Les sceaux et les armoiries des villes et bourgs de Franche-Comté

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LES SCEAUX ET LES ARMOIRIES DES ViLLES ET BOURGS DE FRANCHE-COMTÉ Quand Louis Xi V, oublieux des capitulations par lui signées ait jour de la conquête, supprima d un trait de plume la vie municipale dont nos aticêties jouissaient depuis quatre siècles, la Franche-Comté ne comptait pas moins d une cmquautaiiie de villes oit bourgs, ceints de murailles, peuplés de vieille bourgeoisie, se disputant les moindres degrés d une hiérarchie quasi-officielle. A u-dessous de trois villes également capitales : Bcsaiioit, cité ittipéijale récemment annexée, dont l importance elluicail Dole, chef-lieu judiciaire et politique, ou Salins, centre financier et industriel, venaient douze villes à mairie, la plupart sièges de bailliages Gray, Vesoul, Arbois, Poligny, Pontarlier, Baume, Ornans, Orgelet, Quiiigey, Faucogney et Bletterans. Dans l ordre des préséances se rangeaient ensuite les villes à prévôté : SaintClaude, Lons-le-Saunier ( Moutmorot) , Morteau , Jussey, Moiraus, etc., enfin toute iiiie série de bourgades ou petites villes, qui sans avoir rang officiel aux États, ne le cédaient en rien à telle ou telle de leurs heureuses rivales. Je ne citerai, pour abréger cette dernière liste, que Clerval, Gv, Marnay, Nozeroy, Pesmes, Saint-Amour et Vercel. Enfin, au nord de la province, deux États distincts, le c.

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Publié le 16 septembre 2018
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LES
SCEAUX ET LES ARMOIRIES
DES ViLLES ET BOURGS
DE FRANCHE-COMTÉ
Quand Louis Xi V, oublieux des capitulations par lui
signées ait jour de la conquête, supprima d un trait de plume
la vie municipale dont nos aticêties jouissaient depuis quatre
siècles, la Franche-Comté ne comptait pas moins d une
cmquautaiiie de villes oit bourgs, ceints de murailles, peuplés
de vieille bourgeoisie, se disputant les moindres degrés d une
hiérarchie quasi-officielle. A u-dessous de trois villes
également capitales : Bcsaiioit, cité ittipéijale récemment
annexée, dont l importance elluicail Dole, chef-lieu judiciaire et
politique, ou Salins, centre financier et industriel, venaient
douze villes à mairie, la plupart sièges de bailliages Gray,
Vesoul, Arbois, Poligny, Pontarlier, Baume, Ornans,
Orgelet, Quiiigey, Faucogney et Bletterans. Dans l ordre des
préséances se rangeaient ensuite les villes à prévôté :
SaintClaude, Lons-le-Saunier ( Moutmorot) , Morteau , Jussey,
Moiraus, etc., enfin toute iiiie série de bourgades ou petites
villes, qui sans avoir rang officiel aux États, ne le cédaient
en rien à telle ou telle de leurs heureuses rivales. Je ne
citerai, pour abréger cette dernière liste, que Clerval, Gv,
Marnay, Nozeroy, Pesmes, Saint-Amour et Vercel. Enfin,
au nord de la province, deux États distincts, le c.onité de
DocumentIl
II 111111 Ill IliIII Iil il II II II
0000005628643-4—
Montbéliard, d une part, de l autre, les terres de l abbaye
princière de bure, qui (lev;uciit un jour devenir parties
intégrantes de la Franche-Comté, comptaient, trois villes
Montbéliard, 1-lericourt et Lure, centres politiques ou
commerciaux de réelle importance. Affranchies par leurs seigneurs
XIile au xv siècle, développées sensiblement dans leurdu
population et dans leur fortune, toutes ces villes, grandes ou
petites, avaient conquis dans les régions dont elles
absorbaient les ressources et concentraient l activité, une véritable
influence. A l abri des statuts municipaux, leurs bourgeois
jouissaient d une indépendance réelle, leurs magistrats d une
grande autorité qui s atfii rnait même au dehors, dans les
assemblées politiques de la province. Devenues des
personnalités, traitant d égal à égal avec des grands seigneurs ou
des princes, quelques villes principales eurent de bonne
heure un sceau pour authentiquer les actes d intérêt
commun, puis au xr siècle, quand l usage des armoiries
comsubstitua aux emblèmes par-munales proprement (lites SC
(1), elleslants si fréquents déjà dans les actes du xiir siècle
ii hésitèrent poii4 à suivre la mode et prirent un blason. Au
xv Ie siècle, l usage était devenu général et en 1674 presque
toutes les villes énumérées plus haut avaient leur type
héraldique déjà traditionnel gravé sur leurs sceaux, peint sur
leurs bannières, ou sculpté sur leurs monuments.
