Etude lésionnelle de la coenurose chez les ovins
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Etude lésionnelle de la coenurose chez les
ovins
A. AMARA*, K. KABOUDI, A. REJEB, M. BEN MRAD, M. A. DARGHOUTH
Ecole Nationale de Médecine Vétérinaire de Sidi Thabet, TUNISIE.
* Auteur chargé de la correspondance : Abdelamara2@yahoo.fr
SUMMARYRÉSUMÉ
A lesion-based study of coenurosis in sheep
La coenurose constitue une cause fréquente de mortalité chez le mouton.
Le diagnostic étiologique des troubles nerveux dans l’espèce ovine est par-
Coenurosis represents a frequent cause of mortality in sheep. The etiolo-ticulièrement complexe et le recours au laboratoire est souvent nécessaire,
gical diagnosis of the nervous disorders in the ovine species is particularlydans ce cas l’examen lésionnel est d’un grand apport dans l’établissement
complex. The expertise of the laboratory is often required. Therefore,d’un diagnostic précis. Les auteurs présentent dans cet article les résultats
necropsy examination is of a great contribution in the establishment of ad’une étude lésionnelle rétrospective réalisée à l’école vétérinaire de Sidi
precise diagnosis. The authors present in this study, the results of a retro-Thabet sur la coenurose des ovins. L’analyse de ces résultats montre que sur
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Etude lésionnelle de la coenurose chez les ovins
A. AMARA*, K. KABOUDI, A. REJEB, M. BEN MRAD, M. A. DARGHOUTH
Ecole Nationale de Médecine Vétérinaire de Sidi Thabet, TUNISIE.
* Auteur chargé de la correspondance : Abdelamara2@yahoo.fr
RÉSUMÉ La coenurose constitue une cause fréquente de mortalité chez le mouton. Le diagnostic étiologique des troubles nerveux dans l’espèce ovine est par-ticulièrement complexe et le recours au laboratoire est souvent nécessaire, dans ce cas l’examen lésionnel est d’un grand apport dans l’établissement d’un diagnostic précis. Les auteurs présentent dans cet article les résultats d’une étude lésionnelle rétrospective réalisée à l’école vétérinaire de Sidi Thabet sur la coenurose des ovins. L’analyse de ces résultats montre que sur 653 autopsies, 8,26 % des cas ont pour cause de mortalité une pathologie nerveuse dont 1,68 % ayant développé une coenurose. Les ovins à coenurose représentent 20,37 % de l’ensemble de la pathologie nerveuse recensée dans cette étude. L’étude parasitologique montre que l’essentiel de l’atteinte est occasionnée par un métacestode, larve deTaenia multiceps. Mots-clés : Coenurose, Métacestode,Taenia multiceps, ovins, diagnostic nécropsique, Tunisie.
Introduction
La coenurose est une cestodose larvaire affectant surtout l’encéphale, plus rarement la moelle épinière et sévissant principalement chez les ruminants, particulièrement chez les ovins. Elle semble constituer un problème de santé animale chez les petits ruminants partout dans le monde [6]. Elle est due à la présence et au développement, dans les centres ner-veux, d’un métacestode (Coenurus cerebralis), larveTænia multicepschez le chien [5].
En Tunisie cette maladie constitue une des causes les plus fréquentes de la pathologie nerveuse chez le mouton. Son diagnostic clinique est souvent difficile et le recours au labo-ratoire est souvent nécessaire. Dans ce cas l’examen lésionnel est d’un grand apport pour la confirmation de la maladie. Dans le cadre de l’application du programme d’épidémio-surveillance des maladies nerveuses des ruminants, ce travail présente les résultats du suivi lésionnel de la coenurose chez les ovins en Tunisie.
Materiels et Méthodes
ETUDE MACROSCOPIQUE
Cette étude est réalisée dans le cadre des activités cliniques du service d’anatomie pathologique de l’Ecole Nationale de
Revue Méd. Vét.,2008,159, 10, 485488
SUMMARY A lesionbased study of coenurosis in sheep
Coenurosis represents a frequent cause of mortality in sheep. The etiolo-gical diagnosis of the nervous disorders in the ovine species is particularly complex. The expertise of the laboratory is often required. Therefore, necropsy examination is of a great contribution in the establishment of a precise diagnosis. The authors present in this study, the results of a retro-spective lesion study carried out at the Veterinary School of Sidi Thabet on the coenurosis in sheep. The analysis of these results shows that out of 653 autopsies, 8,26% of the mortalities were due to a nervous pathology in which 1,68% have developed coenurosis. The sheep with necrosis account for 20,37% of the whole of the nervous pathologies reported. The parasito-logic study shows that the attack is mainly caused by metacestode, larva of Taenia multiceps.
Keywords:Coenurosis, Metacestode,Taenia multiceps, sheep, necropsic diagnosis, Tunisia.
