 septembre 1887, qui supprimait l'école pré
paratoire. Déjà un du 28 novembre 1878 avait transformé cette école
en faculté mixte, mais, par suite des lenteurs administratives à adopter les
devis et les plans en vue de construire les bâtiments nécessaires à l'installation
de la faculté, ce décret ne pût longtemps recevoir d'application. Il conservait
cependant sa validité, puisque le décret du 6 mars 1891 portait organisation
de l'enseignement à la faculté mixte de Toulouse, avec la seule référence,
dans les textes visés, au décret du 28 novembre 1878, tandis que le décret du
24 mars 1891 supprimait l'école de plein exercice de cette ville.
Des écoles de plein exercice furent ensuite créées par transformation des
écoles préparatoires à Alger (décret du 31 décembre 1888), à Rennes (3 août
(1895), à Clermont-Ferrand (21 septembre 1928), à Tours (24 janvier 1933),
à Angers et à Limoges (16 décembre 1951) et enfin à Grenoble (6 mars 1954).
Certaines de ces écoles sont devenues ensuite des facultés mixtes. D'abord
l'école d'Alger, comme toutes les écoles d'enseignement supérieur de cette
ville, reçut le titre de faculté par la loi du 30 décmbre 1909. Le décret du
11 avril 1922 créait ensuite à Marseille une faculté mixte de médecine générale
et coloniale et de pharmacie, qui ne fut d'ailleurs effectivement ouverte que le
1er mai 1930, en remplacement de l'école de plein exercice. Enfin, la loi du
3 mars 1954 transformait des écoles de plein exercice de Rennes, de Clermont-
Ferrand et de Nantes en facultés mixtes de médecine et de pharmacie.
1920. Les écoles supérieures prennent le nom de facultés de pharmacie.
Comme nous l'avons vu, le Conseil royal de l'Instruction publique avait
estimé, en 1841, « qu'il n'y a pas lieu de donner aux écoles de pharmacie
le titre de faculté », sans motiver sa décision. De multiples considérations
pouvaient cependant être invoquées pour la modification de la désignation
de ces établissements. Elles sont exposées par le ministre de l'instruction
publique et des beaux-arts. André Honorât, dans son rapport au président
de la République, pour ila signature du décret du 14 mai 1920 qui réalisait
enfin cette modification :
« D'après le décret du 17 mars 1808, portant organisation de l'Université,
les facultés sont des établissements chargés de l'enseignement des sciences LES ÉCOLES DE PHARMACIE 499
approfondies et de la collation des grades. Or, la fonction des écoles supérieu
res de pharmacie est exactement la même que celle des facultés : elles ensei
gnent les sciences approfondies, font passer les examens en vue de l'obten
tion de diplômes d'Etat et, comme ceux des facultés, leurs laboratoires sont
voués, pour une part, à la recherche scientifique. »
« Elles ont, en outre, au point de vue administratif comme au point de
vue enseignant, la même organisation intérieure que les facultés, elles jouis
sent au sein de l'Université, dont elles font partie, des mêmes prérogatives.
Enfin, leur personnel est composé et rétribué comme celui des facultés. »
« Cette dénomination d'écoles supérieures jette sur ces établissements
une sorte de défaveur et l'on comprend mal, dans le public, que des établi
ssements d'enseignement supérieur, chargés, comme les facultés, de la collation
des grades, puissent être désignés sous un nom différent. On le comprend
d'autant moins qu'il existe, dans plusieurs de nos universités, des facultés
mixtes de médecine et de pharmacie, en sorte que des pharmaciens qui sont,
en fait, diplômés de certaines facultés, peuvent paraître en possession de
diplômes émanant d'établissements où se donnerait un enseignement plus
élevé que celui des écoles supérieures de pharmacie. Aux yeux de l'étranger,
surtout, le mot école est loin d'avoir le même prestige que celui de faculté » 7.
Le ministre concluait qu'il ne s'agissait pas « de créer des établissements
nouveaux, mais seulement de modifier l'appellation d'une catégorie d'établi
ssements semblables, sauf le titre, à nos facultés, et qui demandent à en porter
le nom ». Cette modification pouvait donc être prononcée par un simple
décret. Celui-ci, signé le 14 mai 1920, décidait par son premier article que :
« Les écoles supérieures de pharmacie, dont le siège social est à Paris,
Montpellier, Nancy et Strasbourg, prennent le nom de facultés de pharmacie. »
Bien que cette considération n'apparaisse pas dans le rapport, il a été
admis, à l'époque, que les services éminents rendus à la défense nationale par
le corps professoral pharmaceutique déterminèrent le gouvernement à lui
accorder cette satisfaction.
1955. Les écoles nationales de médecine et de pharmacie.
A la fin de 1954, il ne subsistait plus que onze écoles de médecine et de
pharmacie : les écoles préparatoires d'Amiens, Besançon, Caen, Dijon, Poitiers,
Reims et Rouen et les écoles de plein exercice d'Angers, Grenoble, Limoges
et Tours. Toutes ces écoles ont été alors transformées en écoles nationales ou
écoles nationales préparatoires par le décret du 10 février 1955.
7. /. Pharm. Chimie, 7, XXII, 1920, p. 43-45. revue d'histoire de la pharmacie 500
Faculté de
Médecine Ecole Faculté mixte Ecole de plein Ecole Nationale
Suppression préparatoire
Section Pharmacie
D. 10 février 1955 D. 26 nov. 1966 Amiens O. 14 février 1841 D. 7 déc. 1968
Angers O. 31 mars 1841 D. 16 déc. 1951 D. 10 1955 D. 29 sept. 1965
Arras O. 13 juin 1841
D. 11 janvier 1967. O. 31 mars 1841 D. 10 février 1955 D. 7 déc. 1968 Besançon
Bordeaux O. 6 mars 1842 L. 8 déc. 1874
O. 14 D. 10 février 1955 Caen février 1841 D. 16 janv. 1968
Clermont-Ferrand O. 31 mars 1841 D. 21 sept. 1928 L. 3 mars 1954
Dijon O. 12 nov. 1841 D. 10 février 1955 D. 8 sept. 1967
O. 3 D. 6 mars 1954 D. 10 1955 Grenoble octobre 1841 D. 2 août 1962
Lille D. 12 août 1852 D. 12 août 1852 D. 12 nov. 1875
Limoges O. 31 mars 1841 D. 16 déc. 1951 D. 10 février 1955 D. 16 janvier 1968 D. 7 déc. 1968
Lyon O. 13 juin 1841 L. 8 déc. 1874
Marseille O. 31 mars 1841 D. 26 nov. 1875 D. 11 avril 1922
O. 17 Nancy octobre 1843
Nantes O. 31 mars 1841 D. 28 janv. 1876 L. 3 mars 1954
Orléans O. 15 janvier 1843
O. 14 février 1841 D. 10 février 1955 D. 16 janvier 1968 Poitiers D. 7 déc. 1968
Reims D. 12 mars 1853 D. 10 février 1955 D. 26 nov. 1966
O. 14 Rennes février 1841 D. 3 août 1895 L. 3 mars 1954
Rouen O. 14 1841 D. 10 février 1955 D. 26 nov. 1966
mars 1841 Toulouse O. 31 D. 16 sept. 1887 D. 6 mars 1891
Tours O. 22 juin 1841 D. 24 janv. 1933 D. 10 février 1955 D. 2 août 1962