Aujourd hui on chercherait vainement, réunis ou même dispersés
dans nos armoriaux, les éléments nécessaires pour
reconstituer la liste complète de ces blasons intéressants, que Jules
pour emblème(I) Je citerai par exemple MANTE qui il (225 porte
des feuilles de menthe (Dout d Arcq, Inventaire des sceaux des ilrch.
1276 n° 5599);de l Empire, sceau n 5579); Poiss y, des poissons, (ib.
PosTolsE, un pont sur l Oise. 1228 (ib. n 5602); Couoi, un corbeau,
1303 (ib. n 5(332);1228 (ib. n 5761); CONQUES-EN-ROUEFIGUE, une conque,
TAURIAC, taureau, 1309 (ib n° 5840); Pu y-LAunEss, un puy (mont.)un
raves, 1242 (ib.avec des lauriers, 1242 (ib. n 5(565); RAIIASTEN5, trois
5661), etc.
-5-assez peu dignes de leurjugé Chifilet, Lampinet, Dunod ont
attention (1). C est l absence d un pareil recueil qui m a
inspiré la pensée d un travail oà j ai groupé d une part, la
pudescription do tous les seotux de villes comtoises que j ai
découvrir, de l autre, toutes les armoiries anciennes ou
modernes que ces villes ont portées ou portent enroue.
L archéologie et l histoire locale trouveront, je le souhaite,
quelque profit à cette collection, que pi écèdera une courte
l explication de nos armoirieset étude raisonnée sur l origiue
municipales.
Au moyeti-âge,l idée générale qui s affirme sur tous les
sceaux de corporations civiles ou religieuses est nuiformé•
ment l idée de protection divine ou humaine rappelée ou
invoquée par quelque emblème cai actéi itiqlie. Les deux
plus anciens sceaux de communes franc-comtoises,
conformes d ailleurs en ce point aux plus ancieus types français
ou étrangers, obéissent à cette ! oi mule. Le sceau si original
12 it), représente lede la commune de Salins, (lui date de
prévôt du seigneur (PR1POS1TVS) assis sur un trône de
justicier, présidant l assemblée des échevins ECVINI) (2); le
premier sceau de la commune de Besanon, qui remonte
à 1259, montre la croix du chapitre métropolitain et le bras
bénissant de Saint-Etienne, protecteur de la cité (3). Au
couilville d Empire,XIV e devenu siècle, Besançon meuceme]1L du
CijiIli, en un petit inventaire (lu il a fait (ha armoiries'(I) « M. Jule
m t le Bourgogne, cliap. i, dit qu LI» de la n oh lease de n Franche-Co
• ne raporte pas les armes des villes parceque sont plustost des
mar• que- que des armoiries, estant la pluspart fausses, comme irivCflte5
LAMPLNEI,• pu" les bourgeois ignorans , chanteans ridiculement. s (
1r,m)? ial, (ma. de la I3ibl, municipale de Besançon.)
Reclrerclies sur Salins, T, p. 175.I3c1TET, V. ce sceau publié dans (2)
(l aprùs l original de, Areb. du Doubs. B. 859.