Médecine Vétérinaire de Sidi Thabet. Elle s’est étalée sur les cinq dernières années.
Pour chaque animal autopsié une fiche individuelle est établie dans la quelle sont mentionnés : - l’espèce, l’âge, le sexe, la race, - une description précise de la lésion de coenurose (nombre, taille et la localisation du kyste cénurien), - une description des lésions associées.
ETUDE HISTOLOGIQUE
L’étude est réalisée sur des prélèvements effectués à la périphérie de la lésion. Ces prélèvements subissant une pré-fixation de 24 heures puis une fixation définitive de 24 heures dans du formol à 10% après recoupe. Ils sont ensuite inclus dans de la paraffine et conditionnés en blocs qui sont débités à l’aide d’un microtome en coupes de 3 à 5 microns.
Ces coupes sont étalées sur lames et sont colorées à l’hé-malun - éosine.
Résultats ETUDE MACROSCOPIQUE - L’étude macroscopique montre que sur un total de 653
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ovins autopsiés, 54 animaux (8,26%) ont présenté une patho-logie nerveuse dont 11 (1,68%) sont confirmés atteints par la coenurose ;ce qui correspond à une proportion de 20,37 % du total des maladies nerveuses. (Figures, 1 et 2)
Cette incidence, relativement faible (1,68%) par rapport aux autres pathologies, se rapproche de celle trouvée par ACHENEFet coll. [2] et celle de ABO-SHEHADAet coll. [1] qui tous deux, travaillant sur un effectif plus important, ont trouvé une incidence respectivement de 2,3 % et 3 %. SHARMA et CHAUHAN [6], dans une étude rétrospective montre que cette incidence varie en général entre 1,3 % et 9,8 %.
- L’étude en fonction de l’âge montre, conformément aux observations d’EUZEBY [5] et d’ACHENEFet coll. [2], que la coenurose est retrouvée sur des animaux âgés de 4 mois pour le plus jeune et 8 ans pour le plus vieux, avec cependant une nette prédominance sur les animaux âgés de 1 à 3 ans (54,54 %) et secondairement les animaux âgés de moins de 1 an (36,36 %). (Figure 3). Selon la plupart desauteurs l’in-festation est possible entre l’âge de 4 mois à 96 mois (8 ans)
FIGURE1 : Fréquence des cas présentant des troubles nerveux et des cas de coenurose par rapport aux nombre total des ovins autopsiés.
FIGURE3 : Fréquence et répartition des kystes cénuriens en fonction de l'âge.
AMARA (A.) ET COLLABORATEURS
mais l’essentiel de l’atteinte (72 % des cas) s’effectue entre l’âge de 6 à 24 mois [3].
- L’étude en fonction du sexe montre que les kystes cénuriens sont retrouvés surtout sur des femelles (81,81 %). (Figure 4)
- L’étude en fonction de la race montre une incidence de la maladie plus importante chez les ovins de race Barbarine (54,54 %) par rapport à la race Queue Fine de l’Ouest (27,27 %) et la race Noire de Thibar (18,18 %). (Figure 5)
Cette incidence importante chez les femelles et la race Barbarine ne semble pas indiquer une prédisposition particulière en fonction du sexe et de la race. Ces résultats retracent plu-tôt la physionomie de l’élevage ovin tunisien qui se base sur-tout sur la race Barbarine et la conservation des femelles.
- L’étude lésionnelle spécifique du kyste cénurien montre que sur 11 cas deux animaux ont présenté 2 kystes, [un dans le cervelet et un dans l’hémisphère cérébral gauche et un kyste dans chaque hémisphère (photo 1)] alors que tous les autres animaux n’en ont présenté qu’un seul. Sa taille varie
FIGURE2 : Fréquence des cas de coenurose par rapport aux nombre total des animaux présentant des troubles nerveux.
FIGURE4 : Fréquence et répartition des kystes cénuriens en fonction du sexe.
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COENUROSE OVINE
FIGURE5 : Fréquence et répartition des kystes cénuriens en fonction de la race.
de celle d’une noisette (photo 2) en début d’évolution, à celle d’un oeuf de poule en fin d’évolution (photo 3).
- L’étude de la localisation montre une prédominance de son développement dans l’hémisphère cérébral droit (53,8 %) (photo 4) par rapport à l’hémisphère cérébral gauche (23 %) et sa localisation dans le cervelet (2 cas: 18,18 %) (photo 5). (Figure 6)
Ces résultats se rapprochent de ceux d’ACHENEFet coll. [2] qui trouvent 96 % des kystes dans les hémisphères cérébraux avec 57 % dans l’hémisphère droit et 43 %dans l’hémisphère gauche. Contrairement aux observations de BUSSELLet coll. [4], aucune lésion n’a été observée dans la moelle épinière. Outre la localisation classique dans le système nerveux, d’autres auteurs rapportent une possibilité de localisation sous cutanée et intramusculaire [7]. Cette localisation semble être décrite surtout chez les caprins et concerne une autre espèce de ténia (Taenia gaigeri).