V. ce sceau publié par M. SI.Ci,eee, I, p. 448 et 474 (l (3)
-6---ajouta à la il oIeetioti spirituelle de Saint-Etieriuc, à la
protection [etiiporelle (lu chapitre métropolitain la sauve-garde
impériale, cii introduisant dans son sceau à côté du bras et
de la cieux, l aigle couronnée qui deviendra le type exclusif
xVe ses armoiries futures. Au de siècle, cet aigle noir sur
(101 (t), Guam!) c est-à-dire l écu impérial, figure déjà sur ses
en ]) ,tuilières, attendant qu il soit bientôt encadré, accosté de
cieux colonnes, dans son blason municipal, A la même époque,
Salins adopte pour le ruê me motif les armes de la maison
souveraine 1iii avait transmis sa seigneurie aux comtes de
Bourgogne, qualifiés indéfiniment de sires de Salins; ce
blason : une bande de queule., .ur champ d or, était dès
longti iii1is brodé sut les enseignes de sa prévôté.
Avec le xvi 0 siècle et la paix dont l heureux gouvernement
de Maxiitiilien, de Marguerite d Autriche, de Charles-Quint,
tirent t 'éiiéfi iet le comté de Bourgogne, les villes
cruellenient éprouvées par les revers du XV 0 siècle se relevèrent et
aiteiguii ecil nu degré de prospérité qu elles n avaient point
oit co ce e) cnn. CO fut le mont cul pour elles d accentuer lent.
I iidrvi I uafité pal des emblèmes personnels distincts et
néanutuitis suiidaii es des panonceaux souverains qui avaient jus-
J ue-là lluttc: 5111 leurs tours et leurs portes. Depuis 1284,
les armoir i s du comté de Bourgogne renouvelées pat le
curule Othoic 1V ( ) représentaient .sur champ d azur billeté
d or un ilOfl couronné de même armé cl lampassé dc gueules.
Sous ic règne des ducs de Bourgogne de la dernière race,
sous le se pti e passager de Louis Xi et de Charles VIII, ces
aimes quelquefois accolûes à celles du duché de Bourgogne
oit 11 0 la n;tisoii de France, quelquefois isolées, avaient
figuré iiiv,ii ia Files sur les sceaux souverains du parlement,
(I) -NL A CtSTAN, Notice sur les sceau L de la concn,une de iiesaiiço,j,
iIan te .11 Jin. de la Soc. (tEmniat, elu L. oubs, t8O-1STt , 7G. (En;
de t
; V. iice Notes pour servir à I.lrnwrjal de Franche-(Iolnt(, 1583.-- I —
^jj, la lin iici:lleri, bailliages, des tabel]iouués du
rioparti-que les villes empruntaient à défau t de sceau ivaiflc,
En vertu d un usage qu in-contrats. culier pour sceller leurs
ti oduisaient alors les hérauts d armes impériaux, la plupart
des armoiries concédées par Charles-Quitit aux serviteurs
un chef d Empire, c est-à-direqu il anoblissait comportaient
partie hautecousue à la ploqres ut champ d or, l aigle noire
de l écu (t). Nombre de Franc-Comtois avaient rapporté des
qui constatait leur fidélité etarmées cette honorable livrée
à l exemple de cesCrOEyOL1S-OOUS , leurs services. Ce fut,
ILIêIIIC principe dechefs cousus d Empire, et en vertu di,
ULI chef fleurdelisé auxqui donna prétcllLiol1 SOUVCI O.iilO
bonites villes du royaume de France ( ), que presque tontes
les villes bailliagèi es de Franche-Comté, anciennes pi évités
t lecom tales (à commencer par Dole leur capitale), adoptèreti
un lion naissant etc est-à-dire : de Bourgogne , chef COUSiS
d or, Seulement, labilleté d'or sur champ d azur couroitn
dimension rigoureusement héraldique du chef étant
insuffiprimitif- dessus, le chef sante à contenir Lotis les meubles ci
clevitit promptement, sous la fantaisie des artistes, un coupe,
absoi baiit en hauteur la moitié de l écusson. Dole, Gu ay,
, Poligny, Quingey, Faucognoy,sVesoul , Baume, Ornan
Jussev, Luxeuil (annexé en I 34) prirent unifoi niéiiient cc
uniforme niarquantMais à côté (le ce chef coupé de Bourgogne.
n ,, chacune de cesla fidélité commune au comte souverai
villes bailliagères ou prévôtales ajouta sur u n champ de
cout Vrai-leur variable un emblème particulier. DJF, s inspii an
semblablement (lu contre-sceau de sou université né figure
rks Garnier, (les Granvelle, deslos armoiries des Balahu, (1) V. ibid.