- L’étude des lésions associées montre que la lésion princi-pale est une atrophie du cortex cérébral par compression locale lorsque le kyste est important. La deuxième complica-tion observée est une surinfection du kyste avec l’évolution d’une méningoencéphalite suppurée observée sur 4 animaux (36,36 %). (photo 6)
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PHOTO1 : Deux kystes: (1) un dans l’hémisphère cérébral gauche; (2) un dans l’hémisphère cérébral droit.
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FIGURE6 : Fréquence et répartition des kystes cénuriens en fonction de leurs localisations.
ETUDE HISTOLOGIQUE
L’étude histologique montre que dans le kyste non infecté, la vésicule parasitaire est entourée à l’intérieur par une membrane collagène dense et acidophile, elle correspond à la membrane germinative de la larve. Elle est entourée à l’extérieur par une réaction inflammatoire et fibreuse discrète de type cellu-laire avec des cellules géantes (photo 7). Lorsque le kyste est infecté la réaction inflammatoire devient importante, elle est de type congestive et oedémateuse, elle se complique souvent par un exsudat granulocytaire et suppuré.
Ces résultats viennent confirmer les constatations d’EUZEBY [5], qui montrent des images d’une coenurose chronique dans le cas de kyste non infecté et une inflammation exsudative et suppurée dans le cas d’une coenurose surinfectée.
ETUDE PARASITOLOGIQUE
L’examen parasitologique vient confirmer qu’il s’agit dans tous les cas de kyste de métacestode larve deTaenia multiceps caractérisé par une paroi mince portant à sa surface de nom-breuses ponctuations blanchâtres représentant autant d’inva-ginations céphaliques renfermant chacune un scolex. Ces invaginations se disposent en plages irrégulières dans le cas de ce métacestode.
PHOTO2 : Kyste cénurien jeune (taille d’une noisette).
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PHOTO3 : Coenurose ; kyste évolué (taille d’un oeuf de poule).
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PHOTO5 : (1) kyste dans le cervelet; (2) membrane germinative.
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AMARA (A.) ET COLLABORATEURS
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PHOTO4 : (1) kyste dans l’hémisphère droit; (2) atrophie du cortex cérébral
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PHOTO6 : (kyste surinfecté : (1) vésicule ; (2) scolex ; (3) réaction sup-purée de surinfection.
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Conclusion2 L’étude lésionnelle de la coenurose ovine montre que la maladie intéresse surtout les animaux jeunes et jeunes adultes1 (< 2 ans). Elle évolue surtout sous une forme chronique avec PHOTO7 : (1) Membrane germinative; (2) réaction fibreuse et infiltrat le développement d’un kyste unique dans les hémisphères mononucléé ; (3) cellules géantes. (HE X 120). cérébraux avec une préférence plus importante pour l’hé-misphère cérébral droit. Ces localisations expliquent les troubles nerveux d’excitation et des troubles de la démarche dence and observations on pathogenesis and clinical signs.Trop. observés chez les animaux malades. Ces troubles ne sont pas Anim. Health. Prod., 1999,31, 15-24 précis et peuvent prêter à confusion avec d’autres pathologies 3.- BRUGERE PICOUX J.: Maladies des moutons, maladies nerveuses. nerveuses. Dans ce cas seul le diagnostic nécropsique apporte (2éd) :France Agricole. Paris Cedex, 2004, 94. souvent la confirmation de la coenurose par la découverte du 4.- BUSSELL, K.M., KINDER, A.E. AND SCOTT, P.R. : Posterior para-kyste dans l’encéphale. lysis in a lamb by a coenurus cerebralis cyst in the lumbar spinal cord. Vet. Rec., 1997,140, 560. 5.- EUZEBY, J.: Les maladies vermineuses des animaux domestiques et leurs incidences sur la pathologie humaine, Ed. Vigot frère, Paris, Bibliographie 1966, 663 p. 6.- SHARMA D.K., CHAUHAN P.P.S.: Coenurosis statut in Afro-Asian 1. -ABO-SHEHADA M., JEBREEN E., ARAB B., MUKBEL R., TOR-region: A review.Small Rum. Res., 2006,64, 197-202. GERSON P.: Prevalence ofTaenia multicepsin sheep in northern 7.- SOULSBY E.J.L. : Helmints Arthropods and protozoa of Jordan.Prev. Vet. Med., 2002,55, 201 Domesticated animals. ELBS and Bailliere Tindall, London, 1982, 2.- ACHENEF M., MARKOS T., FESEHA G., HIBRET A., TEMBELY, 809. S. : Coenurus cerebralis infection in Ethiopian highland sheep : inci-
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