Sachet.
Presque toutes les villes capitales pot leflL le elLe1 des armes du« ()
France les villes en-Boui gogtre-Gomté avec le Ivon hilLet, ainsi qu en.
CuIILer,is fouis l ys. r (Jules de porter les ti p de titilles ont coutume
omiri, II,histoire du itéja cité, reproduit sans citation par DuNou, tus.
et suiv.)j. 130
-8-Apollon émergeant d un soleil (t), prit au second quartier
un soleil (l or sur champ de gueules. « Cela vient
apparemment de Dt los où le soleil estoit en vénération dans la
Grèce, » écrivait naïvement Jules Cliitiet (2). GRAY eut Irois
flammes d or en champ de gueules, armes parlantes sans
doute, soit au point de vue de sou nom (Ignis Grahss), soit
an point de vue de son histoire et (les incendies successifs
auxquels fait allusion sa devise EX TR1PL1CI CINERE
NO VUS [GNIS, La ville de VESOUL s attribua: sur champ de
gueules un croissant d argent, emblème de ses voeux secrets
dans la rivalité qui régnait entre elle et Gray à qui elle
disputait le titre de chef-lieu du bailliage d Amont. OR,-;ANS,
qu enorgueillissaient un château et des remparts, porta une
tour POLIGNT, vignoble productif du domaine comtal, un
siinpin champ d argent; BAUME, une main tenant une palme
(pal ma tenons palmam) ; QUIN&J:y : trois fusils de Bourgogne
FAUCO(NEY : vis faucon pillant une perdrix; Luxiuii, un
soleil Juxi que LUnE sa voisine lui emprunta en l
inscriva nt sur champ d azur, et en renouvelant le même jeu de
mot.
Gomine on le voit, ce qui guide presque exclusivement
dans le choix de ces emblèmes, c est non point un sens
symhouque profond, que certains chercheurs sont trop portés à
poursuivre dans les conceptions du passé, niais un jeu d esprit
puis on lIJoiris ingéniiï jiie le nom de la ville inspire et
juc le peintre, séduit pal cette saillie, s empresse de traduire
sur nu êPii aux applaudissements du populaire.
Quelj uns-uns de ces emblèmes parlants que nous
découvrotis sur les cachets du xvi 0 siècle sont déjà de lointaine
origine, l nu d eux, la main des armoiries de Baume, est
déjà gravi sur les sceaux de l abba ye des bénédictines de
(P V. e sceau dont j ai donn( un croquis dans les Universités de
Pran( /e-( um( de MM. B5&UNF: et n'AnB%UMOST, 1570.
2 l,M( INF:r, Armoriai. (Ms. il p ta Biid. tn Besançon.)- p -
(I). euvi(I. e iiLt te ii siècle Mais c est surtout au
motueni de la Ilenaissaiice que cette fantaisie du rébus, si
familière ait fige, devient cii honneur dans la
composjtion dès armoiries; l imagination créatrice des hérauts
Li armes et des imagiers se donne alors un libre cours. C est
à cette date qu Orgelet prend pour écu trois épis d orge;
Clei val, deux ciels (clef du val); Chainplitte, trois pics à
travailler les champs; Gy, deux mains enlacées avec cette
double entente FERME COMME GY (gyps) ; Pontarlier,
un pont sur la rivière d ArlieSellières, Itois salières;
\ erccl, une vache, symbole tout (t la fois de ses gras
pâlurages et de soit Vaché, tel qu on le prononce en l idiôme
des montagnes. Vii blason curieux qui parait pour la
preinière fois décrit cii I530) dans la relation des obsèques de
Philibert de Chalon () et gravé (cii 1552) dans la Descriptio
(3), liurgundix de Gilbert Cousin est celui de Nozeroy, dont la
composition est tirée d une in génieuse combinaison. Le fond
même de cet écu est une bande d or sur champ de gueules,
blason emprunté aux seigneurs (le cette petite ville, les
Chalon princes d Orange. Brochant sut le Lotit, se dresse un
haut sapin de sinople, au pied duquel min ours debout, peint
au naturel, se prend (t réfléchir et (t hésiter. Je vois
volontiers dans cet ours méditatif reculant devant une escalade
qui le tente mais l effraie, Ieniblètno des Suisses bernois,
voisins dangereux, à cette époque, peut la sécurité des
montagnes, et le crois qu il faut ajouter pour compléter et
expliquer cet emblème, un pli lictère planté dans la gueule de
l ours avec ce mot (t double sous: N OSEROIS, expression
de ses scrupules.
Eu terminant celte nomenclature, que j aurais grossie vo
(1) Sceau de 1180. (Archives de la TIaute-a n, londs Bellovaux. il,
207.)
(2) Gnij.ui. .ljéniojres, liouv. édit., col. 11318.
(3 Gill)ir COUSIN, i)escrip!io cootita/.as liurqundio. 1552, in-8,
insignia Nozerethi gravés ii la tin lu volume.
*MIM
lontiers de quelques détails, si je ne les donnais plus loin
dans l armorial de iios villes, je ne puis oublier deux types
particulièrement originaux d armoiries communales
cointoises, l un, empruiÉé aux montagnes du Doubs, est celui
du val de Morteau, l autre est celui des
Franches-Comrnunes, au pied des Vosges.
Le blason du Val de Morteau rappelle par sa physionomie
les types allemands on helvétiques du xvi 0 siècle. 11 se
compose de cinq écussons distincts groupés circulairement la
pointe tournée vers une étoile centrale, et dont chacun
représente un des cinq quartiers du Val. Au centre, mi écu
portant une église personnifie la paroisse ou la Grand ViUc: un
second portant une gerbe indique le quartier des Fins; un
troisième une ancre, celui du Lac un quatrième une
montagne , celui de Montiebon un cinquième une vallée
entre deux montagnes, la Grand Combe. Ces bannières, qui
nous reportent immédiatement aux bannières et écus
distincts quo portaient, à l exemple d autres villes impériales,
(I) les sept quartiers de Besanmn uni tut caractère tout à
fait allemand.
Le blason des Franches-Communes, imaginé au déclin du
xvii siècle, est plus simple , c est un chêne fruité, emblème
soit du village de Quet s (Quei cus), centre des quatre
coinmimes qui constituaient l association, soit des forêts dont elles
jouissaient en commun et en franchise.
A côté des l)omlrgs importants qui Lotis avaient pris (les
armoiries et les faisaient graver, sculpter ou peindre SUi
leurs sceaux, leurs monuments, les tableaux ou les clefs de
voûte de leurs églises (2), quelques villages, cédant à l
en(1) V. Mémoires de la Suisse romande, t. VII, p. 335, les armoiries les
quartiers de Lauauine dans le teste lu Plaie] (/fmJ; al de 1368.
(2)J ai remarqué (les armoiries municipales sciulptes (tanS les églises
ou hCtels (le ville (le Jussey, Marnay, Morteau, Pesunes; On cri retrouve
en grand nombre dans les monuments des villes plus importantes.Il
lexemple, se créèrent aussi des armoiries. Onftaînenionl.. (te
Contiége , Jo,i-kil retrouvera plus loin la preuve aux mots
celle et Orsans.
I
Après la faveur marquée (les armoiries municipales aux
Xyi c_XVII C siècles, quand les franchises municipales et
politiques étaient à leur apogée, succéda sous le régime fiançais
leur réelle décadence. On eut beau les inscrire en les
défigiil Armorial général de 1696, cette mesurerant souvent dans
surtout fiscale en affaiblit l importance au lieu ile la
conl Armorial, enregistra trop souvent desserver; dune part,
types éclos dans l imagination banale des juges d armes, en
les substituant à des types authentiques qu on avait Omis d y
faire porter de l autre, il don na moyennant finance des ai -
.1011-moines éplimères à des localités telles que Conliège,
voile,, qui n en avaient jamais possédé. L exemple le plus
singulier de ces mutilations eL le blason imposé au comte ile
de sable à une fasce d or, et d or à un palBourgogne Icartelé
tic sable, qu on substitua, sans aucun succès pal exemple,
au vieux lion billeté des sceaux d Othon IV. Obérées par les
ns de toute sorte, la lovée, l entretien , leguerres, les imp '
casernement des gens de guerre, les communes comtoises
avaient perdu tout à la fois leur autonomie et leurs
ressources, et, souvent, elles eurent désormais pour adni j
desLeurs des étrangers qui s intéressaient peu aux emblèmes
traditionnels. Ce ne fut guère que dans la capitale et les
la province, où la vie communale garda,villes bailhiagères de
sous les entraves du nouveau régime administratif, une
certaille activité, que les armoiries municipales continuèrent à
ilit par M. il. flor:i:uor,I"raflC/le-COifliÔ(t) Armorial de D IIoxll(ii ,
Dijon, 1875, irt-80,employé au cabinet des eslampes do la Bibi. iiat.
79.
CI-
jouer un rôle dans l ornementation des édifices, la décoration
des fêtes publiques, à figurer Sut les médailles, -les jetons ou
(I) les insignes des soldais bourgeois ou des gardes-feu L
organisation départementale de 1790, cii plac.ant sur le même
niveau toutes les communes ie du territoire et cri donnant
aux sceaux de leurs admitiisti atjons un t y pe uniforme et
banal, acheva d effiicer, par la suppression momentanée de
tous les emblèmes, hou nombre des vieilles armoiries de nos
villes. Quand l Empire songea à restituer aux villes leurs
anciens blasons, les préfets, et en particulier celui du Doubs,
adressèrent aux maires des villes et bourgs une circulaire
pour les inviter à reprendre leurs armoiries et à en proposer
la consécration au Conseil du Sceau tIcs Litres un très-petit
nombre de villes répondirent à celte ouvertute, et encore les
armoiries concédées à la suite de leurs déniarclies
revinrentelles ni utilées et alourdies par des figures qui ri avaient rien
d héraldique (2), La Restauration détruisit ces types
éphémères, qui n ont laissé aucune trace sur rios liiOflUinents, et
rendit aux chefs-lieux de département ou d arrondissement,
ce qui était, ou ce quo l on croyait, inexactement
quelquefois, le type primitif de leurs armoiries (3). J ai essa yé dans
cc recueil de fixer la série ile ces blasons eu les rapprochant
de tous les types de sceaux municipaux comtois que j ai pu
recueillir; dans la période (les XVte_X VIJI siècles, ces insignes
héraldiques ont illustré un assez grand nombre de
nionumonts pour que leur collection, complétée et éclaircie par
(L On possède les jetons ou médailles de ce genre pour Besançon,
t PO!lCt et Salins ( n particulier.
oi r ces n riuoirios Fin taisis1e-. pour le Jura, dans les A noue fres
l ce lipai -ienieiit, 18 iO, 1$;l, 1S62, 1863, et dans JIOTJSSET,
bè:tionnoire historique du Jura, l 3-1858; pour la Ilautc-Saône, dans
Su, flic(ionnaft e des c nonHtfles de la llaute-Sa ne, 1866, et Galerie
nobiliaire et luraldique de 1(1 t ranehe-Con(t 1878 le I)unhsiwu
(tans le j[,,noi, es de la SociëM dEiii,ttaid,t du lioubs , 1870-1871, et
dans [ Jnnuaj, e du JJnul,s do 18 1Î3 87-86).
(3) Voir les ouvrages indiqués pins haut
D